Mésanges...mes anges

Ces petits passereaux graciles enchantent nos promenades en forêt quand la chance nous est offerte de contempler les rondes hivernales qu’elles partagent non seulement entre elles mais avec d’autres comme les roitelets, les sitelles.

Petits oiseaux dont la variété est grande, les mésanges nous tiennent aussi compagnie dans nos jardins.

Il suffit de disposer de quelques fenêtres ouvertes sur des arbres, des arbustes pour être l’heureux témoin de leurs vies, au simple prix de quelques soins et d’une attention somme toute aisée.

L’hiver venu, les mésanges ont faim. Naturellement.

Les insectes se font plutôt rares, en général, de décembre à la fin de février.

Graines et plantes n’abondent guère.

Elles souffrent un peu du froid, plus ou moins rude selon l’année.

Quelques boules de graisse, des graines de tournesol enrichies de cacahuètes (non salées) suffisent à leur bonheur qu’elles ne manquent jamais de nous faire partager, ayant vite repéré ces visages humains qui ne sont pas, pour elles, synonymes de danger.

A quelques dizaines de centimètres, elles charment nos journées qu’il fasse sombre ou bien que la pluie tombe, même si le soleil brille.

Dès que le nourrissage commence, ne l’interrompez pas avant le printemps car les oiseaux deviennent un moment dépendants, et prennent des habitudes vitales.

N’oublions pas plus que les oiseaux ont besoin de prendre leur bain en toutes saisons.

Les petits abreuvoirs, disposés a priori pour la belle saison, restent utiles, quitte à devoir parfois briser la glace qui s’en empare quand l’hiver vient à sévir.

Placez-les dans un endroit tranquille, près d’un arbre qui puisse leur servir de refuge si un chat mal intentionné se présentait. (Des dessous de pot de 30 cm de diamètre feront parfaitement l’affaire)

La hauteur de l’eau doit être bien modeste car à défaut l’oiseau n’aurait plus patte.

L’entretien doit être régulier pour éviter tout risque de maladie, aisément contagieuse, comme la salmonellose.

Oiseaux cavernicoles, les mésanges affectionnent les nichoirs que vous pourrez disposer à l’automne.

Orientés à l’inverse des vents dominants, à une hauteur dissuasive pour le chat ou d’autres prédateurs potentiels, ils accueilleront, en avril, de belles nichées.

Ces nichoirs peuvent également servir d’abris pendant l’hiver, mais ils ne sont pas pleinement appropriés. En effet, l’entrée y est placée en haut, et l’aération judicieusement prévue provoque des déperditions de chaleur en cette saison plus âpre.

L’ami des oiseaux sera bien inspiré de fabriquer quelques boites dortoirs avec une entrée placée tout en bas et sans aération en haut. Si le mercure descend bien bas dans le thermomètre, les boules de plumes sauront y trouver refuge.

La conscience en paix, il ne vous reste plus qu’à observer vos fenêtres pour profiter du ballet des visiteurs.

Les mésanges les plus fréquentes sont bien entendu les mésanges bleues et les charbonnières, auxquelles se joignent assez volontiers les mésanges à longue queue.

Ces dernières se déplacent souvent en bandes de 6 à 10 oiseaux.

Mais, au gré de votre résidence, vous aurez peut-être la visite de la mésange huppée ou d’autres oiseaux à l’habitat plus nordique, comme les mésanges noires, nonnettes, boréales ou lapones.

Les identifications deviennent alors complexes, mais qui aime ne compte pas ses efforts.

A défaut de roselière, les chances sont bien minces de recevoir la panure à moustaches ou la rémiz penduline

L’évolution de la taxinomie ne permet d’ailleurs plus de classer ces deux dernières parmi les mésanges, bien que nos amis britanniques continuent à leur donner le nom de « tit », avec une exception notable pour la panure. Et, ici ou là, on croise encore les noms de mésange à moustaches ou de mésange rémiz. … Malgré tout.

Mais l’important, pour ne pas dire l’essentiel, se loge dans les sourires de cette Grand-mère associés à ceux de son petit-fils.

Ces oiseaux du jardin ont, en plus, cette aptitude à réunir les générations. Heureuse faculté !

Dès mars, la charbonnière lance ses appels brefs, invitant son époux, ou, qui sait, son épouse, à venir la rejoindre au pays des amours.

Quelques jours plus tard, ce sera le tour de la belle mésange bleue, toute crête hérissée, de chanter, en des notes subtiles, plus variées, étonnantes, pour la même raison.

Quand avril sera là, en mai, plus encore, les oiseaux seront nés.

Emus, vous verrez les premiers nourrissages, les relais entre époux, et entendrez bientôt, ces petites voix fébriles, impatientes de liberté, qui se bousculent fraternellement au sortir du nichoir, juste avant le premier envol.

L’été sera là bientôt, trop vite pour les fervents du printemps.

Les jeunes mésanges n’auront pas quitté leurs parents qui les nourrissent encore, fiers, sans aucun doute, de présenter leur belle progéniture à ceux qui les ont chéries en hiver.

Le temps faisant son œuvre, votre devoir accompli à l’heure dite, vous vous émerveillerez des bains collectifs de 10 mésanges à longue queue qui goutent tant à l’eau fraiche que vous avez versée.

La joie, la vie de famille les réunit.

Et puis, au temps du soir, vous aurez peut-être le bonheur de voir cette famille rassemblée, les oiseaux se serrant les uns contre les autres, sur une branche du Lila pour passer une douce nuit.

L’hiver viendra plus tard.

On ne connaît pas le sexe des anges.

C’est heureux.

Qui a donc fait que mésange rime si bien avec les anges ?

Créé le 27/02/2016 par Patrick Fichter © 1996-2017 Oiseaux.net