Petit lutin ailé des bois

Articles / DossiersLorraine et histoires d'oiseaux par Gilbert Blaising
© Jules Fouarge
© Jules Fouarge

La Mésange huppée n'a pas besoin de gomina pour se faire un épi sur la tête. Il est naturel et permanent. La coiffure hérissée de ce passereau lui confère à présent une allure jeune et « branchée ». Ainsi, cette mésange est bien dans le vent, au propre et au figuré.


Maintenant commence la saison où l'on a le plus de chance de la voir. Pénurie alimentaire oblige, il lui arrive de visiter les mangeoires dans les villages et banlieues. Autrement, cette espèce reste cantonnée dans les peuplements de sapins, d'épicéas et de pins en plaine et en montagne. Plus rarement fréquente-t-elle les conifères dans les grands parcs des agglomérations.


© Yvon Toupin
© Yvon Toupin
Evoluant dans la végétation dense d'arbres toujours verts et sombres, n'aimant pas à se montrer à découvert, ce passereau n'est guère observé, bien que peu farouche et assez bien répandu, en particulier dans les boisements montagneux. Le plus souvent les connaisseurs remarquent d'abord sa présence par ses cris caractéristiques, chevrotants « sisi trr trr », brefs, secs, aigus et émis toute l'année.


Les mésanges huppées partagent leurs milieux avec les mésanges noires et les roitelets. Ces oiseaux ont en commun d'être de petite taille et très acrobatiques pour cueillir leur pitance. Celle de la mésange huppée est constituée, pendant la belle saison, d'insectes à tous les stades de développement. En hiver elle a recours aux semences et graines, spécialement de conifères, dont elle constitue régulièrement des réserves dans des fentes d'écorce. De ce fait, cette espèce supporte généralement assez bien l'hiver. © Jean-Michel Peers
© Jean-Michel Peers
Elle est d'ailleurs sédentaire dans nos régions où pendant la mauvaise saison elle se contente d'être erratique, en bande avec d'autres passereaux, mésanges et roitelets en particulier.


Mais dès la fin de cette saison, les mésanges huppés retrouvent leur instinct de territorialité en vue de leur nidification. Celle-ci est plus précoce que chez les autres espèces de mésanges de nos contrées. Pour construire leur nid, il faut à ces oiseaux, dits cavernicoles, un trou d'arbre.


Tantôt, la femelle choisit une cavité naturelle, en l'état ou au besoin agrandie, dans un tronc


ou une branche, tantôt, à défaut, elle la creuse entièrement en arrachant parcelle par parcelle du bois friable et de préférence pourri. Ces oiseaux ne nichent donc pas dans les jeunes plantations, sauf si elles sont dotées de nichoirs artificiels qu'ils ne dédaignent pas. Dans cette laborieuse affaire, le mâle se contente de tenir compagnie et de donner la becquée à sa partenaire.


© Bruno Avignon
© Bruno Avignon


Le nid proprement dit, est formé à sa base de mousses, fétus d'herbes et de lichens, puis rembourré d'un feutrage de poils, fibres de crins etc. Il reçoit 5-7 oeufs en avril et mai qui sont incubés de 13-15 jours par la femelle. Les jeunes ne prennent leur envol qu'à l'âge de 20-22 jours. Pendant toutes ces périodes, la nichée est très exposée à la prédation des lérots, fouines, martres, voire guêpes et frelons. Les pertes peuvent affecter jusqu'50% des oisillons de l'année

Dans la nature, l'existence est très rude et pleine de risques. Nos lointains ancêtres l'ont éprouvé à leurs propres dépends. Faisons donc en sorte que nos actes inconsidérés n'ajoutent pas aux difficultés des êtres vivants qui subsistent dans leur environnement indispensable.


Créé le 19/12/2006 par Gilbert Blaising


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