Une visiteuse occasionnelle

Articles / DossiersLorraine et histoires d'oiseaux par Gilbert Blaising

La Mésange noire reste souvent inconnue, même lorsqu'elle fréquente les mangeoires en hiver. Elle ressemble aux Mésanges charbonnières qui nous sont si familières que nous ne leur prêtons plus guère attention.

© Daniel Pernet
© Daniel Pernet

A bien regarder, la mésange noire est pourtant facile à identifier. Le signe le plus évident est la tâche blanche et oblongue sur la nuque séparant à ce niveau la calotte noire. Le dos est grisâtre et sur le coté, on remarque deux barres alaires au lieu d'une chez la charbonnière, dont le ventre jaune comporte une raie noire, absente chez notre petite mésange forestière. Sa taille est sensiblement la même que celle de la mésange bleue.

En dehors de ses incursions hivernales dans nos jardins, elle habite surtout les forêts de plaine et de montagne jusqu'à 2000 m environ. Elle est très liée aux conifères, sapinières pures ou mêlées de hêtres, épicéas, pins et mélèzes. Elle y cohabite avec la mésange huppée, le roitelet huppé et le grimpereau des bois qui affectionnent le même milieu. De façon plus large, elle est la voisine de bien d'autres oiseaux fréquentant la forêt : bouvreuil pivoine, Gros bec, troglodyte mignon, pinson des arbres, mésange à longue queue etc.

Notons que contrairement à une opinion répandue, 25% seulement de nos oiseaux sont vraiment forestiers. Les autres sont liés aux bocages, aux zones humides, aux cultures, aux plans et cours d'eau etc. La présence de vastes massifs forestiers dans notre région n'est donc pas une garantie pour le maintien de la diversité de nos espèces d'oiseaux, dés lors où les autres espaces vitaux, soit se réduisent, soit ne comportent plus par stérilisation chimique, les graines et les insectes sains dont les différents oiseaux ont respectivement besoin.

La mésange noire n'est pas (encore) touchée par ces dégradations, la forêt ne faisant que peu l'objet de traitements systématiques et néfastes à la flore et à la faune. Elle est d'autant moins vulnérable qu'elle est très éclectique pour le couvert et le gîte.

Comme toutes les mésanges, elle est insectivore, mais les graines d'aulnes et de hêtres en particulier, ainsi que les semences des conifères constituent un appoint notable, surtout pendant la mauvaise saison. Elle aurait même pour habitude de constituer des réserves de graines sous de feuilles et des fentes d'écorce.

D'autre part, l'espèce fait preuve d'une grande adaptabilité quant à l'emplacement du nid. Sa préférence va aux trous et fentes d'arbres. Mais dans les forêts actuelles avec peu d'arbres vieux ou dépéris, l'offre de ces cavités est insuffisante en regard de la demande des divers oiseaux dits cavernicoles. La mésange noire a su surmonter ce handicap en acceptant de nicher dans une cavité quelconque, sous une racine, entre des pierres, dans une crevasse de mur ou de rocher, un trou de souris, un terrier abandonné et d'anciens nids de pies et d'écureuils. Le mâle et la femelle y construisent une touffue assise en arrachant de la mousse sur les troncs à proximité ; la coupe est garnie de crin, de duvet et de poils.

Le nid est destiné à recevoir de 7 à 10 œufs qui sont couvés par la femelle de 7 à 10 jours. Cette fécondité, confortée souvent par une deuxième ponte, ainsi que la longévité de ces oiseaux qui peut dépasser 7 ans, participent à la bonne présence de cette espèce dans son habitat de prédilection. (En moyenne 3- 4 couples sur 10 ha)

Pour les observateurs, celle-ci est encore plus remarquable en hiver lorsque à nos Mésanges noires sédentaires s'ajoutent les migrateurs du Nord de l'Europe ayant fui les rigueurs climatiques de ces contrées.

Créé le 05/01/2009 par Gilbert Blaising


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