Mégapode de Reinwardt

Megapodius reinwardt - Orange-footed Scrubfowl

Systématique
  • Ordre
    :

    Galliformes

  • Famille
    :

    Mégapodiidés

  • Genre
    :

    Megapodius

  • Espèce
    :

    reinwardt

Descripteur

Dumont, 1823

Biométrie
  • Taille
    : 47 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 550 à 1200 g
Distribution

Distribution

Description identification

Les mégapodes de Reinwardt ont une longue huppe pointue sur le sommet de la tête. Leur plumage est majoritairement gris-olive brunâtre, mais le dos affiche une nette nuance châtain. Les pattes et les pieds varient de l'orange au rouge rosâtre. La peau faciale qui couvre largement le pourtour de l'œil est également rouge. La femelle est légèrement plus petite, mais son plumage est identique à celui de son partenaire.
Les immatures sont très semblables à leurs parents, mais avec une taille inférieure, une tête plus pâle et une coloration généralement plus terne sur les parties nues de la face. La queue est plus courte. Les parties supérieures ont une teinte habituellement plus cannelle et le dessous est plus clair.
Les différentes races varient considérablement en taille et en couleurs. La race tumulus est la plus grande, la plus sombre et la moins nuancée d'olive. Yorki et castanonotus ont une taille à peu près équivalente à la précédente nommée, mais elle est plus grande que la race nominale reinwardti et que la race macgillivray

Indications subspécifiques 5 Sous-espèces

  • Megapodius reinwardt reinwardt (Lesser Sundas, se Moluccas, Aru Is., s and se New Guinea)
  • Megapodius reinwardt macgillivrayi (D'Entrecasteaux Is., Louisiade Arch.)
  • Megapodius reinwardt tumulus (n Australia)
  • Megapodius reinwardt yorki (ne Australia)
  • Megapodius reinwardt castanonotus (ec Queensland. ne Australia.)

Noms étrangers

  • Orange-footed Scrubfowl,
  • Talégalo de Reinwardt,
  • Frango-do-mato-de-pés-laranja,
  • Reinwardthuhn,
  • narancssárgalábú ásótyúk,
  • Rood Boshoen,
  • Megapodio piediarancio,
  • Orangefotad storfothöna,
  • Oransjebeinovnhøne,
  • tabon hnedý,
  • tabon oranžovonohý,
  • Torresbuskhøne,
  • australianisojalka,
  • megàpode de Reinwardt,
  • nogal zmienny,
  • Оранжевоногий большеног,
  • Gosong kaki-merah,
  • オーストラリアツカツクリ,
  • 橙脚塚雉,
  • 橙腳塚雉,

Voix chant et cris

Toutes les sous-espèces sont très vocales et très communicatives, leur répertoire ne subit que quelques légères modifications. La race nominale reinwardti émet un duo plus complexe et plus mélodieux que celui du mégapode avec lequel il cohabite habituellement dans l'île de Flores. Le premier chanteur commence par un "kli-kiau-(kiau)-kiau-kiau-kiaukiou-kle-ou" auquel son partenaire répond presque immédiatement par un "krrrrr-ukuk-uk-uk-krrrrr", long, aigu, roulant et bégayant. La race macgillivrayi procède de la même façon. Les races australiennes yorki et castanonotus chantent pendant la nuit et sont pratiquement inaudibles pendant la journée. Au début de la saison de reproduction, soit en septembre-octobre, les femelles prennent l'initiative du duo, commençant par de puissantes séries de gloussements auxquels les mâles répliquent par par 2 ou 3 pépiements suivis par une double-note, lente, lugubre, descendante et prolongée. Les populations de la race tumulus qui vivent dans le Territoire du Nord chantent également pendant la nuit et ont un duo semblable.

Habitat

Les mégapodes de Reinwardt fréquentent les forêts pluviales ainsi qu'une grande variété de régions boisées comme les forêts de marécage. Ils s'aventurent parfois dans des zones plus ouvertes, dans des endroits où la végétation est plus morcelée. Ce sont des oiseaux de plaines, même s'ils sont capables de grimper jusqu'à 1 500 mètres dans le sud-est de la Nouvelle-Guinée. Dans le centre-ouest de cette île, ils vivent à des altitudes plus modestes que les mégapodes de Nouvelle-Guinée (M.affinis) avec lesquels ils cohabitent. Dans les petits îles de la Sonde (Lombok, Sumbawa et Flores), ces gros gallinacés huppés vivent dans les forêts primaires et secondaires de plaine, les petites îles de corail, marquant une nette attirance pour les broussailles côtières. A Sumba, les mégapodes de Reinwardt occupent surtout les forêts ouvertes, à Komodo, ils nichent dans les broussailles qui longent le littoral ou dans des habitats similaires qui bordent le lit des rivières. Leurs monticules, quoique bien dissimulés sont souvent très proches des habitations humaines. Dans le nord du Queensland, cette espèce préfère les forêts denses le long des criques à 50 km à l'intérieur des terres. Elle niche parfois dans les clairières ou près des lisières, parfois aussi dans les bouquets de plantes grimpantes.
Occasionnellement, elle niche dans les petites îlettes.

Comportement traits de caractère

Les mégapodes de Reinwardt sont timides. Quand ils s'estiment en danger, 2 stratégies sont possibles : soit ils courent rapidement, soit ils s'envolent au loin. Ces oiseaux sont capables de maintenir un vol soutenu sur une assez longue distance. Ils sont territoriaux pendant toute l'année. Le territoire mesure plus d'un hectare, et sa frontière est délimitée par une limite naturelle comme le lit d'une rivière. Le monticule est situé au centre du territoire. Les mégapodes de Reinwardt creusent d'une manière identique à celle des autres membres de la famille, mais ils semblent plus puissants en raison de leur plus grande taille et robustesse. Ils sont capables de déplacer de lourdes pierres de plusieurs kilos sur une distance de 70 cm. Le forage se déroule de l'aube jusqu'à midi, puis il est suivi par une assez longue période où ces oiseaux ont une activité calme et tranquille. Les monticules sont souvent occupés pendant plusieurs années successives.
Les mégapodes de Reinwardt ne sont pas très grégaires, ils vivent le plus souvent en couples. Néanmoins, pendant la reproduction, les monticules actifs sont parfois distants d'uniquement 25 mètres. Ils sont séparés les uns des autres par une barrière naturelle qui peut être une rivière ou une crête montagneuse. Chez certaines races (castanonotus, du centre du Queensland), les monticules ont un usage communautaire. On connaît plusieurs cas où les nids sont occupés par plus qu'un seul couple. Quoiqu'il en soit, le monticule demeure un espace où il n'y a ni confrontation ni coopération.

Alimentation mode et régime

Les mégapodes de Reinwardt se nourrissent principalement de végétaux, notamment des graines, des baies et des racines, mais aussi des jeunes pousses, des fruits et des fleurs. Parfois, ils consomment des jeunes serpents, des escargots, des scorpions, des vers de terre, des mille-pattes, des coléoptères, d'autres insectes ainsi que leurs larves.
Les mégapodes de Reinwardt marchent dans la litière du sous-bois et marquent de temps en temps une pause pour prospecter et retourner les feuilles afin de trouver de quoi se nourrir.

Reproduction nidification

Les mégapodes de Reinwardt nichent principalement de juillet à mars dans le nord-est de l'Australie. Le paroxysme de l'activité a lieu de novembre à mai dans le sud-est de la Nouvelle-Guinée, pendant et, brièvement, après les précipitations. Les pontes s'effectuent probablement d'août à novembre à Komodo et vraisemblablement pendant tous les mois de l'année à Flores. Les petits sont visibles sans discontinuer de juin à mai. Ces oiseaux aux longues pattes orange et au plumage sans originalité sont présumés monogames.
A la reproduction, ils construisent des monticules mais occasionnellement ils creusent aussi des terriers. La chaleur du soleil ou la décomposition des racines sont utilisées pour couver les œufs. La construction du monticule qui mesure 4 mètres 50 de hauteur, 9 mètres de diamètre et pèse plusieurs dizaines de tonnes dure pendant toute l'année. A Komodo, une superficie de 250 ha contient 42 monticules parmi lesquels 23 sont actifs. La distance minimale entre 3 monticules est d'environ 100 mètres. Les 2 partenaires s'associent pour mener à terme les travaux. L'édifice est une accumulation de feuilles, de bouts de bois, de terre, de sable et de débris, y compris ceux provenant de l'activité humaine. Il est vaguement circulaire ou de forme allongée. En Australie, les monticules atteignent parfois une taille démesurée , ce qui suggère un usage collectif. bien que cette pratique ne soit pas très courante. Ils ont une température comprise entre 29 et 38° pendant l'incubation des œufs, ils sont généralement construits sur un sol plat ou en légère déclivité, la plupart du temps à l'ombre.
Une simple femelle est capable de déposer 12 ou 13 œufs, chacun à un intervalle de 9 à 20 jours, ce qui fait une durée totale de 20 semaines pour le dépôt de la totalité de la ponte. La durée d'incubation est inconnue (sans doute environ 70 jours) et variable car elle dépend de paramètres non maitrisables comme le climat. La couleur des œufs est assez semblable à ceux des autres mégapodes ou des macrocéphales maléo.
A leur naissance, les poussins ont un duvet roux-brun foncé avec des indistinctes barres dessus. Le ventre est chamois, les pattes orange comme celles des adultes.

Distribution

Les mégapodes de Reinwardt sont originaire de l'Australasie, des petites îles de la Sonde jusqu'au centre du Queensland en passant par la Nouvelle-Guinée. On reconnaît officiellement 5 sous-espèces :
M. r. reinwardti - petites îles de la Sonde , sud-est des Moluques, îles Aru ainsi que le nord-ouest, le sud le sud-est de la Nouvelle-Guinée ; probablement les îles du détroit de Torres, peut-être Kangean Island et quelques îles dans la mer de Java, au sud de Kalimantan.
M. r. macgillivrayi - îles Trobriand, Marshall Bennett, Woodlark et d'Entrecasteaux , archipel de la Louisiade, peut-être également le sud-est de l'île principale de la Nouvelle-Guinée.
M. r. tumulus - nord de l'Australie, à partir de la région de Kimberley jusqu'à Melville Island et l'extrême nord du Territoire du Nord.
M. r. yorki - péninsule du cap York (nord du Queensland) et îles situées au large, comprenant sans doute celles du détroit de Torres.
M. r. castanonotus - centre-est du Queensland ( de Cooktown jusqu'à Yeppoon) et les îles situées au large.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après le Handbook des oiseaux du Monde, cette espèce n'est pas globalement menacée. La population mondiale est estimée entre cent mille et un million d'individus et elle semble stable. Elle est très commune dans la partie indonésienne de son aire, notamment Flores et Sumbawa. Elle a été re-découverte dans certains endroits où elle semblait avoir disparu. Dans certaines régions où elle avait été exterminée par les humains, elle a trouvé les ressources pour re-coloniser l'espace perdu car elle est capable de s'adapter à des habitats secondaires qui ne sont pas toujours d'une convenance maximale. Dans la région de Darwin, cette espèce est en croissance locale, dans les lieux éloignés des habitations.
L'avenir n'est pas cependant sans préoccupation. Les œufs sont dévorés par les varans (dont le fameux dragon de Komodo) et les cochons sauvages.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 26/04/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net