Des oiseaux en hiver

Au temps des frimas, vécus ou redoutés, c’est, pour les oiseaux, l’époque de l’hivernage.

Pour ce faire, certains se déplacent, d’autres non.

L’idée commune consiste à croire que les oiseaux migrant en hiver fuient le froid.

Cependant, on sait bien qu’ils sont capables d’endurer sans périr des températures polaires.

Leur plumage hermétique et quelques bonnes astuces qu’ils ont dans leurs acquis, les protègent efficacement.

Ils n’envisageraient pas d’aussi longs et périlleux voyages sans de plus impérieuses raisons.

L’étude des migrations démontre que le facteur déterminant est le manque de nourriture.

C’est simple comme bonjour.

Précisons, avant toute chose, que pour les météorologues et les ornithologues, l’hiver commence le premier décembre pour le terminer avec février, le 28 ou le 29 de ce mois, selon que l’année est bissextile ou pas.

Ce dernier hiver, nous avons connu un afflux assez rare de fringilles comme la Mésange Noire, Le grosbec casse-noyaux, le Sizerin (flammé ou cabaret) ou le tarin des aulnes.

Voici de quoi faire le lien avec les besoins alimentaires.

Dans leurs contrées nordiques, ces oiseaux, en principe, trouvent de quoi se nourrir sur les arbres, conifères ou bien porteurs de baies.

Il advient précisément que la fructification de ces végétaux soit exceptionnellement abondante.

Dès lors, les chances de survie augmentent considérablement. Au printemps suivant, les adultes, plus nombreux élèvent sans problèmes leur famille, et vont jusqu’à faire deux nichées.

Souvent, lors de l’hiver suivant, la fructification revient à sa normale, voire pire.

Alors, les affamés sont bel et bien contraints d’aller plus au Sud chercher leur pitance.

Ce phénomène naturel et cyclique explique ce que nous avons vécu dès décembre, et prend, certaines années, la dimension d’invasions.

Nous avons le plaisir de les observer en pleine nature et très fréquemment au jardin.

Chez les amis des oiseaux, le jardin est conçu, aménagé, entretenu pour accueillir les oiseaux.

Bien naturellement, ils reçoivent l’aide nécessaire lors de ce qu’il est convenu d’appeler la « mauvaise saison ».

Des boules de graisses et des graines à forte teneur calorique leur sont offertes chaque jour.

Des abreuvoirs leur permettent de prendre les bains indispensables à l’entretien de leur plumage, et aussi à boire.

Il importe de changer l’eau souvent et de les nettoyer régulièrement, pour éviter des maladies comme la Salmonellose.

Certains matins, il faut briser la glace.

Mais les oiseaux en hiver ne font pas que manger, même si cette activité occupe à peu près les trois quarts de leur temps.

Sans que l’on ne le soupçonne toujours, certains se mettent sur l’aile, avant même que l’hiver n’ait cédé la place au printemps.

Les Grues Cendrées sont coutumières de cette façon de faire.

Dès la mi-février, elles sont nombreuses à rejoindre leurs sites de nidification.

On ne peut expliquer ce comportement que par leur horloge interne, influencée par les variations de la durée du jour.

L’hypothèse selon laquelle elles pourraient « sentir » le temps qu’il fait à plusieurs milliers de kilomètres de distance n’a pas été retenue.

Cette migration pré nuptiale précoce a de quoi nous surprendre, mais c’est un grand classique.

D’autres nous étonnent plus encore.

Mus, vraisemblablement, par des sensations du même ordre, les Milans Noirs sont sur la route, et certains arrivent d’ailleurs dès Février.

Les première Hirondelles sont annoncées ainsi que les Huppes Fasciées, ou les Sarcelles d’été.

Mars sera bien le mois du renouveau, de la magnificence.

Créé le 09/03/2018 par Patrick Fichter © 1996-2018 Oiseaux.net