Il se prononce comme il s'écrie : COUCOU

© Rein Hofman
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Il est l'oiseau le plus populaire, celui - et souvent le seul - dont les parents font reconnaître le chant à leurs enfants lorsqu'il résonne au printemps qu'il est censé proclamer après avoir été annoncé par les hirondelles.


Mais comme c'est le cas de tous les animaux emblématiques de notre bestiaire humain, à l'exemple du loup, de la chouette effraie et de la chauve souris, © Aurélien Audevard
© Aurélien Audevard
le coucou fait l'objet de bien d' idées reçues qui relèvent plus de la légende que de la réalité. La popularité génère à coup sûr des mythes dont la fantaisie est proportionnelle à la discrétion du sujet.


Or le coucou, hormis lorsqu'il chante, est très discret et très farouche. Beaucoup l'on entendu, mais peu l'ont aperçu et encore moins observé. Grand comme une tourterelle mais à la silhouette plus fine, prolongée d'une longue queue étroite, il a la tête et le dos gris ardoisé, le dessous blanc crème rayé transversalement de sombre. Les pattes sont jaune pâle et l'iris jaune orangé. La plupart des femelles ont une livrée identique aux mâles, certaines toutefois ont le dessus du corps roux vif, barré de brun noir, ce qui peut les faire confondre avec le faucon crécerelle, comme le mâle peut prêter à confusion avec l'épervier.

© Thierry Tancrez
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D'ailleurs on croyait dans le vieux temps que les coucous après leur première année se métamorphosaient en éperviers, car c'est ainsi que l'on s'expliquait leur disparition en août lorsqu'en réalité ils étaient partis pour hiverner dans le Sud-Est africain.


Bien sûr, ces affabulations n'ont plus cours depuis des décennies, mais bien des préjugés persistent. Le coucou est toujours l'exemple type du parasite, du père et de la mère indignes, de l'animal cruel.


Il est bien vrai que la femelle pond ses oeufs dans les nids de passereaux dont la taille est nettement plus petite, leur laissant le soin de nourrir la progéniture jusqu'à son envol et cela, aux dépens mortels de la couvée des hôtes. Mais à partir de là, les coucous adultes et les jeunes devenus indépendants ne lèsent plus personne.


© Rein Hofman
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Ce
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que l'on ignore communément, c'est que les parents coucous ne se désintéressent pas de leurs petits. De nombreuses observations ont permis de constater que plusieurs fois par jour , le mâle et la femelle coucou survolent le nid où se trouve leur jeune pour se préoccuper du sort de leur rejeton. Il a même été observé bien des fois des coucou retirer leur oeuf d'un nid pour le placer dans un autre, notamment lorsque le premier était en perdition pour cause d'abandon.


Ce n'est d'ailleurs pas gratuitement et par pur "égoïsme" que les coucous ont ce comportement d'usurpateur sans scrupules. Une majorité d'ornithologues pensent aujourd'hui que les parents procèdent ainsi par nécessité pour perpétuer leur espèce.


Le régime de base du coucou est constitué de chenilles velues. C'est le seul oiseau qui arrive à avaler des chenilles processionnaires aux poils vésicants. Jusqu'à l'apparition de ces proies préférées, il se nourrit de lombrics. De toute évidence ni les uns, ni surtout les autres ne sont appropriés pour alimenter des oisillons alors que les insectes qui leur sont distribués par leur mères adoptives leur conviennent idéalement.


© Georges Olioso
© Georges Olioso
D'ailleurs les espèces parasitées sont des insectivores. Chez nous ce sont surtout le rouge-gorge, la rousserolle effarvatte, le troglodyte mignon, l'accenteur mouchet, le phragmite des joncs, le rouge-queue noir, sans exclure de nombreuses autres espèces à des degrés divers. Cependant certains oiseaux, pourtant communs, le sont rarement:le pouillot véloce et fitis, la grive musicienne et le merle noir par exemple, ces deux derniers rejetant d'ailleurs l'oeuf étranger éventuellement déposé.


Pour squatter de leurs oeufs les nids des autres, les coucous ont su développer au cours de l'évolution des aptitudes étonnantes. La femelle pond en moyenne six à sept oeufs déposés chacun dans un nid différent avec une préférence pour la même espèce, la plupart du temps celle qui l'a élevée et dont elle a reçu en quelque sorte l'empreinte. Le poids et la couleur des oeufs sont chaque fois très proches de ceux que pond l'hôte choisi. Le poids peut varier du simple au double et les couleurs être très différentes, tachetés ou unis, aller du blanc au bleu en passant par le gris -brun. L'introduction de l'oeuf dans le nid des hôtes est très rapide, profitant de leur absence provoquée éventuellement par le coucou mâle faisant diversion. © Aurélien Audevard
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Soit la ponte est directe en quelques secondes, soit l'oeuf pondu ailleurs est apporté dans le bec lorsqu'il s'agit de nids fermés par des petits orifices comme celui du troglodyte mignon.


Concernant cet oiseau très à part, bien des questions font encore l'objet d'hypothèses controversées, même si beaucoup des fables à son sujet sont aujourd'hui évacuées. Quant a son parasitisme saisonnier, acceptons qu'il mérite des circonstances atténuantes et au demeurant, continuons à nous réjouir d'entendre le chant sonore de cet oiseau comme manifestation emblématique du printemps.


Créé le 01/04/2004 par Gilbert Blaising © 1996-2017 Oiseaux.net