Noiraude

Noiraude !

C’est le surnom affectueux que je lui ai donné.

On l’appelle aussi « la petite charbonnière » et son nom anglais « Coal tit » nous met sur la voie puisque « coal » fait référence au charbon.

La Mésange Noire est la plus petite de nos mésanges avec un poids moyen inférieur à 10 grammes.

On ne la voit ni toujours, ni partout en France.

Pourtant, ce dernier hiver, elle a été omniprésente dans de nombreux jardins, montant sur le podium en compagnie du Grosbec et du tarin des aulnes avec un afflux exceptionnel dont le constat et les causes ont été récemment évoqués dans ces mêmes colonnes.

Le bilan du comptage des oiseaux au jardin, très récemment publié par la LPO, vient étayer ces dires.

Très active, c’est une mésange douce, comme une chanson bien connue.

Confiante, familière même, elle rend des visites quotidiennes nombreuses et nous autorise à lui tirer le portrait à quatre mètres.

Puisqu’il s’agit ici aussi d’un témoignage, je peux vous dire qu’elle a fait dans mon propre jardin un séjour d’un peu plus de 5 mois. Je l’ai perdue de vue le 3 avril, mais elle était encore en couple, et rien n’interdit de penser qu’elle se montre discrète pour préparer un nid.

Il est exceptionnel qu’elle niche à proximité des habitations, mais, pour rappeler que des exceptions confirment parfois la règle, il y a eu de tels cas dans le passé.

Quoiqu’il en soit, de 600 000 à 900 000 couples nichent en France. Et la tendance récente est assez positive.

Son identification est aisée. Dépourvue des teintes vives de la Mésange Charbonnière, elle affiche une poitrine claire sur laquelle se répartissent les blancs et les gris clairs.

Elle ne porte pas la célèbre cravate.

Le trait blanc qui orne sa nuque est remarquable.

Son chant ressemble beaucoup à celui de sa grande cousine, mais, comme le note si bien Paul Géroudet, on pense à une Charbonnière qui aurait un cheveu sur la langue.

Habitante des forêts boréales, tempérées et méditerranéennes d’Eurasie, Noiraude affectionne particulièrement les formations résineuses bien qu’elle n’y soit pas strictement inféodée.

Ne se limitant pas strictement aux sapinières et pinèdes, elle choisit souvent pour habitat les massifs que forment les hêtres et les chênes.

On dirait volontiers que c’est l’altitude qu’elle préfère.

C’est essentiellement dans les chaines de montagne qu’on peut la côtoyer ; en France davantage à l’Est et, dans une moindre mesure à l’extrême Sud, au cœur des massifs Pyrénéens.

Evidemment, si l’on réside en plaine, à l’Ouest de surcroît, les chances de la rencontrer deviennent plutôt minces.

Mais si Noiraude est petite, grand est alors le bonheur !

Créé le 26/04/2018 par Patrick Fichter © 1996-2018 Oiseaux.net