Règles déontologiques de la photographie d’oiseaux en vigueur sur «oiseaux.net».

>> Respect du sujet et de son milieu de vie

Les principes de base qui sous-tendent cette charte sont les suivants:

  • le photographe d'oiseaux membre d'oiseaux.net (désigné simplement par l'expression «le photographe» dans ce qui suit) se doit d'avoir un minimum de connaissances dans le domaine de l'ornithologie. La photographie peut être un bon moyen d'apprentissage, mais si elle est une finalité, elle doit s'adosser à de solides connaissances sur les oiseaux et leurs moeurs pour éviter les erreurs d'appréciation grossières.

  • la photographie d'oiseaux ne doit jamais porter atteinte aux oiseaux ni à leur milieu de vie, tout particulièrement dans la phase cruciale de leur cycle qu'est la reproduction. Le sujet et son habitat prévalent sur l'image.

  • les photographies visées par cette charte sont les images d'oiseaux sauvages prises dans des conditions naturelles, à l'exclusion de toutes autres.

De ce fait, «oiseaux.net» formule les recommandations suivantes:

  • les photographies d'oiseaux non sauvages et/ou hors contexte naturel (oiseaux domestiques, apprivoisés, pensionnaires de parcs zoologiques ou de vision, oiseaux naturalisés) ne sont admises sur «oiseaux.net» que dans les cas suivants:espèces difficilement photographiables dans la nature ou dont la photographie in natura est trop perturbante pour elles et leur habitat, mise en évidence de détails morpho-anatomiques peu apparents. Dans tous les cas, le contexte non naturel ne devra pas apparaître.

  • le photographe doit toujours s'assurer au préalable qu'il agit en conformité avec la législation en vigueur, où qu'il soit, qu'il respecte les droits de propriété, les règlements, tant locaux que nationaux, communautaires ou internationaux, applicables en matière de protection et de sauvegarde des espèces et des milieux, et le cas échéant se procure toutes autorisations requises par ces règlements.

  • le photographe s'interdit, pour réaliser une image, toute action qui pourrait avoir pour effet de perturber gravement le comportement du sujet, le stresser, voire porter atteinte à son intégrité, ou encore de modifier son habitat au risque de provoquer son abandon. Un cliché original ne justifie pas une prise de risque pour le sujet et son environnement.

    • La pratique de l'affût est un bon moyen de se fondre dans le milieu, de s'abstraire de la vue du sujet qui adoptera alors un comportement naturel. Cependant, l'affût rapproché au nid est à proscrire pour les espèces «sensibles» ou s'il nécessite une modification de l'environnement de celui-ci et risque de perturber le comportement de ses occupants. De même, l'affût sur une place de chant de Grand Tétras pour la seule photo dans un massif où l'espèce est menacée n'a plus aucune justification. La réglementation le prohibe localement. D'une manière générale, la personne qui pratique l'affût au nid s'abstiendra de tout prosélytisme.

    • L'usage de la «repasse» (diffusion du chant d'une espèce pour attirer un de ses représentants), s'il n'est pas à proscrire, doit se faire avec raison, de façon ponctuelle et limitée dans le temps, car la perturbation engendrée peut être majeure s'il est répété et insistant.

    • L'utilisation d'un appât pour attirer un oiseau peut se justifier, mais toujours si cela ne porte pas préjudice à l'oiseau concerné, par exemple en l'attirant sur un terrain où il devient vulnérable ou en lui proposant une nourriture inappropriée. Tout est là encore question de mesure. Il vaut mieux ne pas tomber dans les excès de certains photographes nord-américains qui fidélisent des rapaces nocturnes en hiver à grand renfort d'appâts vivants et vont jusqu'à modifier le comportement naturel de ces oiseaux au seul bénéfice de la photographie et de leur plaisir personnel.

  • le photographe s'efforce d'identifier, notamment avec les outils mis à sa disposition sur le site (listes par pays, interface d'aide à l'identification, forum) et de comprendre l'oiseau photographié, ce qui implique qu'il ne se comporte pas seulement en esthète soucieux de présenter un beau cliché, mais aussi comme un témoin et un documentaliste, désireux de partager les connaissances qu'il aura acquises à l'occasion de ses recherches documentaires ou sur le terrain.

  • le photographe s'efforcera de contribuer à l'éducation du public dans le domaine de la protection des espèces et des espaces, soit directement à la faveur d'expositions, de conférences, de projections, soit indirectement, par exemple en mettant ses clichés à la disposition d'organismes sans but lucratif en charge de la protection de la nature et des oiseaux.



Texte inspiré du «Code de déontologie» de Wilipi

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