Buse variable

Buteo buteo - Common Buzzard

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Buteo

  • Espèce
    :

    buteo

Descripteur

Linnaeus, 1758

Biométrie
  • Taille
    : 57 cm
  • Envergure
    : 113 à 128 cm.
  • Poids
    : 625 à 1364 g
Longévité

25 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Buse variable
adulte
Buse variable
adulte

La Buse variable, comme son nom l'indique, a un plumage extrêmement variable. Cela peut aller d'un blanc presque pur à un brun sombre quasi uniforme, avec tous les intermédiaires possibles et imaginables. C'est très déroutant pour un ornithologue débutant. Mais heureusement, dans la majorité des cas, l'oiseau est d'un brun moyen avec des caractéristiques spécifiques que je vais décrire, mais il faut bien avoir en tête que les variantes sont nombreuses. Il est admis que les oiseaux du nord de l'aire sont plus pâles que ceux du sud.
La silhouette est massive, particulièrement chez la femelle, plus grande et plus robuste que le mâle. La pointe des ailes fermées atteint à peu près l'extrêmité de la queue. La tête est assez grosse, faisant paraître le cou engoncé dans les épaules.
Le plumage adulte se caractérise par une relative uniformité des parties supérieures. Les tectrices et les couvertures alaires sont brunes, sans bordure marquée et souvent avec un trait sombre le long du rachis. Les rémiges sont, pour ce qu'on en voit sur l'aile fermée, d'un brun plus sombre, presque noirâtre quelquefois. La tête présente souvent un sourcil pâle et une sorte de moustache brune oblique sous l'œil. En moyenne, les parties inférieures se présentent comme suit. La gorge est blanche, striée de brun, et le haut de la poitrine brun tacheté de blanc formant plastron. Sous le plastron, un bandeau pectoral blanc plus ou moins taché de brun est nettement perceptible. Le ventre est brun, plus sombre et moins taché que la poitrine, souvent plus clair en son centre. Les culottes sont brunes elles aussi, plutôt unies à l'extérieur et d'aspect barré vers l'intérieur. La teinte de fond de la queue est pâle, blanchâtre à beige clair, mais les rectrices sont nettement barrées de brun, ce qui la fait paraître assez sombre. D'habitude, elle est un peu plus pâle à la base qu'à son extrémité. Cela vient du fait que les barres des rectrices sont plus étroites à la base et que la queue se termine par une large barre brune. L'iris est brun-noisette. Le bec est noir avec la cire bien jaune portant les narines arrondies. Les pattes (pied et tarse) sont du même jaune que la cire.
Le plumage juvénile est plus clair et moins uniforme que celui de l'adulte. Les plumes de couverture sont ourlées de clair et donnent au dessus un aspect écailleux. L'iris est jaune pâle et la cire est d'un jaune moins vif.
Au vol, la silhouette de la Buse variable est assez typique. C'est l'aspect compact qui frappe. La tête est grosse et sans cou apparent. Les ailes sont moyennement longues, moins que chez d'autres buses, larges sur toute leur longueur et terminées par 5 doigts noirs bien visibles. La queue est assez courte, moins longue que la largeur de l'aile dans une proportion de 0,8 environ.
Le dessous de l'aile est contrasté. Les couvertures sous-alaires brunes contrastent fortement avec les rémiges très pâles, blanchâtres et comme lustrées, même chez les oiseaux sombres. Chez ces derniers, c'est la main la zone la plus pâle. Les rémiges et les rectrices sont barrées régulièrement de brun. Chez l'adulte, rémiges et rectrices sont largement terminées de brun, ce qui donne un bord de fuite sombre bien net aux ailes et à la queue et qui n'est pas le cas chez le jeune oiseau. Ce dernier apparaît aussi plus svelte, plus pâle, souvent avec une virgule sombre au poignet chez les sujets les plus clairs.
En vue de dessus, il faut noter l'uniformité du plumage, en particulier sans zone vraiment plus pâle au niveau de la main, ce qui la distingue d'autres buses. Les sus-caudales sont en général la partie la plus claire dessus.

Indications subspécifiques 6 sous-espèces

  • Buteo buteo buteo (Europe e to Finland, Romania and Turkey)
  • Buteo buteo insularum (Canary Is. and Azores)
  • Buteo buteo harterti (Madeira)
  • Buteo buteo pojana (Corsica, Sardinia, Sicily, c and s Italy)
  • Buteo buteo menetriesi (e Turkey through the Caucasus to n Iran)
  • Buteo buteo vulpinus (n and e Europe, c Asia)

Noms étrangers

  • Common Buzzard,
  • Busardo Ratonero,
  • Águia-d'asa-redonda,
  • Mäusebussard,
  • Egerészölyv,
  • Buizerd,
  • Poiana comune,
  • Ormvråk,
  • Musvåk,
  • myšiak hôrny,
  • káně lesní,
  • Musvåge,
  • hiirihaukka,
  • aligot comú,
  • Músvákur,
  • myszołów (zwyczajny),
  • peļu klijāns,
  • kanja,
  • Канюк,
  • Elang buteo,
  • ノスリ,
  • 欧亚鵟,
  • เหยี่ยวทะเลทรายตะวันตก,
  • 普通鵟,

Voix chant et cris

Buse variable
adulte

Le cri habituel de la Buse variable est un miaulement plaintif de 2 secondes environ, un "kiiaaaahh" puissant, de tonalité élevée mais dont l'intonation a tendance à baisser à la fin. L'oiseau l'émet le plus fréquemment en vol, mais également au posé. Ce cri est imité à la perfection par le Geai des chênes sans qu'on en connaisse la raison. Ce cri de base est largement modulé suivant les circonstances et prend diverses significations. En cas de danger, il est puissant et sert d'alarme sonore. Ce peut être un simple cri de contact entre individus. Il sert également à la défense territoriale.
Il y a bien sûr d'autres cris dont des cris intimes du couple au nid, par exemple des sifflements. La femelle sollicite la copulation par des "siak siak siak" répétés. Les juvéniles hors du nid quémandent bruyamment leur nourriture pendant des semaines avec des cris similaires au cri d'appel, mais à tonalité plus élevée et plus insistants, au point que ça peut en devenir lancinant.

Habitat

Buse variable
adulte

La Buse variable est avant tout un oiseau forestier. Il a besoin des arbres pour la nidification. Mais plutôt que la forêt compacte, il apprécie les marges des zones forestières, les écotones, les lisières et clairières, les petits boisements et bosquets, les prés-bois en altitude, les ripisylves, voire les haies arborées, les plantations équiennes, etc.

Son nid sera toujours proche d'une zone ouverte, prairie, culture ou zone humide. Un arbre isolé dans la campagne agricole peut convenir pour la nidification à condition qu'il soit assez dense et cache le nid. C'est donc tout l'inverse d'un rapace comme l'Autour des palombes qui ne niche qu'au cœur des grands massifs forestiers. La buse est indifférente au type de boisement, feuillu, de conifères ou mixtes. C'est la structure paysagère qui lui importe.
Les milieux ouverts servent à l'alimentation. La buse recherche avant tout les petits rongeurs tels que les campagnols des cultures qu'elle chasse à l'affût depuis un perchoir élevé ou alors en vol sur place lorsque le temps s'y prête.

Comportement traits de caractère

Buse variable
adulte

La Buse variable est un rapace assez placide, plutôt farouche comme la majorité des rapaces, mais ne cherchant pas vraiment à se cacher, contrairement aux Accipiter par exemple. Dérangée, elle s'envole calmement en piaulant.
Il est assez facile de la voir perchée en bord de route sur un perchoir, arbre, poteau, piquet, à l'affût des rongeurs, nombreux sur les talus de la voirie, et ceci en toutes saisons. En effet, la majorité des buses d'Europe tempérée sont sédentaires et occupent leurs territoires toute l'année. Les jeunes oiseaux en revanche sont mobiles et recherchent des territoires vacants à occuper, mais sans grands déplacements. Au contraire, les buses du cœur du continent eurasiatique au climat continental sont de grandes migratrices, allant passer la mauvaise saison jusqu'au sud du continent africain. C'est le cas de la sous-espèce dite Buse des steppes.
La buse est un planeur hors pair qui sait utiliser avec efficacité sa grande surface portante. Elle peut planer de longs moments sans battre des ailes, à la seule force de ses muscles abaisseurs, utilisant au mieux les courants ascendants. Sa silhouette, ailes légèrement relevées en V, est alors typique.

Buse variable
juvénile

De par son régime alimentaire à base de rongeurs, la buse est un auxiliaire précieux des agriculteurs, au même titre que le Renard roux par exemple. Et pourtant, comme tous les rapaces, elle a été classée nuisible très longtemps et à ce titre détruite systématiquement. Et ceci en vertu de déprédations supposées sur les populations de certains gibiers de repeuplement comme la perdrix ou le faisan, prédation très certainement exagérée par une certaine catégorie de la population et conséquence logique de l'inadaptation aux milieux naturels des gibiers d'élevage. Ce n'est que depuis la loi de protection de 1972 qu'elle a été retirée de la liste des nuisibles et même protégée officiellement, ce qui n'empêche pas des actes de braconnage à son encontre, encore de nos jours, mais en toute discrétion.
Le nombres de buses en hiver sur un territoire est une bonne indication sur le niveau des populations du Campagnol des champs, sa proie favorite. Les jours qui suivent des intempéries, surtout à la mauvaise saison, ou alors juste après la fonte de la neige, on peut voir les buses posées à même le sol des prairies ou des cultures, arpentant le terrain à la recherche des lombrics dont elles font grosse consommation à l'occasion. Scène classique après ces déambulations au sol dans la végétation humide, les buses se perchent en évidence, ailes écartées et pendantes, afin de sécher leur plumage dans le vent. Le soir à la nuit tombante, toutes regagnent le couvert forestier où elles passeront la nuit.
Les Buses variables ne sont pas grégaires comme peuvent l'être les milans. Elles ne forment pas de dortoirs nocturnes collectifs. Seule une abondance locale de nourriture peut entraîner des rassemblements, et ce en dehors de la saison de reproduction. On peut ainsi observer occasionnellement une dizaine de buses, ou même plus, dans un seul champ, chassant les vers et/ou les campagnols.
Il est possible que les couples soient unis pour la vie.

Vol

Buse variable
2ème

La Buse variable pratique deux vols, le battu et le plané. Le vol battu est typique avec des battements rapides et comme frappés, de faible amplitude.

Buse variable
immature
Il n'a pas la souplesse de celui d'autres buses comme la pattue dont les ailes sont plus longues et dont les battements amples et doux évoquent le milan. Le vol battu est coupé de phases de vol plané.
Le vol plané est pratiqué très fréquemment, pour la surveillance du territoire, le passage d'une zone de chasse à l'autre et bien sûr les déplacements longue distance des migrateurs. Il commence toujours par une phase ascensionnelle, à la faveur d'une pompe par exemple ou d'une ascendance géographique. Une fois atteinte l'altitude souhaitée, l'oiseau se laisse glisser dans la direction choisie en perdant de l'altitude, et le manège recommencera plus loin, dès que possible. Ce vol nécessite de bonnes conditions atmosphériques.

Alimentationmode et régime

Buse variable
adulte

La Buse variable se nourrit essentiellement de micro-mammifères, majoritairement de campagnols en Europe.

Buse variable
adulte
Les proies sont capturées au sol à l'issue d'un vol oblique depuis un poste d'affût ou un point de vol stationnaire. D'autres vertébrés entrent aussi dans son régime, mais en faible part, comme les amphibiens et les petits reptiles, plus rarement des oiseaux. À la mauvaise saison, elle recherche activement les lombrics en parcourant à pied ou par petits vols en sauts de puce les prairies et les cultures où ils abondent. Une buse peut enfin se nourrir sur une charogne, par exemple un mammifère écrasé sur la route, attirée par le manège des corvidés. Mais cela s'observe surtout en période inter-nuptiale quand la neige gêne la chasse aux rongeurs ou que ceux-ci se font plus rares. La buse est opportuniste, comme bien d'autres prédateurs.

Reproduction nidification

Buse variable
adulte plum. nuptial

La période de reproduction commence dès la fin de l'hiver en Europe tempérée, à fin février. À ce moment, on assiste par beau temps à des parades nuptiales aériennes spectaculaires, faites de piqués et ressources ponctués de piaulements caractéristiques, d'accrochages par les serres, de piqués vers le nid. Toutes ces manifestations resserrent les liens du couple en vue de la reproduction. Très vite, en mars, suivront la recharge de l'aire (le nid des rapaces) et les accouplements.
La Buse variable est arboricole pour la nidification. La nidification a toujours lieu en milieu arboré, mais à proximité des zones de chasse, prairies et cultures.

Buse variable
Poussin
C'est la raison pour laquelle le nid est le plus souvent proche de la lisière d'un massif forestier. Il est construit sur un arbre, dans une fourche principale ou sur une grosse branche d'un feuillu ou contre le tronc sur un verticille de branches d'un conifère, le plus souvent à plus de 8 mètres de hauteur et parfois à 20 mètres ou plus. Il est fait de branchages d'abord grossiers puis plus fins et se présente comme une plate-forme, déprimée en son centre, qui peut atteindre 1 mètre de diamètre et une épaisseur de 60 cm. Il arrive que des rameaux verts y soient déposés en cours de reproduction. Un couple possède en général plusieurs nids qu'il occupe en alternance suivant les conditions de l'année.
Le femelle pond 2 à 4 œufs à deux jours d'intervalle. Elle les incubera environ 35 jours, le mâle ne faisant que la relayer quand elle quitte le nid pour se dégourdir. Le rôle du mâle est avant tout d'assurer le ravitaillement de la femelle. Les jeunes séjourneront au nid près de deux mois avant de bien voler et ils resteront sous la dépendance des parents pendant encore deux mois supplémentaires. Tous comptes faits, la reproduction aura nécessité un investissement de près de 6 mois pour les adultes.

Distribution

Buse variable
adulte

La Buse variable occupe une vaste aire de reproduction qui s'étend de l'Atlantique à la Sibérie centrale aux latitudes tempérées et boréales. Des sous-espèces particulières habitent les différents archipels de l'Atlantique oriental (des Açores au nord au Cap-Vert au sud). C'est en Scandinavie que l'aire monte le plus haut en latitude. Au sud, elle n'atteint pas le continent africain ni le Moyen-Orient. Plus à l'est, l'espèce habite le Caucase, l'Elbrouz iranien et le Tien Chan.
Les populations occidentales sont sédentaires tandis que la sous-espèce vulpinus de l'est est une grande migratrice dont les membres vont passer l'hiver boréal sur le continent africain qu'ils gagnent par la voie orientale (Bosphore et Caucase, puis Israël). L'aire d'hivernage est dans le sud-est africain, Afrique du Sud incluse.

Menaces - protection

Buse variable
adulte
Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

La Buse variable est une espèce commune, souvent le rapace diurne le plus commun sur un territoire comportant forêts et espaces ouverts. Elle n'est pas menacée. En France, sa population a connu une croissance à la suite de la protection légale accordée aux rapaces en 1972. Le programme STOC montre une stabilité depuis la fin des année 1980. Ailleurs en Europe, la buse est en forte augmentation. On peut donc se poser la question : pourquoi pas en France également ?

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Buse variableFiche créée le 23/10/2019 par
publiée le - modifiée le 2006-05-22 11:15:23 © 1996-2019 Oiseaux.net