Buse aguia

Geranoaetus melanoleucus - Black-chested Buzzard-Eagle

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Geranoaetus

  • Espèce
    :

    melanoleucus

Descripteur

Vieillot, 1819

Biométrie
  • Taille
    : 80 cm
  • Envergure
    : 175 à 200 cm.
  • Poids
    : 1700 g
Distribution

Distribution

Description identification

Ce grand rapace a toutes les caractéristiques d'un aigle excepté la forme du bec. Il s'agit toutefois d'une des espèces les plus grandes et les plus corpulentes de la sous-famille des butéonidés. Il a de longues ailes, une queue terminée en forme de coin et des cuisses nues. Son plumage rayé associé à sa morphologie particulière permettent de l'identifier immédiatement. Le mâle et la femelle sont identiques. Cette dernière est toutefois jusqu'à 25% plus lourde que son partenaire. Les juvéniles sont très différents de leurs parents, n'acquérant pleinement leur plumage adulte qu'au bout de la troisième ou 4ème année.
Les buses aguia ont une tête et l'ensemble des parties supérieures qui varient du gris-ardoise au noir grisâtre. Les plumes les plus longues et les plus pointues de la poitrine et du manteau ont souvent de fines extrémités blanches clairsemées. De légères barres claires sont visibles sur les secondaires.
De petites exceptions sont notables : le bas des joues et la gorge sont plus pâles, les épaules sont gris cendré avec de fines barres sombres au niveau des petites et des moyennes couvertures. La queue a une étroite bande blanche.
La poitrine noirâtre contraste fortement avec l'abdomen et les sous-caudales qui sont blanches. Dans les Andes, le bas des parties inférieures est finement barré alors que dans les autres secteurs géographiques, il est blanc pur (voir sous-espèces).
Les juvéniles ont un dessus gris-brun strié de blanc ou de cannelle sur la calotte et sur la nuque. Le sourcil est chamois. Les plumes du dos, des scapulaires et des épaules ont des liserés chamois-roux. La queue plus grisâtre est mouchetée et barrée de noir. La gorge et la poitrine chamoisées sont initialement finement striées de brun foncé puis postérieurement recouvertes d'étranges petites taches. Ces dernières parties semblent toutefois assez unies en comparaison avec les cuisses, le ventre et la zone anale qui sont fortement barrés de noir.
Les immatures de 2ème année conservent une grande partie de leurs caractères juvéniles. A la mue, l'abdomen commence toutefois à devenir chamois-roux avec d'étroites bandes ternes.
Les immatures de troisième année ont un plumage proche des adultes. Néanmoins, leur poitrine noirâtre se démarque moins nettement du bas des parties inférieures que chez leurs parents.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Geranoaetus melanoleucus australis (Andes of w Venezuela to Tierra del Fuego)
  • Geranoaetus melanoleucus melanoleucus (s Brazil, Paraguay, Uruguay, ne Argentina)

Noms étrangers

  • Black-chested Buzzard-Eagle,
  • Aguila Mora,
  • Aguia-chilena,
  • Agula,
  • óriásölyv,
  • Grijze Arendbuizerd,
  • Aquila poiana pettonero,
  • Svartbröstad vråkörn,
  • Høvdingvåk,
  • myšiak aguja,
  • káně orlí,
  • Andesvåge,
  • marsuhaukka,
  • àguila pitnegra,
  • aguja,
  • Агуйа,
  • ハイイロオオノスリ,
  • 鵟雕,
  • 鵟鵰,

Voix chant et cris

Le cri le plus courant est un "keeeeuua" sonnant et prolongé qui est répété 2 fois ou plus. D'après de nombreux rapports, le répertoire est constitué de sifflements aigus et flûtés ainsi que de caquètements rudes qui ressemblent un peu à ceux des faisans de grande taille. Les femelles au nid lancent également des "pfiuu pfiuup" et un "kiu kiu kiu" très rapide, sans doute pour attirer son compagnon.

Habitat

Les buses aguias de l'est fréquentent les étroites parcelles de forêts sèches, les zones boisées d'épineux, les savanes, les prairies, les dunes, les broussailles semi-désertiques, les déserts montagneux et les zones de collines. Celles de l'ouest préfèrent toutefois les montagnes rocheuses et abruptes, les versants escarpés qui sont interrompus par des canyons. On les trouve également dans les steppes avoisinantes. Par contre, elles ne pénètrent presque jamais dans les zones de paramo, un biotope néotropical constitué de prairies alpines situées entre la ligne des arbres et les neiges éternelles.
Les buses aguia vivent principalement du niveau de la mer jusqu'à 3500 mètres d'altitude. Cependant, dans le nord des Andes, elles ne séjournent jamais en-dessous de 1600 mètres, étant plus communes au-delà de 2500 mètres.

Comportement traits de caractère

Les buses aguias vivent généralement en solitaire ou en couples, mais il arrive aussi qu'ils se rassemblent en groupes de 3 à 5 individus, vraisemblablement des groupes familiaux. Bien que l'on assiste parfois à des vols solitaires interminables, à des vols circulaires de haute altitude et à des plongeons occasionnels, les acrobaties ne semblent pas très courantes chez cette espèce. Il arrive, toutefois, mais de façon très rare, que l'un des protagonistes se retourne en vol et se saisisse des serres de son partenaire.
Les adultes sont habituellement sédentaires alors que les juvéniles sont peut-être plus nomadiques. Toutefois, les territoires sont assez vastes et peuvent dépasser très largement les limites du site de nidification. La race australis reste en principe dans les montagnes. Cependant, un rapport la signale à une altitude de 600 mètres dans les collines, ce qui suggère que les migrations altitudinales sont sans doute sous-évaluées dans le nord-ouest.

Alimentation mode et régime

Les buses aguias consomment principalement des mammifères, ainsi que des oiseaux blessés, des serpents, des lézards, de la charogne et des insectes. Dans la liste des mammifères, on trouve des degus, des lapins, des cochons d'inde, des squonces, des renards des Falklands (Duisicyon) et des viscaches pesant probablement entre 2 et 3 kilogrammes. Dans la catégorie des oiseaux, on note des chouettes des terriers, des tinamous et des pénélopes.
Les buses aguias recherchent principalement leur nourriture en volant circulairement ou en effectuant de longues diagonales au cours desquelles elles se laissent porter par le vent avant de plonger à terre. Elles chassent parfois à l'affût mais elles passent tellement de temps dans les airs que cette stratégie doit être rare. Elles brisent parfois la boue qui constitue l'enveloppe du nid des fourniers roux afin de s'emparer des oisillons. Elles attrapent sans doute des coléoptères en marchant sur le sol. Les buses aguias traînent aussi sur les dunes à faible végétation, vraisemblablement pour y capturer des insectes.

Reproduction nidification

La saison de nidification varie selon les régions. Elle se déroule de février à août au Venezuela, de septembre à avril en Equateur, de mars à octobre au Pérou, de septembre à janvier dans le centre de l'Argentine et au Chili. Elle a lieu d'octobre à février, plus au sud. Les buses aguias construisent un nid volumineux avec des morceaux de bois.
Les nids nouveaux mesurent environ 85 centimètres de diamètre mais ils deviennent plus larges s'ils sont utilisés pendant de nombreuses années consécutives. Ils sont placés sur la corniche d'une haute falaise, au sommet d'un grand arbre, à la cime d'un saguaro ou d'une autre espèce de cactus (Cereus ou Opuntia). Quelquefois, les buses aguias nichent sur un poteau utilitaire ou à l'intérieur d'un buisson qui est situé sur un versant inaccessible. Il arrive même, bien que ce soit très rare, que ce rapace niche à terre.
La ponte comprend généralement 2 œufs qui sont couvés pendant environ 30 jours. Les petits sont nidicoles mais la durée du séjour au nid n'est pas précisée.

Distribution

Les buses aguias sont originaires du continent sud-américain. Elles sont totalement absentes de l'Amazone et de la côte nord. Leur aire de distribution est clairement divisée en 2 parties : la première partie couvre toute la cordillère des Andes, du Venezuela et de la Colombie jusqu'à la Patagonie et la Terre de Feu en passant par l'Equateur, l'ouest du Pérou et de la Bolivie. La seconde partie couvre une étroite bande le long du littoral est, s'élargissant au niveau du Paraguay, de l'Uruguay et du nord-est de l'Argentine. Cette seconde partie va approximativement de Recife jusqu'à Buenos-Aires. Cette répartition correspond très exactement à l'existence de 2 sous-espèces : G. m. melanoleucus (plaines côtières du nord du Brésil jusqu'à l'Uruguay et Buenos-Aires) - G. m. australis ( région montagneuses de la cordillère du Venezuela jusqu'au cap Magellan et la Terre de Feu).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Cet oiseau est présent sur les 8000 kilomètres de la cordillère des Andes et son aire de distribution dépasse très largement les 2 millions de kilomètres carrés. Il est considéré comme assez commun et n'est pas très difficile à observer dans les habitats qui lui conviennent. David Christie et Birdlife s'accordent pour estimer que les effectifs sont supérieurs à 10 000 individus adultes. La population est stable et même en expansion dans le sud-est du Brésil.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 28/12/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net