Ce chamailleur Verdier

Verdier d'Europe © Didier Collin
verdier d'europe © Didier Collin
Installé sur la mangeoire, le verdier d'europe a pour habitude de défendre âprement sa position en se prenant de bec avec tous les autres passereaux qui tentent de lui ravir sa place. Il ne cèdera qu'au Grosbec, plus grand, plus fort et aussi intolérant.


Ce passereau est une espèce très répandue en Lorraine. Il est d'autant plus facile à observer qu'il est commun dans les parcs, jardins et cimetières arborés des agglomérations. Il niche même sur les arbres d'alignement au bord des rues. La proximité des hommes ne le gène pas, au même titre que le moineau domestique dont il a la taille et la silhouette.


On ne peut cependant pas le confondre. Le mâle a le dessus vert olive brunâtre, plus jaune au croupion. Le jaune verdâtre du dessous vire au gris ardoisé sur les flancs. Bien visible même à distance:le galon jaune vif au bas des ailes repliées.


Verdier d'Europe et Chardonneret élégant © Jean-Louis Corsin
verdier d'europe et chardonneret élégant © Jean-Louis Corsin
Comme son cousin le chardonneret élégant, bien plus spectaculaire, il a le bec court et conique qui caractérise les granivores. Le menu du Verdier en effet se compose essentiellement de graines, tantôt picorées à terre, tantôt cueillies sur leurs supports:semences d'herbes folles ( bardane, plantain, chiendent, chardon ...) et de graines de céréales et autres plantes cultivées ( blé, tournesol, lin, trèfle ...) En hiver, il apprécie le marc de raisins et de pommes. Au printemps quelques insectes, riches en protéines, sont servis aux poussins. Son bec lui permet non seulement de saisir et extraire des graines, mais encore de les décortiquer et de les triturer. Comme tous les fringilles, les Verdiers, y compris leurs poussins, ont un oesophage extensible dans lequel les aliments sont stockés. C'est pourquoi les nourrissages sont peu fréquents, car importants quantitativement.


Verdier d'Europe © Jean Charennat
verdier d'europe © Jean Charennat
En raison de sa présence urbaine et de ses besoins alimentaires, à l'instar de la linotte mélodieuse et du chardonneret élégant, voire du moineau domestique, on ne peut que regretter la tendance quasi- systématique des services des collectivités à raser, faucher et éradiquer les herbes, dites mauvaises, sur les berges des fossés et rivières, des talus et bords de route, des parcs...etc. Pourquoi réduire ainsi les moyens d'existence des insectes, micro-mammifères et oiseaux au nom d'une propreté, à maints endroits, inappropriée et saugrenue ?


Il est heureux qu'un certain nombre d'espèces, comme le Verdier, arrivent à se maintenir malgré ces excès. Facilement visible en hiver, il échappe davantage à l'observation pendant la belle saison, lorsque sa livrée verte se fond dans le feuillage des arbustes et arbres dont il recherche le couvert. Il se signale alors surtout par ses émissions sonores. Les mâles commencent à chanter dès la fin février, perché en haut d'un arbre, voire en vol de parade papillonnant, ils enchaînent leurs gazouillis simples et doux:"tzui, tzui, doïdoï doï, du du du, dzjiiiu"


Verdier d'Europe © Jean Charennat
verdier d'europe © Jean Charennat
Le cri de contact ressemblant au trille atténué, mais souvent répété, d'une sonnette électrique, est audible toute l'année. En dépit de leur irascibilité sur les mangeoires, ces oiseaux sont en effet très sociables. Ils se groupent volontiers en bandes erratiques dans nos banlieues et abords de villages. Même en période de nidification, en mai puis en juin-juillet, ils tolèrent le voisinage de leurs congénères. Les nids sont établis entre de 2 et 4 m de hauteur, dans un arbuste et arbre d'ornement, un lierre, un chèvrefeuille, un rosier grimpant...


Grosbec casse-noyaux © Didier Collin
grosbec casse-noyaux © Didier Collin
Nos Verdiers, comme bien de nos granivores, sont sédentaires. S'y joignent pendant la mauvaise saison, nombre d'individus fuyant les rigueurs climatiques des pays de l'Est et du Nord de l'Europe.


Oiseau banal par sa relative abondance, son apparence et son chant, il représente authentiquement un élément de vie sauvage et libre dans nos espaces périurbains "ripolinés" et monopolisés par les chiens et les chats dont le Verdier et d'autres oiseaux sont souvent les victimes, de même que des taillages et élagages lors de la nidification.


Créé le 31/03/2006 par Gilbert Blaising © 1996-2017 Oiseaux.net