Le vol

Nous ne saurions imaginer l’oiseau autrement que libre.

Adieu cages et captures, tristes foucades humaines.

Il ne saurait y avoir de plus bel ambassadeur des êtres capables de voler.

L'oiseau symbolise, à lui seul, la liberté et la maîtrise des cieux..

L’azur est son domaine.

Il n’est pas tout à fait le seul, il est vrai, à disposer de cette admirable faculté. C’est un mode de locomotion qu’il partage avec d’autres êtres vivants, non dépourvus d’élégance, pipistrelles, guêpes ou papillons, des milliers d’insectes en fait.Mais c’est le mode de déplacement qui semble avoir sa préférence.

Pourtant, il marche avec aisance, et sautille volontiers, à l’exception, évidemment des Grèbes ou autres Cormorans.

Il peut même dormir sur une patte dans l’eau, voire sur une petite branche s’il n’est pas très amateur de l’onde.

Le vol…

Pour ceux qui vouent les cages à toutes les gémonies, l’oiseau est sans aucun doute l’exemple le plus beau et le plus signifiant.

Le vol se refuse à l’homme, et Icare en a fait les frais, en son temps.

L’oiseau, lui, ne se brule pas les ailes, mais s’en sert pour ses déplacements quotidiens.

Il s’agit, parfois, d’un vol tout petit, un saut d’une branche à l’autre ou d’un petit parcours bien bref lorsqu’il n’a plus envie de marcher pour franchir les quelques mètres qui le séparent encore de son repas.

Le vol est une riche ressource, en premier lieu pour fuir le danger. Tous les oiseaux ne peuvent utilement miser sur leur mimétisme pour se dissimuler aux yeux des pirates dont la vie commande de s’emparer de congénères de moindre taille pour apaiser leur faim et donc rester vivants, en bonne santé, tout au long de leur cycle vital.

N’est pas bécassine des marais ou marouette ponctuée qui veut.

Il est bien d’autres circonstances en lesquelles l’Oiseau utilise cette rare ressource, non plus pour survivre, mais pour vivre.

Ces déplacements ont bien de l’intérêt, et, pour beaucoup d’entre eux, il est indispensable de changer de climats, de pays, pour mener leur vie à bien.

Le Vol, chez les Oiseaux migrateurs, a des vertus irremplaçables, et des nuances infinies.

En soi, l’objectif reste le même:partir à temps et arriver où et quand il faut, là où la vie le commande.

Qu’importent l’heure et la méthode, car seul compte le but.

Les rapaces sont nombreux à choisir le vol plané, le plus économe, en termes d’efforts, bien qu’il les contraigne à choisir avec soin les chemins et les heures.

Ce type de vol dépend très directement des ascendances thermiques qui ne se manifestent que par beau temps, jamais au-dessus de la mer.

Le milan noir en est l’un des adeptes.

D’autres, comme les Cigognes blanches, ne réfutent pas, il s’en faut, la méthode, et se retrouvent, parfois au marais en compagnie des Milans pour partager une sorte de jeu avec l’air, le ciel et les ascendances thermiques.

Dans cette famille aux becs crochus, des cousins plutôt proches alternent le vol plané avec le vol battu.

Ces derniers, auxquels appartient le balbuzard pêcheur, voyagent, pour leur part, de préférence en solitaires, tandis que le Milan, en l’occurrence grégaire, se présente par milliers aussi bien au Détroit de Gibraltar qu’à celui du Bosphore.

Nous savons que, pour les passereaux, c’est le vol battu qui constitue la règle.

Voici bien une singulière leçon de la Nature car elle a fait que ce soit les plus petits qui doivent fournir les efforts les plus intenses.

L’étrangeté n’est que passagère car on ne peut planer que si l’on a les voiles.

Comparons le poids et l’envergure du traquet motteux avec ceux du Milan.

Certains, pour économiser leurs forces, pratiquent le vol en formation.

Formant des V, des W ou bien des lignes, ces oiseaux se répartissent l’effort.

Un oiseau de tête affronte le vent et l’air.

Tel les coureurs cyclistes qui savent se relayer aux mêmes fins, les Oies, les Grues alternent leurs efforts et évitent donc, ce faisant, de gaspiller une énergie précieuse pour parcourir un trajet dont elles savent qu’il est long et éprouvant.

L’oiseau coupe-vent est fort utile, il faut le reconnaître.

Vol de nuit, ont très bien écrit certains.

Si certains de nos amis affichent une préférence pour se déplacer en pleine lumière, quelques autres n’ont pas d’heure et volent aussi la nuit.

Les Grues, encore.

Comme d’aucuns sont solitaires, et d’autres sont grégaires, la composition des troupes est très changeante selon l’espèce.

Les adultes entament souvent le voyage, suivis ensuite par les jeunes de l’année.

Mais il advient que cette inévitable migration se fasse en famille. Les adultes servent alors de guides et vont, en arrivant dans les zones d’hivernage, veiller encore longtemps sur leur progéniture qui aura donc appris non seulement le chemin mais encore la façon de se comporter en ces lieux très nouveaux, comment se protéger des prédateurs dont ils découvrent l’existence en toute sécurité.

La dispersion familiale, le plus souvent rapide, attendra le début de la prochaine migration prénuptiale.

Les Grues, toujours.

Créé le 28/10/2016 par Patrick Fichter © 1996-2017 Oiseaux.net