A cette époque de l'année, il faut être muni d'un très bon duvet pour oser coucher à la belle étoile. Or les oiseaux sont en majorité des sans logis qui dorment dehors par tous les temps.
Ils sont exposés aux intempéries, même si dans bien des cas, ils savent se débrouiller pour trouver des abris sommaires - par exemple une avancée de toit ou le rebord d'une lucarne - ou adopter des dispositions protectrices, comme de se serrer les uns contre les autres dans des dortoirs improvisés et précaires, surtout des arbres, choisis de préférence en ville où la température est toujours un peu plus élevée.
Heureusement que les plumes, qui sont l'attribut exclusif des oiseaux, constituent un excellent isolant. Disposées en plusieurs couches et /ou très densément implantées, elles renferment de nombreuses « bulles » d'air. En gonflant et en ébouriffant leur plumage ou, au contraire, en le plaquant contre leurs corps, les oiseaux peuvent varier son effet d'isolation. C'est pourquoi, paradoxalement, ils paraissent souvent plus dodus en hiver qu'en été où pourtant ils peuvent bien mieux s'alimenter. Qui n'a pas observé ainsi le moineau domestique, tête rentrée et pattes repliées, ressemblant à une boule de duvet posée sur une branche ? Sa livrée se compose d'environ 1400 plumes. Elles sont 11 000 chez une sarcelle et 25 000 chez un cygne.
Bien sûr, les plumes, plus précisément les pennes, sont essentielles au vol des oiseaux. Garnissant les ailes, elles permettent la sustentation et la propulsion aérienne. Elles forment aussi la queue qui sert de gouvernail et de frein. Les pennes se distinguent des plumes de couverture ou de contour, par une plus grande longueur et robustesse. De même sont-elles moins incurvées et présentent-elles un profil aérodynamique.
Enfin, par leur coloration et leur dessin, les plumes forment l'aspect du plumage spécifique de chaque espèce, au même titre que le chant. Les couleurs sont des signaux intra-sociaux très importants tant du point de vue de la reconnaissance, du contact et de la séduction des femelles par les mâles dont les plus colorés l'emportent sur les rivaux.
Les plumes sont faites de kératine, substance que l'on trouve dans les cheveux et ongles humains. Elles possèdent une structure assez complexe et merveilleusement fonctionnelle : rachis central, barbes latérales garnies de barbules agrégées par une myriade de minuscules crochets, les barbicelles.
Résistantes aux intempéries, souples et légères, leur structure subit fréquemment des dégâts, notamment en vol, par les pressions de l'air. Aussi, les oiseaux passent-ils une grande partie de leur temps à les nettoyer, les entretenir et le réparer. Leur survie en dépend. Pendant de longs moments, avec moult contorsions et se servant du bec, ils lissent les plumes sur toute la partie de leur corps, rétablissent la cohésion des barbes et rattachent les petits crochets des barbules.
En dépit de ces soins assidus, les plumes finissent par être usées et inaptes à leur fonction. Leur croissance achevée, elles ne poussent pas en permanence, comme nos ongles et nos cheveux. Elles doivent donc être remplacées complètement. C'est le rôle de la mue que tous les oiseaux opèrent. Les périodes de mue et leur déroulement sont très variés. La grande majorité des petits oiseaux muent au moins une fois par an, en règle générale après la nidification et avant la migration. Au contraire chez maintes espèces de grande taille, la mue d'une génération de plumes dure plus d'une année.
Ce « rhabillage » consomme beaucoup d'énergie aux dépens des autres activités. Les oiseaux sont alors affaiblis, voire handicapés. Plus ou moins progressif chez beaucoup d'espèces, il est brutal chez d'autres comme les canards et les cygnes. Ceux-ci perdent les pennes de leurs ailes simultanément et sont incapables de voler pendant trois semaines en août, le temps que les nouvelles rémiges aient atteint la dimension suffisante. Ce fait alimente la controverse entre naturalistes et chasseurs sur les dates d'ouverture de la chasse.
Pour la plupart des personnes, la mue des oiseaux passe inaperçue. Le signe le plus visible pour tout un chacun de ce renouveau périodique, est constitué par les milliers de plumes, qui a la fin de l'été, flottent à la surface de nos étangs.
Texte de Gilbert Blaising
pour le site www.oiseaux.net
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Oiseaux, merveilleux oiseaux - Les dialogues du ciel et de la vie
par Reeves Hubert
1. Présentation : Dans ce nouveau livre, Hubert Reeves conjugue sa veine "écolo-poétique" (Malicorne) et son talent de vulgarisateur (Patience dans l'azur, etc.). Une méditation sur la nature, et tout particulièrement sur les « merveilleux oiseaux », sert de fil conducteur à une réflexion sur les racines profondes de la complexité du monde, telles que nous les révèle la science contemporaine. Le livre s'ouvre sur l'évocation d'une rencontre de l'auteur avec des adolescents en difficulté et sur une allusion aux graves problèmes de santé qu'il a connus. L'auteur, nous dit-il, a écrit pour les « lassés de l'existence » dans l'espoir de leur faire entendre l'appel du cosmos, s'adressant à chacun : « tu es toujours avec nous ». Le livre comporte 5 parties : I) La première s'ouvre sur le spectacle de la migration des oies sauvages « D'où viennent ces oiseaux majestueux ? Dans le passé le plus récent ils arrivent de la Terre de Baffin, une grande île de l'océan Arctique lieu de leur nidification estivale. Mais avant, bien avant ? Comment les oies sont-elles apparues sur la Terre ? Comment ont-elles appris à retrouver leur nid après un voyage de trois mille kilomètres ? Le but de ce livre est de décrire l'état présent de nos connaissances sur ces sujets. Grâce à l'astronomie, à la physique, à la chimie et à la biologie nous sommes en mesure d'identifier les "ferments" de cette évolution à partir du chaos primordial jusqu'à l'extraordinaire sophistication des mammifères. Ces question...
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