Tous les ans à partir du moi d'avril, nous entendons à nouveau le concert des chants d'oiseaux dans les fourrés, forêts, jardins et parcs. Ils représentent avec la floraison des arbres et arbustes, la manifestation la plus éclatante du printemps.
Si ces chants nous réjouissent, sachons que les oiseaux ne vocalisent ni pour notre plaisir, ni pour le leur. Les mâles ne chantent que pour attirer une partenaire, revendiquer un territoire et repousser les concurrents. Les sons que les oiseaux émettent, sont produits par des organes très distincts de la voix humaine : le syrinx au lieu du larynx.
Les chants proprement dits ne sont qu'une des expressions de leur système de communication vocale. Tout au long de l'année, leurs cris de ralliement leurs permettent de resserrer les liens entre individus d'une même colonie, aux membres d'un couple de se retrouver dans une végétation épaisse et aux migrateurs ou errants de ne pas perdre le contact avec le groupe à l'exemple des grues cendrées survolant notre région.
Chaque espèce possède un répertoire de chants qui n'appartient qu'à elle, au point que celui-ci est un moyen d'identification sûr et souvent plus repérable que les couleurs du plumage dissimulées par la végétation ou observées à trop grande distance.
Spécifiques, les émissions sonores sont très variables d'une espèce à l'autre. Entre le cri strident et bref du héron cendré et les mélodies complexes de la rousserolle effarvatte, il n'y aucune commune mesure.
Un certain nombre d'espèces utilisent des bribes de chants empruntées à d'autres oiseaux. Les étourneaux coutumiers du fait et imitant notamment le chant du loriot, ont déjà dérouté plus d'un observateur. La championne toute catégorie, en l'occurrence, est la rousserolle verderolle qui aligne dans ses vocalises plusieurs dizaines de séquences copiées sur d'autres espèces y compris des oiseaux africains qu'elle côtoie au cours de son hivernage.
Par définition, les chants les plus mélodieux sont l'apanage des petits oiseaux, à savoir les passereaux et parmi eux, en règle générale, ceux dont le plumage est le plus terne comme le rossignol ou la fauvette de jardins. Mais, il n'y a pas de règle sans exception, telle la linotte mélodieuse.
Les oiseaux chantent surtout pendant la saison des amours. Certains restent silencieux après l'accouplement, d'autres continuent pendant la nidification. Le merle quant à lui, redouble même de vocalises quand la femelle couve. Les oiseaux qui élèvent une deuxième couvée, à l'instar des grives et des troglodytes, se remettent à chanter entre les couvées. Cependant, en juillet déjà les chants s'estompent généralement, mais on continue bien sûr à entendre leurs cris de contact et d'alarme.
Les oiseaux sont des lève-tôt et c'est à l'aube que leurs chants sont les plus intenses. Il s'agit rapidement de rappeler aux concurrents la possession du territoire et ce, au moment où dans le calme du petit matin les sons portent plus loin.
Par la suite, profitant de la clarté du jour, la recherche de nourriture prime. Le rouge-gorge familier chante même en hiver, car toujours solitaire ou en couple, il défend son territoire tout au long de l'année, alors que beaucoup d'hivernants se regroupent utilement en bandes erratiques pendant la mauvaise saison- mésanges, pinsons, verdiers etc.- et ne se manifestent plus que par leurs cris de ralliement. Pourquoi certaines espèces ont-elles développé des chants bien plus complexes par rapport à d'autres alors que l'objectif en est le même ? On admet que les chants le plus sophistiqués sont l'apanage des espèces les plus évoluées, à tous égards, dans la classe des oiseaux.
Texte de Gilbert Blaising
pour le site www.oiseaux.net
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Oiseaux, merveilleux oiseaux - Les dialogues du ciel et de la vie
par Reeves Hubert
1. Présentation : Dans ce nouveau livre, Hubert Reeves conjugue sa veine "écolo-poétique" (Malicorne) et son talent de vulgarisateur (Patience dans l'azur, etc.). Une méditation sur la nature, et tout particulièrement sur les « merveilleux oiseaux », sert de fil conducteur à une réflexion sur les racines profondes de la complexité du monde, telles que nous les révèle la science contemporaine. Le livre s'ouvre sur l'évocation d'une rencontre de l'auteur avec des adolescents en difficulté et sur une allusion aux graves problèmes de santé qu'il a connus. L'auteur, nous dit-il, a écrit pour les « lassés de l'existence » dans l'espoir de leur faire entendre l'appel du cosmos, s'adressant à chacun : « tu es toujours avec nous ». Le livre comporte 5 parties : I) La première s'ouvre sur le spectacle de la migration des oies sauvages « D'où viennent ces oiseaux majestueux ? Dans le passé le plus récent ils arrivent de la Terre de Baffin, une grande île de l'océan Arctique lieu de leur nidification estivale. Mais avant, bien avant ? Comment les oies sont-elles apparues sur la Terre ? Comment ont-elles appris à retrouver leur nid après un voyage de trois mille kilomètres ? Le but de ce livre est de décrire l'état présent de nos connaissances sur ces sujets. Grâce à l'astronomie, à la physique, à la chimie et à la biologie nous sommes en mesure d'identifier les "ferments" de cette évolution à partir du chaos primordial jusqu'à l'extraordinaire sophistication des mammifères. Ces question...
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