Goéland leucophée

Larus michahellis - Yellow-legged Gull

Systématique
  • Ordre
    :

    Charadriiformes

  • Famille
    :

    Laridés

  • Genre
    :

    Larus

  • Espèce
    :

    michahellis

Descripteur

Naumann, JF, 1840

Biométrie
  • Taille
    : 68 cm
  • Envergure
    : 130 à 158 cm.
  • Poids
    : 750 à 1250 g
Distribution

Distribution

Description identification

Goéland leucophée
adulte plum. nuptial
Goéland leucophée
4ème plum. internuptial

Le Goéland leucophée est un assez grand goéland, robuste, pas très haut sur pattes, de taille à peu près similaire à celle de l'argenté et du pontique. Le dimorphisme sexuel ne joue que sur la taille, le mâle est nettement plus grand que la femelle. L'identification de l'adulte en plumage nuptial ne pose pas de problème quand il est bien vu. Il est gris dessus et blanc dessous comme les autres. C'est la nuance du gris des parties supérieures qui compte. Le gris du leucophée adulte de la sous-espèce nominale michahellis est intermédiaire entre celui de l'argenté ou du pontique, un peu plus clair, et celui du G. brun, nettement plus sombre. Vient ensuite la couleur du bec et des pattes qui, chez le leucophée est d'un jaune vif en période nuptiale. L'aspect du bec est important, plus fort et plus haut que chez les autres. Il porte une tache rouge à la mandibule inférieure au niveau de l'angle gonyaque comme tous les grands goélands, mais peut-être plus vif chez lui et diffusant plus sur la mandibule supérieure voisine. La commissure buccale est du même rouge. L'œil a l'iris jaune clair, ce qui le rend bien visible, et il est entouré d'un cercle orbitaire rouge vif. Sur un oiseau en vol, il faut faire attention au patron de l'extrémité de l'aile. Les 5 dernières rémiges primaires (en numérotation descendante, P5 à P10) grises ont du noir à leur extrémité, en quantité décroissante de P10 à P5. Sur ce noir du bout de l'aile, il faut noter la répartition du blanc qui est spécifique. La plus externe/antérieure, la P10, largement noire, est bien blanche à son extrémité, avec une petite barre noire subterminale quelquefois absente. P9 reproduit un peu le même schéma mais l'extrémité blanche est moins longue et la barre noire subterminale bien plus importante, ce qui inverse les proportions au profit du noir. Enfin, les P8 à P5 ont de moins en moins de noir et n'ont plus qu'un point blanc à leur extrémité.
La sous-espèce "atlantis" des îles de Macaronésie a le gris du dessus beaucoup plus sombre, approchant celui du G. brun de la ssp "graellsii", d'où de possibles confusions.
Le Goéland leucophée devient d'aspect adulte dans sa 4e année. Il passe par des plumages immatures complexes et assez proches des plumages équivalents des autres espèces et il n'est pas facile de s'y retrouver. Aussi nous n'aborderons pas ce sujet au risque de dérouter le lecteur et le renvoyons aux images de la galerie qui sont parlantes. Disons simplement que la nuance du gris des parties supérieures, dès lors qu'elle apparaît dans la 2e année, a une grande importance dans l'analyse.
Voyons simplement le juvénile en plumage neuf, à l'envol. Il paraît brun avec la tête pâle. Les parties supérieures sont brunes, d'un brun plus sombre que chez le jeune argenté et plus clair que chez le brun. Toutes les tectrices possèdent un ourlet blanc-beige, ce qui donne un aspect nettement écailleux. Les tertiaires, du même brun, ont un ourlet blanchâtre et crénelé bien visible. Les parties inférieures sont blanchâtres et tachées de brun clair sur la poitrine et les flancs. La tête et le cou sont finement striés de la même couleur, d'où leur aspect plus clair. L'œil sombre se trouve dans une zone assombrie avec un arc brun sombre devant lui. Le bec est noirâtre et les pattes sont rosâtres. En vol, il faut noter le patron alaire. Les rémiges sont brun sombre sans fenêtre plus claire marquée au niveau des primaires internes. En vue supérieure, les grandes couvertures externes assombries ébauchent une seconde bande alaire sombre qui double partiellement la bande sombre complète des rémiges secondaires. Le jeune argenté a une fenêtre claire et une seule barre alaire sombre. En revanche, le jeune pontique peut facilement prêter à confusion à cet âge. Il a le dessous d'aile bien clair alors que le leucophée l'a bien marqué de brun. Il faut aussi tenir compte de la silhouette (pontique plus haut sur pattes, poitrine plus bombée, cou plus long, front plus fuyant).

Indications subspécifiques 2 sous-espèces

  • Larus michahellis michahellis (w and s Europe, nw Africa, Mediterranean)
  • Larus michahellis atlantis (Azores, Madeira and Canary Is.)

Noms étrangers

  • Yellow-legged Gull,
  • Gaviota patiamarilla,
  • gaivota-de-patas-amarelas,
  • Mittelmeermöwe,
  • sárgalábú sirály,
  • Geelpootmeeuw,
  • Gabbiano reale,
  • medelhavstrut,
  • Gulbeinmåke,
  • čajka žltonohá,
  • racek středomořský,
  • Middelhavs-sølvmåge,
  • etelänharmaalokki,
  • gavià de potes grogues,
  • mewa romańska,
  • Vidusjūras kaija,
  • rumenonogi galeb,
  • Средиземноморская чайка,
  • 黄腿鸥,
  • 黃腿鷗,

Voix chant et cris

Goéland leucophée
adulte plum. nuptial

La voix des grands goélands est similaire et ne peut aider à l'identification.

Habitat

Goéland leucophée
adulte

Pendant la saison de reproduction, le leucophée occupe les côtes maritimes de l'océan Atlantique (de la Loire au sud du Maroc et autour des îles de Macaronésie) et de la Méditerranée et de ses îles. Il niche en colonies sur les falaises de mer et versants abrupts couverts de végétation, les dunes littorales, les îles rocheuses ou sableuses, les lagunes, les marais côtiers, les salines et de plus en plus en milieu urbain, par exemple sur les toits. Il se nourrit essentiellement dans la zone intertidale. On le trouve aussi en situation continentale au bord des très grands plans d'eau comme le lac Léman, dans certaines grandes vallées fluviales comme celles du Rhône ou du Rhin, dès lors qu'il y a des îles ou îlots susceptibles d'accueillir les nids.

Localement, il s'est même habitué à des milieux anthropisés comme les bassins de décantation industriels et autres réservoirs artificiels. Là, il niche sur des hauts-fonds, des îlots, des digues et jetées non fréquentées par l'homme et même sur des radiers. Mais là, on ne parle plus de nidification coloniale.
En dehors de la saison de reproduction, l'espèce se répartit en nombre le long des côtes, particulièrement dans les zones portuaires où la provende est plus abondante. Elle fait aussi des incursions alimentaires à l'intérieur des terres, par exemple dans les zones cultivées avec les Mouettes rieuses. Les grands plans d'eau de l'intérieur ont aussi leurs hivernants qui se nourrissent et sur l'eau du fait de la mortalité des poissons et surtout dans les terres agricoles périphériques. Certains oiseaux se sont spécialisés et sont pendant toute la mauvaise saison des détritophages liés aux centres d'enfouissement techniques CET où la ressource est grande. Ils y retrouvent de nombreux autres récupérateurs comme les corvidés, les étourneaux et d'autres laridés, surtout la Mouette rieuse. Il leur faut quand même de l'eau à proximité pour boire, se laver et passer la nuit.

Comportement traits de caractère

Goéland leucophée
adulte

Les populations peuvent être erratiques ou sédentaires. Les déplacements post-nuptiaux vers les aires d'hivernage se produisent de juillet à novembre, la migration de retour ayant lieu de la mi-février à la mi-juin.

Goéland leucophée
adulte
L'espèce se reproduit de façon coloniale en groupes qui peuvent atteindre jusqu'à 8 000 couples. En dehors de la saison de reproduction, l'espèce demeure grégaire, se rassemblant autour des ports, des villes et des décharges.
Dans les villes, il n'est pas le bienvenu. Ses clameurs peuvent gêner et surtout, ses fientes salissent, surtout lorsqu'il se met à nicher sur les bâtiments.
Du fait de son abondance locale, le leucophée peut être nettement un nuisible, par exemple quand il s'en prend aux colonies d'oiseaux rares comme c'est le cas dans les îles de Macaronésie avec les petits procellariiformes. Dans ces conditions, une régulation de sa population est menée.

Vol

Goéland leucophée
adulte

Rien de particulier à dire sinon que le vol est aisé du fait des grandes ailes, comme tous les goélands. Il est capable comme un rapace de longs vols planés au-dessus des colonies.

Alimentationmode et régime

Goéland leucophée
adulte

Le Goéland leucophée est un prédateur/nécrophage opportuniste. Son régime alimentaire se compose bien sûr de poissons, vivants ou morts, d'invertébrés aquatiques (mollusques, crustacés) et terrestres (gros insectes, vers, petits mammifères comme les campagnols, oiseaux.

Goéland leucophée
adulte plum. nuptial
On a dit plus haut son goût pour les déchets d'origine humaine (CET). Il est connu aussi à la belle saison pour ses razzias dans les colonies d'oiseaux de mer comme les sternes et mouettes, ou alors les petits procellariformes sur les îles atlantiques. Les populations de certains d'entre eux comme l'Océanite frégate sont fragiles et n'ont vraiment pas besoin de ce facteur négatif dans leur démographie.

Reproduction nidification

Goéland leucophée
adulte plum. nuptial

La saison de reproduction commence à la mi-mars et s'étale jusqu'à juillet à l'échelle de l'aire.

Goéland leucophée
adulte
Il n'y a normalement qu'une ponte par saison.
L'espèce se reproduit en colonies monospécifiques ou mixtes, le plus souvent proches de l'eau mais parfois jusqu'à plusieurs centaines de mètres de celle-ci. Les couples nichent habituellement à quelques mètres les uns des autres. Le nid est construit par le couple avec des éléments du voisinage, herbes, algues, plumes et débris divers collectés sur les laisses de mer. Sa composition est donc très variable. Il est en général protégé par la végétation.
La ponte est habituellement de 2-3 œufs (1-4) de couleur très variable. L'incubation est en moyenne de 26 à 30 jours, assurée par les deux sexes, mais principalement par la femelle. Elle commence dès le premier œuf pondu, ce qui étale d'autant les éclosions. Le poussin est similaire à celui des autres grands goélands, très tacheté pour passer inaperçu. Il nage à l'âge de 10 jours et volera lorsqu'il aura 6 à 7 semaines.

Distribution

Goéland leucophée
2ème

Le Goéland leucophée niche le long des côtes maritimes : de l'Atlantique (de la Loire au sud du Maroc et des îles de Macaronésie, Açores, Madère et Canaries), de la Méditerranée et de ses îles et de la mer Noire.
Il existe une population continentale qui niche autour des grands plans d'eau comme le lac Léman ou le lac Balaton en Hongrie, dans les grandes vallées fluviales comme celles du Rhône et du Rhin, sur des îlots protégés. Une fraction de cette population niche dans des conditions plus anthropiques, bassins de décantation industriels, grandes ballastières, etc., mais en petit nombre.
Dans l'est de son aire, il entre en contact avec un autre grand goéland, le Goéland pontique qui actuellement étend son aire vers l'ouest mais ne s'hybride pas avec lui.

Menaces - protection

Goéland leucophée
3ème
Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

L'espèce n'est pas menacée. Elle est en bonne santé et plutôt en augmentation en Europe. Elle semble globalement stable, malgré la collecte d'œufs effectuée localement principalement dans les colonies non protégées. Des leucophées sont tirés dans un certain nombre d'endroits de l'aire de répartition pour diverses raisons, notamment pour réduire les conflits avec les locaux et pour la conservation d'autres espèces d'oiseaux comme l'Océanite frégate Pelagodroma marina en Macaronésie.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Goéland leucophéeFiche créée le 29/01/2021 par
publiée le - modifiée le 03-02-2021
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