Barbican à collier

Lybius torquatus - Black-collared Barbet

Systématique
  • Ordre
    :

    Piciformes

  • Famille
    :

    Lybiidés

  • Genre
    :

    Lybius

  • Espèce
    :

    torquatus

Descripteur

Dumont, 1805

Biométrie
  • Taille
    : 19 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 49 à 71 g
Distribution

Distribution

Description identification

Chez le mâle adulte, la tache frontale, le capuchon, les sourcils, le dessous des yeux, les couvertures auriculaires, les joues ainsi que la gorge et le haut de la poitrine composent un ensemble uni qui varie du rouge à l'orange-rouge et même éventuellement au rose-rouge. Une large bande de plumes noir luisant forme une sorte de collier qui englobe l'arrière du capuchon, la partie postérieure des oreillons et les côtés du cou atteignant le haut du manteau et descendant jusqu'au milieu de la poitrine. La partie centrale du dos est variablement vermiculée de brun, de noir et de jaune pâle. Les plumes ont de si larges terminaisons jaunes que le croupion et les sus-caudales de certains individus paraissent parfois entièrement jaunes. La queue est brune dessus, plus gris-brun dessous avec de très fines bordures jaunâtres au niveau des rectrices externes.
Sous le collier noir, les parties inférieures paraissent majoritairement jaunes mais avec de vagues vermiculures ou taches noires et brunes. Les flancs et les côtés affichent un jaune-blanc plus pâle, souvent avec des stries grises et brunes. La zone anale et les sous-caudales blanches sont ornées de stries brunes.
Les rémiges brunes ont des fins liserés jaunâtres qui sont bien visibles au niveau des primaires externes. Les petites et les moyennes couvertures sont vermiculées ou saupoudrées de brun et de jaune blanchâtre. Le dessous des ailes est jaune très pâle sur les couvertures et brun au niveau des pointes. Le bec est brun avec au moins une et parfois deux dentelures sur le bord tranchant de la mandibule supérieure. La peau nue orbitale est gris-noir, les iris présentent différentes teintes de rouge, de rouge violacé, de châtain ou de brun. Les pattes et les pieds sont gris-sombre, souvent avec une nuance de bleu ou de vert. Il existe une forme aberrante appelée Xanthochroïque dans laquelle toutes les parties rouges de la face sont remplacées par du jaune.
La femelle adulte et les immatures sont assez semblables aux mâles mais le rouge est restreint à certaines zones du menton, de la gorge et de la poitrine. Le rouge sur la face n'est perceptible qu'assez tardivement, après la mue. Le jaune sur le plumage est plus pâle et le noir est plus brun, plus terne. Le bec est brun avec une base jaune terne sur la mandibule inférieure. Les dentelures sur le bord tranchant du bec sont absentes ou à peine indiquées. Les iris sont gris.

Indications subspécifiques 7 Sous-espèces

  • Lybius torquatus zombae (s Tanzania to s Malawi and ne and c Mozambique)
  • Lybius torquatus pumilio (e DRCongo to w Tanzania, n Malawi, e Zambia and nw Mozambique)
  • Lybius torquatus irroratus (e Kenya to c Tanzania)
  • Lybius torquatus congicus (sc DRCongo and n Angola to n Zambia)
  • Lybius torquatus vivacens (e Zimbabwe to s Malawi and sc Mozambique)
  • Lybius torquatus bocagei (s Angola and n Namibia to sw Zambia, w Zimbabwe and nw Botswana)
  • Lybius torquatus torquatus (se Botswana and South Africa)

Noms étrangers

  • Black-collared Barbet,
  • Barbudo Acollarado,
  • Barbaças-de-colar-preto,
  • Halsband-Bartvogel,
  • Zwarthalsbaardvogel,
  • Barbetto dal collare,
  • Ringbarbett,
  • Krageskjeggfugl,
  • fuzáň kapucňový,
  • vousák obojkový,
  • Båndet Tandskægfugl,
  • mustavyöseppä,
  • Rooikophoutkapper,
  • barbut de collar,
  • wąsal obrożny,
  • Ошейниковая либия,
  • クビワゴシキドリ,
  • 黑领拟鴷,
  • 黑領擬啄木,

Voix chant et cris

Les barbicans à collier se reconnaissent immédiatement à leurs duos bruyants accompagnés de battements d'ailes que l'on peut retranscrire de la façon suivante : "too-puddly, too-puddly, too-puddly". Selon les sexes, les partitions paraissent légèrement différentes : les mâles ont tendance à produire des cris bas alors que ceux des femelles semblent plus aigus. Ces oiseaux donnent la pleine performance de leur voix au cours des parades de salutations. Au cours de ces dernières, la note principale est un "tyaw" clair et bruyant, ne durant guère qu'une demi-seconde et qui est acommpagnée de "ddd" ou de "zzz" grinçants. Tous les membres du groupe sont participants. Des notes grinçantes sont également émises pendant les échanges rituels de nourriture. Pour communiquer ou garder le contact, les barbicans à collier délivrent des notes variées et portant à longue distance "chchchch" ou "tsh-sh-sh".

Habitat

Les barbicans à collier fréquentent les zones boisées ouvertes, plus particulièrement les parcelles d'acacias, de miombos et de mopanes. On les trouve également dans les prairies boisées, dans les galeries éparses qui longent les cours d'eau, les jardins, les terres cultivées et les plantations d'arbres qui sont proches des bois. Ils évitent simplement les forêts denses, les peuplements très arides, les broussailles et les paysages désertiques. Dans les régions où ils cohabitent avec les barbicans à face rouge (Lybius rubrifacies), ces oiseaux sont confinés dans des boisements plus épais et dans des forêts qui bordent les rives des lacs.
Les barbicans à collier vivent généralement du niveau de la mer jusqu'à 1600 mètres d'altitude, mais en Angola, ils peuvent grimper jusqu'à 1 820 mètres.

Comportement traits de caractère

Les barbicans à collier vivent en couples ou en groupes sociaux qui peuvent atteindre jusqu'à 6 individus. Ces oiseaux ont des relations et des échanges fréquents avec un grand nombre d'autres congénères tels que les barbicans à face rouge, les barbicans de Chaplin, les barbicans à poitrine brune, à tête jaune, ceux de Whyte ou de Woodward. Ces dernières espèces ont une plus grande taille, sont généralement dominantes par rapport à eux et ils n'hésitent pas à les chasser avant même qu'ils ne commencent leurs chants. Par contre, les barbicans à collier usurpent souvent les cavités des barbicans funèbres (Tricholaema lacrymosa) et celles des barbions à front jaune dont ils agrandissent l'entrée pour le mettre à leurs dimensions.
Les barbicans à collier se déplacent en groupes et établissent des dortoirs communs. Ils ont un vol direct ou ondulant, un peu plus rapide que celui de leurs congénères, mais un peu plus lent que celui des barbus du genre Stictolaema.
Ces oiseaux utilisent souvent leur bec lors de parades, soit ils effectuent un balayage soit ils pointent un adversaire avec leur appendice lors s'une situation conflictuelle. Dans ce dernier cas, la tête et le corps peuvent être également animés par des mouvements latéraux et le bec peut être agité de haut en bas. En cas de grande agressivité les plumes de la tête peuvent être ébouriffées, les ailes peuvent être agitées et produire des bruits de froissement.

Alimentation mode et régime

Les barbicans à collier se nourrissent en solitaire ou en groupes, se déplaçant d'arbre en arbre ou de buisson à buisson. Ils glanent éventuellement des végétaux dans les feuillages ou sur les troncs, prospectent dans les galeries des termitières et picorent les endroits peu accueillants comme les mousses et les lichens. Ils s'accrochent et se cramponnent au dessous des branches pour prélever les fruits et les baies. Ils passent une grande partie de leur temps à poursuivre les insectes lorsque les essaims de termites ailés et les fourmis volantes sont abondants. Ils plongent parfois à terre pour consommer les fruis tombés. Un menu assez détaillé est fourni par le site biodiversity explorer : dans la catégorie des végétaux, on note des goyaves, des figues, du raisin sauvage, du sumac (rhus), des plantes de la famille des ébénacées, des baies provenant des arbustes du genre Sideroxylon. Le nectar des aloès et des arbres fuschia (Scholia brachycephala) sont également très appréciés. Dans la catégorie des insectes, les longicornes et les autres coléoptères, les abeilles, les hyménoptères, les termites ailés, les cétoines dorées et les vers mopane (larves du papillon empereur, Imbrasia belina) sont les proies les plus courantes.

Reproduction nidification

Le bon déroulement de la reproduction dépend en grande partie de la disponibilité des arbres vermoulus et de l'abondance des souches sur le terrritoire. La concurrence avec les autres espèces cavernicoles peut également poser un problème important. Le territoire qui sert à la reproduction mesure environ 21 hectares au Kenya et plus de 50 hectares dans le sud de la Zambie. Les limites de ce dernier sont généralement fixées par le chant et les vocalises deviennent plus nombreuses au début de la saison. Le mâle principal choisit généralement sa partenaire pendant une cérémonie au cours de laquelle il effectue un vol de parade assez sophistiqué avec les ailes en V. La femelle entérine le choix du mâle en lui picorant les côtés du cou et en effectuant une série de salutations. Peu de temps après, le couple démarre la construction du nid en creusant une cavité sur le dessous d'une branche. La plupart du temps, il s'agit d'une construction nouvelle, mais il peut arriver parfois qu'un vieux nid des années passées soit réactivé.
La saison de nidification varie selon les régions. Dans l'est du Kenya et le nord de la Tanzanie, elle se déroule en janvier. Dans le reste de la Tanzanie, elle a lieu de septembre à décembre et elle se prolonge occasionnellement jusqu'au mois de mars. Au Rwanda, les barbicans à collier se reproduisent en avril-mai. Dans l'est du Zaïre, ils établissent leurs nids pendant une grande majorité des mois de l'année, bien que leurs périodes préférentitelles se situent principalement en avril-mai et en novembre-décembre. Dans le sud du Zaïre, les pontes les plus nombreuses sont déposées en septembre-octobre et février. En Angola, la période des nids bat son plein de septembre à février. Pour le reste du Zaïre, la reproduction intervient de septembre à décembre. Pour les pays de l'Afrique Australe, les dates sont les suivantes : août à fin avril pour la Zimbabwe, septembre-novembre et février pour le Malawi, août-janvier pour le nord du Mozambique, août-avril avec une pointe en septembre-novembre pour le sud du Mozambique et l'Afrique du Sud.
Dans de nombreuses régions, mais plus particulièrement dans le sud, la période de reproduction est suffisamment longue pour permettre la mise en place de plusieurs nichées par saison et éventuellement de couvées de substitution en cas de perte des nichées initiales. D'après McLean, il peut y avoir au maximum juqu'à 4 dépôts.
Chaque ponte comprend habituellement 3 ou 4 œufs de couleur blanche dont la dimension moyenne est de 24,3 millimètres sur 17,5. Les parents se relaient pour couver pendant une durée de 18 à 19 jours, restant proches l'un de l'autre même en cas de perturbation à proximité du nid. Des assistants peuvent participer à la couvaison et à la surveillance du nid. Le passage de relais est généralement marqué par des cris et parfois par l'établissement de rituels et de cérémonies de salutations.
L'organisation sociale est assez rigoureuse. Pendant les 5 ou 6 premiers jours, une sentinelle est postée à proximité de la cavité où séjournent les poussins. Les parents et les assistants se succèdent pour apporter le ravitaillements en fruits et en insectes. Les sacs de matières fécales sont régulièrement évacués par les adultes. Les jeunes oisillons ouvrent progressivement leurs yeux entre 11 et 19 jours et restent bien à l'intérieur de la cavité jusqu'à l'âge de 24 jours. A partir de 28 jours après l'éclosion, ils commencent à pointer leur tête à l'entrée. L'envol se déroule généralement au bout de 33 à 35 jours. Après leur départ du nid, les jeunes barbicans, guidés par le cri des adultes, retournent au nid tous les soirs pour dormir. Ils rentrent plus tôt au dortoir les jours où le temps est maussade que les jours où la météo est clémente. Les groupes familiaux restent unis pendant au moins 5 mois. Passée cette date, certains immatures restent au sein de la famille en tant qu'assistants mais d'autres se dispersent en compagnie de parents proches pour former une nouvelle bande.
Les nids des barbicans à collier sont souvent parasités par des indicatoridés, en particulier par des petits indicateurs (Indicator minor). Le mâle de cette dernière espèce est capable d'imiter parfaitement les cris du barbican à collier. Grâce à cette habilité, il s'approche du couple, le poursuit, trouble ses duos et ses parades au point que son fonctionnement est très altéré pendant parfois plus de 24 heures. Profitant de cette perturbation, la femelle indicateur s'imisse dans le nid du barbican et dépose habituellement un œuf. Le jeune indicateur est élevé par ses parents-hôtes pendant au moins 38 jours. On estime que le parasitisme des indicateurs est un facteur important du ralentissement de la reproduction du barbican à collier.

Distribution

Les barbicans à collier sont originaires du continent africain au sud de l'équateur. Leur aire de distribution part du Nord-Centre-Angola, du sud et de l'est du Zaïre, du sud-ouest de l'Ouganda, de la Tanzanie et la côte du Kenya et se poursuit en direction du sud jusqu'au nord de la Namibie, au nord et à l'est du Botswana, à l'Etat Libre d'Orange pour atteindre la province est du Cap, le Swaziland et le sud du Mozambique. Sur ce territoire dont la superficie est supérieure à 4 500 000 kilomètres carrés, on reconnaît officiellement 7 sous-espèces : L. t. congicus (Nord-Centre-Angola, Sud-Centre-Zaïre et Nord-Ouest-Zambie) - L. t. torquatus, la race nominale (Sud-Est-Botswana, Etat Libre d'Orange, Province Est du Cap, Transvaal, Swaziland et Natal) - L. t. bocagei (Sud-Angola, Nord-Namibie, jusqu'au sud-ouest de la Zambie, à l'ouest du Zimbabwe et au nord du Botswana) - L. t. pumilio (Sud-Ouganda, Sud-Est-Rwanda, Est-Burundi, Est-Zaïre, Est-Zambie juqu'à l'ouest de la Tanzanie, l'ouest et le nord du Malawi et le nord-ouest du Mozambique) - L. t. vivacens (Sud-Malawi, Est-Zimbabwe jusqu'à l'ouest et le sud-centre du Mozambique) - L. t. irroratus (côte du Kenya jusqu'au centre de la Tanzanie) - L. t. zombae (Sud-Est-Tanzanie, sud-centre Malawi jusqu'au nord et au centre du Mozambique).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les barbicans à collier vivent sur un vaste territoire de plusieurs millions de kilomètres carrrés. Leur population n'est pas quantifiée mais d'après une étude récente, leur aire de distribution semble en pleine expansion compte-tenu du grand nombre d'arbres fruitiers introduits par les humains. D'après Lester Short et son livre abondamment documenté, cette espèce est très répandue ou localement courante sur une grande majorité de sa surface de répartition. Selon Birdlife, elle est classée comme de "préoccupation mineure".

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 21/03/2012 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net