
Beaucoup de ceux qui ont installé et approvisionné des mangeoires dans leurs jardins, ont pu cet hiver admirer plus que de coutume des Grosbec . Le gel durable a poussé ces oiseaux, autrement très farouches, à chercher leur pitance là où elle leur était offerte par les humains.
En dehors de la saison hivernale, ils sont difficiles à repérer et à observer. Jamais abondante, ce n'est pourtant pas une espèce rare en Lorraine. Les cris et chants très brefs, secs et métalliques, mais peu audibles, du Grosbec ne permettent guère de noter et localiser sa présence. 
© Didier CollinDe plus dans les milieux qu'il affectionne : forêts de feuillus ou mixtes, parcs, vergers et bosquets, il évolue le plus souvent à la cime des arbres dont les feuillages le camouflent.
Autrement, le Grosbec ne passerait pas inaperçu, tant son aspect n'est à nul autre oiseau pareil. A peine moins grand qu'un étourneau, tout est massif et large chez lui. La puissante encolure porte une grande tête munie d'un très gros bec conique. La queue et les pattes courtes, les ailes larges, accentuent l'apparence trapue de cet oiseau.

© Didier CollinHabituellement, c'est la forme et le volume du bec, hors du commun, qui identifient d'emblée cette espèce. Les couleurs en partie vives, en partie pastels du plumage à l'aspect satiné, ne viennent qu'en second.
Cet exceptionnel instrument mu par une puissante musculature met à la portée de cet oiseau des noyaux et graines qui ne peuvent être ouverts par aucun autre granivore d'Europe. Il n'a donc pas à craindre la concurrence quand il recherche des noyaux entourés d'une enveloppe ligneuse très dure, comme ceux des cerises dont l'amande le régale. La force d'écrasement développée par ses mandibules a été estimé à 26 k pour les noyaux de cerises et à 45 k pour les noyaux d'olives, cependant que le détenteur de ces records ne pèse, en moyenne, que 55 gr !

© Clément StievenartSes ressources principales lui sont fournies par les graines ailées- les samares - que produisent les érables, charmes, frênes etc. A la fin de l'hiver, lorsque la plupart des samares auront été décrochées par les vents, il devra déroger à ses habitudes arboricoles, en ramassant ces aliments au sol où il se livre alors à l'observation la meilleure. Mais son menu s'enrichit des graines et des noyaux de fruits de plusieurs dizaines d'espèces végétales. A partir de l'été, il se gave volontiers de baies de prunellier, aubépine, sorbier, cornouiller, houx etc.

© Yves ThonnerieuxPendant la période de reproduction, le régime est complété, comme chez beaucoup d'autres granivores, par des insectes, des larves et chenilles afin de procurer aux oisillons les protéines digestibles et nécessaires à leur croissance rapide. En effet la progéniture généralement au nombre de 5, couverte de duvet à sa naissance, prend déjà son envol au bout 12-14 jours. Après avoir quitté le nid fin juin, les jeunes restent encore avec leurs parents jusqu'à fin juillet pour se trouver ensuite, seul ou à plusieurs, un autre territoire conforme aux besoins de l'espèce.
En dehors de la période de reproduction, ces oiseaux évoluent volontiers à plusieurs, mais en association assez lâche. Nos Grosbecs sont considérés comme sédentaires, mais s'ils ne quittent guère la région, ils y sont assez erratiques après la nidification. Les oiseaux de l'Est et du Centre de l'Europe sont en revanche obligés de migrer en automne vers des régions plus clémentes, y compris la nôtre.

© Jules FouargeLes rares personnes qui ont pu observer la formation des couples, qui s'étale sur presque deux mois, ont été très impressionnées par le cérémonial compliqué : véritable ballet où les postures, révérences et pas de danse du mâle sont longtemps dédaignés et repoussés par la femelle convoitée.
La très grande majorité d'entre-nous se contentera de jouir de la beauté de cet oiseau lorsqu'il visitera la mangeoire ou lorsqu'il fera une courte apparition lors d'une de nos promenades dans les bois.
Texte de Gilbert Blaising
pour le site www.oiseaux.net
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Oiseaux, merveilleux oiseaux - Les dialogues du ciel et de la vie
par Reeves Hubert
1. Présentation : Dans ce nouveau livre, Hubert Reeves conjugue sa veine "écolo-poétique" (Malicorne) et son talent de vulgarisateur (Patience dans l'azur, etc.). Une méditation sur la nature, et tout particulièrement sur les « merveilleux oiseaux », sert de fil conducteur à une réflexion sur les racines profondes de la complexité du monde, telles que nous les révèle la science contemporaine. Le livre s'ouvre sur l'évocation d'une rencontre de l'auteur avec des adolescents en difficulté et sur une allusion aux graves problèmes de santé qu'il a connus. L'auteur, nous dit-il, a écrit pour les « lassés de l'existence » dans l'espoir de leur faire entendre l'appel du cosmos, s'adressant à chacun : « tu es toujours avec nous ». Le livre comporte 5 parties : I) La première s'ouvre sur le spectacle de la migration des oies sauvages « D'où viennent ces oiseaux majestueux ? Dans le passé le plus récent ils arrivent de la Terre de Baffin, une grande île de l'océan Arctique lieu de leur nidification estivale. Mais avant, bien avant ? Comment les oies sont-elles apparues sur la Terre ? Comment ont-elles appris à retrouver leur nid après un voyage de trois mille kilomètres ? Le but de ce livre est de décrire l'état présent de nos connaissances sur ces sujets. Grâce à l'astronomie, à la physique, à la chimie et à la biologie nous sommes en mesure d'identifier les "ferments" de cette évolution à partir du chaos primordial jusqu'à l'extraordinaire sophistication des mammifères. Ces question...
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