Corbeau de Torres

Corvus orru - Torresian Crow

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Corvidés

  • Genre
    :

    Corvus

  • Espèce
    :

    orru

Descripteur

Bonaparte, 1850

Biométrie
  • Taille
    : 53 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 430 à 700 g
Distribution

Distribution

Description identification

Cet oiseau de moyenne taille se distingue par un bec massif, un court camail qui orne la gorge et une courte queue mal taillée qui est bien visible en vol. Chez la race nominale, la livrée semble entièrement noir brillant, excepté les plumes de la tête et du cou qui ont une base blanche. Les iris sont blancs, parfois bleu clair (en Papouasie Occidentale et dans le nord de la Nouvelle-Guinée). Le bec et les pattes sont noirs. Les sexes sont identiques.
Les juvéniles sont plus ternes que les adultes, mais ils présentent une bouche rose et des yeux gris-bleu à bruns. Les immatures ont des yeux bruns, virant à la couleur noisette. La race latirostris est similaire à la nominale sauf que le bec est un peu plus puissant et les yeux bleu pâle ou blancs. La race cecilae, qui vit en Australie, est une copie conforme de la nominale encore que les ailes et les rectrices soient légèrement plus longues.

Indications subspécifiques 3 Sous-espèces

  • Corvus orru orru (Moluccas, New Guinea, D'Entrecasteaux Arch. and Louisiade Arch.)
  • Corvus orru latirostris (e Lesser Sundas)
  • Corvus orru cecilae (w, c and n Australia)

Noms étrangers

  • Torresian Crow,
  • Cuervo de Torres,
  • Salvadorikrähe,
  • torresi varjú,
  • Australische Kraai,
  • Corvo di Torres,
  • Australkråka,
  • Australkråke,
  • vrana orru,
  • vrána australská,
  • Torreskrage,
  • savannivaris,
  • cornella de Torres,
  • wrona papuaska,
  • Австралийский ворон,
  • Gagak orru,
  • ミナミガラス,
  • 澳洲鸦,
  • 澳洲鴉,

Voix chant et cris

Le chant principal est une série de croassements saccadés, aigus, rapides et avec une légère nuance nasale. Parfois, les notes qui sont délivrées sont plus longues et plus rudes. Ce chant comprend variablement de 3 à 8 syllabes, les 3 dernières étant plus lentes et plus basses, l'ultime étant franchement descendante et très allongée. Les cris sont plus klaxonnants ou plus cornants que ceux du corbeau de Bennett. Le répertoire est complété par une sorte de yodel ou de tyrolienne aiguë, par un bouillonnement plus doux et par des notes gutturales simples.

Habitat

Les corbeaux de Torres fréquentent toutes sortes d'habitats terrestres situés à l'intérieur de leur aire de distribution, depuis les forêts pluviales de montagne (1 500 m d'altitude) jusqu'aux plages et aux vasières du littoral. Ces oiseaux sont souvent aperçus dans les lieux boisées et dans les habitats ouverts, sur les terres cultivées, dans les zones urbaines et dans les endroits ayant subi de nombreuses modifications tels que les savanes boisées où les humains ont construit leurs logements.
Dans les régions arides d'Australie, leur territoire est restreint aux boisements qui bordent les cours d'eau. Dans les régions désertiques, ils sont totalement absents et remplacés par les corbeaux de Bennett.

Comportement traits de caractère

Les corbeaux de Torres sont modérément sociables, ils forment des bandes de soixante à cent individus dans les endroits où les populations sont concentrées et les ressources abondantes. Ils tiennent compagnie aux corbeaux de Bennett dans les endroits favorables comme les décharges d'ordures, les abattoirs et les campements aborigènes. Dans les campings et les aires de pique-nique du nord de l'Australie, leur présence est désormais régulière car ces oiseaux sont devenus intrépides et ils ne craignent plus les menaces des humains.
Un des traits les plus remarquables de leur comportement consiste à lever et à battre les ailes dans une proportion qui est beaucoup plus importante que chez les autres corvidés. Ils procèdent à cette parade à 2 ou 3 reprises chaque fois qu'ils se perchent sur une tige. Cette attitude est encore plus fréquente de la part des mâles quand il veulent remercier ou saluer leur partenaire. Ils font alors trembler leurs ailes d'une manière totalement différente que celle des autres corbeaux.
Les corbeaux de Torres ne volent pas à une grande hauteur, leur trajectoire surmonte à peine le sommet des arbres. ils ne réalisent jamais de vols acrobatiques comme les corbeaux de Bennett.
Ils sont sédentaires dans les régions humides. Les immatures et les non-nicheurs forment des troupes mobiles de 20 à 150 individus qui, le soir venu, constituent des dortoirs communs.

Alimentation mode et régime

Les corbeaux de Torres ont un régime omnivore, ils mangent à peu près tous les objets comestibles qui se présentent, des plantes des fruits et des végétaux jusqu'aux insectes et plus particulièrement les coléoptères, les sauterelles et les papillons. Ils récupèrent toutes sortes de charognes le long des bords de mer et dans les vasières, et la plupart du temps des poissons morts. Une étude précise a permis de déterminer les différentes catégories d'aliments et leur taux de consommation : 31% de plantes, 26% de charogne et 43% d'insectes. Ils sont capables de se percher sur des tiges de céréales dressées qu'ils picorent sans ménagement. Dans certaines régions, ils provoquent des dommages importants dans les cultures, ce qui entraîne la rancune des agriculteurs. Quand les ressources sont vraiment nombreuses, ils sont connus pour procéder au stockage des denrées qui leur seront bien utiles pour passer l'hiver. Ils établissent leurs caches dans des grottes, sous le sol ou plus simplement ils enfouissent les restes sous la litière du sous-bois. Les corbeaux de Torres sont opportunistes, mais ils recherchent majoritairement leur nourriture sur le sol, dans des habitats clairsemés. Ils glanent ou arrachent leurs proies sur les feuillages. Ils patrouillent au bord des routes, dans les bergeries où ils s'en prennent aux agneaux malades ou mourants. Ils s'approchent sans hésiter des habitations et des décharges pour s'emparer des débris et des restes alimentaires.

Reproduction nidification

Les corbeaux de Torres sont des nicheurs solitaires. La saison de nidification s'étend de juin à septembre dans le nord-ouest de l'Australie, d'octobre à février dans le Queensland, en janvier dans la Nouvelle-Guinée, et en février mars dans l'archipel Bismarck. Le nid est une structure volumineuse construite avec des brindilles, il est toutefois moins solide que celui du corbeau australien. L'intérieur de la coupe est garni avec un mélange de crin animal et de fibres végétales. Il est placé en hauteur sur les branches extérieures ou sur la fourche d'un grand arbre.
La ponte comprend 2 à 5 œufs, couleur bleu-vert pâle ou blanchâtre qui sont faiblement marqués avec des taches ou des petites mouchetures brun-olive ou brunes. La femelle couve seule, mais les deux parents s'occupent des petits une fois qu'ils sont éclos.
Les nids des corbeaux de Torres sont régulièrement parasités par les coucous présageurs (Scythops novaehollandiae). Malgré cet inconvénient, le taux de réussite des couvées est très encourageant, atteignant souvent plus de 70%. Ces oiseaux atteignent leur maturité sexuelle et établissent leur première couvée vers l'âge de 2 ans.

Distribution

Ces grands corbeaux doivent leur appellation au détroit du même nom qui sépare la Nouvelle-Guinée de l'Australie. Dans la première nommée, ils vivent exclusivement le long du littoral et dans les îles avoisinantes. Sur le continent australien, près de 70% de leur aire sont situés au nord du Tropique du Capricorne. Il y a officiellement 3 races dont voici la liste et la localisation géographique :
C. o. orru - Moluques et Nouvelle-Guinée, y compris les archipels d'Entrecasteaux et de La Louisiade.
C. o. latirostris - Babar et Tanimbar Island (petites îles de la Sonde).
C. o. cecilae - ouest, centre et nord de l'Australie, y compris les îles situées au large.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Cette espèce n'est pas globalement menacée. Ils sont généralement répandus et communs, leur aire de distribution s'est agrandie avec le développement de l'agriculture mais aussi avec l'urbanisation. Les corbeaux de Torres ont un territoire d'environ 130 hectares. Dans les régions arides, ils sont moins grégaires et ils paraissent moins nombreux du fait de la taille plus réduite des bandes. Ces oiseaux s'adaptent très bien aux habitats légèrement modifiés. En cas de carence en ressources alimentaires, ils peuvent bénéficier d'un programme de mangeoires artificielles.
Leur relation avec les humains n'est pas très bonne, car il ont une réputation de fléaux dans les régions de vergers, de poulaillers et dans les périphéries urbaines. Ils sont donc persécutés par la chasse ou empoisonnés par les cultivateurs bien que ces actions soient totalement illégales, les corbeaux de Torres étant considérés comme une espèce protégée par la loi.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Corbeau de TorresFiche créée le 03/02/2016 par Daniel Le-Dantec © 1996-2018 Oiseaux.net