Cisticole des joncs

Cisticola juncidis - Zitting Cisticola

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Cisticolidés

  • Genre
    :

    Cisticola

  • Espèce
    :

    juncidis

Descripteur

(Rafinesque, 1810)

Biométrie
  • Taille
    : 10 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 5 à 12 g
Distribution

Distribution

Description identification

En plumage éclipse, les deux partenaires sont identiques. En plumage frais, le capuchon, la manteau et le dos sont chamois-fauve, sépia clair ou chamois-roux, largement striés de noir. Le manteau et les côtés du cou sont plus roussâtres, moins fortement marqués de noir, produisant un léger effet de "collier". Le croupion roux sans marques se fond dans les sous-caudales brun sombre par le biais de bordures chamois. Les lores sont crème ou blanchâtres, l'anneau oculaire est pâle mais bien défini. Le sourcil chamois pâle, très proéminent au-dessus de l'œil, devient plus sombre mais plus diffus en arrière. Les joues claires contrastent avec les couvertures auriculaires brun sombre. Le menton, la gorge, la partie supérieure de la poitrine et le ventre forment un ensemble blanchâtre avec de fortes infiltrations chamois-cannelle sur la poitrine, les flancs, les cuisses et les couvertures sous-caudales. La partie haute de la queue est sépia devenant noire, hormis sur les rectrices centrales, ce qui forme une bande subterminale sombre qui contraste avec les extrémités blanches. Le dessous de la queue est organisé identiquement. La graduation des couleurs sur la queue forment des motifs particulièrement remarquables.
Les rémiges et les grandes couvertures sont gris-brun foncé ou gris-noir avec d'étroites bordures extérieures et terminaisons chamois-brun ou chamois clair. Les tertiaires et les autres couvertures sont noires avec de larges bordures brun-cannelle clair. Le dessous des ailes et les axillaires sont chamois rosâtre. La mandibule supérieure est gris-brun, gris-noir ou sépia clair, tandis que la mandibule inférieure est sépia ou couleur chair avec une pointe sombre. Les pattes sont roses, l'iris noisette ou brun-jaunâtre.
Les juvéniles sont semblables aux adultes. Cependant l'ensemble des motifs et des bordures sont moins nets ou plus étroits. L'iris est plus brun et plus terne, le bec plus pâle, plus jaunâtre sur toute sa surface.

Indications subspécifiques 17 Sous-espèces

  • Cisticola juncidis juncidis (widespread)
  • Cisticola juncidis cisticola (w France, Iberian Pen., Balearic Is. and nw Africa)
  • Cisticola juncidis uropygialis (Senegal and Gambia to Ethiopia, Rwanda, Tanzania and Nigeria)
  • Cisticola juncidis terrestris (Gabon and Congo to s Tanzania and south to South Africa)
  • Cisticola juncidis neuroticus (Cyprus, Lebanon and Israel to w Iran)
  • Cisticola juncidis cursitans (e Afghanistan to n Burma and s China and south to se India and dry lowlands of Sri Lanka)
  • Cisticola juncidis salimalii (sw India)
  • Cisticola juncidis omalurus (Sri Lanka. except dry lowlands.)
  • Cisticola juncidis brunniceps (s Korea, Japan and Batan I.. n Philippines.)
  • Cisticola juncidis tinnabulans (se China and Taiwan to Thailand, Indochina and the Philippines. except Batan I. and the Palawan Is..)
  • Cisticola juncidis nigrostriatus (Palawan Is.)
  • Cisticola juncidis malaya (Nicobar Is., se Burma, sw Thailand, the Malay Pen. and the Greater Sundas)
  • Cisticola juncidis fuscicapilla (e Java, the Kangean Is. and lesser Sundas)
  • Cisticola juncidis constans (Sulawesi and nearby islands)
  • Cisticola juncidis leanyeri (nc Australia)
  • Cisticola juncidis normani (nw Queensland n to ne Australia.)
  • Cisticola juncidis laveryi (ne Australia, ?s New Guinea)

Noms étrangers

  • Zitting Cisticola,
  • Cistícola buitrón,
  • Fuinha-dos-juncos,
  • Zistensänger,
  • szuharbújó,
  • Золотистая цистикола,
  • 棕扇尾莺,
  • Graszanger,
  • Beccamoschino,
  • Grässångare,
  • Cistussanger,
  • chwastówka (zwyczajna),
  • cistovník ryšavý,
  • cistovník rákosníkový,
  • Cistussanger,
  • heinäkerttu,
  • Landeryklopkloppie,
  • セッカ,

Voix chant et cris

Le cri de contact est un "tchipp" puissant. Le chant est constitué par un bref son aigu, cliquetant, répété de façon monotone pendant de longs moments à intervalles réguliers d'une seconde (par exemple lors d'un large vol circulaire chanté). C'est un "dzic....dzic...dzic...dzic.".

Habitat

Les Cisticoles des joncs habitent les prairies ouvertes de longues herbes, les friches abandonnées et les lisières des terres agricoles. Ils s'installent très souvent à l'intérieur ou à proximité de zones humides telles que les marais, les étendues inondées, les prairies imbibées d'eau, les fossés au bord des routes et les bordures des marécages. On les trouve aussi sur les côtes pourvues de salicorne herbacées, en marge des vasières, dans les champs de riz. Ce sont des oiseaux qui vivent la plupart du temps à basse altitude, mais on peut les trouver jusqu'à 2 100 mètres en Inde.

Comportement traits de caractère

Les Cisticoles des joncs vivent seules ou en couples, mais, en dehors de la saison de reproduction, il leur arrive également de se regrouper en bandes lâches. Elles ne sont pas particulièrement timides, mais elles sont assez difficiles à observer car elles ont l'habitude de séjourner à terre dans les longues herbes. Très prudents pendant la saison de nidification, les mâles s'installent couramment pour chanter sur des perchoirs exposés comme les tiges des grandes herbes, le sommet des buissons ou des fils télégraphiques. Pour leur vol chanté, ils amorcent une trajectoire ondulée à partir d'un perchoir, leur chant commençant en même temps. Chaque bond qu'ils effectuent dans les airs, queue déployée, est synchronisé avec une simple note. Grimpant entre 15 et 30 mètres, ils peuvent ainsi couvrir une assez longue distance avant de regagner habituellement leur perchoir initial. Les cisticoles répugnent à jaillir du couvert quand elles sont dérangées. La plupart du temps, elles effectuent un vol court et bas avant de plonger vers les herbes. Elles se déplacent à la manière d'une souris, en rampant dans la végétation haute et elles restent immobiles si elles se sentent menacées. Leur vol est caractéristique, court mais actif, avec les ailes vrombissantes et la queue étalée. Cet oiseau hyperactif, jamais tranquille au point de paraître presque névrosé, donne toujours l'impression d'avoir quelque chose à faire, excepté quand il est perturbé.

Alimentation mode et régime

La Cisticole des joncs est insectivore mais elle ne dédaigne pas pour autant les petites graines des plantes palustres. Quand elle se déplace dans les joncs, elle recherche assidûment les araignées et évidemment elle ne s'empare jamais d'une toile d'araignée pour faire son nid sans en avoir dévoré le propriétaire. Les insectes sont capturés dans la végétation, à terre, mais rarement dans les airs.

Reproduction nidification

Les oiseaux se préparent à nicher dès la première quinzaine de mars. Les mâles parcourent inlassablement leur petit territoire et se laissent soudainement tomber en piqué sur un lieu qu'ils estiment proche du perchoir de la femelle. Ils la poursuivent d'un vol rapide et zigzaguant entre les joncs et les arbustes. Les mâles commencent à construire un nid caractéristique et très élaboré en assemblant et en entrecroisant des herbes, des plantes palustres et d'autres graminées pour former un support à une hauteur qui varie de 30 à 40 centimètres au-dessus du sol. Les herbes sont entrelacées avec des fils provenant des cocons dans lesquels les araignées pondent leurs œufs. Ces fils passent à travers certaines tiges qui ont été préalablement perforées par le bec des oiseaux. Comme les toiles d'araignées sont très adhérentes, ils ont tôt fait de construire une structure solide que la femelle et parfois le mâle complètent avec des fibres végétales. Dans le fond très épais, les oiseaux déposent des fragments d'herbes sèches. Sur cette couche végétale, ils rajoutent une deuxième strate composée d'inflorescences de phragmites ou du duvet de saule. Une fois terminé, le nid possède la forme d'une bouteille ou d'une flasque ovale dont la base est très élargie. Il est d'une taille très modeste, ne dépassant pas 15 cm de hauteur et 6 cm de large.
Les premiers nids qu'on voit en mars ou en avril sont bâtis au sommet de la végétation qui continue à croître, les dissimulant totalement. Personne ne pense alors que cette masse blanchâtre puisse être un nid d'oiseau. L'entrée est située dans la partie supérieure du nid, un peu latéralement et en plan légèrement incliné pour que le vent et la pluie ne causent pas de dommages à l'intérieur. L'opération de construction du nid dure entre 8 et 10 jours.
La première ponte commence à la fin du mois de mars mais parfois uniquement en avril, car les oisillons sont très sensible au froid à l'humidité qui règne encore à ces mois-là. Elle comprend 4 à 5 œufs de couleur variable, blancs, rosâtre pâle, verdâtres ou azurés avec une coquille très fragile. Les pontes suivantes n'en contiennent que trois. La femelle pond un œuf par jour jusqu'à ce que la couvée soit complète. Elle incube seule mais son partenaire reste à proximité. 12 jours après la ponte du dernier œuf, les petits naissent. Les deux parents les nourrissent avec des insectes et des araignées. Au bout de 9 à 10 jours, ils sortent leur tête par l'ouverture pour réclamer leur pitance. Ils quittent le nid à 13 jours mais il ne sont pas capables de voler avant 16 jours, bien qu'encore avec difficulté. Ils se dissimulent dans les herbes proches du nid et trottinent comme des souris en attendant leur nourriture. Trois couvées ont lieu par saison, la première en avril, la deuxième en juin et la troisième en août, presque toujours à la fin du mois. Pour cette dernière, les Cisticoles des joncs utilisent le nid des deux couvées précédentes.

Distribution

La Cisticole des joncs est présente sur trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Asie, mais dans des zones bien limitées. En Europe, on peut surtout l'observer en France, dans la péninsule ibérique, en Italie et en Grèce. En Afrique, elle est présente au Maghreb, et quasiment partout au sud du Sahara, en dehors des zones arides. En Asie, on ne la trouve que dans le sud-est, du Pakistan et du sous-continent indien jusqu'aux Philippines et en Indonésie. Pratiquement partout, elle est sédentaire. 18 sous-espèces peuplent la planète. En France on a répertorié deux races : Cisticola juncitis juncitis, la race type, est répartie dans la moitié sud et dans le Midi - Cisticola juncitis cisticola, vit dans l'ouest et sur la côte méditerranéenne où elle rencontre sa proche cousine.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 26/11/2003 par Alexandre Knochel avec la participation de Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net