Le Tarier pâtre.

Articles / DossiersLorraine et histoires d'oiseaux par Gilbert Blaising

Les agglomérations avec leur cortège d'espaces verts de toute nature ont attiré bien des espèces d'oiseaux. Présent également dans la périphérie urbaine, le Traquet pâtre a gardé une nature plus champêtre. Il est commun dans notre région et facilement observable dans sa belle prestance.


Le mâle en plumage nuptial de printemps a la tête et la gorge noires soulignées par un demi-collier blanc. Le dos est également noirâtre avec une tâche blanche sur les ailes, la poitrine est rouge-orangé et le ventre crème. A la fin de l'été, ces couleurs franches s'effacent quelque peu, mais permettent toujours d'identifier aisément le mâle, la femelle ayant toute l'année un aspect bien plus terne.


Pour son observation, cet oiseau présente en sus l'avantage de se percher souvent et durablement au sommet d'un buisson, sur un fil aérien ou un piquet de clôture. C'est là qu'il se tient à l'affût près d'une surface dénudée ou à végétation basse où il capture ses proies : coléoptères, sauterelles, chenilles et larves, petits papillons, fourmis, araignées, cloportes. Le tarier pâtre est donc à ranger parmi les insectivores, bien que pendant la mauvaise saison, les insectes devenant plus rares, des graines et des baies complètent par nécessité son menu.


Plus craintif que vraiment farouche, son cri d'alarme sonore et sec, huid trèc trèc, comme le bruit de deux cailloux entrechoqués, attirent également l'attention lorsque l'on passe au voisinage du nid occupé. Même avec un insecte ou un ver dans le bec destinés aux oisillons affamés, ce n'est qu'une fois le danger écarté que les parents rejoindront le nid.


Celui-ci est construit par la femelle dans une excavation du sol à l'abri de plantes touffues ou au pied d'un buisson. Il est installé au bord ou au milieu des endroits ensoleillés et secs à végétation basse non cultivée : talus de route et de chemins, de digues, canaux et voies de chemin de fer et plus généralement tout terrain plus ou moins en friche. Les parcelles de terre incultes, mais pourvues d'herbes folles, même au bord des routes, sont vitales pour cette espèce. Un pieux ou un buisson lui suffisent pour le guet. Il faut que les insectes abondent, ce qui n'est évidemment pas le cas dans les cultures traitées.


L'extension de ces dernières pour la production de biocarburants et la réduction conséquente des friches et des pâturages extensifs représentent une menace sérieuse pour cet espèce dépendante de ces milieux.


Comme la plupart des insectivores dans notre région, les Tariers pâtres nous quittent en automne pour rejoindre leurs zones d'hivernage, situées en l'occurrence dans le Sud et l'Ouest de la France où l'espèce est néanmoins très vulnérable aux vagues de froid exceptionnelles. C'est ainsi que la population française de ces oiseaux s'est plusieurs fois effondrée, notamment en 1985, 1987 et 1996. Sauf dans quelques régions comme la Picardie et d'autre - greniers à blé - industriels, elle s'est ensuite reconstituée progressivement pour connaître une certaine stabilité, comme en Lorraine.


Au cours du mois de mars, les Tariers pâtres nous reviennent. Ils ont pour propension de se cantonner année après année sur le même site, retrouvé ave précision, à condition que sa nature n'ait pas totalement changé. Aussitôt , le mâle se met à émettre régulièrement son modeste chant et à plastronner de ses couleurs vives pour bien signifier à d'éventuels congénères intrus, qu'il entend seul avec sa femelle disposer des ressources alimentaires de son territoire en vue de pouvoir élever les 5-6 oisillons de la couvée.

Créé le 11/05/2008 par Gilbert Blaising


A propos | Nous aider | Mentions légales | Sources | Contacts
Mis à jour le 25/08/2016 19:24:49 - © 1996-2016 Oiseaux.net

Le Tarier pâtre.