Grand-duc d'Amérique

Bubo virginianus - Great Horned Owl

Systématique
  • Ordre
    :

    Strigiformes

  • Famille
    :

    Strigidés

  • Genre
    :

    Bubo

  • Espèce
    :

    virginianus

Descripteur

Gmelin, JF, 1788

Biométrie
  • Taille
    : 51 à 60 cm
  • Envergure
    : 134 à 152 cm.
  • Poids
    : 1000 à 1500 g
Longévité

20 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Ce grand et puissant hibou présente de longues aigrettes érectiles qui en font le rapace nocturne le plus remarquable des Amériques. Cet oiseau possède également de grands yeux jaunes et des serres emplumées particulièrement fortes. La femelle est plus grande que son partenaire, ceci est particulièrement visible au niveau du poids et de l'envergure. La coloration du plumage varie du gris clair au brun noirâtre. Les parties inférieures ont de grossières barres pâles et sombres. On peut apercevoir des taches foncées sur la poitrine. La tache blanche de la gorge est particulièrement mise en valeur lorsqu'elle est gonflée et qu'il s'exprime vocalement. Quelques signes distinctifs sont remarquables pour identifier plus nettement cet oiseau :
Le disque facial est brun-roux à chamois-ocre, avec une teinte plus pâle autour des yeux. Il est entouré de chaque côté par une large bande noire bien visible. Il n'y a pas de différence entre la couleur du capuchon et celle du manteau. Les scapulaires sont tachées extérieurement de blanc. Les rémiges et les rectrices ont des barres claires. Le dessous est plus pâle au niveau du ventre.
Chez les juvéniles, le mésoptile, qui est le plumage de transition entre le duvet et le plumage adulte, est plus clair. Les plumes sont plus duveteuses.
Les grands-ducs d'Amérique se distinguent des grands-ducs de Magellan par leur taille et leurs aigrettes plus grandes. Les hiboux striés, les hiboux maître-bois, les hiboux moyen-duc et les hiboux des marais sont également plus petits mais surtout ils se distinguent par leur répertoire vocal très dissemblable.

Indications subspécifiques 15 Sous-espèces

  • Bubo virginianus algistus (w Alaska)
  • Bubo virginianus lagophonus (c Alaska to ne Oregon, Idaho and nw Montana. USA.)
  • Bubo virginianus saturatus (coastal se Alaska to coastal n California. USA.)
  • Bubo virginianus pacificus (coastal c California. USA. to nw Baja California (Mexico))
  • Bubo virginianus subarcticus (wc Canada to n Idaho. USA.)
  • Bubo virginianus pallescens (sw USA to s Mexico)
  • Bubo virginianus pinorum (s Idaho to n Arizona and n New Mexico. USA.)
  • Bubo virginianus heterocnemis (ne Canada to the Great Lakes region)
  • Bubo virginianus virginianus (se Canada to c and e USA)
  • Bubo virginianus elachistus (s Baja California. Mexico.)
  • Bubo virginianus mayensis (Yucatán Pen.. se Mexico.)
  • Bubo virginianus mesembrinus (s Mexico to w Panama)
  • Bubo virginianus nigrescens (Colombia to nw Peru)
  • Bubo virginianus nacurutu (e Colombia through the Guianas to n, e Brazil, Argentina, Bolivia and c Peru)
  • Bubo virginianus deserti (ne Brazil. nc Bahia.)

Noms étrangers

  • Great Horned Owl,
  • Búho Americano,
  • Jacurutu,
  • Virginiauhu,
  • amerikai uhu,
  • Amerikaanse Oehoe,
  • Gufo reale della Virginia,
  • Virginiauv,
  • Amerikahubro,
  • výr bielobradý,
  • výr virginský,
  • Amerikansk Stor Hornugle,
  • amerikanhuuhkaja,
  • duc de Virgínia,
  • puchacz wirginijski,
  • Amerikas ūpis,
  • Виргинский филин,
  • アメリカワシミミズク,
  • 美洲雕鸮,
  • 大鵰鴞,

Voix chant et cris

Le chant du mâle est un "bu-bubu book book" profond et retentissant, il est répété à intervalle régulier de quelques secondes et il est parfois incomplet. Le chant de la femelle est assez semblable mais il a un rythme quelque peu variable, ce qui donne "bububu book".
Pendant la parade, le couple procède à des duos. Les deux partenaires émettent également des cris stridents. Lorsqu'il surveille le nid en période de couvée, qu'il veut marquer son territoire ou qu'il offre de la nourriture de façon rituelle, le mâle produit des sons gutturaux et gloussants. Les poussins réclament leur nourriture grâce à une série de cris rudes et discordants.

Habitat

Les grands-ducs d'Amérique fréquentent les paysages semi-ouverts pourvus de bosquets d'arbres. Ils apprécient aussi les zones boisées clairsemées, les broussailles ainsi que les endroits rocheux qui sont parsemés de bois et de buissons. Ils s'approchent des lotissements humains et ils pénètrent volontiers dans les grands parcs.
En certaines occasions, on peut les observer dans les semi-déserts rocailleux pourvus d'arbustes et de cactus. Dans certaines régions, ils grimpent jusqu'à 4 000 mètres et même plus. Par contre, ces puissants rapaces nocturnes évitent les forêts primaires denses et les forêts pluviales (ce qui correspond au noyau central de l'Amazone).

Comportement traits de caractère

Le grand-duc d'Amérique a une activité nocturne. Dans certaines régions, il commence à s'agiter en fin d'après-midi et il poursuit ses actions un peu après l'aube. Pendant la partie diurne de la journée, il se repose et adopte une position très rectiligne avec les aigrettes dressées et avec les yeux presque entièrement clos. Il se dissimule dans les feuillages denses des arbres ou des buissons, les crevasses de rochers, les trous de falaise ou les amas de branches enchevêtrées. Au crépuscule, il pousse quelques petits cris à partir de son perchoir et il rejoint une position plus habituelle d'où il délivre son chant du soir. Il a généralement plusieurs perchoirs qui servent de limites à son territoire.

Lorsqu'il chante, le mâle se penche légèrement en avant, de sorte que son corps est totalement horizontal, la queue déployée et les ailes un peu pendantes. La gorge est enflée comme une boule blanche en-dessous du bec. Au soir, la boule est très proéminente, indiquant généralement l'endroit d'où il délivre son chant. La femelle ne parade pas quand elle chante.
Les 2 partenaires font souvent preuve d'agressivité à l'arrivée d'intrus, spécialement quand ils ont des jeunes.
Le grand-duc d'Amérique doit généralement être classé comme sédentaire. Cependant, quand les hivers sont rudes et que la nourriture est rare, quelques oiseaux nordiques effectuent de courts déplacement (250 km) vers le sud.

Alimentation mode et régime

Les grands-ducs d'Amérique consomment des mammifères dont la taille est un peu plus petite que celle des lapins. Ils chassent aussi des oiseaux de la taille des canards, des oies, des hérons et des oiseaux de proie de moyenne dimension, parfois même d'autres prédateurs de la famille des strigidés. Ils apprécient aussi, les reptiles, les grenouilles, les araignées et les gros insectes.
Ils chassent particulièrement dans les milieux ouverts ou semi-ouverts, à la lisière des forêts ou dans les clairières et généralement à partir d'une perche d'où ils peuvent plonger vers le bas. Ils peuvent détecter des proies dans les airs et se laisser tomber pour les attraper. Ces grands-ducs achèvent leur victime en utilisant leurs serres puissantes et en les frappant plusieurs fois à la tête avec leur bec.
La proie est déplacée à un autre endroit pour être ingurgitée. Les proies qui sont en supplément sont stockées dans une cachette située à l'intérieur du territoire.

Reproduction nidification

Les grands-ducs d'Amérique se reproduisent en hiver lorsque les nuits sont longues. Après avoir marqué son territoire et en avoir délimité les frontières par arrangement avec ses proches voisins, le mâle prend contact avec sa partenaire qui est généralement la même que celle des années passées. Tous deux se mettent alors à chanter en duo pendant qu'ils accomplissent les parades.
Le mâle indique à sa compagne l'emplacement qu'il a trouvé pour le site en piétinant et en faisant le tour en marchant. Tout en se déplaçant ainsi, il pousse des cris gutturaux qu'il mêle avec de longues phrases. Parfois, le mâle choisit le même site pendant plusieurs années consécutives. Souvent, il utilise le nid abandonné d'un grand rapace, c'est à dire un grand tronc d'arbre dont les branches ont été élaguées pour en rendre l'accès difficile. Le grand-duc d'Amérique emploie aussi des corniches de falaises, des entrées de grottes ou un espace laissé à la base d'un tronc. Il niche également entre des rochers, dans un nid de héron au beau milieu d'une colonie de cette espèce.
La femelle dépose habituellement 2 œufs blancs de forme arrondie (jusqu'à 6 si les ressources sont abondantes). Ils mesurent 60 millimètres sur 50 et ils sont couvés de 23 à 25 jours. Pendant qu'elle incube, elle est ravitaillée par son complice qui lui apporte les aliments au nid. Si ces derniers sont rares, les œufs en surplus ne sont pas couvés et ils sont définitivement perdus.
A leur naissance, les petits sont recouverts d'un manteau de duvet blanchâtre. Ils restent au nid pendant 7 semaines mais ils sont incapables de voler avant environ 3 mois (11 à 12 semaines). Dans les régions de falaises, les chutes du nid sont assez nombreuses. Le nid est assez facilement repérable car les poussins sont bruyants quand ils réclament. A la fin de l'automne, ils se dispersent.
Les 2 parents peuvent être très agressifs, surtout au début de la saison, quand ils commencent à avoir des petits.

Distribution

Les grand-Ducs occupent un très vaste territoire sur le continent américain. D'après Birdlife, leur aire de distribution mesure approximativement les 25 millions de kilomètres carrés. En Amérique du Nord, il est présent quasiment dans toutes les régions, excepté le long des côtes extrême-nordiques, le territoire Nunavut et l'ouest du Labrador. En Amérique Centrale, il occupe tous les pays du Mexique au Panama. En Amérique du Sud, il est présent du Brésil au centre de l'Argentine. Par contre, il est quasi- introuvable sur le littoral du Pacifique, du centre des Andes au Pérou jusqu'à la Patagonie et la Terre de Feu. Les habitats forestiers de l'Amazonie constituent également un habitat inapproprié. On note officiellement 15 sous-espèces :

B. v. algistus - côte occidentale de l'Alaska (de Kotzebue jusqu'à Bristol Bay).
B. v. lagophonus - intérieur de l'Alaska, les montagnes du nord-est de l'Oregon et du Montana ; en Hiver migre vers le sud jusqu'au Texas.
B. v. saturatus - côte est, de l'Alaska au nord de la Californie.
B. v. pacificus - côte de Californie (excepté le nord) jusqu'à la Baja et l'extrême nord du Mexique.
B. v. elachistus - sud de la Baja Californienne
B. v. subarcticus- centre du Canada, débordant sur les États-Unis du moins dans le Wyoming et le Nord-Dakota.
B. v. pinorum - ouest des montagnes Rocheuses, de l'Idaho à l'Arizona et au Nouveau-Mexique.
B. v. pallescens - Centre-Californie (San Joaquin Valley) et les déserts de Californie qui vont jusqu'en Utah, au Kansas et en Arizona, au Nouveau-Mexique, au Texas (Guadalupe) , au sud jusqu'à Guerrero et Veracruz.
B. v. heterocnemis - est du Canada (Québec, Terre-Neuve et région des Grands Lacs).
B. v. virginianus - extrême sud-est du Canada (Nouvelle-Écosse et île du prince Edward) et est des États-Unis (du Minnesota à la Floride, en passant par le Kansas et le Texas).
B. v. mayensis- Peninsule du Yucatán.
B. v. mesembrinus - sud du Mexique (de Tehuantepec jusqu'à l'ouest du Panama).
B. v. nigrescens - Andes, de la Colombie jusqu'au nord-ouest du Pérou (Piura).
B. v. nacurutu - plaines du nord de l'est de la Colombie jusqu'aux Guyanes ; également Pérou et Bolivie en passant par le nord-est du Brésil, le sud et le centre de l'Argentine (Buenos Aires).
B. v. deserti- Est du Brésill (Nord-Centre de Bahia).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Bien qu'ils soient répandus ou localement communs, les grands-ducs d'Amérique doivent être considérés comme en danger dans certaines régions à cause de la transformation de leur habitat (notamment dans les zones agricoles). La persécution par les populations humaines et l'usage des pesticides sont aussi des causes de déclin. La circulation routière et la passage de lignes à haute tension représentent des raisons supplémentaires de mortalité.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 16/10/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net