Grand-duc africain

Bubo africanus - Spotted Eagle-Owl

Systématique
  • Ordre
    :

    Strigiformes

  • Famille
    :

    Strigidés

  • Genre
    :

    Bubo

  • Espèce
    :

    africanus

Descripteur

Temminck, 1821

Biométrie
  • Taille
    : 45 cm
  • Envergure
    : 100 à 140 cm.
  • Poids
    : 487 à 850 g
Longévité

12 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Chez les adultes de la race nominale, le disque facial varie de l'ocre pâle au blanc et est parcouru par de très fines barres sombres. Le bandeau qui entoure le disque facial est noirâtre. Les aigrettes qui surmontent la tête sont proéminentes et très souvent dressées. Les parties supérieures sont brun sombre avec des taches blanchâtres ou chamois clair, ce qui provoque un aspect moucheté, surtout sur le manteau. Les vexilles externes des scapulaires ont d'importantes zones blanches mais celles-ci ne forment par un trait continu sur l'épaule. Les rémiges et les rectrices sont barrées de clair et de sombre. Le menton est blanc.
Les parties inférieures sont blanchâtres avec de fines rayures foncées. Le haut de la poitrine affiche de nombreuses taches gris-brun. Le ventre est quasiment blanc uni, avec cependant quelques petites infiltrations de chamois clair. Les tarses emplumés sont blanc sale avec quelque petites barres brunes. Les orteils sont emplumés jusqu'au bout.
Chez cette espèce de grand-duc, il existe parfois une forme brune, avec un plumage majoritairement couleur terre.
Les poussins ont un duvet blanc. Le plumage intermédiaire avant de parvenir à l'âge adulte est finement barré de brun et de blanc.
Chez les adultes, les yeux sont jaune brillant, parfois jaune-orange. La cire est grise, le bec noir. L'extrémité des orteils est couleur corne et les griffes sont noirâtres. Les jeunes ont des iris jaune grisâtre.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Bubo africanus africanus (s DRCongo to c Kenya south to South Africa)
  • Bubo africanus milesi (s Arabian Pen.)

Noms étrangers

  • Spotted Eagle-Owl,
  • Búho Africano,
  • Bufo-malhado,
  • Fleckenuhu,
  • afrikai uhu,
  • Afrikaanse Oehoe,
  • Gufo reale macchiato,
  • Fläckuv,
  • Flekkhubro,
  • výr africký,
  • výr africký,
  • Plettet Hornugle,
  • täplähuuhkaja,
  • Gevlekte Ooruil,
  • duc africà,
  • puchacz plamisty,
  • punktainais ūpis,
  • Африканский филин,
  • アフリカワシミミズク,
  • 斑雕鸮,
  • 點斑鵰鴞,

Voix chant et cris

Le chant entier du mâle est une suite de 3 notes proches qui sont suivies, après une très courte pause, par un hululement un peu plus étiré et plus profond, ce qui donne "wûhuhu-whooooh". Ce chant est souvent précédé de plusieurs double-notes du genre "buo-hooh, buo-hooh". Le chant de la femelle est assez similaire, mais d'une tonalité plus haute. Pendant les duos, la voix de la femelle est si proche de celle de son partenaire qu'on a l'impression d'entendre un seul chanteur. Les deux partenaires sont également capables d'émettre des simples hululements à des volumes très différents, notamment quand ils sont alarmés. Dans certains cas, ils émettent aussi un simple "keeow" plaintif. Pendant la parade nuptiale, le mâle délivre des "hokok-hokokokok" rapides. Dans le même situation, la femelle répond par des cris bourdonnants et des notes gloussantes. Quand ils creusent la dépression qui va servir de nid ou lorsqu'ils s'occupent des oisillons, les gloussement sont très courants. Les poussins sollicitent leur nourriture par des "cheep" faibles. Lorsqu'ils sont un peu plus grands, ils produisent une sorte de cri ventriloquial et puissant qui donne l'impression d'une respiration difficile. Quand elle est au nid avec ses petits, la femelle délivre des sortes de ronronnements.

Habitat

Les grands-ducs africains fréquentent les zones boisées ouvertes ou semi-ouvertes pourvues de petits arbustes et de buissons. Ils aiment particulièrement les sols qui sont recouverts par une végétation clairsemée et les savanes qui possèdent de buissons épineux et des petits arbres épars. On les trouve également dans les collines rocailleuses dont les versants sont recouverts d'arbrisseaux et de broussailles. Parfois, comme c'est le cas dans le Kalahari, les grands-ducs africains ne dédaignent pas les semi-déserts. Par contre, ils évitent systématiquement les forêts denses. Ces oiseaux vivent du niveau de la mer jusqu'à 2 100 mètres d'altitude.

Comportement traits de caractère

Les grand-ducs africains ont une activité presque exclusivement nocturne, mais parfois ils se mettent en action juste avant le coucher du soleil. Pendant la journée, ils se reposent dans les arbres, dans les crevasses des rochers, à l'entrée des grottes, dans des endroits abrités sur les corniches des falaises, à terre sous des buissons et dans les hautes herbes, parfois dans des terriers de gros animaux. Dans les arbres, ils séjournent souvent près des troncs et ils adoptent un attitude très caractéristique, avec les plumes du corps très serrées et les aigrettes dressées. Leurs yeux sont à peine ouverts, ne laissant passer la lumière que par un faible entrebaillement. Quand ils fuient précipitemment, ils vont se percher dans un endoit relativement exposé dont ils sont vite chassés par les oiseaux diurnes. Le mâle et la femellese perchent parfois ensemble, ils entrechoquent leurs becs et se lissent souvent les plumes. Au crépuscule, les grands-ducs quittent leurs lieux de repos diurnes et rejoignent leur perchoir nocturne d'où ils peuvent chanter et surveiller les proies.

Alimentation mode et régime

Les grands-ducs africains consomment des gros insectes comme les coléoptères et d'autres arthropodes comme les termites, les araignées et les scorpions. Ils ingurgitent aussi des petits mammifères (musaraignes, rongeurs, écureuils terrestres, hérissons et jeunes lièvres) ainsi que des oiseaux qui vont jusqu'à la taille des sternes ou des faucons. Ils mangent aussi des reptiles qui constituent des proies très appréciées. En Afrique du Sud, le régime est composé de 67% d'invertébrés, 17% de mammifères et 14,5% d'oiseaux. Le reste est constitué de reptiles et de grenouilles. Les petits rongeurs, quand ils sont abondants, constituent des victimes de choix. Les grands-ducs africains consomment aussi parfois des charognes. Ils chassent à partir de perchoirs, plongeant et se laissant glisser sur leur proie. Parfois, ils surgissent rapidement dans les airs et tentent de capturer des oiseaux ou des insectes volants. Ils vont régulièrement aux points d'eau pour se désaltérer quand ceux-ci sont diponibles.

Reproduction nidification

Les grands-ducs africains établissent des liens conjugaux qui durent sans doute toute la vie. Le mâle, dont la gorge a une évidente couleur blanche, revendique son territoire par des chants réguliers. Le site occupé peut avoir des dimensions assez réduites. Souvent au Zimbabwe, sa superficie est inférieure à 6 kilomètres carrés. Des duos sont parfois entendus au début de la saison de nidification. Les parades nuptiales ne sont pas bien connues mais il semble qu'elles sont assez similaires à celles des autres grands-ducs. Le nid est un grattage succint effectué sur le sol, il peut être également situé entre des rochers, dans un endroit protégé sur la corniche d'une falaise, dans une cavité d'arbre ou sur une plate-forme abandonnée par un grand oiseau. Les colonies de républicains sociaux (Philetarius socius) sont même parfois appropriés comme lieux de ponte. Les grands-ducs africains utilisent parfois des trous dans les murs des bâtiments. Les nids terrestres sont installés dans les herbes, sous un buisson, sur une berge en légère pente. Le même site est utilisé pendant plusieurs années consécutives.
La ponte comprend 2 à 4 œufs de couleur blanche qui sont déposés à intervalles de 1 à 4 jours et qui mesurent environ 50 mm sur 40. En Afrique du Sud, la période de reproduction se déroule de juillet à octobre, pendant la saison sèche. Dans les autres parties du continent, les pontes ont lieu tout au long de l'année mais les périodes de sècheresse semblent être préférées. La femelle couve seule et elle est ravitaillée au nid par le mâle. Elle est très appliquée à sa tâche, ce qui ne l'empêche pas de quitter le nid 3 fois pendant la nuit pour des laps de temps qui durent de 6 à 28 minutes. L'incubation commence après la ponte du premier œuf et dure de 30 à 32 jours.
Les petits ouvrent les yeux au bout de 7 jours. Leurs yeux gris à l'origine deviennent progressivement jaunes. A l'âge de 15 jours, le plumage mesoptile commence à remplacer le duvet blanc. A partir de 4 semaines, les oisillons marchent et escaladent le contour du nid, adoptant des postures agressives et poussant des cris typiques de ceux adoptés par les autres hiboux. A 6 semaines, le plumage et le disque facial sont bien développés. La femelle s'occupe des petits avec attention pendant les 10 premiers jours, elle les nourrit principalement avec des petits mammifères et des petits oiseaux que le mâle lui rapporte. Après, les proies deviennent plus grandes et consistent principalement en des rongeurs et des oiseaux qui sont décapités. Le femelle participe avec le mâle à la défense du nid contre les intrus.
Au bout de 38 jours, même s'ils ne volent pas encore parfaitement, les petits commencent à quitter le nid. A 48 jours, ils acquièrent une bonne motricité mais ils continuent à rester dépendants des parents pendant encore 5 semaines . On ne sait pas exactement quand ils deviennnent totalement indépendants. Les jeunes grands-ducs obtiennent leur maturité sexuelle un an après leur envol.

Distribution

Comme leur nom l'indique bien, ces grands-ducs occupent le continent africain au sud du Sahara. Une sous-espèce réside également dans le sud de la péninsule arabique. 3 sous-espèces sont officiellement reconnues : B. a. africanus (de l'Ouganda, du Kenya et de la limite des forêts pluviales du Congo et du Gabon jusqu'au cap de Bonne-Espérance) - B. a. tanae (cours central et inférieur de la rivière Tana ainsi que les collines Lali dans le sud-est du Kenya) - B. a. milesi (sud de l'Arabie Saoudite jusqu'aux Emirats Arabes Unis et au sultanat d'Oman).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les grands-ducs africains sont répandus sur l'ensemble de leur aire de distribution. Localement, ils peuvent être très communs. Dans certaines régions, ils sont cependant en danger en raison de l'usage des pesticides, la prédation des nichées par les grands carnivores, la persécution par les humains et les incendies de broussailles. Ils sont également impliqués dans les collisions avec des véhicules et ils sont parfois victimes des clôtures de fil barbelé. D'après Birdlife, leur territoire mesure 19 millions de kilomètres carrés. L'espèce est classée comme de préoccupation moindre

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 01/05/2013 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net