Chevêchette brune

Glaucidium brasilianum - Ferruginous Pygmy Owl

Systématique
  • Ordre
    :

    Strigiformes

  • Famille
    :

    Strigidés

  • Genre
    :

    Glaucidium

  • Espèce
    :

    brasilianum

Descripteur

Gmelin, JF, 1788

Biométrie
  • Taille
    : 19 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 46 à 90 g
Distribution

Distribution

Description identification

Comme toutes les chevêchettes, la chevêchette brune est un petit oiseau trapu, à l'envergure peu saillante et à la queue allongée par rapport au reste du corps. Il existe de nombreuses formes de coloration de plumage : gris, brun, roux et de nombreuses formes intermédiaires, ce qui rend ce critère absolument inutilisable pour la reconnaissance et pour la différenciation avec les autres chevêchettes naines qui sont assez nombreuses en Amérique du Sud.
Le front et le capuchon ont normalement des stries pâles. Le disque facial est assez proéminent et il est bordé par de l'ocre pâle ou du blanchâtre. Il n'y a pas de collier ocre sur la nuque. Le manteau et le dos sont soit unis soit irrégulièrement tachetés de blanc ou de chamois. Les scapulaires sont abondamment mouchetées de blanc ou de chamois.
Les parties inférieures claires sont nuancées de chamois et très distinctement striées. La queue affiche une teinte brun sombre, brun-gris, ou roux ferrugineux (de qui lui donne son patrinonyme anglais), avec 6 ou 7 originales barres cassées blanches ou orange, (ce qui est un caractère discriminant essentiel).
Il y a quatre chevêchettes naines en Amérique du Sud : chevêchettte australe ou de Patagonie (Glaucidium nana), chevêchette des Moore (Glaucidium mooreorum), chevêchette d'Amazonie (Glaucidium hardyi), chevêchette cabouré (Glaucidium minutissimum) qui sont plus petites avec une queue plus brève. La chevêchette des Yungas (Glaucidium bolivianum) est très striée et vit dans la montagne. La chouette du Chaco (Strix chacoensis) a un plumage moins bariolé, avec moins d'ornements décoratifs, elle vit dans les milieux arides. Tous ces strigidés sont très difficiles à identifier.

Indications subspécifiques 13 Sous-espèces

  • Glaucidium brasilianum cactorum (s Arizona. USA. to Sonora to n Nayarit (w Mexico))
  • Glaucidium brasilianum intermedium (s Nayarit to Oaxaca. w Mexico.)
  • Glaucidium brasilianum ridgwayi (s Texas. sc USA. to w Panama)
  • Glaucidium brasilianum medianum (n Colombia)
  • Glaucidium brasilianum margaritae (Margarita I.. off Venezuela.)
  • Glaucidium brasilianum phaloenoides (n, e Venezuela, Trinidad and the Guianas)
  • Glaucidium brasilianum duidae (Mt. Duida. s Venezuela.)
  • Glaucidium brasilianum olivaceum (Auyán-Tepui. se Venezuela.)
  • Glaucidium brasilianum ucayalae (Amazonia)
  • Glaucidium brasilianum brasilianum (e Brazil to ne Argentina)
  • Glaucidium brasilianum pallens (e Bolivia, w Paraguay, n Argentina)
  • Glaucidium brasilianum stranecki (c Argentina to s Uruguay)
  • Glaucidium brasilianum tucumanum (w Argentina)

Noms étrangers

  • Ferruginous Pygmy Owl,
  • Mochuelo Caburé,
  • Caburé,
  • Strichelkauz,
  • rozsdás törpekuvik,
  • Braziliaanse Dwerguil,
  • Civettina tabaccata,
  • Rostsparvuggla,
  • Øgleugle,
  • kuvičok hrdzavý,
  • kulíšek brazilský,
  • Rustfarvet Spurveugle,
  • ruostevarpuspöllö,
  • mussolet ferruginós,
  • sóweczka kreskowana,
  • bērais apodziņš,
  • Рыжий воробьиный сыч,
  • アカスズメフクロウ,
  • 棕鸺鹠,
  • 赤褐鵂鶹,

Voix chant et cris

Chevêchette brune
adulte nuptial

Le chant des chevêchettes brunes est une série de longues notes régulièrement espacées, au rythme de 3 par seconde et avec une tonalité étonnante de cloche "poip poip poip poip poip" ou "poik poik oik oik oik...". Chaque phrase contient 20-30 notes et même parfois plus lorsque les oiseaux sont excités. Les femelles ont un chant identique, quoiqu'un peu plus aigu. Pendant les parades, les couples chantent de concert et la femelle produit un "trigigigick" en réponse à son partenaire. Dans les phases d'excitation, les 2 partenaires produisent des duos aux notes irrégulières.
Les femelles ont des note plus rapides et originales : "tijck tijck tijcktijcktijck". Le cri de reconnaissance par le mâle rappelle les sons d'un criquet "tsreep tsreep tsreep tsreep tsreep" qui est différent du roucoulement de la chevêchette australe. En préambule à l'accouplement, le mâle délivre des "ducky dooduck ducky ducky duck". En vol, on peut entendre des vols de contact. Les juvéniles bégayent et donnent des gasouillements métalliques lorsqu'ils s'envolent.

Habitat

Dans les zones tropicales et subtropicales, les chevêchettes fréquentent les forêts primaires et secondaires qui sont parsemées de clairières, de lisières, de cours d'eau boisés, de pâtures entremêlées de groupes d'arbres et de buissons.
On les trouve également dans les grands jardins qui possèdent des arbres parvenus à maturité et des buissons touffus. Habituellement, les chevêchettes brunes vivent en-dessous de 1 500 mètres. Elles ne pénètrent pas dans les montagnes ni dans les forêts de nuages. Elles préfèrent généralement les forêts sempervirentes et les parcelles semi-caduques dont le sous-bois se situe dans les plaines. Les chevêchettes sont très communes dans les forêts pluviales subtropicales de l'est du Brésil, de l'est du Paraguay et du nord-est de l'Argentine. Elles sont absentes des régions arides qui ont des cactus géants et arbustes épineux.
Les chevêchettes sont originaires de l'est du continent sud-américain. Elles occupent plus de la moitié de la superficie de ce dernier (plus de 14 millions de km carrés (Brésil dans son intégralité). Elles sont absentes de la cordillère des Andes, de la Patagonie et de la Terre de Feu.

Comportement traits de caractère

Les chevêchettes brunes sont partiellement diurnes. Il n'est pas rare de les apercevoir pendant la journée car ils aiment bien le chant des autres oiseaux qui les imitent. Il arrive qu'ils attaquent les plagieurs d'un vol plongeant.
Toutefois, la partie la plus importante de leur activité se déroule au crépuscule et à l'aube. Ils sont très vocaux au cours de longues nuits claires et calmes. Pendant la partie diurne, ces oiseaux se reposent à l'abri des feuillages des arbres et des buissons. Malgré cela, ils restent toujours attentifs et vigilants. Lorsqu'ils sont énervés, ils dressent leur queue et l'agitent d'un côté à l'autre. Quand on peut les apercevoir dans la journée, c'est qu'ils sont traqués et poursuivis par des bandes de petits oiseaux qui assurent une défense collective. Leur vol est ondulant et composé d'une alternance de glissades et de rapides battements d'ailes.
Au Venezuela, les chevêchettes sont considérées comme agressives vis à vis de petits passereaux. Elles les attaquent en pratiquant des embuscades dans lesquelles on peut remarquer toute leur belle agilité et leur grande manœuvrabilité. Certes, elles sont actives de jour, mais elles font preuve d'une plus grande habilité de nuit et elles se montrent impitoyables vis à vis de leurs victimes dès qu'elles les ont découvertes.

Alimentation mode et régime

Les chevêchettes brunes consomment des insectes, des oiseaux de petite taille, des petits vertébrés comme les souris qui composent la partie la plus importante du menu. Les oiseaux qui ont la dimension des merles à ventre clair ou des tourterelles oreillardes, semblent des proies très appréciées. Des corps décapités de ces 2 espèces sont fréquemment retrouvés dans des caches qui leur sert à stocker leur surplus pour l'hiver, dans des petits arbustes du centre de l'Argentine. Dans la province de Missiones, on entend souvent le cri de dissuasion des merles leucomèles. Bien que ces derniers soient un peu plus réduits que les merles à ventre clair, il est donc pratiquement certain qu'ils fassent partie de l'éventail de proies de la race nominale Brasilianum.
Les serres puissantes tendent à prouver que ces chevêchettes sont probablement capables de capturer des proies plus lourdes qu'elles. Dans les forêts et les zones boisées, ces chouettes chassent de l'étage moyen des arbres jusqu'au sol. Elles chassent souvent à partir d'un perchoir dissimulé dans le feuillage et dont elles jaillissent d'un vol plongeant.

Reproduction nidification

Les chevêchettes brunes sont territoriales pendant la plupart des mois de l'année. Le paroxysme dans l'activité vocale intervient généralement à la fin de l'hiver, soit à la mi-août et au mois de septembre. Dans les régions subtropicales, elle chantent en automne (mois d'avril). Sous les tropiques, elles se font entendre pratiquement à tous les mois. Le mâle signale l'emplacement du nid en chantant d'un perchoir qui n'en est pas très éloigné, il émet des pépiements tout en restant à proximité de la cavité. Peu de temps avant l'accouplement, le mâle délivre toute une série de sons bégayants et il passe devant le nid et la femelle en prenant une trajectoire glissée. La femelle assiste au spectacle en se tenant rigide avec la queue relativement droite. Après la copulation qui est ponctuée de gazouillements, le mâle s'éloigne en s'exprimant lourdement. Pendant la nidification, le femelle reste au nid toute la journée, quitte très rarement la cavité.
Les chevêchettes brunes utilisent toutes sortes de trous d'arbres, des nids abandonnés de pics ou de fourniers roux, des perforations dans des berges de rivière, des trous dans des murs et même des termitières ouvertes auxquelles il n'est rajouté aucuns matériaux. Le nid est placé à plutôt grande hauteur, mais occasionnellement il peut être situé bas, mois de 2 mètres au-dessus du sol dans un nid abandonné de pic à poitrine d'or. Certains autres nids de pics accueillent les pontes entre 5 et 6 mètres du sol.
Les chevêchettes brunes pondent 3 à 5 œufs blancs de 30 mm de longueur. Les 2 partenaires placent les œufs au fond de la cavité qu'ils grattent en commun. Le mâle est d'abord le plus actif pendant les rituels de la parade, parfois des copeaux de bois servent à tapisser la paroi. En Argentine, les période de ponte se situent à la fin de septembre ou en octobre. Elle est entièrement déposée en l'espace de 2 jours et elle est couvée de 24 à 27 jours. La femelle couve seule, elle est ravitaillée par son partenaire. Elle s'en empare dès qu'elle bénéficie d'un court moment pour faire une pause.
A la naissance, les poussins pèsent environ 4 grammes. Ils sont d'abord nourris par la femelle, puis le couple prend le relai pendant les 4 semaines que dure le séjour dans la cavité. Quand ils quittent le nid, les jeunes sont déjà aptes à voler sur une faible distance et ils restent à proximité de leur lieu de naissance dans le feuillage, gardant le contact avec les parents grâce à des pépiements métalliques. Ils atteignent leur maturité au printemps suivant.

Distribution

G. b. cactorum - sud des États-Unis (Arizona) et ouest du Mexique (jusqu'au Nayarit).
G. b. intermedium - ouest du Mexique, du sud de Nayarit jusqu'au sud d'Oaxaca.
G. b. ridgwayi - sud des Etats-Unis (Sud-Texas), Amérique Centrale, du Sud-Mexique au Panama.
G. b. medianum - nord de la Colombie.
G. b. margaritae - Margarita Island (nord du Venezuela).
G. b. phaloenoides - nord-est du Venezuela, Trinidad et les Guyanes.
G. b. duidae - Sud-Venezuela (mont Duida).
G. b. olivaceum - sud-est du Venezuela.
G. b. ucayalae Chapman, 1929 - Colombie Amazonienne, sud du Venezuela et du sud du Brésil au sud du Pérou et au nord de la Bolivie.
G. b. brasilianum , race nominale - nord-est du Brésil, sud et nord-est de l'Argentine et nord de l'Uruguay.
G. b. pallens - est de la Bolivie, ouest du Paraguay et nord de l'Argentine.
G. b. stranecki - centre de l'Argentine jusqu'au sud de l'Uruguay.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les chevêchettes brunes sont considérées comme localement communes dans toutes les sortes d'habitats qui forment leur territoire, du sud du Brésil au nord de l'Argentine. La destruction des forêts peut être considérée comme la raison majeure de leur déclin. Dans certaines régions, les chevêchettes pygmées, appelées localement "Caburé" sont capturées par les humains parce qu'une très vieille tradition promet que les plumes de ces oiseaux sont susceptibles d'apporter la chance, le succès et l'amour pour les personnes qui en possèdent. Pour cette raison, ces oiseaux sont maintenus en cage bien que le braconnage soit prohibé dans une grande majorité des pays. Du coup, peu de chevêchettes sont désormais victimes de ces superstitions.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 23/10/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net