Pic à tête rouge

Melanerpes erythrocephalus - Red-headed Woodpecker

Systématique
  • Ordre
    :

    Piciformes

  • Famille
    :

    Picidés

  • Genre
    :

    Melanerpes

  • Espèce
    :

    erythrocephalus

Descripteur

Linnaeus, 1758

Biométrie
  • Taille
    : 24 cm
  • Envergure
    : 42 cm.
  • Poids
    : 56 à 97 g
Longévité

9 ans

Distribution

Distribution

Description de la famille

Les picidés sont des oiseaux de la taille d'un moineau à celle d'une corneille. Ils sont adaptés morphologiquement à la vie arboricole. Leurs pattes solides sont pourvues de quatre longs doigts (rarement trois) terminés de griffes puissantes, deux tournés vers l'avant et deux vers l'arrière, ... lire la suite

Description identification

Les deux sexes ont un plumage identique. La femelle est légèrement plus petite que le mâle. La tête entière, le cou, la gorge et la partie supérieure de la poitrine forment un ensemble rouge éclatant. Les plumes du haut de la poitrine ont une terminaison noire, formant une ligne de démarcation avec le reste des parties inférieures qui sont claires. Le manteau et le haut du dos ont une teinte bleu-noir luisant qui contraste avec le bas du dos, le croupion et les sus-caudales blancs. La partie blanche du bas du dos est souvent recouverte de vagues petites stries sombres. Les couvertures alaires sont bleu-noir luisant. Les primaires et l'extérieur des secondaires sont bruns. L'intérieur des secondaires et les tertiaires sont blancs, formant une large barre alaire bien visible en vol comme au repos. Le dessus de la queue est brun noirâtre, légèrement lustré de bleu et avec de fines terminaisons blanches sur les rectrices extérieures. La poitrine et le ventre sont blancs, avec un lavis jaunâtre terne à rougeâtre de variable intensité. Les sous caudales sont blanches ou crème Le dessous des ailes est noir et blanc. Le bec est gris-bleu, devenant plus clair près de la base. Les pattes et les pieds sont gris-olive, les iris bruns.
Les juvéniles ont des motifs identiques à ceux des adultes mais la coloration du plumage est différente et il y a plus de variations entre les individus. Le dessus et les côtés de la tête sont gris-brun avec des stries plus foncées. Le menton et la gorge sont blanc grisâtre avec des stries brunes bien évidentes. Le manteau, les scapulaires et le dos sont barrés de brun-noir et de blanc grisâtre. Les parties inférieures blanches sont barrées de brun foncé sur les flancs. Les juvéniles acquièrent leur plumage adulte par mues successives au cours de l'automne et de l'hiver. Parvenus au mois de décembre, la plupart affichent une belle tête rouge, un dessus presque sans stries et un dos bleu-noir.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Red-headed Woodpecker,
  • Carpintero Cabecirrojo,
  • Pica-pau-de-cabeça-vermelha,
  • Rotkopfspecht,
  • vörösfejű küllő,
  • Красноголовый меланерпес,
  • 红头啄木鸟,
  • Roodkopspecht,
  • Picchio testarossa,
  • Rödhuvad hackspett,
  • Rødhodespett,
  • dzięciur krasnogłowy,
  • tesárik červenohlavý,
  • datel červenohlavý,
  • Rødhovedet Spætte,
  • punapäätikka,
  • ,
  • ズアカキツツキ,

Voix chant et cris

Pic à tête rouge
adulte transition

Le pic à tête rouge a un répertoire de cris très étendu. Des "quirr" agressifs peuvent être entendus toute l'année en séries de 5 à 7 notes. Ils peuvent être émis lors de rencontre avec d'autres espèces ou avant l'accouplement. Pendant la période de nidification, ils sont probablement produits comme signaux de reconnaissance ou moyens de communication entre membres d'un couple. La première note est alors plus élevée et le cri peut être retranscrit comme un "kwi-urr". Le pic à tête rouge tambourine de façon faible et brève, au rythme de 20 à 25 coups par seconde. Des petits coups de bec mutuels tapés par des oiseaux situés à l'intérieur et à l'extérieur de la cavité sont vraiment typiques de l'espèce.

Habitat

Les pics à tête rouge fréquentent principalement les vieilles forêts de plaine avec suffisamment d'arbres morts et un sous-bois relativement clairsemé. Ils ont besoin de vieux arbres pour la nidification, d'espaces ouverts pour la chasse aérienne et d'un accès au sol pour y rechercher leur nourriture. Les pics à tête rouge occupent également une grande variété d'autres habitats : savanes arborescentes, boisements épars, rideaux d'arbres le long de cours d'eaux, forêts de pins, villages, périphérie des villes et terres agricoles. Il existe des préférences régionales peu marquées : dans l'est, les pics à tête rouge s'installent dans de vieilles parcelles constituées de grands arbres matures à l'intérieur de terres agricoles ou à proximité des banlieues. Plus au sud, ils fréquentent plutôt les clairières avec de nombreuses souches de bois mort. Les pics à tête rouge occupent des forêts moins denses avec des sous-bois moins fournis que les pics à ventre roux. Quand ils cohabitent avec des pics de Lewis, ils laissent à ces derniers la jouissance des terres agricoles et des lisières, réservant pour leur propre usage les boisements en bordure des rivières et les clairières.

Comportement traits de caractère

Les pics à tête rouge sont des oiseaux solitaires et territoriaux. Lorsqu'ils recherchent leur nourriture, on les trouve principalement dans les branches hautes des feuillus ou des arbres morts, à des hauteurs qui varient en moyenne de 12 à 18 mètres au-dessus du sol. Ils visitent en particulier les ramures moyennes, celles qui mesurent entre 5 et 30 cm de diamètre. Les branches mortes constituent entre 30 et 65% des endroits visités. Les pics à tête rouge descendent aussi régulièrement à terre. Le pic à tête rouge utilise une grande variété de techniques de nourrissage. En période de nidification, les poursuites aériennes des insectes volants et les glanages sont les plus souvent usités alors qu'en hiver, il creusent plutôt des trous dans les branches pour y déloger des proies. Comme de nombreux autres pics, ces oiseaux constituent des gardes-mangers pour l'hiver. Ils insèrent dans les crevasses de l'écorce, des gros insectes, des faines, des glands, des céréales et des morceaux de noix qu'ils découpent ou qu'ils fractionnent de façon à ce qu'ils s'adaptent à la taille de la cachette. Ces réserves de nourriture sont surveillées avec vigilance contre d'éventuels intrus. Elles sont parfois scellées avec des petits bouts de bois.

Les rituels utilisés dans les parades sont assez caractéristiques des pics. Ils sont surtout composés de petites révérences et de salutations qui sont faites lors de rencontres. Dans les rencontres où les protagonistes sont situés à faible distance, les plumes des ailes et de la queue sont souvent déployées. Les pics à tête rouge expriment leur territorialité par une grande agressivité qui les conduit à dominer toutes les autres espèces qui fréquentent les milieux forestiers. Les pics à ventre roux, mais également les pics flamboyants et les grands pics sont tenus de déménager. Les étourneaux, les sittelles, les mésanges, les geais et même les corbeaux sont obligés de respecter leur territoire. Toutes ces espèces subissent irrémédiablement leurs attaques quand elles franchissent les limites de leur propriété. Les pics à tête rouge doivent subir eux-même les attaques d'oiseaux de plus grande taille de la famille des tyrannidés.

Les pics à tête rouge sont partiellement migrateurs. Les populations du nord-ouest de l'aire, ceux qui vivent au Manitoba, en Ontario, au Montana , au Wyoming et au Colorado, quittent leurs lieux de nidification entre la fin août et novembre en grandes vagues. La migration d'automne est particulièrement visible lorsque des centaines d'oiseaux survolent les territoires de l'Iowa, du Kansas et de l'Ohio. Le voyage de retour s'effectue à la fin du mois de février ou en début mars. Aucun migrateur ne va plus au sud que le territoire des Etats-Unis.

Alimentation mode et régime

Au printemps, le régime du pic à tête rouge est composé à plus de 65% de matières animales, alors qu'en hiver, ce sont les graines qui prédominent. Il peut être considéré comme un des plus omnivores de tous les pics. Il consomme une grande variété de proies : vers de terre, lézards, souris, oisillons de toutes sortes, sauterelles, criquets coléoptères et leurs larves, chenilles, papillons nocturnes et diurnes, guêpes. Les insectes volants constituent généralement une part plus importante que les larves qui vivent dans le bois. En plus des glands, de différentes sortes de noix et des céréales qui garnissent habituellement les gardes-mangers de l'hiver, le pic à tête rouge mange un grand nombre de fruits parmi lesquels on peut noter ceux du cornouiller, des cerises, des raisins sauvages et des pommes. Il consomme également de l'écorce.

Reproduction nidification

La saison de nidification s'étale d'avril en août et se poursuit même parfois jusqu'en septembre. Les pics à tête rouge installent leur nid dans une grande variété d'arbres : cyprès, chênes ou palmiers. Ils utilisent généralement des troncs sans écorce et ils commencent à creuser à un emplacement où il y a déjà une fissure préalable. Le nid est placé à une hauteur très différente, entre 2 et 25 mètres au-dessus du sol. Le pic à tête rouge est très éclectique, pouvant aussi bien choisir une cavité naturelle que nicher dans la structure artificielle d'un bâtiment. On prétend même qu'il peut utiliser un ancien nid de geai. Le forage du nid est une tâche qui revient principalement au mâle et il dure environ 15 jours. Dans la partie sud de l'aire de distribution, et sans doute également dans le nord, le dépôt des œufs bat son plein au mois de mai et de juin. La ponte comprend entre 3 et 10 œufs qui sont incubés pendant 10 ou 13 jours. Les deux parents couvent à tour de rôle, le mâle prenant son tour pendant la nuit. Les deux partenaires mènent ensemble la totalité des tâches qui comprennent surtout l'alimentation des jeunes et le nettoyage du nid. Les jeunes oisillons sortent de la cavité au bout d'environ 30 jours. Dans plus de 20% des cas, le couple commence une seconde nichée alors qu'il est encore parfois en train de nourrir les oisillons de la première. Dans ce cas là, la femelle augmente son activité afin de libérer le mâle de ses obligations et lui permettre de creuser une nouvelle cavité. Les oisillons de la première couvée sont toujours tenus à l'écart du second nid.

Distribution

Les pics à tête rouge sont endémiques d'Amérique du Nord. Leur aire de distribution est à peu près semblable à celle du Pic à ventre roux, c'est à dire qu'elle couvre essentiellement l'est des Etats-Unis, avec cependant une plus grande extension vers l'ouest du continent que l'espèce précédemment citée. Du nord au sud, le territoire du pic à tête rouge s'étend du lac Winnipeg dans le Manitoba et du nord de l'Ontario jusqu'au golfe du Mexique et la Floride. D'ouest en est, il s'étend du centre du Texas, du centre du Colorado et du Montana jusqu'à la côte atlantique.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les pics à tête rouge ne sont pas vraiment en grand danger, même si leurs effectifs sont en léger déclin. A cela, 2 raisons : 1) l'introduction des étourneaux européens à la fin du XIXème siècle et leur prolifération qui a introduit un compétiteur supplémentaire dans l'acquisition des cavités ; 2) la suppression des arbres morts, ce qui réduit considérablement les possibilités de nichage. L'espèce est classée comme "presque menacée" (NT) par l'IUCN.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 21/02/2009 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net