Gymnogène d'Afrique

Polyboroides typus - African Harrier-Hawk

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Polyboroides

  • Espèce
    :

    typus

Descripteur

Smith, A, 1829

Biométrie
  • Taille
    : 65 cm
  • Envergure
    : 118 à 152 cm.
  • Poids
    : 635 à 950 g
Distribution

Distribution

Description identification

Cet assez grand rapace est reconnaissable à son allure dégingandée et à son port de tête assez particulier . Les deux sexes sont semblables mais séparables quand ils sont ensemble car la femelle mesure 3% de plus en taille et jusqu'à 26% de plus en poids. Les juvéniles sont distincts des parents et ils n'acquièrent leur plumage définitif qu'au bout de la 3ème année.

Les adultes sont majoritairement gris. Les scapulaires et les grandes couvertures sont tapissées de taches irrégulières noires qui sont plus développées chez la femelle. Les rémiges ont des extrémités noires et de fines pointes blanches. La queue noire est traversée par une large bande centrale blanche. L'abdomen et les cuisses sont nettement rayés de noir et de blanc. Dans la forme grise qui est extrêment rare, les barres sont plus ou moins remplacées par du gris. La face est recouverte par une zone de peau nue jaune. Cette dernière vire très facilement au rouge en cas d'excitation. Les adultes ont des iris brun sombre, des pattes et des pieds jaunes.

Chez les juvéniles, le dessus est brun sombre avec de vagues liserés rouges. La face est noirâtre et la queue porte des indications de barres. Les parties inférieures sont dimorphiques ou polymorphiques. Dans la phase sombre, le dessous est foncé avec des fines stries blanchâtres sur la poitrine et de vagues barres roussâtres sur le ventre. Dans la phase claire, le dessous varie du blanc au roux avec des motifs en forme de stries sombres sur la poitrine et de nettes barres sombres ou rouges sur l'abdomen. Il peut y avoir des différences individuelles considérables. Les juvéniles, contrairement aux adultes, ont une cire jaune verdâtre. Chez les immatures, le passage à l'âge adulte se fait sous 2 formes principales : soit ils acquièrent directement leur beau plumage gris grâce à la mue, soit ils passent au cours des 2ème et 3ème année par un plumage de transition qui est caractérisé par une teinte plus brun et par un nombre de barres plus important que chez les parents.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Polyboroides typus typus (Sudan to East Africa south to Angola and South Africa)
  • Polyboroides typus pectoralis (Senegal and Gambia to Gabon and the DRCongo)

Noms étrangers

  • African Harrier-Hawk,
  • Aguilucho-caricalvo Común,
  • Secretário-pequeno,
  • Madagaskarhöhlenweihe,
  • afrikai odúhéja,
  • Kaalkopkiekendief,
  • Gimnogene africano,
  • Afrikansk klätterhök,
  • Klatrehauk,
  • kutraňa dutinárka,
  • jestřábec pochopovitý,
  • Afrikansk Klatrehøg,
  • rosvohaukka,
  • Kaalwangvalk,
  • arpella d'antifaç africana,
  • owadożer palmowy,
  • Африканский лунёвый ястреб,
  • チュウヒダカ,
  • 非洲鬣鹰,
  • 獵鷹,

Voix chant et cris

Le gymnogène d'Afrique est généralement silencieux. Pendant la saison de nidification, son cri le plus courant est un "su-eeeee-oo" plaintif qui peut être délivré soit en version raccourcie soit en version double. Il est utilisé comme cri de reconnaissance, comme cri d'alarme ou pendant l'accouplement. Il peut avoir des intonations miaulantes ou sifflantes selon les circonstances. Le cri du mâle est toujours plus aigu que celui de la femelle. A proximité du nid, cet oiseau délivre des "hweep-hweep-hweep" particulièrement élevés.

Habitat

Les gymnogènes d'Afrique fréquentent une grande variété d'habitats, les zones boisées humides, les lisières et les clairières alors qu'ils montrent une plus grande réticence pour les boisements compacts et continus. On les trouve également dans les savanes arborées, dans les paysage de collines pourvues de ravins boisés et de versants escarpés, dans les galeries d'arbres qui longent les rivières et les lacs. Les gymnogènes s'adaptent volontiers aux zones partiellement déforestées et aux habitats modifiés par les hommes. Dans ces conditions, il n'est pas rare de pouvoir les observer dans les terres cultivées, les plantations d'eucalyptus ou de cocotiers. On peut même les trouver dans les eucalyptus à l'intérieur des villes. Ils acceptent également les buissons épineux aux abords des rivières boisées. Occasionnellement, ils vivent dans les gorges ombragées près des déserts. Les gymnogènes d'Afrique vivent du niveau de la mer jusqu'à 3000 mètres.

Comportement traits de caractère

Les gymnogènes vivent généralement en solitaire ou en couples. Les parades des mâles sont très caractéristiques : ils effectuent des vols circulaires lents, montant dans les airs avec des grands battements d'ailes puis redescendant par un bref plongeon. Si la femelle est aussi de la partie, il peut alors descendre vers elle. Cette dernière se retourne et lui présente brièvement les serres qu'il touche au passage. Pendant l'accouplement, la peau nue de la face vire bruquement au rouge puis redevient rapidement jaune. Il en est de même en d'autres occasions : quand les deux oiseaux se passent le relais pour couver ou quand les deux partenaires se rencontrent à proximité du nid.

Alimentation mode et régime

Le menu est très changeant. En Afrique Occidentale, les gymnogènes consomment des noix de palmier, un petit nombre de reptiles spécialement des lézards, de petits mammifères en particulier des rongeurs, des petits oiseaux ainsi que des coléoptères. En Afrique Orientale et en Afrique du sud, les oiseaux, leurs œufs et leurs petits constituent la base de l'alimentation. Le régime est complété avec des mammifères, des chauves-souris cavernicoles, des lézards, des amphibiens, des poissons échoués, toute une catégorie d'animaux peu mobiles et sans défense mais qui sont souvent inaccessibles aux autres prédateurs.
En Afrique Occidentale, les gymogènes ont un territoire de chasse qui peut atteindre 140 ou 150 hectares. Selon la catégorie de proie qu'il chasse, ce rapace peut utiliser différente méthodes : il peut planer lentement, voler avec des grands battements d'ailes, chasser à l'affût de perchoir en perchoir ou fouiller systématiquement les endroits qui sont suceptibles de lui apporter des ressources. Il peut prospecter dans les arbres, les facades de falaises, les avant-toits de maisons, à l'intérieur des colonies de tisserins, de martinets et de hérons. A terre, il inspecte avec attention tous les moindres recoins du sous-bois. Il est capable d'escalader le tronc des arbres en courant et en se servant de ses ailes comme d'un balancier. Son anatomie est parfaitement adaptée à son mode de recherche : sa tête très fine est capable de scruter à l'intérieur des crevasses et ses pattes étonnamment flexibles lui permettent de saisir les oiseaux ou les petit mammifères qui s'y dissimulent. Malgré son poids relativement important, il fait preuve d'une surprenante agilité et il est capable de s'accrocher à un nid de tisserin en se tenant la tête à l'envers.

Reproduction nidification

La saison de reproduction se déroule à des dates différentes selon les régions ; septembre-mars en Afrique Occidentale, tous les mois en Afrique Orientale (mais principalement octobre-janvier), septembre-mars en Zambie, et septembre-février en Afrique du Sud (rarement les autres mois). Le nid peut avoir une taille très différente : il mesure en effet de 50 à 100 centimètres de diamètre pour 20 à 30 centimètres de profondeur. L'intérieur est tapissé de feuilles vertes. Il est placé habituellement entre 10 et 21 mètres au-dessus du sol dans un palmier Borassus (Afrique Occidentale), dans un babobab, un eucalyptus, un euphorbia ou tout autre grand arbre. Il est généralement dissimulé dans le feuillage d'une branche latérale. Autres endroits possibles, la base d'un grand buisson, un arbre poussant dans une falaise, une cavité et plus rarement une corniche. La ponte comprend un ou 2 œufs qui sont couvés pendant approximativement 35 ou 36 jours. Le séjour au nid dure entre 6 et 8 semaines (45-55 jours). Il y a rarement plus d'un oisillon à l'envol.

Distribution

Comme leur nom le suggère, ces oiseaux sont originaires du continent africain au sud du Sahara. Leur aire de distribution couvre l'ensemble des pays du sud de la Mauritanie jusqu'au cap de Bonne-Espérance, excepté les zones désertiques comme en Namibie et au Botswana. Sur ce vaste territoire de plus de 14 millions de kilomètres carrés, on reconnaît officiellement 2 sous-espèces : P.t. typus (est du Soudan et Ethiopie, Afrique Orientale de l'est du Zaïre jusqu'à l'Afrique du Sud) - P.t. pectoralis (Afrique Occidentale jusqu'à l'est du Soudan, Afrique Equatoriale de l'ouest du Zaïre jusqu'au sud de l'Angola).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après Birdlife, la population globale des gymnogènes d'Afrique est estimée entre 100 000 et 1 million d'individus qui sont répartis sur plus de 10 millions de kilomètres carrés. La densité est assez variable selon les régions. En Afrique Occidentale, c'est un oiseau assez courant alors qu'en Afrique Orientale et dans les zones densément boisées du centre du continent, il est vraisemblablement plus rare ou plus clairsemé. Cette espèce ne subit aucune véritable menace, ne possède aucun prédateur et est capable de s'adapter aux habitats même fortement dégradés. Pour cette raison, elle est classée comme ne posant aucun souci majeur.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 30/04/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net