Buse tricolore

Geranoaetus polyosoma - Variable Hawk

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Geranoaetus

  • Espèce
    :

    polyosoma

Descripteur

Quoy Gaimard, 1824

Biométrie
  • Taille
    : 56 cm
  • Envergure
    : 110 à 120 cm.
  • Poids
    : 950 g
Distribution

Distribution

Description identification

Cette grande buse possède des ailes et des pattes plutôt longues, une queue moyenne, ce qui lui procure une silhouette assez semblable à celles des autres membres de la sous-famille des butéonidés. Cette espèce est polymorphique, c'est à dire qu'elle présente au moins 2 phases de couleurs. Cependant, les phases claires sont largement prédominantes et les phases sombres sont relativement rares. La présence de roux sur le dos semble liée au sexe. Le mâle et la femelle sont donc généralement, mais pas toujours, dimorphiques. Le manteau gris indique toujours un mâle, alors que le manteau roux désigne habituellement une femelle. En toutes phases, les adultes ont une queue blanche avec une large bande subterminale noire. Les juvéniles sont très différents des adultes jusqu'à ce qu'ils muent.
Dans la phase claire, le mâle affiche une dessus gris, hormis le front et les joues qui sont striés de noir. Les parties inférieures sont blanches avec de discrètes barres grises sur les flancs. La femelle a un dessus gris sombre, plus foncé que celui du mâle. Sa tête et ses ailes semblent plus noires. Elle diffère principalement de son partenaire par son manteau et ses scapulaires roux. Les barres des flancs sont également rousses, débordant souvent sur le centre de l'abdomen.
Dans la phase sombre, le mâle affiche un plumage (dessus et dessous) qui varie du gris sombre à noir ardoisé. Les plumes ont des pointes légèrement plus claires. La femelle présente un ensemble (tête, ailes, bas du dos, poitrine, cuisses et zone anale) qui est noir grisâtre. Celui-ci contraste avec les scapulaires et le manteau châtains. L'abdomen est plus ou moins châtain avec des infiltrations de gris noirâtre.
Chez la femelle, il existe une forme de plumage qui peut être appelée phase barrée. La tête et les parties supérieures sont identiques à celles de la phase sombre, mais le ventre, les cuisses et la zone anales sont blanchâtres avec d'abondantes barres gris-ardoise. La poitrine est traversée par une bande rousse plus ou moins discrète.
Les juvéniles en phase claire ont un dessus brun-noir avec de larges liserés chamois qui sont particulièrement visibles sur les couvertures. La queue est grise avec de nombreuses et fines barres noirâtres. Le dessous varie du blanc au chamois clair. De fines stries noires ornent la gorge. La poitrine est plus nettement striée de brun, l'abdomen porte d'abondantes barres et des chevrons. Les cuisses sont barrées de roux. Chez les juvéniles en phase sombre, la queue est identique à celle de la phase claire. Autrement, l'ensemble du plumage est entièrement brun noirâtre avec de fines extrémités chamois sur la nuque.

Indications subspécifiques 4 Sous-espèces

  • Geranoaetus polyosoma polyosoma (Andes from w Colombia to Tierra del Fuego, Falkland Is.)
  • Geranoaetus polyosoma exsul (Juan Fernandez Is.. Chile.)
  • Geranoaetus polyosoma poecilochrous (Andes from s Colombia to s Ecuador)
  • Geranoaetus polyosoma fjeldsai (Andes from n Peru to nw Argentina)

Noms étrangers

  • Variable Hawk,
  • Busardo Dorsirrojo,
  • Gavião-de-costas-vermelhas,
  • Rotrückenbussard,
  • vöröshátú ölyv,
  • Roodrugbuizerd,
  • Poiana dorsorosso,
  • Rödryggad vråk,
  • Andesvåk,
  • myšiak menlivý,
  • káně rudohřbetá,
  • Pragtvåge,
  • punaselkähaukka,
  • aligot tricolor,
  • myszołów rdzawogrzbiety,
  • Красноспинный канюк,
  • セアカノスリ,
  • 红背鵟,
  • 紅背鵟,

Voix chant et cris

Les buses tricolores sont souvent silencieuses mais, de temps à autre, on peut entendre un "keeyah" puissant ou un "keeow" strident lorsqu'elles planent. Ces oiseaux sont vraiment très bruyants lorsqu'un intrus s'approche du nid. On peut alors entendre des "yeeak-yeeak" véhéments ou des "keeyah-keeyah". Parfois, les cris de dissuasion sont des "keeow-kyow-kyow".

Habitat

Les buses tricolores fréquentent généralement les contrées plus ou moins ouvertes : on peut les observer dans des endroits variables tels que les vallées tempérées andines du nord du continent sud-américain, moins fréquemment sur les plateaux montagneux au-dessus de la ligne des arbres, dans des plaines et des collines tropicales arides situées le long des côtes du Pacifique mais aussi dans des plaines sèches et dans les steppes de la Patagonie. Ces oiseaux apprécient habituellement les zones broussailleuses, avec ou sans bouquets d'arbres clairsemés. Quelquefois, on les trouve sur des versants cultivés, à proximité de galeries qui longent des rivières, dans des forêts humides au pied de la montagne ou dans des parcelles de faux hêtres du genre Nothofagus.
Les buses tricolores vivent du niveau de la mer jusqu'à 4 600 mètres d'altitude. Cependant, elles sont généralement plus communes entre 1 600 et 3 200 mètres dans le nord de leur aire de répartition. En Patagonie, on les trouve au-dessus de 500 mètres.

Comportement traits de caractère

Les buses tricolores vivent en solitaire ou en couples. Ces oiseaux se perchent souvent à découvert sur les rochers, sur des falaises, à terre, sur des poteaux de clôture, des pylones utilitaires, des cactus de grande taille ou des branches, ce qui permet de bien les observer. Parfois, ils sont un peu plus dissimulés dans la canopée des grands arbres.
Comme de nombreux rapaces du genre Buteo, les buses tricolores accomplissent des vols circulaires à une grande hauteur dans le ciel, seules ou en couple. Par contre, on ne possède aucun renseignement sur les autres parades aériennes.
Dans certaines régions, les buses tricolores sont sédentaires, mais dans la plupart des cas, elles sont au moins partiellement migratrices. Durant la période qui va de mars à novembre, et plus particulièrement de mai à septembre, leurs effectifs sont nettement plus nombreux dans le centre et le nord de l'Argentine et des vagabondages sont également notés dans les pays adjacents comme le sud-est de la Bolivie, le Paraguay, l'Uruguay et l'extrême sud du Brésil, ce qui indique des mouvements en direction du nord et des régions basses pendant l'hiver austral. Cela signifie peut être même que le sud de la Patagonie et les Andes chiliennes sont désertés pendant cette saison.

Alimentation mode et régime

Les mammifères constituent souvent les neuf dixièmes des proies. Les buses tricolores apprécient particulièrement des rongeurs tel que les cochons d'inde (cavia), les octodons, les tuco-tucos et les jeunes lapins de garenne. Le menu est complété par des orthoptères (sauterelles), des grenouilles, des lézards, des oiseaux (s'ils sont jeunes ou blessés) et probablement des serpents.
Les buses tricolores chassent souvent dans les airs en se laissant porter par les courants ou en pratiquant le vol stationnaire. Si aucune proie n'est repérée, ces oiseaux planent sur une centaine de mètres avant de s'imposer une nouvelle séance de surplace. Les buses tricolores chassent également à l'affût à partir d'un perchoir : rocher, poteau, cactus ou promontoire de ce genre. En montagne ou à des altitudes élevées, elles peuvent être actives durant toute la journée.

Reproduction nidification

La saison de nidification varie quelque peu selon les pays du continent. Elle se déroule de décembre à juillet en Equateur et peut-être en Colombie, de septembre à janvier au Chili, en Argentine et aux îles Falklands. Les buses tricolores bâtissent un nid de branches assez volumineux qui mesure 75 à 100 centimètres de diamètre quand il est nouvellement construit. Comme il est réutilisé plusieurs fois consécutivement, sa taille s'agrandit régulièrement d'année en année avec les remises à neuf et les réaménagements. L'intérieur du nid est garni avec des feuilles vertes, de la mousse, des lichens et divers débris trouvés aux alentours. Le nid est souvent placé à une hauteur modeste, entre 2 et 7 mètres, sur un cactus, un buisson épineux, un petit ou un grand arbre, un poteau télégraphique, un pylône, une corniche de falaise ou un rocher. Il peut même être installé dans une touffe d'herbe sur le versant abrupt d'une colline.
En Equateur, la ponte comprend 1 ou 2 œufs. Au Chili et en Argentine, elle en contient 2 ou 3. L'incubation dure 26 ou 27 jours. L'envol des jeunes intervient dans un délai compris entre 40 et 50 jours après la naissance. Pas d'information sur le soin parental.

Distribution

Les buses tricolores sont originaires de l'ouest et du sud du continent sud-américain. Leur aire de distribution couvre le sud-ouest de la Colombie, l'Equateur, le Pérou, le sud-ouest de la Bolivie, la quasi-totalité du Chili, de l'Argentine et de l'Uruguay. Ce rapace est totalement absent du Venezuela, des Guyanes et du Brésil. On peut le trouver en Terre-de-Feu, au Cap Horn et même aux îles Falklands. Ferguson-Lees et Christie dans leur colossal ouvrage sur les rapaces considèrent que l'espèce est monotypique. Par contre, Global Raptors Information Network intègre Buteo exsul et Buteo poecilochrous comme sous-espèces.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

L'aire de nidification mesure environ 4,5 millions de kilomètres carrés. Il faut y ajouter à peu près 1,2 millions de km carrés pour l'aire d'hivernage pendant la saison froide australe. Aucune densité n'a été calculée mais la plupart des observateurs s'accordent pour reconnaître que cette espèce est relativement commune dans les Andes et en Patagonie. Dans les pré-montagnes et les montagnes équatoriennes, c'est le rapace le plus commun. En Colombie, dans les régions situées au-dessus de la ligne des arbres, il s'agit également du prédateur le plus courant. Bien que ses effectifs soient en léger déclin en Equateur, au Chili et en Argentine, David Christie estime que sa population globale est supérieure à 100 000 individus. L'espèce est donc classée comme de préoccupation mineure.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 14/04/2012 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net