Méliphage régent

Anthochaera phrygia - Regent Honeyeater

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Méliphagidés

  • Genre
    :

    Anthochaera

  • Espèce
    :

    phrygia

Descripteur

Shaw, 1794

Biométrie
  • Taille
    : 24 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 33 à 45.5 g
Distribution

Distribution

Description identification

Chez ce méliphage de taille moyenne, le caractère distinctif qui se remarque à première vue est son bec massif et plutôt recourbé. Le mâle présente un plumage majoritairement noir, avec une tache de peau nue jaune très développée sur le pourtour des yeux et sur les lores. Les parties supérieures, excepté le haut du manteau, sont recouvertes d'abondantes écailles blanches, les ailes noires sont ornées d'écailles jaune pâle au niveau des couvertures. Il y a 3 taches jaunes bien évidentes : la première sur les couvertures primaires, la suivante sur les secondaires et la dernière sur les primaires externes. Le dessus de la queue est noir, avec des bordures et une pointe jaunes. La poitrine et le haut du ventre sont noirs, avec des chevrons jaune clair ou blanchâtres. Ces ornements sont discrets et clairsemés sur le haut de la poitrine mais ils se transforment en grosses écailles claires sur le haut du ventre. Le reste de l'abdomen est jaune. Les sous-alaires sont brunes avec des liserés jaunes sur les couvertures et les rémiges. Le dessous de la queue est majoritairement jaune.
En ce qui concerne les parties nues, les iris sont brun-rouge foncé, le bec est noir, la base de la mandibule inférieure est gris-brun, le pourtour de la bouche est souvent de couleur brune ou chair. Les pattes sont corne sur le devant et rosâtres à l'arrière.
La femelle a un plumage identique à celui du mâle, mais elle est plus petite, plus terne avec un manteau entièrement noir. La poitrine est abondamment mouchetée de jaune et pas aussi noire que chez le mâle. La caroncule faciale est moins développée.
Les juvéniles sont plus ternes que les adultes, la peau nue faciale varie du gris au bleu-gris. Ils se reconnaissent par les fines mouchetures sur les couvertures auriculaires et sur le croupion. Le bec, initialement jaune-orange avec une pointe brune, devient de plus en plus brun au fur et à mesure qu'il va vers la maturité. Les immatures ressemblent aux femelles mais en plus terne. Les rémiges, les rectrices et certaines couvertures alaires sont des réminiscences de la période infantile.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Regent Honeyeater,
  • Mielero regente,
  • Melífago-regente,
  • Warzenhonigfresser,
  • kockás mézevő,
  • Geschubde Honingeter,
  • Succiamiele del reggente,
  • Rödkindad honungsfågel,
  • Regenthonningeter,
  • medárik kováčsky,
  • medosavka žlutočerná,
  • Kongehonningæder,
  • kirjomesikko,
  • menjamel regent,
  • koralicowiec królewski,
  • Бородавчатый медосос,
  • キガオミツスイ,
  • 王吸蜜鸟,
  • 王吸蜜鳥,

Voix chant et cris

Le matin, les Méliphages régents commencent à chanter 15 minutes avant les autres espèces. Dans les Nouvelles-Galles, ils sont extrêmement vocaux jusqu'au début de l'incubation, s'exprimant de moins en moins au fur et à mesure que la reproduction progresse. Dans le nord-est, ils s'expriment peu pendant la reproduction mais ils se rattrapent et ils compensent quand ils sont en bande en dehors de la saison. Le chant est caractéristique, il sert de contact et il consiste en un mélange assez compliqué de sonneries profondes, de notes qui enflent, de bruits inarticulés et légèrement trillés. Il est répété à 2 ou 3 reprises et il a parfois une qualité bourdonnante. Le volume et les temps de pause sont variables. Des claquements de bec sont parfois intégrés dans le chant.
Le Méliphage régent possède un vaste répertoire de cris ou de sons simples qui correspondent à de nombreuses situations comportementales : d'harmonieuses sonneries de cloches "ding, ding, ding", de rudes aboiements "chak" pour dissuader les intrus qui s'approchent des poussins. Ils sont capables d'imiter les cris des autres méliphagidés quand ils s'associent avec eux en dehors de la saison de nidification. L'imitation est généralement très bien réussie mais elle est plus calme et plus posée. Voici la liste des espèces imitées : Méliphage à barbe rouge, Méliphage à gouttelettes, Poliochon criard et à menton jaune, Loriot sagittal, Pitohui gris et Pomatostome bridé.

Habitat

Les Méliphages régents préfèrent généralement les forêts d'eucalyptus adaptées à la sècheresse. Ce type de boisement est connu en Australie et plus particulièrement dans le sud-est où il est circonscrit sous le nom "ironbark" en raison de son écorce sombre et épaisse. Cet écosystème est très important pour la survie de nombreuses espèces car il produit du nectar et du pollen pendant toute l'année. Il se développe sur des terrains plats ou légèrement accidentés, sur des versants de collines situés entre 150 et 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, à proximité de ruisseaux ou dans des vallées creusées par des rivières. Il reçoit 800 mm de précipitations annuelles au maximum.
Les Méliphages régents fréquentent également les savanes arborées et les terres agricoles qui possèdent des lambeaux de forêt originelle plus ou moins importants. On les trouve plus rarement dans les zones boisées qui bordent les rivières, sauf pendant les périodes de reproduction car les pins australiens (Casuarina cunninghammiana) qui dominent ce genre d'habitat sont pourvus de grosse touffes de gui et jouent un rôle important pour l'hébergement des nids.
Les Méliphages régents visitent occasionnellement les zones urbaines, dans les parcs et les jardins où il reste quelques eucalyptus. Ils pénètrent également dans les vergers mais ils ont tendance à délaisser les broussailles composées d'arbres à thé (leptsospermum) et les zones de mallee.

Comportement traits de caractère

Lorsque le nectar est abondant, le régime du méliphage est presque uniquement composé de cette denrée, alors que quand il devient rare, le menu se diversifie avec l'apport d'insectes et de substances végétales. Le pourcentage de répartition des activités est assez équilibré. Dans les Nouvelles-Galles du Sud, ces oiseaux passent autant de temps à se nourrir le matin, à midi et en soirée. Dans certains sites cependant, le temps consacré à la cueillette du nectar est très important et peut représenter un pourcentage qui va jusqu'à près de 80%.
Les Méliphages régents sont bruyants et agressifs quand ils forment des rassemblements pour se nourrir. Les bandes peuvent comprendre de 3 à 50 individus mais elles sont de plus en plus réduites depuis que l'espèce a marqué un net déclin. Ces oiseaux s'associent parfois à d'autres méliphages du genre Anthochaera comme les barbes-rouges (A. Caronculata) bien qu'ils préfèrent tout de même prospecter dans des arbres séparés. Ils procèdent à une défense sélective des lieux où ils sont prédominants, ils ne sont pas territoriaux pendant toute l'année.
Les Méliphages régents sont nomadiques, ils ont des déplacements réduits en réponse à la floraison des eucalyptus. Ils se déplacent parfois avec les Poliochons criards (Philemon coorniculatus) et ils accomplissent des trajets relativement brefs (au maximum 200 km).

Alimentationmode et régime

Les Méliphages régents mangent surtout du nectar, des arthropodes, des insectes et des exsudats de plantes, comme des sécrétions cireuses et de la miellée. Parfois, ils ingurgitent aussi des fruits. Ils cherchent leur nourriture dans la couronne des arbres, principalement des eucalyptus, rarement à des étages inférieurs. Ils s"aventurent parfois dans les sous-bois de broussailles mais ils évitent de venir à terre. Le nectar est récolté en fouillant dans les fleurs, les insectes sont capturés au cour de poursuites aériennes, les substances miéliques sont prélevées sur les feuilles, ou sur l'écorce des troncs ou bien des branches.

Reproduction nidification

La saison de nidification se déroule principalement de septembre à novembre, mais les nids sont visibles à tous les mois de l'année excepté en avril. Dans la vallée de Calpertee, dans les Nouvelles-Galles, la reproduction peut commencer en août et ne s'achever qu'en décembre. Dans l'état de Victoria, la période où les pontes battent leur plein est variable car elles dépendent étroitement de la floraison des eucalyptus référents et des touffes de gui. La motivation est également différente selon les années. Que la couvée soit réussie ou qu'elle échoue, les Méliphages régents n'entreprennent pas de seconde couvée ou de nichée de substitution, à moins que les conditions locales ne soient vraiment exceptionnelles.
Ces oiseaux nichent en couple isolé, sauf dans la vallée de Calpertee où les populations nidificatrices sont vraiment plus denses qu'ailleurs. La construction du nid, une structure ouverte en forme de coupe, demande 4 à 9 jours. C'est le travail exclusif de la femelle qui collecte les matériaux et se charge de l'architecture. Le mâle joue le rôle de sentinelle à proximité du site.
Le nid aux murs épais est une combinaison de flocons d'écorce, de grossières herbes sèches, d'aiguilles de pins et de fines brindilles. Tous ces éléments sont reliés avec des toiles d'araignée et des cocons. La garniture se compose de lanières d'écorce, de radicelles, de laine et de crins. Le diamètre extérieur mesure environ 12 centimètres, la profondeur en mesure 6.
Le nid est placé entre 1 et 30 mètres au-dessus du sol, généralement sur une fourche d'eucalyptus ou de pin proche de la cime. Parfois, il est dissimulé dans une touffe de gui, parfois, il est très proche du sol dans un jeune arbre ou dans un arbuste. Des structures artificielles comme les poteaux de clôtures sont également utilisées. Il arrive que des nids abandonnés de Gralline pie soient également occupés.
La femelle dépose 2 ou 3 œufs qu'elle couve pendant 13 à 15 jours. Une fois éclos, les oisillons sont nourris par les 2 parents à égale proportion. De temps à autre, les mâles participent plus. Les jeunes restent au nid en moyenne pendant 16 jours. Si le climat est humide, le temps du séjour au nid est prolongé jusqu'à 21 jours. Les jeunes restent dépendants des parents du point de vue alimentaire durant encore 2 semaines après l'envol. Ils deviennent totalement indépendants, une fois qu'ils ont atteint l'âge de 4 semaines.

Distribution

Les Méliphages régents sont des oiseaux endémiques d'Australie. Leur aire de distribution couvre exclusivement le sud-est du continent, dans l'extrême sud-est du Queensland, la quasi totalité des Nouvelles-Galles du Sud et le nord-est de Victoria. Ils ont presque disparu de l'Australie Méridionale et de la région d'Adelaïde. L'espèce est considérée comme monotypique.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Dans un passé assez récent, la population nicheuse était estimée à 1 500 oiseaux, ce qui correspond à une population globale d'environ 2 300 individus quand on rajoute les non-nicheurs et les juvéniles. De nos jours (dernier recensement de 2010), après un rapide déclin, les effectifs comprennent 350 à 400 individus matures, ce qui fait que cet oiseau est considéré comme en DANGER CRITIQUE. Trois causes principales expliquent la disparition de près de 80% de la population au cours des 24 dernières années : en tout premier lieu la sècheresse ou la très grand aridité, la détérioration de l'habitat et l'éclaircissement des zones boisées pour promouvoir l'agriculture ainsi que la concurrence alimentaire avec les autres espèces, notamment le Méliphage bruyant.
De sévères mesures de conservation sont donc prises pour essayer de préserver cette espèce : diminution du pâturage et de l'abattage des arbres dans certains endroits-clés, réimplantation d'habitats boisés avec des espèces qui conviennent (Eucalyptus albens, Eucalyptus sideroxylon et leucoxylon) et qui sont connus pour produire du nectar pendant toute l'année. Des oiseaux élevés en captivité ont été relâchés dans certaines réserves protégées bien ciblées. Un programme d'analyse a été mis en place pour éviter le transfert des maladies des populations captives aux populations vivant dans le milieu naturel.
Comme si cela ne suffisait, une liste de tâches a été programmé pou les années futures, au rang desquelles il faut noter la surveillance des mouvements migratoires et la limitation pour les humains à l'accès des sites de reproduction connus.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Méliphage régentFiche créée le 14/02/2016 par
publiée le - modifiée le 2016-02-15 09:01:14 © 1996-2019 Oiseaux.net