Rencontres avec les plumes

Il peut y en avoir partout, de ces rencontres…

Des plumes laissées là, abandonnées au vent.

Toujours. Un peu plus tôt, un peu plus tard.

Qu’importent le lieu et le moment, pourvu qu’on ait la plume.

C’est le témoignage de l’oiseau, et il n’est pas des moindres.

Tout petit, l’oiseau nous émeut par son absence de plumes car, souvent (chez les nidicoles) il nait tout nu ; mais il peut aussi nous attendrir dans la famille des nidifuges avec ces petits bouchons craquants qui, quelques heures après leur éclosion, présentent une belle élégance, éphémère, peut-être, mais unique en son genre.

Au jardin, une plume tombée nous avertit de la visite de la Pie, une autre de celle de la chouette hulotte.

Au bord d’une mare, dans le marais, le canard colvert témoigne de sa visite crépusculaire de la même manière.

La plume est véritablement un lien, un mode de communication entre l’oiseau et l’homme.

Plus encore, au fil des saisons, au fil du temps, le changement de plumage nous conduit vers l’oiseau et nous amène, grâce à ce bel indice, à découvrir sa vie.

Nous apprenons, grâce à la plume, l’importance de son entretien dans la vie d’un oiseau, le plaisir qu’il trouve au bain, qu’il soit d’eau, de sable, de fourmis ou de soleil.

Parfois l’oiseau perd ses plumes.

C’est l’époque de la mue qui nous en cache certains qui, provisoirement privés de plumes volières, se cachent ou bien nous quittent pour d’autres lieux lors de ce que nous appelons les migrations de mue.

C’est ainsi qu’agissent entre autres les Tadornes qui rejoignent la mer des Wadden en juillet pour laisser pousser leurs plumes nouvelles en des lieux tranquilles, exempts de toute menace.

Ces changements de plumages nous guident aussi vers le scenario de l’amour chez les oiseaux.

Lorsque vient le moment de séduire, le costume s’enrichit, se pare de merveilleuses couleurs qui jouent un rôle prépondérant dans la formation ou la consolidation des couples.

Les mois passent, et au cours de l’hivernage, nous pouvons assister à l’évolution des plumes, particulièrement chez les oiseaux immatures.

Bien des comparaisons nous sont offertes entre la plume d’un oiseau adulte ou d’oiseaux immatures, au fil des mois, voire des années.

Mais la plume, associée à d’autres dans ce que nous nommons le plumage est aussi un moyen d’identification yeux fermés, car les mouvements de plumes sont sonores et peuvent être bruyants, significatifs à coup sûr.

Ainsi on ne peut manquer le passage ou l’arrivée d’un Cygne ; l’envol d’un canard souchet ou les claquements d’ailes d’un pigeon ramier, par exemple.

Sacrée plume ! Une bien belle clé d’entrée dans le monde de l’oiseau.

Elle reste toujours un bonheur simple, source de découverte qui nous rappelle, par exemple, que les Grèbes, seuls à pratiquer de la sorte, ingèrent des plumes et les offrent également à leurs jeunes, pour les besoins de leur digestion.

Que vivent les plumes et les oiseaux !

Créé le 05/11/2017 par Patrick Fichter © 1996-2017 Oiseaux.net