Quetzal resplendissant

Pharomachrus mocinno - Resplendent Quetzal

Systématique
  • Ordre
    :

    Trogoniformes

  • Famille
    :

    Trogonidés

  • Genre
    :

    Pharomachrus

  • Espèce
    :

    mocinno

Descripteur

de la Llave, 1832

Biométrie
  • Taille
    : 40 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 180 à 210 g
Distribution

Distribution

Description identification

Pharomachrus mocinno, quel nom savant trouvé par un mexicain savant ! Pablo de la Llave (1773-1833) le décrivit en détail, en 1832, mais c'est José Mariano Mocino (1757-1820) qui fit la première découverte scientifique de cet incroyable oiseau. Pablo de la Llave nomma donc ce trogonidé Pharomachrus qui signifie long manteau en grec et rendit hommage à son mentor José Mariano Mocino. Si l'oiseau est si extraordinaire, c'est aussi que son nom en langue Nahuatl (Aztèque) peut se traduire par la "longue plume verte incroyable" d'où peut dériver la légende du serpent à plumes Quetzacoalt, cohuatl signifiant serpent en langue Nahuatl. Si maintes suppositions sont possibles pour Quetzacoatl, il ne peut y avoir aucune erreur sur le quetzal resplendissant, a-t-on à faire au plus bel oiseau du Monde ou à l'un des plus beaux oiseaux existants ? Pharomachrus mocinno est grand, 38 cm sans la queue, une queue mesurant environ 61 cm, soit 1 m de la calotte à la pointe de la queue ! Tout est hors norme chez lui, la calotte, le front et le début de la nuque sont vert "électrique", les plumes de la tête ont une teinte jaune, qui peut devenir dorée avec les reflets du soleil, et se hérissent légèrement pour constituer une crête immanquable. Les yeux sont marron foncé presque noirs, le bec est jaune, la nuque, le manteau et le dos sont vert-émeraude avec des reflets bleu-turquoise, en condition de basse lumière la teinte verte change pour passer à une coloration bleu-vert voire bleu violacé. Les scapulaires et les couvertures gardent le même vert-émeraude, le quetzal resplendissant portant ses couvertures pratiquement verticales et séparées, les rémiges sont noires, les primaires étant portées longues jusqu'au croupion. La gorge et le haut de la poitrine vert-émeraude peuvent se transformer en bleu-turquoise avec la lumière. Le bas de la poitrine, le ventre et le bas-ventre sont rouge écarlate. Un seul mot pour la queue : extraordinaire ! Les rectrices inférieures blanches se présentent en trois paires distinctes bordées de noir lorsque l'oiseau se montre de face, quatre rectrices vertes parachèvent la queue, les deux centrales très longues, puisque pouvant mesurer une soixantaine de cm depuis les sus-caudales, les deux externes toujours vertes mais plus courtes. Lorsque l'oiseau est vu de dos, on distingue les trois paires de rectrices supérieures noires masquées par les deux paires externes vertes. On ne voit qu'à peine les tarses grises. N'en déplaise aux dames, cette description est celle du mâle, son épouse est plus discrète. Première constatation, la queue est presque normale ! Une tête marron-vert, calotte, gorge et nuque; un œil et un bec noirs, le haut de la poitrine a toujours ce coloris marron-vert mais est strié alternativement de marron et vert, les stries sont assez diffuses et semblent plus ou moins marquées suivant les individus. Le ventre est brun-gris d'une teinte un peu "passée", le bas-ventre est rouge, là aussi avec une nuance plus terne que celle du mâle. Les couvertures vertes sont plus courtes et moins longues, les rémiges primaires sont noires avec des émarginations blanches très visibles. Les rectrices inférieures sont rayées horizontalement de blanc et noir, ces rayures semblent différer d'une femelle à l'autre, certaines plus blanches ou l'inverse. Les rectrices supérieures sont noires et présentent les deux paires centrales vertes de taille normale, beaucoup plus courtes que celles du mâle. Les juvéniles ressemblent à leur mère, les mâles immatures ont les couvertures plus courtes et n'ont pas la queue de leur père, leurs rectrices inférieures se divisent en trois paires blanches aux extrémités gris-noir, les bordures sont rayées de noir et blanc, la pointe de la queue est noire. En fai, le mâle immature est très proche d'un trogon classique. Deux ssp sont reconnues, mocinno décrite précédemment au sud du Mexique, Guatemala, Salvador, Nicaragua et centre et nord du Nicaragua, ssp costaricensis plus petite, Costa Rica, nord-ouest du Panama, aux rectrices centrales plus courtes et portées plus rapprochées, la couleur verte est plus jaunâtre.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Pharomachrus mocinno mocinno (s Mexico to w Panama)
  • Pharomachrus mocinno costaricensis (Costa Rica to w Panama)

Noms étrangers

  • Resplendent Quetzal,
  • Quetzal Guatemalteco,
  • Quetzal-resplandecente  ,
  • Quetzal,
  • kvézál,
  • Квезаль,
  • 凤尾绿咬鹃,
  • Quetzal,
  • Quetzal risplendente,
  • Praktquetzal,
  • Praktketsal,
  • kwezal herbowy,
  • kvesal chochlatý,
  • kvesal chocholatý,
  • Quetzal,
  • mayaketsaali,
  • ,
  • カザリキヌバネドリ,

Voix chant et cris

Quetzal resplendissant
♂ adulte

On l'entend souvent lancer un "koy-koy-koy-koy" qui se transforme en "kwah-kwah-kwah" rapides et à intervalles réguliers, ressemblant un petit peu à l'aboiement d'un chiot. Ils se regroupent parfois en petite bande de 5 à 6 individus pour lancer un "aiy-aiy-aiy" aigu qui peut servir de cri d'alarme ou d'avertissement. Lorsqu'ils sont ensemble, Monsieur et Madame émettent un "wee-wee-wee" monotone en présence d'un intrus ou d'un danger.

Habitat

Il aime l'altitude, on le trouve plutôt à partir de 1 200m, très rarement en-dessous. Au Mexique dans le nord des Chiapas, il navigue entre 900 et 2 350m, au nord du Guatemala il peut monter à plus de 3 000 m. Le quetzal fréquente la canopée et la sous-canopée, il recherche les arbres (Ficus, Brosimum, Cecropia...) à une hauteur de 25 à 40 m, voire 60 m,qui supportent une grande densité d'épiphytes (plantes qui poussent sur d'autres végétaux qui serviront de support). Les meilleurs endroits où l'observer sont les limites de la canopée et des forêts clairsemées où il s'aventure parfois. Il faut signaler l'importance de l'action du Costa Rica où l'oiseau s'épanouit dans les hautes forêts humides que ce pays a su préserver.

Comportement traits de caractère

Le Quetzal resplendissant n'est pas un migrateur au long cours, mais suit les saisons de la végétation. Après la période de reproduction en altitude dans la forêt tropicale, il va descendre pour suivre les cycles de fructification des Lauraceae. En 1989 sept oiseaux ont été équipés de balises radio dans la réserve de Monteverde au Costa Rica et on a ainsi pu observer à la fin de la période de reproduction entre février et juin que les Quetzals partaient sur la côte pacifique dans les forêts de moyenne altitude, entre 1 300m et 1 450m. Ils vont y rester jusqu'à octobre-novembre puis traverser la cordillère d'Amérique Centrale pour aller sur le versant de la mer des Caraïbes, entre 700 et 1 200m, où ils séjourneront jusqu'en janvier pour recommencer leur cycle en altitude dans la haute forêt tropicale. Au Mexique, dans l'extrême sud des Chiapas, il descend à la limite des plantations de café à partir de mai-juin et on ne trouve pratiquement plus d'individus en août en altitude.

Alimentation mode et régime

Son régime est d'abord frugivore, les Lauraceae sont le fil nourrissier du quetzal : Ocotea, Nectandra, Phoebe, Persea americana (qui donne l'avocat). On l'a souvent observé cueillir les fruits en concurrence avec des toucanets, ces derniers chassant les quetzals des arbres. Notre quetzal a une grande importance dans la dispersion des graines et donc le renouvellement des Lauraceae de la forêt tropicale, outre les fruits il saura se montrer opportuniste pour devenir, à l'occasion insectivore. Coléoptères, orthoptères, toutes les larves mais aussi les escargots ou les lézards. Le régime carnivore étant plus accentué pendant et pour le nourrissage des petits qui auront un régime exclusivement insectivore durant les dix premiers jours.

Reproduction nidification

Période de reproduction mars-avril au Mexique, dans les Chiapas peut se reproduire en juillet, mai-juin au Salvador, mars à mai au Guatemala et de mars à juin au Costa-Rica où il peut faire deux couvaisons. Le nid est réalisé dans une excavation de branche d'arbre à une hauteur minimale de 4 à 5 m, mais la moyenne est d'environ 15 m, au Costa Rica des nids ont été observés à 25 m du sol dans la très haute forêt tropicale. L'entrée du nid fait environ 10 cm et la chambre entre 20 et 30 cm, on pense que le quetzal resplendissant peut utiliser des anciens nids de grands picidés. Le mâle "avertit" l'entourage de sa présence par un vol vertical en haut de la canopée et redescend brusquement pour se poser sur une branche ; dans le même temps il vocalisera en lançant de brefs "wac-wac..wac-wac". Le couple défend farouchement le nid, la femelle pouvant devenir très agressive si elle sent du danger. Deux œufs sont déposés sur un lit de vieilles écorces et petits morceaux de bois, la couvaison dure 17 à 18 jours, les deux parents couvant en alternance. L'élevage des petits dure de 23 à 31 jours et malheureusement la taux de mortalité est élevé, 80% des petits meurent dans le nid et sur les 20% restants, à nouveau 80% n'atteindront pas l'âge adulte. Ce taux de mortalité élevé est du en grande partie à la prédation et au climat, le couple faisant son nid dans des arbres morts ou en décomposition, celui-ci est exposé aux fortes intempéries (pluie, vent etc...).

Distribution

Les deux ssp sont présentes exclusivement au sud du Mexique, dans la région des Chiapas et au sud d'Oaxaca et en Amérique Centrale où le Costa Rica a un rôle prépondérant dans sa conservation.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Near Threatened, traduit par quasi menacé ! Faut-il ajouter des commentaires ! En 1940 le Dr Alexander Skutch, ornithologue américain (1904-2004) écrivit : "Le mâle est absolument un oiseau magnifique, toutes choses considérées, comme je n'avais jamais vu auparavant. Il doit sa beauté à l'intensité et au contraste saisissant de ses couleurs, le lustre resplendissant et le scintillement de son plumage, l'élégance de son ornementation, la symétrie de ses formes et son noble port..." Les mots d'Alexander Skutch sauront-ils freiner les maux de notre civilisation, nous avons un oiseau extraordinaire sous nos yeux, faisons en sorte de ne pas l'exterminer.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 14/06/2013 par Anne et Gabriel Leboff © 1996-2017 Oiseaux.net