Argus ocellé

Rheinardia ocellata - Crested Argus

Systématique
  • Ordre
    :

    Galliformes

  • Famille
    :

    Phasianidés

  • Genre
    :

    Rheinardia

  • Espèce
    :

    ocellata

Descripteur

Elliot, DG, 1871

Biométrie
  • Taille
    : 74 à 235 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : -
Distribution

Distribution

Description identification

La tête est relativement petite avec des plumes filiformes et érectiles chez le mâle formant une huppe qui s'étend sur l'arrière du capuchon et la partie antérieure de la nuque. Les ailes arrondies paraissent plutôt modestes compte-tenu de la taille de l'oiseau. La queue, comprimée et échelonnée, est formée de douze rectrices, les paires centrales très longues et très élargies mesurant près de 5 fois la longueur des rectrices extérieures. Les pattes sont courtes et fines, ne portant pas d'éperons, bien que des amorces de ceux-ci soient parfois constatées sur une seule patte chez certains sujets. Le bec est rose, plus pâle à l'extrémité (plus brun chez les femelles). Les côtés de la tête sont partiellement emplumés, découvrant une peau nue bleu-ardoise. Les iris sont bruns, les pattes rose brunâtre.
Chez le mâle adulte, la partie centrale du capuchon et les couvertures auriculaires sont gris brunâtre. Les très longs sourcils sont blanchâtres ou blanc-chamois, se poursuivant jusqu'à la nuque. Le menton et la gorge sont gris, devenant blanchâtres sur les joues. Le cou est châtain. Les plumes des ailes et du manteau sont brun foncé, fortement tachées de noir et de chamois, mais plus pâles sur le dos et les tertiaires. Les quatre rectrices centrales de la queue sont gris pâle, nuancées de châtain sur les bords, abondamment tachées de blanc et de châtain avec des centres noirs. Les autres rectrices sont de plus en plus foncées et de plus en plus courtes au fur et à mesure que l'on progresse vers l'extérieur. La femelle adulte diffère du mâle par sa tête plus brune et plus terne ainsi que par sa crête plus courte. Les plumes corporelles sont brun chaud, vermiculées de brun avec de fines marques chamois. Les parties supérieures, particulièrement les ailes et la queue, sont nettement barrées de noir. La queue est considérablement plus courte que chez le mâle. Les juvéniles ressemblent aux femelles. Cependant les sexes sont très rapidement différenciables, les jeunes mâles acquérant les attributs inhérants à leur sexe dès la première mue. Toutefois, leur queue reste très courte et ne parvient à son plein développement que vers l'âge de 5 ou 6 ans.
Il existe une variation géographique : chez Rheinardia Ocellata Nigriscens, qui vit dans la péninsule malaise, la crête est plus longue (85 mm) et plus blanche. Cette race possède une poitrine plus foncée et plus régulièrement tachetée. Son sourcil et sa gorge sont chamois clair alors qu'ils sont respectivement blanc et gris clair chez la race type. La femelle présente des couleurs plus éclatantes, des marques noires plus fines et des parties inférieures plus pâles.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Rheinardia ocellata ocellata (c Vietnam, e Laos)
  • Rheinardia ocellata nigrescens (c Malay Pen.)

Noms étrangers

  • Crested Argus,
  • Argos Perlado,
  • Argos-de-crista,
  • Perlenfasan,
  • gyöngyös fácán,
  • Gekuifde Argusfazant,
  • Argo crestato,
  • Tofsargusfasan,
  • Dragefasan,
  • argus perlový,
  • bažant perlový,
  • Topargus,
  • harja-argusfasaani,
  • argus pigallat,
  • argus czubaty,
  • Хохлатый аргус,
  • カンムリセイラン,
  • 冠眼斑雉,
  • 鳳頭眼斑雉,

Voix chant et cris

Les argus ou rheinartes ocellés émettent deux types de cris : le premier court, trisyllabique est un 'oo-kia-wau' dont la première syllabe est lente et montante, les deux suivantes étant plus rapides et plus résonnantes. Il peut être répété 1 à 8 fois. Le second cri , 'ki-iau', plus long et formé de deux syllabes, peut être répété de 8 à 17 fois. Il est introduit par une seule note 'oo', basse et sourde en début de la série. D'après Davidson, les deux cris ont des usages totalement différents : le premier est poussé par les mâles sur les pistes de danse ou lors du perchage nocturne, alors que le second sert en d'autres circonstances (alarme ou réponse à un autre partenaire).

Habitat

En principe, les argus ocellés fréquentent surtout les forêts primaires humides, mais ils paraissent capables de s'adapter aux milieux secondaires pourvu que ces derniers ne soient pas trop perturbés. Au Viet-Nam notamment, ils ont pu être observés dans de nombreuses forêts secondaires, y compris celles ayant subi des dommages par herbicides et défoliants. Selon les régions, les sous-espèces occupent des altitudes très différentes : le rheinarte ou argus ocellé d'Annam (race type), qui ne subit pas la concurrence de l'Argus géant à basse altitude, vit habituellement entre 100 et 700 m, mais il peut grimper jusqu'à 1500 m au Laos et jusqu'à 1900 m sur le plateau de Dalat. Le rheinarte de Malaisie (Race Nigriscens), qui est en compétition avec l'Argus géant, est rejeté assez communément à des altitudes qui varient entre 800 et 1200 m, dans des forêts d'altitude qui marquent la transition entre les forêts de diptérocarpes et les forêts de montagne. L'aire du rheinarte de Malaisie est très réduite et se situe presque exclusivement dans le Taman Nagara National Park.

Comportement traits de caractère

Les argus ocellés sont des oisieaux craintifs et discrets qui se réfugient sous le couvert épais au moindre signe de danger. Gênés par leur longue queue, ils répugnent à prendre leur envol et préfèrent se lancer dans de longues courses. Ils recherchent leur nourriture d'une manière assez semblable à celle de l'Argus géant. Les argus ocellés sont surtout repérés par les cris qu'ils émettent pendant la période de reproduction. Leur présence est confirmée par l'existence de piste de danse bien entretenue.
En dehors de la période au cours de laquelle la poule élève ses poussins, le rheinarte ocellé est un oiseau solitaire. Peu avant la nidification, les mâles ont un comportement farouchement territorial et défendent leur piste de danse contre l'intrusion de tout concurrent, qu'il soit de la même espèce ou non. Au cours de la parade nuptiale, le mâle s'installe au centre de la piste de danse qu'il a préalablement nettoyée, huppe déployée, plumes du cou et de la gorge hérissées. Il s'y tient immobile et émet des appels pendant de longues minutes. Lorsque la femelle est présente, il entame une parade latérale qui consiste, huppe toujours déployée, à s'approcher de la partenaire en étalant la queue, en abaissant les ailes et la tête tout en tendant le cou vers l'avant et en faisant vibrer l'ensemble de son plumage.

Alimentation mode et régime

Les argus ocellés possèdent un régime mixte. ils consomment des punaises, des insectes (surtout des fourmis et des criquets) et occasionnnellement des amphibiens. Cependant des restes végétaux sont également présents dans 90% de leurs déjections : fibres, fragments ou pétioles de fougères, racines, fruits, feuilles et baies.

Reproduction nidification

En milieu naturel, les argus ocellés semblent être polygames. Les mâles paradent très tôt, en janvier-février, dans des arènes ou pistes de danse qu'ils réutilisent d'une saison à l'autre. Ce sont des espaces plats, ne comportant aucun obstacle (tronc ou pierre) qu'ils débarassent méticuleusement de tout débri végétal afin de pouvoir accomplir les rituels de la parade nuptiale. Le déblayage de la zone commence peu de temps avant la saison de reproduction et l'arène est abandonnée juste après jusqu'à la saison suivante. La superficie de cette aire dépend de la vitalité du mâle. Elle mesure en moyenne 19,5 m² (Ottaviani). Bien qu'on n'ait découvert aucun nid dans le milieu naturel, et en dépit du fait que les parades soient précoces, les poules ne pondent pas avant mars-avril. En captivité, la ponte se compose de deux oeufs chamois rosâtre finement tachetés de brun-violet. Le nid est situé légèrement en hauteur et l'incubation dure de 24 à 25 jours. Les poussins sont nourris au bec au cours des premiers jours. ils volent très tôt et se perchent la nuit en compagnie de leur mère, dès la fin de la première semaine (Ottaviani).

Distribution

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 26/02/2007 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net