Aigle couronné

Stephanoaetus coronatus - Crowned Eagle

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Stephanoaetus

  • Espèce
    :

    coronatus

Descripteur

Linnaeus, 1766

Biométrie
  • Taille
    : 80 à 181 cm
  • Envergure
    : 180 à 200 cm.
  • Poids
    : 3175 à 4700 g
Longévité

15 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Ce grand aigle à la puissante stature et au bec fort, présente une double crête érectile souvent assez discrète et des pattes emplumées pourvues de grosses serres. Ces caractères très marqués le rendent souvent inconfondable même lorsqu'il est perché à longue distance. Les sexes sont assez similaires bien que la femelle affiche des ornements différents sur le dessous des ailes et une taille plus importante (environ 10% plus grande). Elle possède également une crête plus courte. Les juvéniles passent par des stades intermédiaires avant d'acquérir leur plumage définitif au début de la 6ème année.
Chez les adultes, les parties supérieures sont noir-ardoise, excepté la tête et les taches des ailes qui sont plus brunes. La queue porte 2 évidentes bandes grises qui alternent avec 2 barres noires égales. Une bande subterminale encore plus large précède une fine pointe blanche. Les parties inférieures varient du crème (majotitaire chez les mâles) au roux (majoritaire chez les femelles), mais il peut y avoir des teintes intermédiaires de chamois brillant, la poitrine étant parsemée d'abondantes taches noires hormis sur le centre qui est blanc. L'abdomen est nettement barré de noir, ce caractère étant plus visible chez les femelles. Les pattes blanches sont recouvertes de petites taches.
Les juvéniles sont différents. Ils ont un dessus gris-brun et les plumes des parties supérieures ont des liserés blanchâtres qui donnent à cette partie du corps un aspect écailleux, surtout visible sur les couvertures. La queue porte 4 bandes. La tête et le dessous sont entièrement blancs, excepté des mouchetures grises sur la nuque et sur les pattes. A l'envol, les oisillons ont un léger lavis roux sur la poitrine. A la première mue qui intervient au bout de 6 mois, de petite taches noires apparaissent sur la poitrine et des plumes rousses font leur apparition au niveau de la zone anale.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Crowned Eagle,
  • Aguila Coronada,
  • Águia-coroada,
  • Kronenadler,
  • koronás sas,
  • Kroonarend,
  • Aquilastore coronato,
  • Kronörn,
  • Kronørn,
  • orol korunkatý,
  • orel korunkatý,
  • Kronørn,
  • keisarijalokotka,
  • Kroonarend,
  • àguila coronada,
  • wojownik wspaniały,
  • Венценосный орёл,
  • カンムリクマタカ,
  • 非洲冠雕,
  • 冕鷹鵰,

Voix chant et cris

Aigle couronné
adulte

Les aigles couronnés sont des oiseaux très bruyants et on peut les entendre pendant tous les mois de l'année dans les forêts équatoriales. Pendant les parades, les mâles produisent des "kewee-kewee-kewee" stridents et caractéristiques alors que les femelles émettent des "kooee-kooee-kooee" plus doux et plus veloutés. Dans un cas comme dans l'autre, les vocalises forment de longues séries de 20 à 30 notes qui sont répétées à de multiples reprises. Les mâles qui s'approchent du nid avec du ravitaillement signalent leur arrivée à la femelle par des "kewee-kewee". Les jeunes sollicitent leur pitance en délivrant des cris analogues et incesssants.

Habitat

Les aigles couronnés fréquentent typiquement les forêts et les zones boisées denses mais on les trouve également dans les lambeaux de forêt résiduelle, sur les versants recouverts d'arbres, les bords boisés des lacs, ainsi que dans les bandes d'acacias le long des cours d'eau. En Afrique du Sud, on peut même les observer dans les plantations d'eucalyptus et au Zimbabwe, dans les zones relativement ouvertes peuplées de baobabs. Parfois les aigles couronnés recherchent leur nourriture dans les forêts secondaires adjacentes et même dans les savanes arides. Ces grands rapaces occupent des habitats qui s'étendent du niveau de la mer au moins jusqu'à 3000 mètres d'altitude.

Comportement traits de caractère

Les aigles couronnés vivent en solitaire ou en couples. Les vols circulaires d'altitude par les 2 parents sont assez courants. Les danses qui décrivent des montagnes russes dans le ciel sont également effectuées et elles sont accompagnées de cris bruyants (voir description de la voix). Ces dernières, quand elles ne sont pas accomplies à de très hautes altitudes ce qui les rend invisibles du sol, sont très spectaculaires. Elles comprennent des plongées vertigineuses, les ailes closes, et des remontées tout aussi abruptes avec des claquements d'ailes frénétiques. Les mâles accomplissent souvent seuls ce genre de parades aériennes, ils sont parfois imités par les femelles mais les 2 partenaires dansent rarement ensemble Dans les rares cas où la femelle se joint à son compagnon, elle se retourne sur le dos et lui présente ses serres. Peu avant l'accouplement, le mâle vient voir sa partenaire au nid, lui offre de la nourriture et fait claquer ses ailes devant elle, pour mettre en valeur les couleurs rousses de ses doublures.

Les aigles couronnés chassent à l'affût à partir d'un perchoir. Pour capturer leurs proies, ils se laissent souvent tomber sur le sol au-dessous d'eux, mais ils les arrachent parfois aux feuillages quand ils s'agit de singes, de damans ou d'écureuils. Les aigles couronnés sont capables de s'attaquer à des victimes qui pèsent 10-12 kg, 18-20 kg et même 30 kg, ce qui correspond respectivement à 2, 4 et 6 fois leur propre masse corporelle. De telles proies sont démembrées et emportées dans les arbres où sont constitués des garde-mangers qui peuvent durer plusieurs jours. Pour capturer de grosses proies, les aigles couronnés peuvent établir un mode de chasse coopératif qui implique plusieurs chasseurs.

Alimentation mode et régime

Les aigles couronnés consomment surtout des mammifères. Ils capturent aussi parfois des oiseaux, des reptiles mais rarement des charognes. Dans la catégorie des mammifères, on trouve principalement des antilopes forestières (céphalophes), des damans et des mangoustes, mais aussi des singes, des galagos, des genettes, des chats domestiques et des écureuils. Les animaux domestiques sont généralement épargnés. Bien qu'il ne soient pas considérés comme des proies, les humains sont souvent attaqués, surtout quand ils approchent des nids.
En Afrique Orientale, les oiseaux attirent rarement l'attention de ces rapaces. Cependant, en Afrique du Sud et au Zimbabwe, les pintades, les francolins, les pigeons, les poussins des basses-cours, les dindons et les jeunes autruches des élevages constituent des proies assez courantes. Les cigognes et les hérons nicheurs sont également chassés. Parmi les reptiles, on note des varans appelés biawaks ou goannas, des lézards de grande taille et, dans une moindre mesure, des serpents.

Reproduction nidification

La saison de nidification est assez variable selon les latitudes ou selon les régions. En Afrique Occidentale et au Zaïre, elle se déroule d'octobre à mars. En Afrique Orientale, elle a lieu pendant presque tous les mois de l'année avec une pointe de janvier à juin. En Zambie/Zimbabwe, les pontes interviennent d'avril à février tandis qu'en Afrique du Sud, elle sont importantes de septembre à mars.

Le nid est une très large structure. Il est réutilisé années après années et c'est assurément le plus grand nid de tous les rapaces d'Afrique. il mesure au moins 1 mètre 50 de diamètre et 50 centimètres de profondeur quand il est neuf, 2 mètres 50 de largeur et jusqu'à 3 mètres d'épaisseur après qu'il a été réaménagé pendant plusieurs saisons consécutives. La coupe est garnie avec des ramilles de feuilles vertes. La construction est placée dans un baobab, un eucalyptus ou un autre grand arbre, à une hauteur comprise entre 12 et 40 mètres, sur la fourche principale de la canopée ou parfois sur une branche morte. Eventuellement, elle peut être située dans une carrière de pierres ou sur une falaise.
La ponte comprend 1 ou 2 œufs qui sont couvés entre 48 et 51 jours. L'envol des jeunes s'effectue habituellement au bout de 110 à 115 jours, mais les jeunes mâles sont toujours plus précoces que les jeunes femelles d'environ 10 jours. Bien souvent, on ne peut apercevoir qu'un jeune à l'envol, il faut dire que l'aiglon le plus âgé élimine régulièrement son frère ou sa sœur qui sont considérés comme des concurrents pour la nourriture. Après l'envol, le survivant demeure avec ses parents pendant 3 à 9 mois si bien que ceux-ci ne nichent généralement qu'une année sur deux.

Distribution

Les aigles couronnés sont originaires du continent africain où ils ont une aire de distribution assez morcelée au sud du Sahara. Cette dernière s'étend de l'extrême est du Sénégal jusqu'au Kenya en passant par la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo, le sud du Nigeria, le Cameroun, le Gabon, le Congo et le Zaïre. De là, elle oblique vers le sud et couvre la Tanzanie, la Zambie, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe, la côte est de l'Afrique du Sud et le Swaziland. Une population isolée vit également dans le centre de l'Ethiopie. il n'y a pas de variation géographique, l'espèce est considérée comme monotypique

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Dans les zones les plus favorables au Kenya, les nids sont distants de 1,5 à 3,5 kilomètres. Les territoires couvrent 10 à 25 kilomètres carrés. Au Zimbabwe et en Afrique du Sud, les couples nichent à plus de 12 kilomètres les uns des autres. D'après Christie, la superficie de l'aire qui atteint plusieurs millions de kilomètres carrés implique une population globale de plusieurs dizaines de milliers d'individus. Birdlife, moins enthousiaste, estime l'aire à 6 610 00 kilomètres carrés et la population à 10 000 oiseaux au maximum. Dans les 2 cas, l'espèce est considérée comme "de préoccupation mineure". Néanmoins, l'aigle couronné souffre de la destruction de son habitat. Il est aussi victime des chasseurs, des braconniers et des destructeurs de nids. D'un autre côté, il est regardé d'un œil très favorable par les professionnels de la forêt qui apprécient son travail de prédateur sur les mammifères destructeurs des zones boisées. En Afrique de l'Ouest, la raréfaction des sites de nidification en raison de la dégradation dramatique des forêts rend son avenir très problématique.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 25/02/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net