Le porteur de feu

Articles / DossiersAu fil de la plume par Patrick Fichter

Ami du jardinier, familier sans aucun doute, notre charmant rougegorge n’en est pas moins un oiseau porteur de légendes.N’est-ce pas lui qui, selon de très anciennes croyances, apporta un jour le feu à l’homme? On raconte, parfois, à la veillée, que plusieurs oiseaux entrèrent un jour en compétition pour le titre royal qu'obtiendrait celui qui volerait le plus haut. Le troglodyte se posa sur le dos de l'aigle sans que celui-ci s'en aperçoive et parvint grâce à cette ruse à emporter le titre. Mais il s'approcha trop du soleil, et ses plumes commençaient tout juste à flamber lorsque le rougegorge, se portant à son secours, vit sa poitrine s'embraser. Voilà pourquoi le troglodyte a un plumage seulement tâché de brun alors que celui du rougegorge porte un large plastron rouge. Pour les auteurs spécialisés dans l'étymologie, notre ami appartient à ces familles d'oiseaux qui tiennent leur nom à la fois de leurs couleurs et d'une tendance de l'homme à donner, parfois, à ses compagnons ailés, un prénom humain.
Erithacus rubicela...c'est, selon Linné, notre petit copain. Notez le nom d'espèce dont les hispanisants auraient très vite extrait "rubio"
Il n'est pas que la gorge, mais aussi la poitrine, pour expliquer les traductions italiennes "pettirosso" ou espagnoles "petirrojo" tirées de "petto" ou "peto" pour définir la poitrine ou le plastron.
Les suffixes "rosso" ou "rojo" ne nécessitent pas de commentaires.L'octroi, à un oiseau, familier et cher, d'un prénom humain, nous vient de l'Angleterre, dont les habitants ont d'abord appelé notre petit passereau "Robin redbreast", breast désignant la poitrine, pour, au fil des ans simplifier et l'appeler Robin, forme familière de Robert.
Dans la culture britannique, voici qui nous incite aussitôt à penser à un personnage fabuleux : Robin des bois. Robin est vraiment un personnage, lui aussi.

Ange ou démon ?

A l’origine, c’était un oiseau essentiellement forestier, mais l'évolution des villes et des campagnes l'a rapproché de l'homme Nous lui donnerions le Bon Dieu sans confession, tant il est mignon, affectueux et doux.
Mais ce serait cacher une facette de son personnage, plus vaillante, et plus agressive.
Robin déteste qu'on lui fasse concurrence, et, par-dessus tout, qu'on marche sur ses plates-bandes; son territoire est sacré !
A tel point qu'il confond sa future femme avec un adversaire, aux prémices de l'hiver, quand les premiers couples se forment; en tous cas, si l'on montre à Robin des couleurs d'un rouge orangé...il voit rouge et n'hésite pas à en venir aux pattes et au bec.Petit turdidé de 14 cm, pour un poids de 16 à 22 grammes, il peut s’enorgueillir d’être le cousin de 336 espèces, parmi lesquelles figurent le rossignol philomèle, le rouge queue, les merles et les grives ou la belle gorge bleue.Si son chant ne peut sans doute pas rivaliser avec ceux dont est riche sa famille, il n’est pas dépourvu de charme. Il est l’un des rares à chanter toute l’année.Ces jolies strophes qui nous charment tant font songer à ce que nous enseigne Paul Géroudet : "...Ce mâle qui chante si joliment est en réalité un propriétaire sur son bien, et qui le proclame..."
Il faut bien l'avouer, ce petit ange, qui se fait aisément démon, est pourvu d'un très mauvais caractère ! Et il défend âprement son territoire.
Sans territoire, pas de nourriture, pas de rencontres amoureuses, pas de nid, pas d'enfants, pas de survie de l'espèce.
Celui de Robin mesure en moyenne de 70 à 2500 m2.
Il comporte, nécessairement des buissons bas et garnis, une terre fraîche, mais aussi quelques arbres plus hauts.
Manger, et chanter.
Chanter, bien sûr ! En montrant son beau plastron orange.
Pas toujours pour faire le beau (quoiqu'il ne soit pas certain qu'une femelle en quête d'amour ne puisse être séduite par ce joli plumage) mais surtout pour montrer de quel bois il se chauffe aux impudents, jeunes blancs-becs ou adultes conquérants.
En fait, c'est plutôt la vigueur du chant qui séduit ses fiancées, car elles savent ainsi qu'avec lui, il y aura, tous les soirs...à manger et à boire.
C'est pourquoi, il lui faut, dans son territoire, de hautes branches qui deviennent autant de postes de chant, lieux hautement stratégiques. Une antenne de télévision peut faire son affaire lorsque manque la haute futaie et qu'il importe de prévenir ses rivaux qu'il est bien là, prêt à défendre son bien.Ce territoire commande aussi, bien entendu, la nidification, et encore, avec la nourriture, le choix des migrations.

Eclectique et ornithochoriste

Avec la fauvette à tête noire, Robin se place en tête du hit-parade des ornithochoristes.Son bec n'est pas celui d'un granivore.
Donc, c’est un insectivore...
Cette réponse serait peut-être un peu hâtive.
Disons, plutôt, qu’il est opportuniste, ou, mieux, éclectique.
Valsent les saisons.
A l’époque de la reproduction, il est essentiellement insectivore ; aux autres époques, plutôt frugivore.
Ce serait encore incomplètement rendre compte de ses formidables capacités d’adaptation.
insectivore doit être complété par - Carnivore - car c’est bien le commun dénominateur entre la chenille et le lombric.
Georges OLIOSO, dans sa belle monographie consacrée au Rougegorge, nous fait partager l’observation qu’il a faite d’un oiseau ayant capturé un superbe lombric (environ 15 cm), bien trop gros pour le bec de Robin : eh bien ! Qu’à cela ne tienne, en quelques coups de bec, Robin en a fait 8 portions qu’il a toutes avalées.
Que dire, lorsque l’on sait qu’en dehors de petits insectes (au sens courant) il met à son menu de jeunes lézards, et, parfois, même, de minuscules gardons.
En Allemagne, il a été repéré plongeant, tel le martin-pêcheur, dont il occupait, d’ailleurs le perchoir, et capturant un petit poisson qu’il s’est empressé d’avaler, comme Martin, la tête la première, et en une seule fois ....
Robin utilise deux tactiques pour capturer ses proies, à la surface de l’humus.
Tantôt, il se met à l’affût sur une branche basse, une grosse pierre, ou une souche ; enfin, à l’affût... Pas tel le héron : sa patience n’excède pas une vingtaine de secondes. Sa vue perçante lui permet de repérer un petit insecte à plus de 20 mètres : aussitôt, il fonce sur lui et l’engloutit sans autre forme de procès.
Tantôt, et c’est bien le plus fréquent, il se promène sur le sol, jamais loin d’un abri, et prospecte.
Contrairement à son cousin le merle, il ne nettoie pas le sol couvert de feuilles, mais se cantonne à l’humus frais ; ceci explique bien des choses.
Les feuilles remuées par le Cerf lui offrent de beaux terrains de chasse ; quant aux fouilles opérées par le Sanglier, elles sont, pour lui, un vrai bonheur.
Son ami le jardinier est, peut-être, encore plus intéressant pour lui ! On le voit, après une tonte de pelouse, sortir de sa cachette, plus encore, après la plantation d’un arbuste.
Cette tactique est tellement privilégiée que des ornithologues anglais ont estimé, après des observations très rigoureuses qu’elle représentait 90% des prises de nourriture.
N’oublions pas que le caviar de Robin, le carnivore, reste le ver de farine.
Pendant l’époque de reproduction, à celle de la mue, et avant la migration, les besoins énergétiques de notre compagnon augmentent, et souvent, il recoure au joli complément que lui offrent les baies à fruits charnus.
Il en va de même quand le froid ou la neige rendent ces aliments d’un accès plus facile.
Intervient ici un pacte tacite passé entre certaines plantes et certains oiseaux.
Pour les oiseaux, il s’agit, principalement, des turdidés et des sylviidés comme la fauvette à tête noire.
Pour les plantes, la liste serait fort longue mais, concernant Robin, on peut citer le sureau, l’aubépine, le genévrier, la vigne sauvage, ou le pyracantha, le laurier-thym.
L’essentiel, pour lui, est que les baies ne dépassent pas une taille comprise entre 6 et 8 mm.
Quel est donc ce pacte secret, passé, voici des millénaires, entre la plante et l’oiseau ?
Paul ISENMANN nous l’explique dans le très bel ouvrage qu’il a consacré au Rougegorge.
- ...Rappelons tout d’abord l’évidence que les plantes supérieures sont des êtres vivants pour la plupart immobiles et qu’il leur a fallu inventer en conséquence divers dispositifs pour assurer leur dissémination. Les unes sont livrées à l’arbitraire des éléments comme le vent ou l’eau, d’autres aux bons soins d’animaux comme les fourmis, les mammifères et les oiseaux... -
- ...Nous ne les confondons pas avec ceux, sans pitié pour les plantes, qui cassent les graines pour les consommer comme le Verdier d’Europe ou le Gros-bec casse-noyaux... -
- ...Nous ne parlons ici que des espèces qui, comme le Rougegorge, épargnent les graines en les avalant certes, mais sans les détruire. Voici le contenu du pacte :
- ....En effet, les plantes désignées sous le terme de plantes à fruits charnus, ont enrobé leurs graines d’une précieuse pulpe grasse ou sucrée et, de plus, colorée, pour exciter irrésistiblement l’intérêt des oiseaux attirés par ce type de nourriture qui avalent les fruits charnus sans autre forme de procès. La pulpe est ensuite digérée et fournit à l’oiseau les calories convoitées. -
L’oiseau facilite la reproduction de la plante tandis que la plante donne à l’oiseau les forces dont il a besoin pour se reproduire.
Suprême intelligence de la Nature !

Migrateur partiel

Une question taraude l’esprit de nombreux observateurs, parfois heureux possesseurs d’un jardin.
Ce joli commensal, si familier et si drôle, qui égaie notre quotidien depuis septembre disparaît de notre vue dès la mi-mars.
Mais où est-il passé ?
Les plus chanceux d’entre nous, voient leur lopin de terre élu par Robin pour y fonder sa famille, et, par extraordinaire, il arrive qu’ils assistent aux vols si prudents et furtifs des parents alimentant leurs petits.
Il arrive même qu’ils aient l’extrême bonheur de voir papa ou maman Robin donner la becquée aux petiots ; scène charmante à laquelle il est rare d’assister, mais dont j’ai eu la grande chance d’être témoin dans mon petit jardin.
Plus encore, en juin, ou en juillet, il arrive que l’on puisse assister au merveilleux spectacle d’un adolescent (plus tout à fait en plumage juvénile, et pas encore dans le costume de l’adulte, le plastron faisant son apparition, au coeur des plumes rousses) prenant son bain dans un des abreuvoirs disposés à l’intention des oiseaux qui nous entourent.
Et puis quand arrive le mois de juin, Robin a disparu ...
Sachez que c’est l’époque de la mue, partielle, chez Robin (c’est à dire que les plumes sont graduellement remplacées et qu’au contraire de certaines espèces elles ne tombent pas en même temps, ce qui ne rend donc jamais l’oiseau incapable de voler) ; cependant, c’est une dépense d’énergie importante, et la prudence s’impose.
Mais pour ceux qui n’ont pas chez eux de couple nicheur, la - disparition - advient dès le mois de mars.
D’où de bien nombreuses interrogations : où est-il donc ? Le Rougegorge de cet hiver était-il le même que celui de l’an passé ?Quelques centaines d’années avant notre ère, Aristote proposa une solution séduisante : le Rougegorge, présent en hiver sur le littoral de la Grèce, se métamorphose, au printemps en un autre visiteur régulier, nicheur et sympathique : le Rouge-queue !
Thèse à laquelle j’aurais bien volontiers souscrit, pour les années au cours desquelles Robin ne nichait pas chez moi, tant il est vrai qu’avec la régularité d’une montre suisse, le Rouge-queue noir faisait son apparition le 15 mars, exactement, pour remplacer celui que même le chat du voisin n’aurait pas su trouver.
Pline l’ancien, illustre naturaliste romain, l’avait d’ailleurs faite sienne, et il fallut les travaux d’un chercheur britannique (William Turner) pour, au XVIème siècle seulement, rectifier cette théorie toute romantique, car Turner voyait, lui, cohabiter les deux espèces.
Que se passe- t-il donc dans nos jardins ?
Pour comprendre le - choix de Robin -, il faut faire la liaison entre les notions de territoire et celles d’alimentation.
L’oiseau est sage !
Il sait d’instinct que s’il entend perpétuer son espèce, il lui faudra un territoire offrant des ressources alimentaires riches et suffisantes ; connaissant par coeur le dicton "Qui va à la chasse perd sa place ", il sait encore que, s’il s’absente de sa propriété, à son retour, il devra trouver un autre domaine, c’est à dire, s’il trouve, un des rares que ses rivaux n’auront pas occupés.
Alors, il reste, pour ne pas perdre sa place, évidemment !
Dans sa sagesse, Robin sait aussi que l’hiver peut être rude et qu’il prend ainsi le risque de pénuries alimentaires qui peuvent l’affaiblir, voire lui coûter la vie, alors que plus au Sud, il trouvera des températures plus douces, et une table bien garnie.
Donc, il s’en va vers le Sud, pour survivre en bonne forme, naturellement !
La réalité est plus complexe.
Car l’option de la migration comporte aussi ses dangers : accidents météorologiques, chasse (mais si !), dégradation des milieux favorables à la reconstitution des réserves énergétiques, prédation accentuée.
Si ce n’est le pari de Pascal, c’est bien le pari de Robin !
Voilà le dilemme qui fait de lui un Migrateur partiel.Il semble à peu près acquis que la prédisposition à la sédentarité ou au nomadisme est d’ordre génétique, même si les facteurs environnementaux peuvent jouer un rôle non négligeable sur les individus.
Plus la zone de reproduction est nordique, plus le pourcentage d’oiseaux optant pour la migration est élevé.
G.Olioso nous donne l’exemple du Sud-Ouest de l’Allemagne où 29% des mâles sont sédentaires, contre 21% des femelles.
En France, il est établi que les Rougegorges ont de moins en moins tendance à migrer au fur et à mesure que l’on se rapproche des côtes surtout atlantiques et méditerranéennes.
Les mouvements, pour la migration prénuptiale, culminent en mars ou au début d’avril ; la migration d’aller, elle se fait sentir dès la mi-septembre mais touche son apogée en octobre bien qu’il y ait encore de nombreuses arrivées dans la première quinzaine de novembre.
Le 18 octobre dernier, sur un parcours d’environ 6 kilomètres où j’avais coutume d’observer, tout au plus 5 à 6 rougegorges, j’ai croisé plus de 60 oiseaux qui venaient visiblement d’arriver ; en décembre, seuls quelques 10 oiseaux, tout au plus, occupent encore les lieux, les autres ayant sûrement décidé, après un repos bien mérité, de poursuivre plus au sud.
Certains ornithologues ont qualifié Robin de - petit Migrateur - ! Ce n’est que pour distinguer ce groupe des - grands migrateurs - qui, eux, traversent le Sahara pour hiverner en Afrique.
La plupart des oiseaux nichant en Europe tempérée se contentent de quelques centaines de kilomètres entre le site de nidification et les quartiers d’hiver.
Il semble que le record de distance soit détenu par 3 oiseaux bagués en Finlande et qui sont allés passer l’hiver en Tunisie, soit un - petit - voyage de 3300 kilomètres (Saurola).
La vitesse de migration peut être élevée et atteindre jusqu’à 100 kilomètres par jour.
Avant son départ, Robin doit constituer des réserves énergétiques car il ne pourra pas s’alimenter pendant son vol migratoire.
Son comportement hyperphagique du début de l’automne lui permet de faire des réserves adipeuses et d’atteindre le poids respectable de 25 g alors qu’en dehors de cette période migratoire il oscille entre 14 et 16 grammes.
Ceci représente 60% de sa masse corporelle !
C’est est un Migrateur nocturne, et il semble que son mauvais caractère se mette en peu en veille pendant cet exercice : il accepte de voler en groupe.

Vie de famille

A la fin de l’été, après la reproduction et la mue des grandes plumes, les conjoints se séparent.
Durant cette période, le chant du mâle est un peu différent de celui qu’il utilise pendant la période de nidification, avec un taux élevé de testostérone, alors que ce dernier est au plus bas dans l’organisme de l’oiseau en automne et en hiver.
La femelle, qui ne chante pas pendant la période de reproduction, voit, au contraire, son taux de testostérone augmenter à l’automne : elle se met à chanter et défend son propre territoire.
Le rougegorge est ainsi l’un des rares oiseaux à chanter tout l’hiver, ce qui lui a valu le surnom de - rossignol d’hiver -.
La formation des couples apparaît très tôt, parfois dès décembre, et peut s’apparenter, vu de l’extérieur, à des attitudes de défense du territoire. Elle ne demande que quelques heures, pas plus de 2 à 3 jours si le mâle est très agressif : les deux oiseaux occupent ensuite souvent le territoire du mâle, mais il n’est si rare qu’ils fassent territoire commun.
Après ce temps d’aimable cohabitation, quand s’annonce le printemps, Robin entre à nouveau dans l’empire des sens.
Enfin, si l’on peut dire...Car autant les parades nuptiales peuvent être spectaculaires chez d’autres espèces, elles sont réduites ici à leur plus simple expression. On passe à l’acte directement.
Madame débute alors sa prospection pour choisir l’emplacement du nid. Il est le plus souvent situé au sol, entre les racines d’un gros arbre, par exemple, mais aussi dans un nombre impressionnant d’endroits divers tels qu’un amas de branches ou de feuilles mortes, une vieille chaussure dans une cave, la poche d’un vieux veston oublié dans un cabanon, ou les entrelacs d’un lierre.
Robin accepte parfois les nichoirs possédant une grande ouverture.
La construction du nid dure de 4 à 5 jours et est menée conjointement par les deux parents.
Le femelle va pondre de 5 à 6 oeufs blancs mouchetés de tâches roussâtres, à raison d’un oeuf chaque matin ; ceci lui demande une dépense d’énergie considérable qu’elle assume en pré constituant des réserves, tant en consommant plus que d’ordinaire qu’avec l’aide de Monsieur qui la nourrit régulièrement. Sa masse corporelle augmente ainsi de 50%.
Il y a, très généralement 2 pontes par an.
Leurs dates varient sensiblement, selon plusieurs facteurs, entre la dernière décade de mars et la fin juillet, pour la partie nordique de l’aire de nidification.
L’incubation dure environ 14 jours et est assurée exclusivement par la femelle ; comme elle ne commence à couver qu’après la ponte du dernier oeuf, tous les oisillons naissent en même temps : il n’y aura pas, dans le nid, de petits et de gros Robins.
Pendant une semaine, environ, la femelle reste de longs moments couchée sur ses enfants pour les réchauffer, le temps qu’ils deviennent capables d’assurer eux-mêmes leur régulation thermique.
Puis la durée de ses absences s’allonge, et elle revient avec de la nourriture au nid.
Voici, enfin, que les jeunes quittent le nid, affichant le poids de 18 grammes ; pourvus de rémiges encore incapables de leur permettre de véritables vols.
Ils se dissimulent dans la végétation, ne s’agitant que lorsqu’un des adultes approche, porteur de nourriture.
Leur plumage roux grivelé est très mimétique, et il faudra patienter quelques semaines avant de voir apparaitre le dessin du plastron qui fera d’eux de vrais rougegorges.
Pour l’heure, le travail des parents n’est pas achevé, car leurs enfants, s’ils commencent à capturer quelques proies une semaine après leur sortie du nid, n’acquièrent une pleine indépendance qu’une semaine plus tard.
Les parents se - partagent - la nichée, chacun des deux s’occupant d’une partie des poussins, toujours les mêmes.
Mais il advient que, dès la sortie du nid, Madame entame une deuxième ponte. On appelle ceci des reproductions emboîtées.
Et alors qui se charge d’alimenter les poussins de la première couvée ?
Le Papa, bien entendu.

Créé le 11/08/2012 par Patrick Fichter


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