Talève takahé

Porphyrio mantelli - North Island Takahe

Systématique
  • Ordre
    :

    Gruiformes

  • Famille
    :

    Rallidés

  • Genre
    :

    Porphyrio

  • Espèce
    :

    mantelli

Descripteur

Owen, 1848

Biométrie
  • Taille
    : 63 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 1850 à 3250 g
Longévité

20 ans

Distribution

Distribution

Description identification

La Talève takahé du Sud est un rare vestige de l'avifaune aptère de Nouvelle-Zélande. L'espèce est végétarienne. C'est le plus grand râle vivant au monde. Très grosse talève, massive avec un énorme bec rouge surmonté d'une plaque frontale de même couleur. Les pattes sont également rouges. La tête, le cou et tout le dessous sont d'un bleu-pourpre. Le dos et les rémiges sont vert-olive. Les sous-caudales sont blanches. La Talève takahé est incapable de voler et possède des pattes très robustes. Les doigts sont terminés par des ongles acérés, mes genoux en savent quelque chose ! Les deux sexes sont similaires. Les jeunes ont d'abord un plumage brun-gris, puis ressemblent aux adultes, mais en plus ternes. Leur bec, aussi massif que celui des adultes est de couleur corne et la plaque frontale n'est pas développée.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • North Island Takahe,
  • Calamon Takahe,
  • *Takahe,
  • Takahe,
  • északi-szigeti takahe,
  • Takahe,
  • Takahe,
  • Mohoau,
  • Takahe,
  • sultánka takahe,
  • slípka takahe,
  • Takahe,
  • isosulttaanikana (takahe),
  • takahe de l'illa Nord,
  • takahe północny,
  • Бескрылая султанка,
  • タカヘ,
  • 巨水鸡,
  • 北島青水雞,

Voix chant et cris

La Talève takahé n'a pas un vocabulaire très riche. Quand les membres d'un couple sont séparés ils lancent des cris de contact répétés que l'on peut retranscrire en "cloup" légèrement montant. Le cri d'alarme est un "boum" caverneux et portant loin.

Habitat

Endémique de Nouvelle-Zélande cette espèce est très menacée. L'habitat originel est constitué de forêts mais les seuls individus vraiment sauvages sont maintenant confinés dans les pelouses alpines et les zones buissonnantes subalpines, généralement au-dessus de 1 000 m, même de 1 500 m. Des restes sub-fossiles ont été trouvés à toutes les altitudes aussi bien dans l'île du Nord que dans celle du Sud. A l'heure actuelle, une petite population naturelle subsiste dans les montagnes du Fiordland (sud-ouest de l'île du Sud). Elle ne comporte que quelques dizaines d'individus. D'autres oiseaux ont été relâchés sur quatre petites îles débarrassées des prédateurs terrestres qui s'y trouvaient (surtout des rats). Ils y fréquentent des pelouses ou des zones forestières plus ou moins dégradées pour ceux que nous avons observés sur Tiritiri Matangi.

Comportement traits de caractère

Les Talèves takahé de Tiritiri Matangi sont très peu farouches, même pas assez pour certaines d'entre elles. Ainsi, un soir tard, alors que nous étions assis sur un banc, espérant entendre les cris d'un kiwi, l'une de ces énormes bêtes nous a sauté sur les genoux, laissant ses ongles traverser le pantalon et ce qui se trouvait dessous ! Les oiseaux vraiment sauvages, sont plus discrets et difficiles à observer. Quand un rapace est détecté, la Talève takahé se met rapidement à couvert. Inquiétée par un prédateur terrestre, elle tend son corps à l'horizontale, bat des ailes et court très rapidement avant de se mettre à l'abri. Les Talèves takahé vivent en couple et, si elles supportent les voisins en dehors de la saison de reproduction, elles défendent vivement leur territoire pendant. Toute Talève takahé étrangère est immédiatement prise en chasse, ailes levées, plumes du cou ébouriffées. Les couples sont fidèles entre eux et à leur territoire.
Le vol : Espèce incapable de voler.

Alimentation mode et régime

L'alimentation est essentiellement végétale. La base du régime est constituée des feuilles que l'on trouve à la base de certaines plantes du tussock comme les cypéracées (scirpes). En hiver les Talèves takahé consomment les rhizomes de certaines fougères. Elles peuvent aussi manger quelques insectes et même de petits vertébrés.
Le bec fort de la Talève takahé est fait pour couper et dénuder la base de touffes d'herbes pour obtenir une nouvelle pousse juteuse, mais elle doit se nourrir pratiquement toute la journée pour obtenir une nourriture en quantité suffisante.

Reproduction nidification

La saison de reproduction s'étend de début octobre à la fin de décembre. Le nid est une coupe épaisse et profonde faite de tiges d'herbes. Les deux sexes peuvent participer à la construction, mais seule la femelle le termine. La ponte varie de 1 à 3 œufs (moyenne 1,7 pour 48 pontes) couvés pendant un mois par les deux parents. Il arrive même qu'un oiseau de l'année précédente participe à l'incubation et à l'élevage des jeunes. Ceux-ci sont nidifuges. Les parents les couvrent la nuit et lors des périodes de mauvais temps. La période de dépendance est très longue, environ 4 mois.

Distribution

A l'origine la Talève takahé se reproduisait sur toute l'île du Sud. Sa chasse par les Maoris, la prédation et la perte d'habitat ont laissé une population relictuelle dans les montagnes du Fiordland. Quatre oiseaux ont été prélevés entre 1849 et 1898 dans la région de Fiordland, puis l'espèce a été considérée comme éteinte jusqu'à sa redécouverte dans les montagnes de Murchinson, à l'ouest du lac Te Anau, en 1948. Un programme de conservation a permis la réintroduction de Talèves takahé à partir de reproduction d'oiseaux captifs provenant d'élevage (Burwood Bush) ainsi que des populations élevées sur des réserves dans l'île du Nord, l'île du Sud et sur plusieurs petites îles dont Tiritiri Matangui, Motutapu (golfe de Hauraki), Kapiti et Mana (Wellington), Maud (Marlborough Sound).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

La population sauvage ne compte guère plus de 150 individus et les effectifs sont très fluctuants, probablement à cause des conditions météorologiques très défavorables certains hivers.
En 2011-2012 la population de Talèves takahé sur l'île du Sud a été estimée à environ 276 oiseaux, 110 dans le Fiordland, 107 sur les lieux de restauration des populations, 11 sur les sites de présentation en captivité et 48 sur les sites de reproduction en captivité.
La Talève takahé est classée "en danger" par BirdLife International. Quelques dizaines (environ 60) adultes vivent sur les quatre îles où ils ont été introduits mais ces populations ne se développent pas rapidement probablement car le milieu ne convient pas vraiment. Au milieu du XXème siècle, il y avait encore 300 individus dans le Fiordland, mais l'introduction du cerf d'Europe (Cervus elaphus) qui entre en concurrence avec la Talève takahé pour la nourriture, et celle de l'hermine qui s'attaque au poussin ont entraîné la perte de 50 % des effectifs en 60 ans. Des efforts importants sont faits pour augmenter la productivité des couples insulaires. Les œufs infertiles sont enlevés pour provoquer des pontes de remplacement et ainsi augmenter le nombre de jeunes. Des échanges inter îles sont réalisés pour diminuer la consanguinité et de la nourriture supplémentaire et de meilleure qualité est distribuée. Ces efforts ont permis d'augmenter le taux de survie à 1 an qui est passé de 60 à 90 %. C'est à cet âge qu'ils sont relâchés pour renforcer la population sauvage.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Talève takahéFiche créée le 11/04/2006 par Georges Olioso © 1996-2018 Oiseaux.net