As de la voltige

© Didier CollinDans le monde des oiseaux, les Grands Corbeaux sont les champions des acrobaties aériennes. Ne peuvent rivaliser avec eux que les Chocards à bec jaune que l'on peut voir tournoyer en nombre près des a-pics alpestres et pyrénéens.

Le grand corbeau ayant la taille d'une buse variable est le plus imposant des corvidés. De ce fait déjà, on ne peut le confondre avec la commune Corneille noir qui autrement lui ressemble beaucoup à première vue. Le plumage et le bec du grand corbeau sont aussi entièrement noirs.
Si on la chance de l'apercevoir, c'est la plupart du temps lorsqu'il est en vol. C'est d'ailleurs dans cette configuration que sa marque distinctive des autres corvidés est la plus évidente. Le grand corbeau est la seule espèce de cette famille à posséder une queue très conique. Si l'oiseau émet en même temps ses CRO… RROK… ROK, gutturaux, graves et très sonores, il n'y a plus à se tromper, tant ils sont insolites, mais typiques.
© Didier CollinSi l'occasion se présente de remarquer ce puissant oiseau, il serait dommage de ne pas pouvoir l'identifier. En Alsace-Lorraine, il reste encore rare. Lors d'un inventaire en 2006, les effectifs se situaient seulement à 30 et 40 couples pour l'ensemble du massif vosgien. A ce nombre de sédentaires, sans doute en légère progression depuis, s'ajoutent de temps à autres des individus venus d'ailleurs pour y vagabonder passagèrement..
Le progressif retour du grand corbeau depuis 30 ans dans notre région est réjouissant. Après avoir été noté comme assez abondant dans la première moitie du XIX e siècle, ces corvidés avaient par la suite disparu de la montagne vosgienne, en tant que sédentaires. Ils sont même devenus bien plus rares dans leurs bastions traditionnels en France, à savoir tous les grands massifs de montagne et certains littoraux de la Bretagne où les falaises côtières constituent l'équivalent des escarpements qu'ils affectionnent en montagne. C'est là que ces impressionnants oiseaux aiment à construire leurs nids sur des corniches à l'abri de surplombs..
A présent, bénéficiant d'une protection intégrale, l'espèce a connu un renforcement de sa densité dans la plupart des régions depuis longtemps occupées et elle a même pu étendre son aire de répartition.
© Aurélien AudevardComme tous les corvidés, le grand corbeau est omnivore, mais avec une prédilection pour les charognes petites et grandes. Dans leurs -fiefs- de 30 à 50 km2, ces oiseaux sont occupés à roder de jour en vue de découvrir des cadavres et restes d'animaux sauvages ou domestiques. C'est ainsi qu'ils font volontiers -ripaille- de la tripaille des proies de chasse vidées sur place. Certains individus ont pris l'habitude d'exploiter les décharges dans les stations touristiques. Cependant ils restent des prédateurs de bêtes vivantes, surtout blésées ou malades:hérissons, lapins, petits rongeurs etc.
Ils possèdent d'ailleurs à cet effet toutes les aptitudes motrices des rapaces:puissants vols battus entrecoupés de planés de durée variable, longs vols à voile dans les ascendances thermiques et ailes fermées des piqués foudroyants.
D'autant plus étonnantes et mystérieuses sont dès lors les fascinantes acrobaties qu'ils ont l'habitude d'exécuter. Quasiment, toutes les figures classiques de la voltige aériennes sont pratiquées vrilles, chandelles, loopings et surtout l'extraordinaire plané sur le dos, ailes déployées et ventre en l'air. Inouï !

Créé le 08/07/2012 par Gilbert Blaising © 1996-2017 Oiseaux.net