Gallinule de Tasmanie

Tribonyx mortierii - Tasmanian Nativehen

Systématique
  • Ordre
    :

    Gruiformes

  • Famille
    :

    Rallidés

  • Genre
    :

    Tribonyx

  • Espèce
    :

    mortierii

Descripteur

Du Bus de Gisignies, 1840

Biométrie
  • Taille
    : 51 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 1334 g
Distribution

Distribution

Description identification

La gallinule de Tasmanie est un gros rallidé trapu et incapable de voler. Elle a plutôt l'apparence d'un coq nain, avec une longue queue étroite, un bec et des pattes fortes. Elle est assez facile à observer car elle est active, bruyante, démonstrative et agressive. Elle marche en laissant tomber ses ailes le long du corps et en dressant légèrement la pointe de sa queue. Elle est aussi capable de courir rapidement en dressant la queue et levant les ailes écartées qui lui servent de balancier.
La capuchon jusqu'à l'arrière du cou ainsi que les parties supérieures varient du brun au brun-olive foncé, avec une nuance olive sur le manteau et verdâtre sur les scapulaires et les couvertures alaires. Les rémiges sont brun-noir avec une bordure olive. La queue est brun sombre. La partie extérieure des épaules et une grande majorité des ailes ont de petites marques blanches. Les côtés de la tête sont brun-olive, les côtés du cou vert-olive. Le menton et l'avant du cou sont grisâtres ou couleur plomb. La poitrine gris bleuâtre devient plus sombre sur le ventre et les sous-caudales. Les plumes des cuisses et des flancs sont gris pâle avec des petites terminaisons claires. L'iris est rouge, le bec jaune-olive. Les pattes et les pieds sont gris foncé. Les sexes sont identiques.
Les immatures ressemblent aux adultes, les juvéniles présentent un ensemble plus pâle et plus terne.
Le gallinule arborigène (G. ventralis) qui vit sur le subcontinent australien est bien plus petite, elle a des ailes plus allongées et une zone sombre autour de la base du bec, des taches blanches sur les côtés du ventre se poursuivant parfois sur les flancs.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Tasmanian Nativehen,
  • Gallineta Tasmania,
  • Frango-d'água-da-tasmânia,
  • Grünfuß-Pfuhlhuhn,
  • tasmán mocsárityúk,
  • Tasmaans Waterhoen,
  • Gallinella di Tasmania,
  • Tasmansk rörhöna,
  • Tasmansivhøne,
  • sliepočka tasmánska,
  • slípka tasmánská,
  • Tasmansk Rørhøne,
  • tasmanianliejukana,
  • polla de Tasmània,
  • kokoszka tasmańska,
  • Зеленоногая камышница,
  • シロボシオグロバン,
  • 绿水鸡,
  • 塔斯馬尼亞水雞,

Voix chant et cris

Gallinule de Tasmanie
adulte

Le cri caractéristique est un "see-saw" puissant, grinçant et agressif au moyen duquel les 2 partenaires se répondent mutuellement. On peut également entendre une grande variété de grognements et un cri en forme de cliquetis répété. Les cris d'alarme sont rudes et tranchants. Les cris qui sont poussés en cas d'attaque ou d'agression sont des hurlements bruyants. Les gallinules de Tasmanie s'expriment surtout à l'aube et au crépuscule. Elles sont aussi vocales pendant la nuit.

Habitat

Les gallinules de Tasmanie fréquentent les pâtures ouvertes, les prairies, les champs nouvellement semés de céréales et de légumes et les espaces récemment éclaircis à proximité des zones humides provisoires ou permanentes. Elles apprécient particulièrement les surfaces d'eau douce telles que les marais, les lacs, les barrages, les ruisseaux, les rivières et les cours d'eau. Elles évitent autant que possible les réservoirs d'eau saline.
Les prairies peuvent être légèrement boisées ou envahies parfois par des touffes de mauvaises herbes. Les zones humides ont fréquemment une épaisse couverture de joncs, de roseaux, de laîches, de touffes d'herbes et de fougères qui constituent un excellent endroit pour s'abriter et pour nicher. Occasionnellement, les gallinules de Tasmanie font une incursion dans les bois voisins, ou bien elles pénètrent dans les forêts qui longent des sentiers et ont d'abondantes clairières.
Elles peuvent être aperçues dans toutes sortes de terres agricoles, mais plus particulièrement dans celles qui pratiquent des cultures moins intensives. Dans le sud-ouest, elles marquent peu d'attirance pour les herbes en boutons (cyperacées), elles choisissent pendant toute l'année les pâtures qui ont des herbes courtes ou régulièrement broutées. Les gallinules de Tasmanie sont également dépendantes du gazon qui est bien entretenu par les espèces introduites comme les lapins, les moutons et le bétail. Elles nichent toujours à proximité des points d'eau.

Comportement traits de caractère

Les gallinules de Tasmanie sont des oiseaux assez sociaux. Ils se nourrissent à moins de 10 mètres les uns des autres, mais malgré cette grande proximité, il n'y a pas de véritables conflits à l'intérieur des groupes, bien qu'on y trouve quelques traces de hiérarchie.
Les affrontements finissent presque toujours sans blessures sérieuses et ils sont considérés comme terminés dès que l'un des 2 protagonistes s'accroupit dans une attitude de soumission.
Les oiseaux territoriaux agressent les intrus qui viennent se restaurer sur leur lieu de prédominance, ils se défendent avec énergie et collectivement contre les prédateurs.
La responsabilité de la défense du territoire est partagée par tous les membres du groupes et elle est plus importante pendant la période de reproduction. La détection des intrus est signalée par un cri en forme de cliquetis. Des chasses collectives sont parfois organisées et elles s'arrêtent à la limite du territoire par un caquètement bruyant.

Alimentation mode et régime

Les gallinules de Tasmanie se nourrissent principalement de graines et de feuilles provenant de graminées, de cyperacées (herbes à boutons), de fabacées et d'asteracées (palmiers). Elles consomment aussi des graines cultivées de céréales. La composition du menu varie considérablement selon la disponibilité des plantes.
Ces rallidés d'assez grande taille ingurgitent également un nombre limité d'insectes, comprenant des orthoptères, des coléoptères, des diptères, des lépidoptères adultes et des chenilles. Une étude réalisée sur un grand nombre de gésiers et d'estomacs ont permis de déterminer le détail du régime alimentaire : 93,8% d'herbes, 4,8% de graines et seulement 1,6% d'animaux et de matières organiques.

Reproduction nidification

Les gallinules de Tasmanie se reproduisent de juillet à janvier et plus particulièrement d'août à octobre. La saison de nidification est très nettement influencée par la chute des précipitations, car ces oiseaux sont très dépendants des pousses de jeunes plantes. Ces rallidés sont monogames ou polygames mais plus souvent polyandres. Pendant la période nuptiale, ils forment des rassemblements de 3 à 17 oiseaux. Les 3 à 5 adultes nicheurs qui forment le noyau central sont accompagnés d'un nombre variable de jeunes qui les assistent dans leurs tâches et qui sont âgés au maximum de 2 ans. Habituellement, l'unité reproductrice est formée d'un trio (2 mâles, 1 femelle), les duos de femelles sont extrêmement rares. Les liens conjugaux entre les différents adultes durent pendant toute leur vie. Tous les mâles sont autorisés à s'accoupler. Au sein d'une population, le taux de mâles est toujours plus élevé que celui de femelles. La tolérance et le fonctionnement du trio sont bons si les 2 mâles reproducteurs du groupe sont unis par des liens de parenté (excellents s'ils sont frères).
Le nid est une coupe volumineuse faite avec des herbes et des roseaux entremêlées, il est dissimulé dans un grand massif végétal constitué de joncs, de roseaux ou de petit arbres fruitiers, occasionnellement de chardons. Il est installé entre 10 et 120 cm au-dessus du sol ou au-dessus de l'eau, toujours sur la rive d'un cours d'eau, sur le bord d'un barrage ou d'une lagune. Plus de 20% des édifices sont creusés dans la berge d'un cours d'eau et le trou d'entrée est souvent caché par des tiges de plantes. Le nid est utilisé pour une seconde couvée.
La gallinule de Tasmanie construit également jusqu'à 7 nids qui servent pour le repos une fois que la couvée est éclose. Ceux-ci sont placés dans des endroits plus exposés, ils sont moins fragiles et plus volumineux que les nids de ponte.
La ponte contient 3 à 9 œufs, mais cela est très variable. Lors des années sèches, les nichées sont moins copieuses. C'est le contraire quand les géniteurs sont expérimentés ou quand ils se reproduisent en trio plutôt qu'en couple. Les œufs sont lisses et légèrement brillants, leur couleur varie du jaune-pierre terne au chamois-brun avec de petites mouchetures irrégulières. Tout le groupe des assistants adultes couve, mais les assistants adultes apportent aussi leur aide, aussi modeste soit-elle. La durée d'incubation est de 19 à 25 jours, les œufs éclosent régulièrement tous les 2 jours.
Les poussins sont précoces et nidifuges, ils quittent le nid 1 ou 2 jours après l'éclosion mais ils continuent à rester à la charge du groupe familial. Si le temps s'avère peu clément, ils peuvent rester dépendants jusqu'à l'âge de 4 à 5 semaines. Les oisillons deviennent indépendants du point de vue alimentaire au bout de 8 semaines. Jusqu'à cet âge-là, ils sollicitent leur pitance en émettant des grognements.
Les prédateurs des gallinules de Tasmanie sont les corbeaux des forêts, les faucons bruns, les faucons berigora et les busards tachetés. Les mammifères introduits provoquent également des dommages dans les nichées en s'attaquant aux œufs et aux oisillons.

Distribution

Comme son nom vernaculaire l'indique parfaitement, cette gallinule est endémique de Tasmanie où elle occupe les côtes nord et est de l'île. Elle a aussi été introduite dans l'île Maria, à quelques kilomètres au large de la côte sud. L'espèce est monotypique, c'est à dire qu'elle n'est pas divisée en sous-espèces.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après Barry Taylor, cette espèce n'est pas globalement menacée. Son statut n'a pas changé substantiellement au cours de la récente période. La construction de routes a ouvert de nouveaux corridors qui ont permis son expansion.
Implantée depuis 1969 à Maria Island, cette gallinule a commencé à s'y reproduire à partir de 1973. La gallinule de Tasmanie est absente de Flinders et de King Island. La modification de certaines structures pourrait représenter certains avantages, mais le drainage des zones humides a annulé tous les bénéfices qu'elle avait rapportés.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Gallinule de TasmanieFiche créée le 15/03/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2018 Oiseaux.net