Calao à bec rouge
Tockus erythrorhynchus - Northern Red-billed Hornbill
Identification
Dans le passé, la large distribution du Calao à bec rouge en Afrique le divisait en plusieurs sous-espèces. Les travaux menés ces dernières décennies ont redéfini les limites géographiques de l'espèce pour en faire une espèce monotypique.
Le Calao à bec rouge fait partie des plus petits calaos d'Afrique. La tête est blanche avec une bande médiane noirâtre allant de la calotte à la nuque, plus ou en moins large selon les individus jusqu'à être modérément absente. Le front présente une quantité variable de plumes noirâtres. Les côtés de la tête, des parotiques aux côtés du cou, sont gris-blanchâtres avec des stries foncées diffuses. L'iris varie du brun foncé, paraissant noirâtre, au blanc pâle chez les populations du nord du Kenya. Le bec, de couleur rouge à orangé avec une base claire, est typique des calaos. Il est grand et conique, nettement recourbé et pointu à l'extrémité. Notons que contrairement à d'autres espèces, il ne présente pas de casque. Il n'existe pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce au niveau du plumage, cependant la couleur du bec montre une différence principalement à la base de la mandibule chez la femelle qui est orange à jaunâtre. Chez le mâle, le bec est plutôt rouge et présente une tache noire sur la moitié de la mandibule inférieure. Des parties de peaux nues, rose pâle délavé à rose vif, sont présentes autour des yeux et au niveau du cou qui peuvent devenir très intenses chez le mâle en période de reproduction.
Les parties supérieures, du dos à la queue, sont brun foncé. Les petites couvertures sont fortement tachées de blanc si bien qu'elles paraissent plutôt blanches tachées de foncé. Les rémiges primaires et une partie des secondaires sont brun foncé avec une tache ovale blanche sur la partie interne du milieu des plumes. Les autres secondaires et les rémiges tertiaires sont blanches. Les deux paires de rectrices centrales sont concolores aux parties supérieures, les suivantes, R3, ont les extrémités blanches et les deux paires externes, R5 et R6, le sont entièrement.
Les parties inférieures sont totalement blanches. Les pattes, robustes, sont noir ardoisé.
Chez le juvénile, la tête et la poitrine sont d'un blanc plus terne. Les plumes neuves y sont même légèrement teintées de chamois. Les taches blanches des couvertures alaires sont plus petites ressemblant à des larmes bien séparées les unes des autres. Les rectrices sont plus étroites. Le bec n'est pas encore aussi bien développé que chez l'adulte et il est de couleur pâle teinté d'orangé. L'iris est foncé.
Indications subspécifiques espèce monotypique
Noms étrangers
- Northern Red-billed Hornbill,
- Toco piquirrojo,
- calau-de-bico-vermelho-setentrional,
- Savannentoko,
- piroscsőrű tokó,
- Roodsnaveltok,
- Bucero beccorosso,
- nordlig rödnäbbstoko,
- Rødnebbtoko,
- toko červenozobý,
- zoborožec rudozobý,
- Rødnæbbet Toko,
- punanokkatoko,
- calau de bec vermell,
- toko białogrzbiety,
- Красноклювый ток,
- アカハシコサイチョウ,
- 红嘴弯嘴犀鸟,
- nordlig rödnäbbstoko,
- 北方紅嘴犀鳥,
Voix chant et cris
Le Calao à bec rouge n'est pas un oiseau chanteur. Comme tous ses congénères il émet des gloussements aigus. D'une seule forme, il s'agit de sons claquants " kok-kok-kok ", pour établir le contact au sein du couple ou alerter. Dans ce dernier cas, l'intensité des cris augmente au fur et à mesure que l'alerte devient plus intense.
Lors de la parade nuptiale, le son est doublé, devenant " kokok-kokok-kokok "
Habitat
Le Calao à bec rouge fréquente les savanes ouvertes à couvertures végétales éparses au Kenya ainsi que les zones boisées et herbeuses en Tanzanie. Il s'approprie également les habitats plus secs et vallonnés aux arbustes épineux comme en Éthiopie. Il pénètre facilement dans les vergers cultivés et les jardins aménagés.
Comportement traits de caractère
Le Calao à bec rouge vit la plupart du temps en couple. Pendant la saison sèche, il peut se rassembler en grands groupes afin de faciliter sa recherche sa nourriture, le nombre d'individu peut vite grimper à plus de 80.
Assez sociable par nature, il peut aussi se joindre à d'autres groupes d'oiseaux, comme par exemple en Éthiopie où on l'observe au milieu des groupes de Corbin de Stresemann. Oiseau terrestre, il se déplace par petits bonds rapides ou en courant surtout lorsqu'il chasse une proie. C'est au sol qu'il se nourrit la plupart du temps en creusant la terre grâce à son bec puissant, en soulevant les végétaux morts ou en fouillant les excréments des mammifères pour y déloger les insectes. En l'absence de congénères concurrents et assez opportuniste, il se nourrit également dans les arbres pendant la saison de fructification. En aucun cas il ne capture ses proies en vol. Actif le matin et le soir, il passe ses journées perché dans les arbres à nettoyer son plumage et est un adepte des bains de soleil et de poussières de sable.Le Calao à bec rouge est très territorial face aux autres couples de son espèce. À contrario, la présence d'autres espèces sur son territoire l'importe peu.
Vol
Le Calao à bec rouge possède un vol battu qu'il alterne par des glissades ondulées.
Alimentationmode et régime
Le Calao à bec rouge ne possède pas de régime strict. Il se nourrit en premier lieu de coléoptères, de termites, de larves de mouches, de sauterelles et grillons et de mantes. Il complète son régime par des rongeurs lorsque ceux-ci sont trouvés morts, de jeunes oiseaux, notamment les oisillons du Travailleur à bec rouge, de geckos ainsi que de fruits. Pendant la saison sèche il se nourrit également de céréales.
Reproduction nidification
La saison de reproduction débute entre 30 et 40 jours après la saison des pluies. En Éthiopie, elle se situe de février à août, en Somalie d'avril à mai et de mars à novembre à l'ouest du continent.
Le couple est monogame et c'est le mâle qui part à la recherche d'une cavité naturelle située dans un arbre pouvant atteindre 9 mètres de haut, plus rarement dans la roche. Fait très exceptionnel, un couple a nidifié dans un mur de briques au Nigeria. L'essence d'arbre est choisie parmi la famille des Fabaceae, des Bombacaceae ou des Boraginaceae.
Une fois la cavité trouvée, le mâle s'expose face à la femelle en poussant des petits gloussements et en haussant les épaules, les ailes légèrement ouvertes.
Après la ponte, la femelle va volontairement s'enfermer dans la cavité en scellant l'entrée avec ses propres excréments et les restes de nourriture. Le mâle lui apporte parfois des matériaux afin de l'aider au revêtement et à l'étanchéité de la cloison. Elle tapisse le fond de son nid avec des feuilles vertes, d'écorce et d'herbes.
La femelle pond entre 2 et 7 œufs qu'elle incube pendant 23 à 25 jours dès le premier œuf pondu. Pendant toute cette période d'incubation et la première partie du nourrissage, elle reçoit la nourriture du mâle qui lui apporte par l'étroite fente verticale qu'elle a laissé à la fermeture de la cavité. La femelle effectue également la mue simultanée de ses rémiges et de ses rectrices durant toute cette période. La repousse de ses plumes coïncide parfaitement avec le moment où elle va briser la paroi de son nid pour en sortir, à partir du 16 jours. Une fois la femelle sortie du nid, elle nourrit avec le mâle les jeunes restés à l'intérieur. Ils prendront leur envol entre le trente-neuvième et cinquantième jour.
Bien que le succès de reproduction reste élevé, l'échec d'une nichée peut venir de la mort du mâle suite à la prédation d'un rapace, d'un manque de nourriture pour les grandes nichées ou des dommages causés naturellement ou pas à l'arbre abritant la femelle et ses oisillons.
Distribution
Le Calao à bec rouge est une espèce d'Afrique Subsaharienne. Commune à très répandue localement, sa répartition s'étend du Niger à l'ouest, à Érythrée à l'est en descendant dans la vallée de Grand Rift jusqu'au nord de la Tanzanie. Il est présent jusqu'à 2 120 mètres d'altitude en Éthiopie. Les seuls mouvements de populations que l'on connaisse sont des déplacements locaux.
Menaces - protection
Statut de conservation IUCN
mineure
à l'état sauvage
menacé
évalué
La population du Calao à bec rouge est stable, sa présence dans de nombreuses réserves et parcs nationaux lui annonce encore un avenir stable. La menace la plus importante serait la disparition de son habitat. Dans certaines régions, la présence du pâturage aide à conserver un environnement boisé clairsemé. Les impacts du changement climatique pourraient en revanche s'avérer grave dans les années à venir.
Le commerce illégal du Calao à bec rouge, même sous-estimé, ne constitue pas aujourd'hui une menace sérieuse.
Références utilisées
- Birds of East Africa, C.A.W. Guggisberg
- Birds of Kenya and Northern Tanzania, Dale A Zimmerman, Donald A Turner, David J Pearson
- Vol. 6 - Handbook of the Birds of the World, Josep del Hoyo-Andrew Elliott-Jordi Sargatal
- Avibase, Lepage Denis
- BirdLife International, BirdLife International
- Birds of the World, The Cornell Lab of Ornithology
- eBird, Cornell Lab of Ornithology et National Audubon Society
- IOC World Bird List (v15.1), Gill, F and D Donsker (Eds). 2025-12-07.
Autres références utiles
- Accipitriformes
- Aegotheliformes
- Ansériformes
- Apodiformes
- Aptérygiformes
- Bucérotiformes
- Caprimulgiformes
- Cariamiformes
- Casuariiformes
- Charadriiformes
- Ciconiiformes
- Coliiformes
- Columbiformes
- Coraciiformes
- Cuculiformes
- Eurypygiformes
- Falconiformes
- Galliformes
- Gaviiformes
- Gruiformes
- Leptosomiformes
- Mesitornithiformes
- Musophagiformes
- Nyctibiiformes
- Opisthocomiformes
- Otidiformes
- Passériformes
- Pélécaniformes
- Phaethontiformes
- Phoenicoptériformes
- Piciformes
- Podargiformes
- Podicipédiformes
- Procellariiformes
- Psittaciformes
- Pterocliformes
- Rhéiformes
- Sphénisciformes
- Steatornithiformes
- Strigiformes
- Struthioniformes
- Suliformes
- Tinamiformes
- Trogoniformes

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