Cigogne de Storm

Ciconia stormi - Storm's Stork

Systématique
  • Ordre
    :

    Ciconiiformes

  • Famille
    :

    Ciconiidés

  • Genre
    :

    Ciconia

  • Espèce
    :

    stormi

Descripteur

Blasius, W, 1896

Biométrie
  • Taille
    : 91 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : -
Longévité

10 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Au premier coup d'oeil, la cigogne de Storm ressemble superficiellement à la Cigogne noire (Ciconia Nigra). Comme cette dernière, elle présente en effet un plumage bicolore noir et blanc. Par ailleurs, elle affiche un bec rouge légèrement infléchi vers le haut, une peau faciale orange et une zone jaune doré sur le pourtour des yeux. Cette peau faciale est plus développée et plus éclatante que chez la Cigogne épiscopale. Toutefois, en dehors de la période nuptiale, celle-ci est plus terne. Les ailes, le dos, le capuchon et la poitrine sont noirs contrastant avec la gorge, l'arrière du cou, l'abdomen et la zone anale qui sont blancs. Les immatures ont un plumage et des parties nues moins brillantes. Les pattes et les pieds sont rouges comme le bec.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Storm's Stork,
  • Cigüeña de Storm,
  • Cegonha de Storm,
  • Höckerstorch,
  • pápaszemes gólya,
  • Soendaooievaar,
  • Cicogna di Storm,
  • Storms stork,
  • Svartkronestork,
  • bocian okuliarnatý,
  • čáp pestrý,
  • Sundastork,
  • borneonpiispahaikara,
  • cigonya de Storm,
  • bocian garbaty,
  • Стормов аист,
  • Bangau storm,
  • エンビコウ※,
  • 黄脸鹳,
  • นกกระสาคอขาวปากแดง,
  • 史東氏鸛,

Voix chant et cris

Les cigognes de Storm sont très discrètes voir silencieuses. Nous n'avons trouvé dans aucun livre, y compris dans le Handbook of the birds of the Word qui est pourtant une référence, de description de leurs vocalises. Les cigognes de Storm sont parfois considérées comme des sous-espèces des cigognes épiscopales (Ciconia episcopus stormi) pour lesquelles on ne possède aucun enregistrement sonore. Les autres membres de la famille des ciconiidés émettent des sons gutturaux et craquants.

Habitat

Les cigognes de Storm préfèrent les forêts primaires de diptérocarpes qui sont de grands arbres dont la hauteur varie de 40 à 80 mètres. Elles apprécient également les forêts de plaine qui subissent une exploitation sélective à des altitudes qui ne dépassent pas 240 m. Leur habitat préféré semble être les prairies inondées au bord de larges rivières. En fait, elles fréquentent avec assiduité toutes sortes de milieux aquatiques comme les criques, les rivières, les étangs, les petites mares situées le long des chemins, les marais d'eau douce et les clairières humides où elles prospectent dans les endroits ombragés. Elles s'aventurent volontiers dans les rizières et les terres agricoles lorsque celles-ci sont envahies par les eaux pendant la saison des pluies. Les cigognes de Storm acceptent dans une certaine mesure les habitats modifiés aussi longtemps qu'elles continuent à avoir accès aux zones humides. Elles montrent une préférence particulière pour les bras morts des rivières. En principe, elles ne pénètrent pas dans les habitats salins encore qu'à Sumatra, elles vivent dans des boisements côtiers proches de mangroves qui sont sujettes aux mouvements des marées.

Comportement traits de caractère

Les cigognes de Storm vivent en solitaire ou en petits groupes. Dans les années les plus récentes, les plus grosses concentrations n'ont jamais regroupé plus d'une douzaine d'individus. Ces oiseaux forment des dortoirs communs à très grande hauteur dans les arbres des forêts de marécage. Les couples se perchent parfois sur les branches nues des arbres morts le long des cours d'eau mais, en d'autres occasions, ils utilisent l'étage moyen de la végétation dans des arbres en bonne santé tels que les figuiers. Les cigognes de Storm traquent paisiblement leurs proies le long des berges des rivières.Quand elles recherchent leur nourriture, elles adoptent des postures très typiques, accomplissant toujours des mouvements lents et délibérés et étirant démesurement leur cou. Elles inspectent également les trous marécageux creusés par les grands mammifères ou elles fréquentent d'anciennes clairières entretenues par les bœufs (Bos gaurus).

A certains moments de l'année (mois de mars à Sabah, dans l'île de Bornéo), ces oiseaux réalisent des parades aériennes assez sophistiquées. Durant ce genre de rituels, les cigognes se retournent d'un pichenette et présentent leurs pattes aux partenaires qui sont situés juste au-dessus d'eux. En d'autres circonstances, les couples planent de concert, ils étendent leurs ailes à l'horizontale et ils laissent pendre leurs pattes.

Les cigognes de Storm ne sont pas considérés comme des oiseaux migrateurs. Il n'empêche qu'ils sont parfois vagabonds et qu'ils errent souvent librement à la recherche de sites où la nourriture est abondante. Ces déplacements sont notables surtout à la fin de l'année lorsque le climat est plus humide. Ils peuvent également intervenir en cas de dégradation évidente de leur habitat, soit à cause d'incendie ou d'abattage excessif. A Sumatra, des oiseaux de passage ont été repérés à plus de 20 kilomètres de leur lieu de résidence habituel.
Le vol : Les cigognes de Storm planent assez régulièrement dans le ciel. En milieu de matinée, ils peuvent être aperçus en compagnie de rapaces dans les courants thermiques. Les couples qui planent attirent leurs congénères par leurs ballets incessants, aussi n'est-il pas rare de pouvoir observer des groupes d'une dizaine d'oiseaux se livrant à des vols circulaires d'altitude. En raison de leur forte tendance à planer, les cigognes de Storm sont souvent la cible de tireurs opportunistes.

Alimentation mode et régime

Les cigognes de Storm consomment surtout des petits poissons dont le poids mesure entre 10 et 30 grammes, mais elles attrapent également des grenouilles, des vers de terre entre 10 et 15 cm de longueur qu'elles trouvent assez régulièrement sur les berges des rivières. Les larves d'insectes aquatiques sont souvent rapportées au nid pour l'alimentation des oisillons. Dans les premières semaines qui suivent la naissance, les ravitaillements se succèdent au rythme de 5 par jour. Peu de temps avant l'envol, la fréquence est réduite à 2 par jour, les visites les plus significatives se déroulant vers 15 heures. A Sumatra, le menu comprend aussi des larves de libellules, des sauterelles et sans doute des crabes. Les cigognes de Storm profitent des incendies fréquents pour picorer les sols brûlés qui sont jonchés d'insectes morts. Elles profitent de l'opportunité pour poursuivre les invertébrés qui sont paniqués et qui tentent d'échapper aux sinistres.

Reproduction nidification

Dans le sud de la Thaïlande, les cigognes de Storm nichent en solitaire dans de grands arbres situés dans les forêts denses. Elles installent leur nid à une grande hauteur (entre 5 et 30 mètres au-dessus du sol) dans un figuier, un diptérocarpe du genre Hopéa ou dans une plante en fleur de la famille des Callophylacées. Après les parades qui permettent la formation des couples ou le renforcement des liens conjugaux, les 2 partenaires bâtissent une petite plate-forme avec des morceaux de bois ou des brindilles qui mesurent entre 15 et 60 centimètres. La ponte comprend généralement 2 œufs dont la durée d'incubation n'est pas connue pour l'instant. Les oisillons doublent leur poids original de naissance en l'espace de 3 semaines, ils ressemblent à des mini-adultes au bout de 6 semaines. Ils sont capables d'effectuer de courts vols quand ils ont atteint l'âge de 3 mois. La totalité du cycle de reproduction dure un peu plus de 3 mois. La saison de nidification varie légèrement selon les régions : avril-juillet à Sumatra, août-octobre en Thaïlande.

Distribution

Les cigognes de Storm vivent dans le sud-est du continent asiatique. Leur aire de distribution couvre l'extrême sud de la Thaïlande, la péninsule malaise, Sumatra et Bornéo dans les grandes îles de la Sonde. A Bornéo, ces oiseaux sont présents dans toutes les divisions administratives de l'île : Sabah, Sarawak, Kalimantan mais surtout le Sultanat de Brunei sur la côte nord. On les trouve également à Nias et dans les petites îles situées au large de la côte ouest de Sumatra. L'espèce est considérée comme monotypique, c'est à dire qu'elle n'est pas divisée en sous-espèces.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Après les marabouts argalas (Leptoptilos dubius), elles figurent vraisemblablement parmi les plus rares cigognes du monde. Selon une estimation assez récente, leur population globale est sans doute inférieure à 300 individus. Leurs effectifs n'ont jamais été très nombreux mais, depuis quelques décennies, leur déclin s'est accentué en raison de l'abattage des arbres qui est intense sur l'ensemble de leur aire de distribution. Cependant, bien qu'elles s'adaptent assez difficilement aux habitats modifiés, il est parfois possible de les observer en groupe d'une douzaine dans ce genre d'endroits. Leur mode de vie en solitaire les rend moins vulnérables aux persécutions des humains. Ces 2 dernières observations procurent des raisons supplémentaires d'espérer pour ceux qui croient en un avenir meilleur pour cette espèce. Néanmoins, l'IUCN la classe comme "en danger critique".

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 04/03/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net