Kétoupa de Blakiston

Bubo blakistoni - Blakiston's Fish Owl

Systématique
  • Ordre
    :

    Strigiformes

  • Famille
    :

    Strigidés

  • Genre
    :

    Bubo

  • Espèce
    :

    blakistoni

Descripteur

Seebohm, 1884

Biométrie
  • Taille
    : 72 cm
  • Envergure
    : 180 à 190 cm.
  • Poids
    : 3000 à 3700 g
Distribution

Distribution

Description identification

Chez les adultes, le disque facial est brun fauve avec d'étroites stries noires. Aucune bordure distincte ne vient entourer ce disque facial. Une rangée de plumes rigides presque entièrement blanches orne le dessus des yeux, le front et la base du bec. Le menton est majoritairement blanc. Le reste de la tête et les parties supérieures sont bruns avec des stries en forme de trait sombre et des bordures de plumes chamois. L'arrière du cou porte des traces de barres. Le dos sur lequel le brun foncé est dominant paraît plus sombre. Le manteau affiche un aspect plus pâle avec des barres et des stries brunes. Les ailes sont brun sombre avec de nombreux motifs chamois jaunâtre. La queue porte 7 ou 8 barres jaune-crème sur un fond brun. Les plumes des parties inférieures sont chamois-brun clair avec une base grise. L'ensemble du dessous est strié de brun noirâtre avec de fines barres ondoyantes brun pâle. Les sous-caudales sont couleur crème avec quelques marques sombres. Les tarses sont emplumés mais les pattes grises sont nues. Les iris sont jaunâtres, le bec gris. Les serres sont corne foncé.
Les juvéniles ont un duvet blanc à leur naissance. Lorsque les plumes ont poussé, on peut apercevoir une tache brun sombre sur leur centre et une bordure blanche à l'extérieur, ce qui leur donne une apparence plus bigarrée que les adultes.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Bubo blakistoni doerriesi (ne China, se Siberia)
  • Bubo blakistoni blakistoni (Sakhalin and Kuril Is.. off se Siberia. , Hokkaido (n Japan))

Noms étrangers

  • Blakiston's Fish Owl,
  • Búho Manchú,
  • Bufo-pescador-de-blakistoni,
  • Riesenfischuhu,
  • óriás halászbagoly,
  • Blakistons Visuil,
  • Gufo pescatore di Blakiston,
  • Blakistons fiskuv,
  • Nordfiskeugle,
  • výr vodný,
  • výr Blakistonův,
  • Stor Fiskeugle,
  • äyriäishuuhkaja,
  • duc de Blakiston,
  • puchacz japoński,
  • lielais zivjūpis,
  • Рыбный филин,
  • シマフクロウ,
  • 毛腿渔鸮,
  • 毛腿漁鴞,

Voix chant et cris

Le kétoupa de Blakiston émet un chant profond et bref "boo-boo woo" ou "foo foroo". Des chants élaborés en duo ont également été entendus. Le cri d'appel et de reconnaissance du jeune est un trille étendu et mal articulé "pi-prrir-prrir". On n'en connaît pas plus.

Habitat

Les kétoupas de Blakiston fréquentent en priorité les forêts riveraines et les forêts primaires de conifères. On les trouve principalement le long des rivières et des cours d'eau qui ont un fort débit et qui ne sont jamais bloqués par les glaces même aux périodes les plus rudes de l'hiver. Dans la région de l'Oussouri, ils vivent dans les épaisses forêts mixtes de conifères et de feuillus à l'intérieur de plaines aux larges rivières. Les bouquets d'arbres sont souvent situés dans des petites îles au mileu de rivières dont le courant est rapide. Aux îles Kouriles, ces grands hiboux habitent les forêts denses de sapins et d'épicéas mêlés à quelques arbres à feuilles caduques en bordure de lacs, d'embouchures de rivières ou de côtes marines. Dans l'extrême nord, ils pêchent également le long des côtes rocheuses.

Comportement traits de caractère

En Mandchourie, les kétoupas de Blakiston chassent lorsque la nuit commence à tomber. D'après certaines observations, le long des affluents de l'Oussouri, ils sont aussi actifs aux dernières lueurs du jour que pendant la nuit, mais ces remarques sont valables pour la fin de la saison de nidification lorsque les jeunes sont encore au nid et que les nuits d'été sont relativement courtes. Contrairement aux autres hiboux, les kétoupas de Blakiston passent beaucoup de temps à terre, laissant des traces bien visibles sur le sol le long des berges des torrents. En hiver, les traces de pas sont relativement nombreuses près des trous qui sont pratiqués par les hommes dans la glace des rivières. Pendant la période hivernale, les kétoupas de Blakiston forment des petits groupes de 5 à 6 individus à proximité des courants rapides et des sources qui ne sont pas prises par les glaces.

Alimentation mode et régime

Les kétoupas de Blakiston se nourrissent principalement de poissons. Parfois ceux-ci peuvent avoir une taille considérable. L'inventaire comprend des brochets de l'Amour, des poissons-chats, des barbots, des truites, des saumons mais aussi des écrevisses (Astacus schrenkii). Ces oiseaux consomment également des grenouilles qui sont souvent capturées en grande quantité pour être données aux jeunes. En hiver, les kétoupas de Blakiston chassent les mammifères qui peuvent atteindre la taille d'un lièvre, d'une martre ou d'un petit chien. Ils capturent leurs proies en pénétrant dans l'eau, en pataugeant dans l'eau peu profonde et en marquant une pause avant de bondir sur leur victime. Les ketoupas de Blakiston saisissent aussi quelquefois leurs proies à la manière des pygargues.

Reproduction nidification

Les kétoupas de Blakiston ne nichent pas systématiquement tous les ans. Si les ressources en nourriture sont insuffisantes ou si les conditions climatiques sont trop rudes, ces oiseaux préfèrent faire l'impasse sur la reproduction plutôt que de voir leurs nichées détruites. Les années où les conditions sont jugées satisfaisantes, la ponte commence dès le mois de mars, quand le sol et les arbres sont encore recouverts de neige. Aux îles Kouriles, on peut trouver des jeunes hiboux dès le mois d'avril. Le long des affluents de l'Oussouri, ces hiboux installent leur nid dans des cavités naturelles d'arbres, en général des peupliers ou des frênes de Mandchourie du genre Fraxinus. Ce dernier est placé habituellement à un hauteur qui varie de 16 à 18 mètres au-dessus du sol, mais parfois aussi dans un arbre tombé ou alors résolument à terre. Les trous d'arbres utilisés sont généralement très larges et spacieux.

La ponte comprend en moyenne 2 œufs, similaires en couleur et en taille à ceux des grands-ducs du genre Bubo. Ils sont entièrement blancs, mesurent au maximum 62 millimètres sur 50. Les mâles se chargent d'apporter le ravitaillement à la femelle qui couve. Cette dernière incube seule pendant près de 35 jours. Après l'éclosion, elle ne reçoit pratiquement aucune aide de la part de son partenaire en ce qui concerne l'éducation et le soin des jeunes. Les oisillons quittent le nid au bout de 35 à 40 jours mais ils restent dépendants des parents pour la nourriture pendant encore quelques mois.

Distribution

Les kétoupas de Blakiston sont originaires du nord-est du continent asiatique. Leur aire de distribution couvre la Sibérie Orientale de Vladivostock jusqu'à Sakhaline en longeant les côtes de la mer d'Okhotsk, elle se poursuit en direction de l'ouest presque jusqu'au lac Baïkal. Dans le sud, ces hiboux occupent les régions montagneuses de l'ouest et du nord-ouest de la Mandchourie, poussent vers le sud jusqu'à la limite de la péninsule coréenne et le Heilongjiang en Chine. Les kétoupas de Blakiston sont également présents à Hokkaïdo et dans les îles les plus méridionales de l'archipel des Kouriles. On reconnaît officiellement 2 sous-espèces : B.b. blakistoni, la race nominale (Sakhaline, Hokkaïdo, îles Kouriles) - B.b. doerriesi (sud-est de la Sibérie de Vladivostock à la limite de la péninsule coréenne, Ouest Mandchourie, nord-est de la Chine).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Cette espèce est rare et son avenir est gravement menacé. La population globale ne dépasse pas quelques centaines d'individus en Sibérie, y compris Sakhaline et les Kouriles. Il y a vraisemblablement moins de 50 couples à Hokkaïdo. On n'a pas trouvé plus de 30 oiseaux le long de 350 km de rivières en Mandchourie. En Sibérie, ces oiseaux sont concentrés aux abords des trous d'aération pratiqués dans la glace, ce qui les rend extrêmement vulnérables vis-à-vis des pêcheurs, des chasseurs et des collecteurs de fourrure. Des mesures de protection, tels que l'installation de nichoirs, ont été mis en place et on commence à apercevoir les premiers signes encourageants de cette politique sous la forme d'une croissance assez récente de la population.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 24/08/2010 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net