Héron typhon

Ardea sumatrana - Great-billed Heron

Systématique
  • Ordre
    :

    Pélécaniformes

  • Famille
    :

    Ardéidés

  • Genre
    :

    Ardea

  • Espèce
    :

    sumatrana

Descripteur

Raffles, 1822

Biométrie
  • Taille
    : 115 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 1300 à 2600 g
Distribution

Distribution

Description identification

En dehors de la saison de reproduction, le héron typhon apparaît comme un oiseau brun grisâtre avec des ailes uniformément gris fumé en dessus et au-dessous. Pendant cette période, les deux sexes sont identiques. Les immatures présentent une couleur plus roussâtre avec des bordures rousses ou chamois-sable sur les plumes des parties supérieures et une légère teinte vineuse sur le cou et les parties inférieures. De plus, ces dernières sont plus fortement striées de blanc que chez les adultes.
En plumage nuptial, le héron typhon affiche des plumes bordées de blanc grisâtre sur la nuque, les scapulaires et le haut de la poitrine. Le menton est blanc. Les plumes de l'abdomen ont des centres blancs. Les couleurs des parties nues sont variables en fonction du sexe, de l'âge et des saisons. L'iris est généralement jaune mais il peut être orange ou rouge chez certains oiseaux des Philippines. Les pattes sont brun noirâtre ou tout simplement noires. Chez les jeunes mâles, l'arrière des tarses et les semelles sont souvent jaunes ou vert pâle. La région lorale et l'anneau orbital sont habituellement vert pâle. Chez les mâles, ils peuvent être bleu-gris. Le bec est noir, avec un peu de jaune à la base de la mandibule inférieure.
A cause de sa grande taille, le héron typon ne peut être confondu avec aucun autre ardéidé partageant la même aire de distribution. Toutefois, il y a une ressemblance superficielle avec d'autres grands hérons tels que le Héron goliath ou le héron impérial. Ce dernier est différentiable grâce au gris plus pâle du dessus de ses ailes et aux lignes blanches qui ornent les sous-alaires.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Great-billed Heron,
  • Garza de Sumatra,
  • Garça-de-bico-grande,
  • Rußreiher,
  • nagycsőrű gém,
  • Sumatraanse Reiger,
  • Airone beccogrosso,
  • Sumatrahäger,
  • Sotvingehegre,
  • volavka veľkozobá,
  • volavka šedohnědá,
  • Malajhejre,
  • paksunokkahaikara,
  • agró de Sumatra,
  • czapla szarobrzucha,
  • Малайская серая цапля,
  • Cangak laut,
  • スマトラサギ,
  • 大嘴鹭,
  • นกกระสาใหญ่,
  • 大嘴鷺〔巨嘴鷺,烏灰鷺〕,

Voix chant et cris

Ce héron est très vocal, en particulier pendant la saison de reproduction. Les habitants de Kédah, un état du nord-ouest de la Malaisie comparent volontiers son cri à un mugissement de bétail. Son cri le plus fréquent est une sorte de grondement guttural et profond qui est répété à de multiples reprises pendant la période nocturne. Les croassements, les cris d'une grande rudesse ou d'une grande explosivité sont courants lorsqu'on s'approche de son nid. La description la plus originale provient de John Gould : il décrit le cri d'un oiseau qui couve comme une note d'une incroyable longueur, faisant penser à un grondement de tonnerre lointain ou au gémissement d'une personne agonisante.

Habitat

Le héron typhon est très souvent confiné aux mangroves qui longent le littoral. On le trouve également dans les criques et dans les vasières. Dans les îles malaises, le héron typhon séjourne de façon atypique le long des côtes rocheuses. En Nouvelle-Guinée, il est également présent dans les forêts et les alignements d'arbres qui bordent les cours d'eau. Il évite les paysages ouverts tels que les plaines inondées. Dans cette île, on l'a parfois repéré jusqu'à 550 mètres d'altitude. Dans la région de Darwin, cette espèce fréquente systématiquement les marécages proches des mangroves.

Comportement traits de caractère

Lorsqu'ils sont dérangés, les hérons typhons s'éloignent en battant maladroitement des ailes jusqu'aux arbres situés à proximité. Dans le nord de l'Australie, aux alentours de Darwin, ils volent sur de courtes distances, atterrissent dans des vasières puis rentrent en marchant en direction des mangroves. Les hérons typhons chassent en solitaire. On pense que leur régime est composé presque exclusivement de créatures marines, bien qu'un inventaire détaillé n'ait jamais été dressé. Leur bec massif suggère qu'ils sont capables de capturer des proies de grande taille. Ils se nourrissent essentiellement à la marée descendante, se reposant dans les mangroves lorsque la mer est haute. Le héron typon est considéré comme un oiseau prudent et craintif, toutefois, en certaines circonstances, notamment en Malaisie, il peut s'avérer étonnamment intrépide.

Quatre parades, portant toutes un nom particulier, ont été répertoriées : dans la parade dite "d'étirement" (en anglais stretch display), l'oiseau qui s'approche de son ou de sa partenaire maintient la tête basse et le cou courbé. Celui qui est abordé adopte une posture rigide un peu similaire à celle des butors. Dans la parade dit "du cou ébouriffé" (en anglais fluffed neck), les 2 partenaires marchent en bordure d'une jetée ou d'une digue. Ils ont le corps et le cou baissés, le cou voûté et les plumes du cou hérissées. L'un d'entre eux place sa tête sur le dos de l'autre puis les 2 oiseaux dressent ensemble leur crête. Dans la parade dite "d'opposition de bec" (en anglais bill duelling) les 2 protagonistes entrechoquent leurs becs. L'un d'entre eux saisit le bec fermé de l'autre et ce dernier agite la tête et se débat jusqu'à ce que "l'agresseur" lâche prise. Dans la parade dite "d'attaque" (forward display), le héron réagit aux manœuvres d'intimidation d'un corvidé ou d'une autre espèce. Il projette sa tête en avant, percutant le bec de son rival et provoquant un claquement sec.

Alimentation mode et régime

Les hérons typhons sont exclusivement carnivores. Leur régime est composé principalement de poissons et d'espèces marines telles que les crabes et les mollusques.

Reproduction nidification

En Australie, la reproduction se déroule en juillet, novembre, février, mars et avril. Plus au nord, elle a lieu en mai-juin ou à l'interruption de la mousson. Le nid est situé dans une mangrove épaisse, environ à 4 mètres au-dessus de l'eau, sur une branche latérale. C'est un plate-forme peu profonde construite avec des branches grossières et mesurant environ 1 mètre de diamètre. Le fond de la coupe ne possède aucune garniture. En Australie, le nid peut être placé dans un grand arbre, quelques 6 mètres au-dessus du courant. Dans le sud de la Malaisie, la ponte comprend un seul œuf, de couleur bleu verdâtre, légèrement brillant et avec de minuscules pointillés sombres. Sur l'ensemble de l'aire de distribution, il mesure environ 70 mm sur 50, les œufs australiens étant légèrement plus grands. La taille normale d'une ponte est apparemment de 2 œufs dont on ne connaît pas la durée d'incubation. La durée de séjour au nid est également inconnue. Lorsqu'on s'approche du nid, les oisillons adoptent la posture figée des butors.

Distribution

Les hérons typhons sont résidents de la Birmanie et des côtes du sud-ouest de la Thaïlande jusqu'aux îles de l'Indonésie et à l'Australie. Bien que leur découverte ait été effectuée à Sumatra, le centre de leur aire de distribution semble se situer dans la péninsule malaise. A l'est de cette dernière, leur territoire se poursuit dans l'Archipel des Philippines, dans le sud-est de Bornéo et à Sulawesi. On possède également quelques rapports en provenance des îles de la Sonde, de Timor et des Moluques. En Nouvelle-Guinée, l'espèce est assez courante sur les côtes et dans la presqu'île du Nord-Ouest, mais uniquement dans la partie indonésienne de l'île (Irian Jaya). La sous-espèce matthewsi occupe les côtes nord de l'Australie, de Broome et de Derby jusqu'à Rockhampton. Elle est désormais absente des côtes des Nouvelles-Galles du Sud où elle nichait encore au début du XXème siècle.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

La population de hérons typhons est assez difficile à déterminer. D'après Birdlife, elle varie entre 20 000 et 110 000 individus. L'éclaircissement des mangroves et d'autres types de végétation côtière, l'assèchement ou la mise en valeur des vasières ainsi que d'autres formes de perturbations dues aux humains expliquent en grande partie la désertification des sites de nidification. Néanmoins, compte-tenu de la grande superficie de l'aire de distribution et du bon maintient relatif des effectifs, l'espèce est classée comme ne posant pas de problème majeur (LC).

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 11/01/2010 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net