Pygargue à queue blanche

Haliaeetus albicilla - White-tailed Eagle

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Haliaeetus

  • Espèce
    :

    albicilla

Descripteur

Linnaeus, 1758

Biométrie
  • Taille
    : 92 cm
  • Envergure
    : 200 à 245 cm.
  • Poids
    : 4100 à 7000 g
Longévité

20 ans

Distribution

Distribution

Description de la famille

Les Accipitridés sont une famille de rapaces diurnes forte de 69 genres et 260 espèces, présente sur tous les continents, excepté l'Antarctique. Leur taille va de petite à grande. Ils ont en commun : - un dimorphisme sexuel, le mâle étant plus petit que la femelle, - une vision binoculair... lire la suite

Description identification

Pygargue à queue blanche
adulte
Pygargue à queue blanche
immature

Le Pygargue à queue blanche est une des 10 espèces de pygargues présentes au monde. Il est de grande taille mais ce n'est pas le plus grand. La femelle est nettement plus grande que le mâle et peut atteindre 90 cm de longueur, dépasser 240 cm d'envergure et approcher le poids de 6 kg. C'est donc un très grand rapace corpulent. Au poser comme au vol, la silhouette est massive. Les ailes sont longues et larges, arrondies à l'extrémité, et la queue est très courte et cunéiforme. La maturité sexuelle est atteinte tardivement et le plumage n'est vraiment "adulte" qu'à 5 voire 6 ans d'âge. Les plumages immatures sont complexes et on ne s'attardera pas dessus.
L'adulte se reconnaît à sa queue toute blanche, à la tête beige et au bec jaune-paille. Les parties supérieures sont brunes mais paraissent assez claires car les tectrices sont bordées de beige. En revanche, les parties inférieures rémiges incluses, sont d'un brun plus sombre et assez unies. Les sous-caudales pratiquement noires, partie la plus sombre du corps, contrastent fortement avec les rectrices blanches. En vue de dessus au vol, les quelques taches noires visibles sur la queue blanche sont dues aux sus-caudales et non aux rectrices. La tête est remarquable avec l'énorme bec jaune. L'iris est jaune pâle. Les tarses, couverts de plumes brunes sur une moitié de leur longueur, et les doigts, aux ongles noirs, sont jaune-citron.
Le juvénile est très différent d'aspect. Son plumage est d'un brun soutenu dessus comme dessous. La tête est bien sombre. Le bec est noirâtre et l'iris brun. Les lores blanchâtres forment une zone pâle entre les deux. Le corps et les couvertures sont marquées de taches ou de stries beige à chamois qui rompent l'uniformité. Les rectrices sont blanchâtres et bordées de brun. Le plumage restera ainsi jusqu'à la première mue, dans la 2e année de vie.
Avec les années, le plumage s'éclaircira, en particulier la tête. Dès la 4e année, le bec pourra être de type adulte. En revanche, la queue ne sera blanc pur que dans la 8e année. Les plumages intermédiaires sont déroutants et à moins d'être spécialiste, il est très difficile d'attribuer un âge aux immatures. Pour s'en rendre compte, se reporter aux images de la galerie de l'espèce.

Indications subspécifiques 2 sous-espèces

  • Haliaeetus albicilla albicilla (Europe, n Asia to India and China)
  • Haliaeetus albicilla groenlandicus (Greenland)

Noms étrangers

  • White-tailed Eagle,
  • Pigargo Europeo,
  • Pigargo,
  • Seeadler,
  • Rétisas,
  • Zeearend,
  • Aquila di mare,
  • Havsörn,
  • Havørn,
  • orliak morský,
  • orel mořský,
  • Havørn,
  • merikotka,
  • pigarg cuablanc,
  • Haförn,
  • bielik (zwyczajny),
  • jūras ērglis,
  • belorepec,
  • Орлан-белохвост,
  • オジロワシ,
  • 白尾海雕,
  • นกอินทรีหางขาว,
  • 白尾海鵰,

Voix chant et cris

Pygargue à queue blanche
juvénile

Le cri d'alarme est un "kiok" ou "kouik" puissant qui peut être répété. Lorsqu'il est émis en séries rapides, il rappelle immanquablement un chant de Pic noir par exemple.
Le chant consiste en la répétition rapide de "wouak", "wouak wouak wouak wouak..." qui fait très aboiement de chien.
Le cri de quémande du jeune au nid, "ouuiii ouuiii..." fait un peut penser au cri de la buse.

Habitat

Pygargue à queue blanche
adulte

Le Pygargue à queue blanche est lié aux milieux aquatiques côtiers ou de l'intérieur. Les surfaces en eau doivent être conséquentes.

Il est donc logique qu'il soit bien représenté en bord de mer. Il chasse alors le long du rivage et niche dans les falaises côtières qui conditionnent sa présence. Pour cette raison, il est commun le long des côtes escarpées de la péninsule scandinave.
Dans l'intérieur, il fréquente les grands plans d'eau et marais. Il y chasse les poissons et les oiseaux d'eau et niche sur un arbre au cœur d'une grande forêt. Pour prendre un exemple que je connais bien, le couple lorrain fréquente depuis une 10e d'années un grand étang de pisciculture et les étangs satellites sur lesquels il chasse et niche haut dans un arbre au cœur de la forêt domaniale voisine.

Comportement traits de caractère

Pygargue à queue blanche
adulte

Le pygargue est un oiseau extraordinairement discret pour sa taille. Il peut passer de longs moments perché sur un rocher en bord de mer ou sur un arbre en lisière de forêt dans l'intérieur, invisible du fait de son plumage cryptique.

Pygargue à queue blanche
adulte
En dehors du site de nidification en période de reproduction où il peut être assez vocal au moment de la réinstallation, il est plutôt silencieux le reste du temps. Ce qui fait qu'on peut facilement le manquer, même quand on le sait présent. Même les jeunes sont très discrets au nid et ne crient qu'en présence du ou des adultes.
En dehors de la saison de reproduction où le couple est territorial, les pygargues sont plutôt sociables et peuvent se grouper autour des sources de nourriture, sans agressivité entre eux. Tout le monde a en tête ces rassemblements de Pygargues de Steller et à queue blanche l'hiver sur Hokkaido au Japon, probablement autour de places de nourrissage.

Vol

Pygargue à queue blanche
adulte

Le vol du Pygargue à queue blanche est un vol rapide assuré par des battements puissants mais lents de ses larges ailes.

Pygargue à queue blanche
adulte
Les battements sont peu amples et du fait d'une rotation au niveau du poignet, c'est la main qui montre une amplitude des battements. Lorsqu'il décolle du sol, les battements sont beaucoup plus rapides pour contrer le poids du corps. Il est capable de pointes de vitesse quand par exemple il poursuit un oiseau d'eau en vol et son agilité est surprenante. Lorsqu'il capture un poisson à la surface de l'eau, il le fait avec ses serres à l'issue d'une approche en vol glissé rasant. Il pratique volontiers le vol plané, facilité par la grande surface portante de ses ailes.

Alimentationmode et régime

Pygargue à queue blanche
immature

Le pygargue est à la fois piscivore, ornithophage et nécrophage, dans cet ordre d'importance décroissante.

Pygargue à queue blanche
adulte
Il prélève les poissons morts en surface comme le ferait un milan et dans ce cas, il est à la fois piscivore et nécrophage. Mais il est capable de repérer et capturer des poissons vivants comme des brochets par exemple sur les grandes piscicultures. Les proies sont capturées avec les serres, tendues au dernier moment.
C'est aussi un chasseur d'oiseaux d'eau qui fait montre d'une grande agilité et d'un opportunisme calculé. Il est capable de lier un colvert en vol par exemple. Une foulque est aussi une bonne option. En bord de mer, ce sont les anatidés, alcidés et autres laridés qui sont visés. Le couple peut chasser de concert pour exténuer un oiseau plongeur jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Sur le littoral toujours, il est évident que la mer apporte en permanence des restes comestibles dont des cadavres d'animaux divers, poissons et autres qui ont de quoi intéresser notre rapace. Sur les eaux intérieures, il ne doit pas dédaigner les cadavres de rats musqués ou ragondins laissés sur les berges

Reproduction nidification

Pygargue à queue blanche
immature

La saison de nidification dépend de la latitude. Dans le sud de l'aire, l'activité sexuelle peut commencer en janvier tandis que dans l'arctique, les oiseaux attendent au moins le mois d'avril.

Pygargue à queue blanche
adulte
Un couple dispose en principe de plusieurs aires qu'il peut occuper en alternance. J'écris "en principe" car le couple lorrain n'en a qu'une qu'il occupe régulièrement depuis 10 ans. Sur le continent, l'aire est construite à plus de 10 m de hauteur sur un arbre, dans une fourche principale ou au départ de grosses branches. C'est une grosse, voire énorme, construction de branchage qui peut atteindre facilement 150 cm de diamètre et plus d'un mètre d'épaisseur. La coupe est tapissée d'herbes, de mousses, de lichens mais pas de branchages verts. En bord de mer, l'aire est sur une vire rocheuse de falaise littorale, moins volumineuse. Des algues sont déposées sur la litière.
La femelle pond en général 2 œufs blancs (1 à 3) à 2-4 jours d'intervalle. L'incubation d'un œuf demande 38 jours en moyenne. Donc 40 jours après le début de la ponte, les jeunes sont éclos. Le séjour au nid, sous la surveillance constante de la femelle au début quand les jeunes sont en duvet, va durer plus de deux mois. Les adultes ravitailleront ensuite les jeunes à tour de rôle. Ils veilleront encore un bon moment sur eux après l'envol jusqu'à leur émancipation, peut-être pendant deux mois encore car en Lorraine à la mi-août, adultes et jeunes sont encore ensemble. Au total, la saison aura duré près de 6 mois.

Distribution

Pygargue à queue blanche
subadulte

Le pygargue se reproduit au Groenland, en Islande et sur l'ensemble du continent eurasiatique. Il a même niché sur les Aléoutiennes. Dans le nord de l'Europe, il est volontiers côtier. La Russie est le pays le mieux pourvu en pygargues, même si l'on ignore le niveau exact de la population. La Scandinavie vient ensuite. En Europe de l'Ouest, il est bien représenté dans le nord de l'Allemagne et de la Pologne.
Il a beaucoup régressé au 19e siècle et au début du 20e au sud de l'aire du fait de la pression humaine. Puis la tendance s'est inversée au cours du 20e siècle et la tendance est aujourd'hui positive, excepté en Europe du Sud-Est, par exemple dans les BAlkans. Quid en Turquie ? Autrefois, il nichait en Corse par exemple. Aujourd'hui, il est à nouveau nicheur en France continentale dans le Grand Est, signe d'une reconquête en cours.
À l'est, les nicheurs les plus méridionaux sont au sud de la Mer Caspienne et en extrême orient au nord-est de la Chine.
Les oiseaux d'Europe sont sédentaires pour la plupart. Les oiseaux nord-orientaux sont migrateurs et vont hiverner au sud de l'aire de nidification, jusqu'aux abord de la Méditerranée, du Golfe persique et de la Mer de Chine, avec des noyaux d'hivernage au cœur de l'Asie à la faveur des grandes zones humides.

Menaces - protection

Pygargue à queue blanche
2ème
Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Auparavant considéré "Vulnérable" du fait d'un déclin marqué au 19e et début 20e, le pygargue n'est actuellement plus considéré menacé car la tendance démographique s'est redressée et est à la hausse au moins dans l'ouest paléarctique, excepté quelques régions du sud autour de la Méditerranée et ses îles. Le déclin s'expliquait par l'action directe de l'Homme et la hausse actuelle s'explique par les mesures de protection.
Ainsi en France continentale, il niche à nouveau depuis une 10e d'années, mais son retour en Corse n'est probablement pas pour demain.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Pygargue à queue blancheFiche créée le 30/11/2020 par
publiée le - modifiée le 03-12-2020
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