Bec-en-sabot du Nil

Balaeniceps rex - Shoebill

Systématique
  • Ordre
    :

    Pélécaniformes

  • Famille
    :

    Balaenicipitidés

  • Genre
    :

    Balaeniceps

  • Espèce
    :

    rex

Descripteur

Gould, 1850

Biométrie
  • Taille
    : 120 cm
  • Envergure
    : 260 cm.
  • Poids
    : 4000 à 7000 g
Longévité

36 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Le bec-en-sabot du Nil est une espèce monotypique, il est le seul membre de la famille des balaenicipitidés, endémique du continent africain.
Découvert et décrit par les occidentaux à la fin du XIXème siècle le bec-en-sabot peut sembler, de par son esthétique, sortir directement de la préhistoire. De nombreux mythes et légendes entourent cet échassier qui présente des similitudes (physiques, anatomiques, biologiques ou comportementales) à la fois avec les pélicans, les marabouts, les cigognes, les ombrettes, ou les ardéidés (autres que ciconiiformes). Des études sur l'ADN, menées par Sibley et Ahlquist, ont permis de le classer dans l'ordre des pélécaniformes.
Le plumage du bec-en-sabot reste identique toute l'année, il varie du gris au gris bleuté. Les couvertures sus-alaires ont une tendance gris-anthracite. Les parties ventrales sont grises, légèrement plus claires. Les juvéniles sont légèrement plus brun que les adultes.
Le dimorphisme sexuel est très peu marqué ; en effet, seule une subtile différence de taille et de grosseur du bec peut permettre de distinguer les deux sexes. Déterminer le sexe d'un oiseau isolé n'est pas possible.
Les tarses, forts et longs, sont terminés par 4 doigts de grandes tailles munis d'ongles mais dépourvus de membranes interdigitales. L'ensemble est d'un ton marron noirâtre. Voir :Vidéo
La tête, imposante et piriforme, présente un petit toupet de plume au sommet de l'occiput. Les yeux, situés sur le devant de la tête, lui permettent d'avoir une vision binoculaire, facilitant le repérage des proies.
La couleur de l'iris est jaune foncé chez le poussin ; cette dominante colorimétrique s'atténue pour pratiquement disparaître à l'âge de la maturité sexuelle. Les couples reproducteurs ont des yeux pâles.
La forme singulière de son bec, de couleur jaunâtre et rosée avec des taches gris foncé, lui a valut, au Soudan, le nom d'Abu-marqub, soit : "le Père de la babouche". En effet celui-ci, bulbeux et crochu, a une taille imposante (23 cm de long et 10 cm de large) et une forme très caractéristique.
Le crochet de la mandibule supérieure lui permet de se toiletter, rouler ses œufs ou encore retenir les proies glissantes. La morphologie du bec est par ailleurs expliquée comme une adaptation remarquable à une méthode de capture hautement spécialisée. Les mandibules ont des bords tranchants qui facilitent la capture et l'ingestion de ses proies. Pour se nourrir en fin de saison sèche, le bec en sabot exhume des protoptères* de la vase. (*poissons osseux pulmonés qui s'enterrent dans la boue quand l'eau vient à manquer).

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Shoebill,
  • Picozapato,
  • Bico-de-sapato,
  • Schuhschnabel,
  • papucscsőrű madár,
  • Schoenbekooievaar,
  • Becco a scarpa,
  • Träskonäbb,
  • Treskonebb,
  • člnozobec veľký,
  • člunozobec africký,
  • Træskonæb,
  • kenkänokka,
  • bec d'esclop,
  • trzewikodziób,
  • Китоглав,
  • ハシビロコウ,
  • 鲸头鹤,
  • 鯨頭鸛,

Voix chant et cris

Bec-en-sabot du Nil
adulte

Relativement silencieux, le bec-en-sabot, comme la cigogne, claque du bec notamment durant la saisons des amours. Il est alors assez bruyant, le son produit est un puissant et creux "dokk". Les observations in natura de Geneviève Renson ("Sur les traces du Roi des marais", Kubik Editions) mettent en évidence l'existence d'une variété de vocalisations complexes (sortes de "gémissements ou miaulements"). Les jeunes sollicitent la nourriture auprès des adultes avec une sorte de "bruit de hoquet".

Habitat

C'est un oiseau inféodé aux zones humides et/ou inondables où poussent papyrus et roseaux.

Comportement traits de caractère

Le bec-en-sabot du Nil occupe généralement un territoire d'environ 3 km² (un couple peut couvrir jusqu'à 5 km²). Il est généralement solitaire, ainsi, même au sein d'un couple reproducteur, le mâle et la femelle auront tendance à se nourrir sur les côtés opposés de leur territoire. Des petits groupes desserrés peuvent toutefois se produire de temps à autre dans les lieux où la ressource halieutique est abondante et concentrée (saison sèche).
Dans sa quête de nourriture, souvent nocturne, il arpente les zones humides peu profondes d'un pas fait de lentes et grandes enjambées, tête penchée pour optimiser sa vision binoculaire. Il s'arrête régulièrement pour tenter de repérer une proie. Souvent à l'affût, que ce soit ou non à découvert, il se fige à la vue de celle-ci, allonge son cou, et d'une détente fulgurante plonge la tête dans l'eau (les ailes déployées pour assurer son équilibre). La capture est impressionnante par sa rapidité et sa puissance. Voir : Vidéo
Il ne harponne pas comme les hérons, mais "écope" à l'horizontale à l'aide de son bec si particulier. Il ressort ainsi herbes et boue avec la proie. Un mouvement brusque lui permet d'éjecter le superflu, les bords tranchants du bec blessant mortellement le poisson ou le serpent. Il se rince alors le bec et boit de l'eau. Dans les zones où les eaux sont plus profondes, il se tient souvent à l'affût sur un îlot de végétation flottante, ses grands doigts lui évitent alors de s'enfoncer trop rapidement. Dans les zones où la végétation est dense, mais dépassant rarement sa hauteur, il profite des travées faites par le passage des grands mammifères.
Le vol : Comme les hérons il vole le cou rentré. Il décolle presque à la verticale en battant lourdement des ailes. À l'instar des cigognes, il peut planer et remonter les courants thermiques jusqu'à une grande hauteur. Tête penchée, il semble alors surveiller son territoire. Il n'est pas migrateur, mais des oiseaux isolés ont été observés très loin de leur habitat originel.

Alimentation mode et régime

Essentiellement piscivore, son régime alimentaire est constitué de poissons-chats, protoptères, serpents aquatiques ou grenouilles. Opportuniste, il ne dédaigne pas compléter avec des varans, tortues, rongeurs, oisillons ou des crocodiles juvéniles.

Reproduction nidification

Durant la période de nidification, qui coïncide généralement avec le début de la saison sèche, le couple est très territorial et défend son nid contre les prédateurs ou les éventuels concurrents.
Le cycle de reproduction, de la construction du nid jusqu'à la mue imaginale, dure environ 6/7 mois. Les œufs sont pondus en fin saison humide, et les poussins se couvrent de plumes en fin de saison sèche (la baisse des eaux facilite alors l'accès au ressources alimentaires).
Une zone d'un diamètre d'environ 3 mètres, est piétinée et nettoyée sur de la végétation émergée (ou flottante) ou sur un îlot. Le nid (entre 1 et 2 mètres de diamètre) est édifié par les deux parents, il semble qu'il soit utilisé plusieurs années consécutives. Le mâle participe à la couvaison et au nourrissage.
La femelle pond de 1 à 3 (souvent 2) œufs de couleur blanchâtre, qui seront couvés environ 30 jours. En fonction des ressources alimentaires et/ou des prédations un seul oiseau parviendra au stade adulte.
Après l'éclosion, les adultes nourrissent les poussins, couverts de duvet gris clair, par régurgitation.
Pendant les fortes chaleurs les adultes régurgitent de l'eau sur le nid ou sur les poussins, afin de les maintenir au frais. Ils font également de l'ombre aux jeunes, à l'aide d'une aile, jusqu'à ce qu'ils soient bien plumés, soit environ jusqu'à 60ème jour.
Voir : ici et
Les jeunes quittent le nid vers le 95ème jour mais ne seront pas capables de voler avant le 105/112ème jour. Ils seront complètement autonomes vers le 140ème jour. Les parents cessent alors de les nourrir.
L'âge exact de la maturité sexuelle est toujours inconnue. Elle pourrait être sensiblement la même que celle d'espèces voisines comme le marabout, la cigogne ou le pélican, c'est à dire vers 3 ou 4 ans.

Distribution

Distribution et estimation de la population :
- Sud Soudan : supérieure à 5 000 individus, de 50 à 80% de la population totale
- République Démocratique du Congo RDC : inférieure à 1 000 individus
- Zambie : inférieure à 500 individus
- Tanzanie : de 200 à 500 individus
- Ouganda : de 100 à 150 individus
- Rwanda : supérieure à 50 individus
- Éthiopie : supérieure à 50 individus
- République Centrafricaine : présence occasionnelle
- Burundi Malawi : inconnue
Une estimation récente donne une population totale à 5 000-8 000 individus (T. Dodman 2002 International Wetlands).
Dinesen Baker (2006) l'estiment, pour leur part, inférieure à 10 000 oiseaux (Birdlife). La population est globalement en fort déclin.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Le drainage des zones humides en vue d'élevage et/ou d'agriculture, qui restreint son habitat très spécifique, ainsi que le braconnage (pour la nourriture et/ou la revente aux zoos), sont les principales menaces pour cet oiseau. Cette espèce rare et localisée est classée "vulnérable" (VU) par l'I.U.C.N. depuis 2005. Le bec-en-sabot est classé en annexe II (espèce vulnérable à commerce réglementé) depuis 1987 par la C.I.T.E.S. Il doit être reproposé pour un classement en Annexe I. Il est protégé par la Loi au Soudan, en République Centrafricaine, en Ouganda, au Rwanda, au Zaïre et en Zambie. Également inclus dans la Classe A de la Convention africaine de Nature et de Ressources minérales (African Convention of Nature and Natural Resources).
Sur les zones où il est présent, les excursions "naturalistes" génèrent par ailleurs des sources de revenus qui peuvent inciter à une meilleure protection. Ces dernières années plusieures zones humides d'importance ont été placées sous Convention Ramsar.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 19/12/2010 par Yvonnik Lhomer © 1996-2017 Oiseaux.net