Torcol à gorge rousse

Jynx ruficollis - Red-throated Wryneck

Systématique
  • Ordre
    :

    Piciformes

  • Famille
    :

    Picidés

  • Genre
    :

    Jynx

  • Espèce
    :

    ruficollis

Descripteur

Wagler, 1830

Biométrie
  • Taille
    : 19 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 46 à 59 g
Distribution

Distribution

Description de la famille

Les picidés sont des oiseaux de la taille d'un moineau à celle d'une corneille. Ils sont adaptés morphologiquement à la vie arboricole. Leurs pattes solides sont pourvues de quatre longs doigts (rarement trois) terminés de griffes puissantes, deux tournés vers l'avant et deux vers l'arrière, ... lire la suite

Description identification

Chez les adultes, les sexes sont identiques, mais les mâles sont légèrement plus grands, leur poids dépassant parfois de 10% celui de la femelle. Les lores et les couvertures auriculaires sont barrés de brun et de chamois clair. La moustache et la zone malaire sont blanchâtres avec des vermiculures brunes. Le menton et la gorge présentent un beau plastron châtain-roux qui s'étend jusqu'en haut de la poitrine. L'ensemble des parties supérieures, du front jusqu'aux sus-caudales, comprenant à la fois les scapulaires, les couvertures et les tertiaires, est gris-brun. Les plumes sont variablement tachées de noir et bordées de blanc, ce qui est nettement visible sur les ailes et sur les tertiaires. Une bande irrégulière noire part du milieu du capuchon jusqu'au manteau. Les côtés du capuchon, le croupion, les sus-caudales, les couvertures alaires et les tertiaires sont très souvent recouverts de fines mouchetures. Le dessus de la queue est semblable au dos, mais avec plus de barres noires bordées de blanc. Les rémiges sont brun foncé avec des barres rousses. Sous la poitrine, les parties inférieures sont blanchâtres avec une nuance chamois qui est bien visible sur le bas-ventre et sur les flancs. L'ensemble est recouvert de stries longilignes brunes qui se transforment en barres sur les sous-caudales. Le dessous des ailes est barré de brun et de chamois-roux pâle. Le dessous de la queue est identique au dessus.
Les juvéniles ont un dessus plus sombre que les adultes. Le roux du plastron de la poitrine est généralement plus terne et moins développé. La plus grande partie du dessous est finement barrée.

Chez le adultes, le bec est blanc grisâtre, un peu plus sombre à la pointe. Les pattes et les pieds varient du vert-olive au brunâtre. Les iris sont bruns.

Les différentes races sont assez facilement reconnaissables. Aequatorialis possède un plastron plus développé, des flancs et un ventre chamois-roux. Pulchricollis présente un dessus moins gris-brun, plus nuancé de roux. La poitrine est plus châtain, moins rousse. Les flancs sont légèrement teintés de roux, mais dans une moindre mesure que la race précédente.

Indications subspécifiques 3 Sous-espèces

  • Jynx ruficollis pulchricollis (Cameroon to s Sudan and nw Uganda)
  • Jynx ruficollis aequatorialis (Ethiopia)
  • Jynx ruficollis ruficollis (Gabon and Angola to s Sudan, e Uganda and e South Africa)

Noms étrangers

  • Red-throated Wryneck,
  • Torcecuello Africano,
  • Torcicolo-de-garganta-castanha,
  • Rotkehl-Wendehals,
  • vörhenyestorkú nyaktekercs,
  • Afrikaanse Draaihals,
  • Torcicollo collorossiccio,
  • Rödbröstad göktyta,
  • Rustvendehals,
  • krutohlav africký,
  • krutihlav rezavokrký,
  • Rødstrubet Vendehals,
  • afrikankäenpiika,
  • Draaihals,
  • colltort gola-roig,
  • krętogłów afrykański,
  • Красногорлая вертишейка,
  • ムネアカアリスイ,
  • 红胸蚁鴷,
  • 褐頸蟻鴷,

Voix chant et cris

Torcol à gorge rousse
adulte

Le cri territorial d'avertissement est une série de 9 notes rudes qui sont retranscrites de la façon suivante : "kwik-kwik-kwik-kwik-kwik-kwik, kwee kwee kwee" ou plus simplement "week-week-week-week-week". Il est délivré principalement par le mâle. Les femelles ont un cri différent, plus aigu : "ooit, ooit-ooit, ooit-ooit". Ce cri territorial peut être répété jusqu'à 8 fois en 1 minute. Le répertoire est bien plus étendu : en cas de rencontre, les torcols à gorge rousse lancent un "peegh-peegh-peegh" assez bas. En cas de querelles ou d'attaques naissantes, ils émettent des "krok-krok-krok" qui vont crescendo. S'ils sont alarmés ou s'ils vont se percher, ces oiseaux produisent plusieurs "klik" calmes. Dans les premiers jours qui suivent leur naissance, les oisillons émettent des "tsch tsch tsch" murmurants. Entre les explosions de cris et les rituels, les torcols à gorge rousse intercalent des tapotements rapides qui sont sans doute leur manière de tambouriner.

Habitat

Le torcol à gorge rousse habite principalement les zones boisées, les paysages ouverts où il ya des arbres et les lisières des forêts. Cette espèce apprécie particulièrement les velds arides pourvus d'acacias et les étendues de broussailles éparses. Elle fréquente assiduement les gorges dans les paysages de collines et les zones boisées qui bordent les cours d'eau. On peut également l'observer dans les plantations, les jardins et les peuplements d'arbres exotiques à la périphérie des villes. Son habitat varie considérablement en altitude, de 600 à 3000 mètres en Afrique Orientale mais seulement jusqu'à 1550 mètres en Afrique Australe.

Comportement traits de caractère

Les torcols à gorge rousse vivent le plus souvent en solitaire mais les couples gardent le contact. Généralement, les oiseaux se perchent bien en évidence dans un arbre mort d'où ils émettent leur cri caractéristique. Lorsqu'ils appellent, ils ont la tête dressée et le cou étiré, ils se tiennent perpendiculairement à la branche, la queue maintenue verticalement vers le bas.

Les torcols à gorge rousse recherchent majoritairement leur nourriture sur le sol. Cependant, ils prospectent aussi à la base des arbres, sur une large branche ou dans un gros buisson. Quand ils s'alimentent, ils ont une allure sautillante. Souvent, ils grimpent brièvement sur un perchoir élevé avant de redescendre à terre pour se nourrir. Les oiseaux qui paradent ont des attitudes non équivoques : ils ont le bec et la queue dressés et ils impriment à leur corps des mouvements latéraux. Des salutations verticales ponctuent souvent les rencontres.

Les torcols ont un comportement territorial pendant toute l'année. Ils s'installent sur des perchoirs très élevés pour lancer leurs cris d'avertissement. En Afrique du Sud, cette activité culmine entre les mois de juillet et octobre, ce qui correspond approximativement avec la période de formation des couples. Les territoires ont une taille assez variable, mesurant de 8 à 24 hectares. Lorsqu'ils veulent chasser un intrus ou un prédateur, les juvéniles parvenus à une certain âge, adoptent une attitude menaçante : ils étirent la tête en direction du prédateur, entrouvrent le bec, effectuent un rapide mouvement de recul tout en ouvrant largement le bec pour émettre un sifflement strident assez semblable à celui d'un serpent.

Alimentation mode et régime

Les torcols sont insectivores. Ils se nourrissent principalement de fourmis, de leurs nymphes et de leurs oeufs. Celles-ci appartiennent la plupart du temps au genre Pheidole ou au genre Crematogaster. Les jeunes oisillons reçoivent aussi des fourmis, parfois quelques termités ailés viennent compléter le menu.

Reproduction nidification

La saison de nidification varie selon les régions : fin juillet à février en Afrique du Sud, janvier à juin en Afrique Orientale et en Ethiopie, février à juillet dans les parties occidentales de leur aire. Les torcols à gorge rousse ne creusent pas leur propre nid, ils préfèrent utiliser d'anciens nids de barbets ou de pics qui ont été abandonnés. Ils emploient également des cavités naturelles situées sur le tronc des arbres ou sur une grosse branche. Ils sont aussi connus pour utiliser des nichoirs artificiels, des trous dans les poteaux de clôture ou des espaces disponibles sous l'avant-toit des maisons. Certains nids sont disposés à moins d'un mètre au-dessus du sol. Les torcols à gorge rousse se servent généralement du même nid pendant plusieurs années consécutives. Le nid subit parfois quelques aménagements : par exemple, il n'est pas rare que la cavité soit approfondie par le couple.

La ponte comprend habituellement 3 ou 4 oeufs mais certaines exceptionnelles peuvent en contenir jusqu'à 6. Des indicateurs parasites peuvent en rajouter un supplémentaire. Les deux parents se chargent de l'incubation pendant 12 à 15 jours. Ils commencent à couver avant que la ponte ne soit complète. Les oisillons sont nidicoles, ils restent au nid pendant près de 25 jours sous l'attention vigilante des 2 parents. Il peut y avoir jusqu'à 4 tentatives de nichées pendant la saison. Il y a de 14 et 24 jours d'écart entre l'envol de la précédente couvée et la ponte de la nouvelle. Bien souvent, 3 nichées sur 4 sont fructueuses.

Distribution

Le torcol à gorge rousse est originaire du continent africain au sud du Sahara où son aire est morcelée et son implantation très locale. Lorsqu'on regarde la carte de sa répartition, on est frappé par la multiplication des taches qui correspondent à autant de populations isolées. En Afrique Equatoriale, cette espèce est présente au Nigeria, au Cameroun, au Tchad, en République Centrafricaine, au Gabon, au Congo en Angola, au Soudan et au Zaïre. Dans l'est du continent, on la trouve en Ethiopie, en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie. Enfin au sud, elle vit en Zambie et en Afrique du Sud. 3 sous-espèces sont officiellement reconnues : J.r. ruficollis, la race nominale (sud-est du Gabon, Est-Ouganda et Kenya) - J.r. aequatorialis (Ethiopie) - J.r. pulchricollis (Nigeria, Cameroun en direction de l'est jusqu'au sud du Soudan et à l'ouest de l'Ouganda).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les torcols à gorge rousse sont localement communs et ils ont une répartition très irrégulière. Dans de nombreuses régions, les populations sont très fluctuantes, disparaissant totalement après une colonisation qui semblait réussie et ne réapparaissant que plusieurs années plus tard. Cette espèce est classée par l'IUCN comme de"préoccupation mineure". A notre connaissance, elle ne bénéficie d'aucune mesure de protection.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 03/02/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net