Oiseaux rares ou communs

Plusieurs tendances se font jour parmi les amis des oiseaux, observateurs ou photographes.

La célèbre coche prend des significations différentes selon que l’on a affaire à des cocheurs purs qui parcourent parfois le monde avec pour seul outil une longue vue et se contentent de voir et d’observer, notant scrupuleusement sur leur carnet de coches toutes les conditions de la rencontre, ou bien à des cocheurs photographes.

Pour ces derniers, la coche doit s’accompagner d’une ou plusieurs images, récompense et témoin de la passion et de la patience.

Les voyages sont de plus en plus fréquents et nombreux.

Il suffit, pour s’en convaincre, de voir le nombre d’images prises en Afrique, en Indonésie, en Islande ou en Norvège pour ne citer que quelques-unes des destinations les plus connues.

L’observateur sédentaire ne risque guère d’alimenter sa galerie avec le Souimanga ou le Zostérops.

On conçoit aisément l’émotion particulière qui peut être ressentie en suivant « ses oiseaux » sur le chemin de leurs déplacements annuels.

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D’autres, sans chercher l’oiseau rare, suivent attentivement les visites d’espèces plus courantes, plus communes parfois, jusqu’à entrer dans leurs secrets intimes, en multipliant les séances de promenade.

Bien entendu, les possibilités d’observation varient profondément selon la région.

Fréquents en Brenne, le héron pourpré ou la guifette moustac font figure de raretés en Gironde.

Les buts différent souvent, même si l’image est un point commun fréquent. D’aucuns recherchent principalement l’image tandis que d’autres veulent découvrir (et si possible immortaliser) les comportements, les attitudes de leurs sujets aux différentes étapes de leur cycle vital.

Ainsi, le Rouge-gorge familier, oiseau on ne peut plus commun, permet de bien passionnantes observations lors de la formation des couples, des conquêtes (ou défenses) de territoire ou de l’élevage des jeunes.

L’un n’exclut d’ailleurs pas l’autre.

On connaît de grands voyageurs qui suivent attentivement le Circaète Jean le Blanc ou la chevêchette dans leur briançonnais natal.

Et, sans quitter son pré carré, on peut avoir la surprise de croiser des oiseaux dans des costumes inhabituels, comme ces combattants variés apparus en plumage nuptial quasiment parfait ou ce grèbe à cou noir, plus habituel dans sa tenue de gala en d'autres lieux.

Avec beaucoup de chance, c’est un oiseau rare ou rarissime en France, qui se présente devant nous.

Une coche ne se refuse pas, quand bien même on ne la recherche pas de façon obsessionnelle.

Depuis quelques temps, c’est le pluvier fauve qui est devenu la star du Teich, faisant une halte qui dure à présent depuis plus de deux semaines.

Tout en admirant sa beauté, on rêve devant le voyage accompli, les raisons de sa présence, la diversité de son menu.

Un oiseau en France, à peu près tous les ans, mais un seul:voici qui est bien de nature à pousser à la réflexion.

L’histoire repasse rarement les plats, mais il arrive qu’elle le fasse.

Lors d’une nouvelle visite au fauve, j’ai ainsi pu observer et photographier le beau crabier chevelu, moins rare en Camargue, mais qui ne fait pas plus (et c’est un maximum) d’une halte par an dans mon lieu de promenade le plus habituel.

Bien sûr, ces visiteurs inattendus nous étonnent et nous émeuvent.

Mais, observation comme image ont du moins cet avantage de nous faire penser aux conditions de leur vie, aux menaces qui peuvent peser sur eux.

Et, bien entendu, nous conduisent à nous documenter pour en apprendre et en savoir le plus possible à leur propos.

Et puis viendra septembre. Les cyclones qui affectent alors la côte est des Etats- Unis, pourraient bien conduire jusqu’à nous de nouveaux oiseaux rares comme le Phalarope à bec large, le bécasseau à échasses et, pourquoi pas, le chevalier grivelé ?

Dans des conditions parfaitement habituelles, la chance pourra placer sous nos yeux la sous-espèce islandaise de la barge à queue noire.

Créé le 25/08/2016 par Patrick Fichter © 1996-2017 Oiseaux.net