Choucador à oreillons bleus

Lamprotornis chalybaeus - Greater Blue-eared Starling

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Sturnidés

  • Genre
    :

    Lamprotornis

  • Espèce
    :

    chalybaeus

Descripteur

Hemprich Ehrenberg, 1828

Biométrie
  • Taille
    : 24 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 61 à 112 g
Distribution

Distribution

Description identification

Le prototype des choucadors, oiseaux africains au plumage bleu-vert chatoyant, et souvent l'espèce la plus commune sur le terrain. Il est assez corpulent, avec une queue relativement courte qui dépasse des ailes fermées d'environ la longueur de la projection des primaires. L'adulte est entièrement bleu-vert, le couleur variant plus vers le vert ou plus vers le bleu suivant l'éclairement et les parties exposées au soleil ont un aspect irisé. Les ailes sont plus vertes que le reste et marquées de taches noires à l'extrémité des grandes et moyennes couvertures et des tertiaires. Le dessous (bas de la poitrine, ventre, flancs et culottes) est nettement nuancé d'un bleu profond pouvant tirer sur le violet. Les lores sont noirs et les couvertures auriculaires ont, à bonne lumière, une nette teinte bleutée qui lui a valu son nom spécifique "à oreillons bleus", teinte qui dans d'autres circonstances tend vers le noir. La couleur de l'iris varie du jaune pâle au rouge orangé vif. Le bec noir est assez robuste, en comparaison par exemple avec celui de son congénère et sosie, le Choucador de Swainson, qui est plus faible.
Le juvénile a un plumage plus terne, avec les parties inférieures envahies de brun et son iris est plus sombre.

Indications subspécifiques 4 Sous-espèces

  • Lamprotornis chalybaeus chalybaeus (Senegal and Gambia to c Sudan)
  • Lamprotornis chalybaeus cyaniventris (Eritrea to nw Somalia, n Kenya and e DRCongo)
  • Lamprotornis chalybaeus sycobius (sw Uganda and s Kenya to w Mozambique)
  • Lamprotornis chalybaeus nordmanni (s Angola and n Namibia to s Mozambique and n South Africa)

Noms étrangers

  • Greater Blue-eared Starling,
  • Estornino orejiazul,
  • Estorninho-grande-d'orelha-azul,
  • Grünschwanz-Glanzstar,
  • zöldfarkú fényseregély,
  • Groenstaartglansspreeuw,
  • Storno splendente guanceblu maggiore,
  • Blåkindad glansstare,
  • Blåøreglansstær,
  • liskavec kovový,
  • leskoptev kovová,
  • Blåøret Glansstær,
  • kyläloistokottarainen,
  • Groot-blouoorglansspreeu,
  • estornell d'orelles blaves,
  • błyszczak stalowy,
  • Стальной блестящий скворец,
  • セイキムクドリ,
  • 蓝耳丽椋鸟,
  • 大藍耳輝椋鳥,

Voix chant et cris

Le cri du Choucador à oreillons bleus est un "skweer" très caractéristique, à la fois prolongé et nasal. Le même ton plaintif se retrouve dans le chant de vol. Les bandes chantent en chœur à partir de leurs perchoirs dans les arbres. On peut également entendre d'autres cris d'appel, certains aigus, discordants et désagréables, d'autres mélodieux et possédant une grande qualité musicale. Certains auteurs décrivent le cri produit en vol comme un "kwee-kwee" suivi par un sifflement strident et crépitant.

Habitat

Cet oiseau des régions tropicales fréquente principalement les zones boisées ouvertes. En Afrique Occidentale et plus particulièrement au Mali, on le trouve aux abords des déserts. À contrario, au Kenya, le Choucador à oreillons bleus évite les contrées arides du nord-est et niche dans des régions montagneuses supérieures à 1 500 mètres dont la surface est arrosée par plus de 500 mm de précipitations annuelles. Près des côtes, il s'installe en-dessous de 500 mètres, également dans des localités qui reçoivent un fort taux de pluies. En Éthiopie, il est présent sur le haut-plateau. En Somalie, il s'éloigne résolument du littoral et préfère les terres intérieures à des altitudes qui varient entre 600 et 2 000 mètres d'altitude.

Comportement traits de caractère

En Éthiopie, après la saison de nidification, les Choucadors à oreillons bleus forment souvent des dortoirs communs dont les cris et les bavardages sont entendus à quelques distances. Avant de s'installer le soir dans le feuillage fourni des arbres, ces larges bandes se livrent à des évolutions et des parades aériennes. En Éthiopie, ces dortoirs sont installés à proximité des villages, au Malawi on les trouve dans des roselières, ailleurs au Zimbabwe, ils sont également placés à l'intérieur de zones de roseaux ou dans des buissons épineux. Dans certains cas, ils accueillent plusieurs centaines d'oiseaux. D'autres espèces comme les Choucadors de Swainson ou les Étourneaux caronculés se joignent assez souvent aux Choucadors à oreillons bleus. Au Sénégal, ces derniers évoluent rarement en solitaire, on les trouve plutôt en compagnie de Choucadors pourprés ou à ventre roux au sein de bandes qui peuvent atteindre une trentaine d'individus. Les vols sont plutôt bruyants à cause de la conformation spéciale de leurs ailes dentelées. Au Kenya, ces oiseaux préfèrent la compagnie de Choucadors superbes ou d'Étourneaux caronculés. Lorsqu'ils se déplacent sur le sol, ils sautillent, ils ne marchent et ne courent presque jamais.

Pendant la période de nidification, les Choucadors à oreillons bleus ne forment jamais de colonies. Les couples nichent en solitaire et ne reçoivent jamais d'aide de la part d'assistants. Alors qu'ils sont habituellement assez familiers, ils peuvent être agressifs à cette période, même vis à vis de leurs congénères. Dans ce cas, les mâles ont une attitude et une posture très caractéristique : le cou est étiré vers le haut, les ailes sont dressées à tel point qu'on peut apercevoir les taches sombres des secondaires. Les iris semblent dilatés. Par opposition, les couples qui se saluent baissent la tête et émettent des petites notes assez semblables aux cris de sollicitations des jeunes oisillons.

Alimentation mode et régime

Les Choucadors à oreillons bleus mangent des figues en très grand nombre, mais ils recherchent leur pitance principalement sur le sol, saisissant des sauterelles, des coléoptères et des graines. En Éthiopie, le menu est constitué d'un savant mélange de fruits et d'insectes. Au Kenya, ils prélèvent du nectar sur les agaves. Dans ce même pays, ils grimpent sur le dos des buffles du Cap, des gnous bleus et des zèbres de Burchell pour les débarrasser de leurs parasites. Par contre, ils ne consomment aucun mammifère. En Érythrée, ces oiseaux sont friands de locustes et de termites ailés qu'ils capturent après une poursuite aérienne.

Reproduction nidification

Les Choucadors à oreillons bleus nichent dans des trous d'arbres entre 3 et 13 mètres au-dessus du sol : ils utilisent des cavités naturelles ou des anciens nids de barbets et de pics, certains pouvant être toujours en activité. L'intérieur du nid est garni avec des herbes, des feuilles et parfois des morceaux de plastique. Des plumes sont également utilisées. En Somalie, les nids sont rarement situés au-dessus de 3 mètres et ils ne sont pas garnis. En Érythrée, les Choucadors à oreillons bleus se reproduisent à l'intérieur des tunnels creusés dans des berges verticales de cours d'eau. Au Mali, ces oiseaux réemploient d'anciens nids de tisserins, d'Ibis sacrés ou de Cigognes d'Abdim. Les œufs sont bleu verdâtre avec toutes sortes de nuances qui vont du violet à l'ambre-brun. La ponte contient habituellement 3 à 5 œufs qui sont couvés par la femelle seule pendant 13 ou 14 jours. Ils mesurent en moyenne 27 mm sur 19 et pèsent environ 6 grammes. Les petits restent au nid pendant 23 jours, ils sont nourris dans un premier temps d'insectes puis de fruits et de baies.

La saison de nidification a lieu à des périodes différentes selon les régions. Au Sénégal, les Choucadors à oreillons bleus se reproduisent de juin à octobre, au Nigeria, de juin à juillet. Au Soudan, ces oiseaux déposent leurs œufs d'avril à juin. En Éthiopie, les dates donnent de mai à septembre avec une prolongation possible en mars et avril. En Érythrée, les parents nourrissent les jeunes en juillet. Au Kenya et en Ouganda, la ponte intervient en mars et avril. Dans le sud du Zaïre, la plupart des rapports indiquent la période qui va de septembre à décembre. En Afrique Australe (Zambie, Malawi, Zimbabwe et Afrique du Sud) les informations sont concordantes pour octobre et novembre. Il serait trop fastidieux de citer toutes les régions.

En Afrique du Sud, les nids de Choucadors à oreillons bleus sont parasités pat les Coucous-geais (Clamator glandarius) et par les Grands Indicateurs (Indicator indicator).

Distribution

L'aire de distribution du Choucador à oreillons bleus dessine un drôle de dessin en Afrique. Elle couvre d'abord une fine bande qui va du Sénégal et du sud de la Mauritanie jusqu'en Éthiopie et au nord de la Somalie. Puis elle bifurque vers le sud et pénètre au Kenya, en Tanzanie et dans toute la région orientale jusqu'au Zimbabwe et au Botswana. Dans le sud ouest du continent, le Choucador à oreillons bleu est également présent en Angola et dans le nord de la Namibie. 4 sous-espèces sont officiellement reconnues : L. c. chalybaeus, la race nominale (Sud-Mauritanie, Sénégambie, Sud-Mali, Burkina Faso, Sud-Niger, Nord-Nigeria, est et centre du Soudan ; visiteur pendant la saison sèche en Côte d'Ivoire, au Togo et au Bénin) - L. c. cyaniventris (Érythrée, Éthiopie, nord-ouest de la Somalie, Nord-Ouganda, Est-Zaïre et Nord-Kenya) - L. c. sycobius (Sud-Ouest-Ouganda, Sud-Kenya, Rwanda, Burundi, Tanzanie, Sud-Est-Zaïre, Nord-Est-Zambie, Malawi et Ouest-Mozambique) - L. c. nordmanni (Sud-Angola et Nord-Namibie, est jusqu'au nord du Botswana, Sud-Zambie, Zimbabwe, nord-est de l'Afrique du Sud et Sud-Mozambique).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

En Afrique, il s'agit d'un des choucadors les plus communs. Partout, sur l'ensemble de son aire, il est répandu voir abondant. Aucune mesure particulière n'est prise pour sa protection, il est classé comme ne posant pas de problème.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 27/08/2010 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net