Un ornithologue, professionnel ou amateur, se doit de connaitre les émissions sonores des oiseaux, cris, chants et autres (tambourinage des pics par exemple). Il doit pouvoir mettre un nom d’espèce sur un son entendu.
L’ornithologue débutant doit acquérir cette compétence s’il veut progresser et ce n’est pas chose facile. C’est un long apprentissage.
Au début, il devra voir l’oiseau qu’il entend pour associer les deux sens jusqu’à ce que ce lien soit acquis et devienne un automatisme. A terme, il n’aura plus besoin de voir l’oiseau pour l’identifier quand il l’entend. Comme les espèces sont nombreuses et que chacune a son répertoire, c’est un travail de longue haleine.
Bien évidemment, il est recommandé de sortir sur le terrain avec un ornithologue confirmé. L’apprentissage en sera de beaucoup facilité.
Une bonne oreille et une bonne vue sont bien sûr nécessaires, mais aussi une attention particulière et une bonne mémoire. Comme dans tout enseignement, il y a la part personnelle. Certains ont plus de facilités que d’autres. Et plus on commence tôt, meilleur sera le résultat.
Jumelles : pour trouver puis observer d’un oiseau qui s’exprime, une paire de jumelles de qualité est indispensable.
Longue-vue : idem pour les oiseaux plus lointains.
Parabole : elle permet d’enregistrer des sons en les concentrant vers un microphone. C’est moins facile d’emploi qu’un simple téléphone portable mais beaucoup plus performant.
Outils numériques : de nos jours, le numérique est d’une aide précieuse et permet de gagner beaucoup de temps.
Tout d’abord, les applications de l’Université Cornell :
l’application « BirdNET » et celle qui en découle
l’application « Merlin »
Elles donnent en temps réel sur le terrain le nom des espèces entendues à un moment donné. L’Europe en particulier est couverte.
Autrement, le site internet xeno-canto.org propose des enregistrements de toutes les espèces pour comparaison en direct ou de retour à la maison. Il ne faut pas hésiter à enregistrer ce qu’on entend quand on le peut. Cela permet de travailler à tête reposée dans un second temps. Ce site est d’une aide très précieuse, d’autant plus qu’il couvre tous les oiseaux du monde dont on possède des enregistrements.
Ceux qui figurent sur nos fiches spécifiques sont tirés de xeno-canto..
Deux paramètres ont une grande importance, l’habitat et la phénologie des espèces.
C’est le plus important. La majorité des espèces d’oiseaux ont un milieu de vie préférentiel qu’il est important de connaitre. Les espèces ubiquistes sont très rares. A l’inverse, il existe des espèces inféodées à un habitat particulier (par exemple, on ne trouvera la Rousserolle effarvatte qu’en phragmitaie).
Chaque espèce possède son calendrier de présence propre. Certaines sont présentes toute l’année, ce sont les sédentaires. A l’opposé, d’autres ne sont présentes que sur un laps de temps restreint ; ce sont des migratrices (par exemple, le Martinet noir n’est présent en Europe que de mai à août).
Les données sur ces paramètres sont accessibles dans la littérature spécialisée.
La repasse est une technique destinée à provoquer une réaction chez un oiseau qu’on sait pouvoir être présent mais qui reste silencieux. En général elle est utilisée comme aide pour une recherche spécifique.
Elle peut être utile au débutant justement pour associer la vue et l’écoute d’un oiseau. Mais s’il veut être bien attentif, il vaut mieux qu’il soit libéré des manipulations nécessaires, confiées à un accompagnateur connaisseur.
Mais attention, cette technique perturbe l’oiseau qu’on recherche. Il ne faut pas en abuser en période de reproduction.