De l'automne au printemps

Automne au printemps


Les plantations et les aménagements du jardin.


Constat


Alimenter en hiver les oiseaux, leur installer des nichoirs, restera vain si les milieux que nous leurs laissons ne répondent pas à leurs besoins spécifiques de nourriture, de nidification et de sécurité.

Les vastes campagnes agricoles, débarrassées de leurs haies, arbres, bosquets, mares et zones humides, ont été transformées en déserts de blé ou de colza où toute autre vie est éliminée par les traitements chimiques. N'échappent plus à cet anéantissement que les massifs forestiers, quelques étangs, rivières, terrains industriels ainsi que les jardins et parcs de nos agglomérations où l'emploi des insecticides, pesticides, herbicides et engrais n'est pas encore systématique et massif.

Il n'est donc pas étonnant qu'en dehors de certains milieux particuliers encore préservés de cette folie éliminatrice et de ce raz de marée chimique, ce soit dans les zones urbanisées, en particuliers les banlieues, qu'il y a maintenant le plus d'oiseux de diverses espèces.

C'est dire la responsabilité que nous avons désormais directement, nous autres citadins, propriétaires ou locataires d'un lopin de jardin, de verger ou de prairie. Les jardins en France, cultivés par 12 millions d'amateurs, totalisent une surface qui est trois fois supérieure à l'ensemble de tous les parcs nationaux, régionaux et réserves. Dans ce vaste domaine, l'enjeu d'un jardinage attractif pour la vie sauvage, pour les oiseaux en particulier, est donc énorme.


Que faut-il faire et ne pas faire ?

Aménager et entretenir le jardin de telle sorte qu'insectes, araignées, papillons, graines, baies et fruits puissent s'y épanouir. La diversité des végétaux est fondamentale:fleurs, plantes grimpantes, arbustes et arbres, fruitiers ou autres.


Outre qu'elle crée les conditions favorables pour rendre un jardin vivant, elle offre également tout au long de l'année un spectacle plus riche en couleurs et formes tout en limitant les risques de destruction en série par une maladie cryptogamique.


L'exemple contraire et tristement caricatural est constitué par une pelouse rase entourée par une haie uniforme de thuyas strictement taillés, le tout offrant l'aspect d'un cimetière militaire.


Pour former la palette des végétaux, il est préférable de recourir aux espèces locales qui ont fait la preuve, par leur spontanéité et leur vigueur, de leur adaptation aux conditions du climat et des sols. Il faut se défier des nouveautés horticoles sophistiquées, mais non éprouvées.


Le choix des espèces végétales propices à un jardin nature est important et permet toutes sortes de combinaisons selon les goûts. Il est toutefois souhaitable de prendre en considération l'échelonnement des floraisons et des fructifications et bien évidemment un étagement varié des végétaux pour répondre aux besoins des diverses espèces d'oiseaux susceptibles de fréquenter le jardin:accenteur mouchet au sol et dans arbustes bas, grimpereaux sur les troncs et branches d'arbres etc.


Tous les jardins des agglomérations ne se prêtent pas à la présence de grands arbres, mais tous peuvent donner lieu à la création de haies, petites ou grandes, soit contre les rangées de conifères faisant clôture, soit contre diverses clôtures proprement dites. Dans tous les jardins aussi, il y a place pour une ou plusieurs plantes grimpantes parmi lesquels le lierre prime par ses atouts multiples en faveur de la gent ailée pour le couvert et le gîte.


Dans la sélection des fleurs, il convient de donner la préférence aux plantes mellifères ( fenouil, angélique, aster, bleuet, grande marguerite, lavande, romarin, sauge, thym, menthe, bourrache etc. ) attirant insectes butineurs et papillons ainsi qu'à celles très recherché pour les graines ( myosotis des champs, choux potager, fraisier sauvage, renouée bistorte, trèfle des près etc.)


Autres conseils:

Si possible,

  • Installer un compost ; outre sa fonction de produire des fertilisants gratuits, il génère une faune et une flore très appréciées des oiseaux insectivores.
  • Laisser un tas de bois, de branchages, voire de pierres. Ils donnent asile à une quantité d'insectes et à certaines espèces d'oiseaux comme le troglodyte mignon.
  • Conserver un arbre mort ou seulement vieux ; véritable garde-manger pour les pics, grimpereaux et sittelles, il offre ou offrira des cavités favorables à la nidification des mésanges et autres oiseaux cavernicoles.
  • Laisser jusqu'au printemps, les feuilles mortes dans le jardins derrière la maison ; elles abriteront des araignées, cloportes et autres insectes qui serviront de régal au rouge-queue, accenteur mouchet et merle noir. Au printemps, ces feuilles pourront être ratissées au pied des arbustes dont elles protégeront les racines de la sécheresse en été.
  • Et enfin le comble, une mare ou un bassin, véritables univers de vie sauvage à eux tous seuls. La cerise sur le gâteau !

Toutefois, tous ces aménagements ne serviront que de décors à un théâtre sans acteurs si parallèlement on continue à utiliser, comme on le fait trop systématiquement et exagérément, des traitements chimiques.


Les études démontrent que 90% des jardiniers répandent des insecticides à des doses supérieures aux normes conseillées par les fabricants eux-mêmes ! Outre les risques de pollution que ces pratiques entraînent, on détruit ainsi la base alimentaire de bien des espèces d'oiseaux.


Pourtant, dans les jardins privés, soumis à aucune exigence de productivité, les traitements ne s'imposent pas sauf exception et très limitativement. Encore faut-il utiliser dans ces cas extrêmes des produits rapidement bio-dégradables, mieux, des produits de lutte biologiques et idéalement, les auxiliaires naturels tels les coccinelles ou le jus de macération d'orties.


Créé le 30/12/2004 par Gilbert Blaising © 1996-2017 Oiseaux.net