Cormoran pie

Microcarbo melanoleucos - Little Pied Cormorant

Systématique
  • Ordre
    :

    Suliformes

  • Famille
    :

    Phalacrocoracidés

  • Genre
    :

    Microcarbo

  • Espèce
    :

    melanoleucos

Descripteur

Vieillot, 1817

Biométrie
  • Taille
    : 65 cm
  • Envergure
    : 84 à 91 cm.
  • Poids
    : 487 à 900 g
Distribution

Distribution

Description identification

Ce petit cormoran possède un bec plus bref et une queue plus allongée que le Cormoran noir (Phalacrocorax sulcirostris). Le dessus de la tête porte une petite touffe de plumes ébouriffées formant une sorte de petite crête. En dehors de la période nuptiale, cette dernière s'estompe et disparaît. Chez les races melanoleucos et brevicauda, ces oiseaux peuvent être observés uniquement dans la phase pie, c'est à dire qu'ils possèdent un dessus entièrement noir avec de légers reflets verdâtres et un dessous blanc légèrement souillé de rouge ou d'orange brunâtre. Le bec et la peau qui entourent les yeux sont d'un jaune éclatant, les pattes et les pieds sont noirs. Les oiseaux de la race brevirostris sont polymorphiques. On peut les trouver dans la phase pie et, dans ce cas, leur plumage est assez semblable à celui de la race nominale. Néanmoins, chez cette sous-espèce, la phase mélanistique est prédominante, elle répresente souvent près de 75% des effectifs. Dans cette forme sombre, le plumage est noir avec un lustre verdâtre, à l'exception des côtés de la tête, du menton, de la gorge et du haut cou qui sont blancs. Il existe une forme intermédiaire dans laquelle le dessous est blanc avec des taches noires.
Les juvéniles ont un plumage plus terne que les adultes. Les juvéniles en phase pie ont le noir du capuchon qui descend jusqu'en dessous de l'œil. Ils ont des cuisses noires. Les juvéniles en forme mélanistique sont entièrement noirs.

Indications subspécifiques 3 Sous-espèces

  • Microcarbo melanoleucos melanoleucos (Lesser Sundas to Australia)
  • Microcarbo melanoleucos brevicauda (Rennell I.. Solomon Is..)
  • Microcarbo melanoleucos brevirostris (New Zealand)

Noms étrangers

  • Little Pied Cormorant,
  • Cormorán Piquicorto,
  • Biguá-alvinegro-pequeno,
  • Kräuselscharbe,
  • fekete-fehér törpekormorán,
  • Kleine Bonte Aalscholver,
  • Cormorano bianconero minore,
  • Svartvit skarv,
  • Kortnebbskarv,
  • kormorán čierno-biely,
  • kormorán černobílý,
  • Broget Dværgskarv,
  • australianmerimetso,
  • corb marí bec-curt,
  • kormoran białolicy,
  • Малый пёстрый баклан,
  • Pecuk-padi belang,
  • シロハラコビトウ,
  • 小斑鸬鹚,
  • 小斑鸕鷀,

Voix chant et cris

Le cormoran pie est un espèce plutôt silencieuse, ce qui explique qu'on possède peu de descriptions de cris ou de chants. Néanmoins, pendant la période nuptiale, il émet un faible roucoulade.

Habitat

Le cormoran pie est très adaptable. Néanmoins, il préfère les étendues d'eau douce comme les marécages, les lacs, les étangs, les cours d'eau, les eaux qui débordent du lit des rivières et les pièces d'eau artificielles y compris les bassins ornementaux des villes. On le trouve également dans les eaux côtières, les lagunes, les estuaires, les mangroves marécageuses, les ports abrités, les marais salants et les îles situées légèrement au large du littoral. Tous ces habitats requièrent des arbres et des buissons situés à proximité de l'eau pour la nidification et la recherche de nourriture. Sur les pièces d'eau de grande surface, le cormoran pie a tendance à pêcher sur les rives qui ont des eaux peu profondes.

Comportement traits de caractère

Les cormorans pies pêchent en solitaire. S'ils forment des rassemblements en cas d'abondance de nourriture, ils ne forment pas des groupes coopératifs. Ces oiseaux sont des prédateurs benthiques, c'est à dire qu'il trouvent leur nourriture sur le plancher au fond des lacs ou des océans. Ils plongent dans des eaux peu profondes et leur immersion est généralement assez brève, ne durant pas plus de de 15 à 20 secondes. Lorsqu'ils remontent à la surface, ils s'accordent un temps de récupération de 5 à 10 secondes avant d'avaler leur proie. Avant d''ingurgiter leur prise, les cormorans la pose parfois sur la surface de l'eau pour la ré-orienter de façon à l'avaler la tête la première. A cause de cette fâcheuse habitude, les cormorans pies sont souvent victimes du kleptoparasitisme des mouettes scopulines (Chroicocephalus scopulinus) qui s'empressent de leur chiper leur repas.

Les cormorans pies sont sédentaires, mais les jeunes sont plus dispersifs que les adultes. Toutefois, à l'intérieur des terres, ces oiseaux se mettent en mouvements si le niveau des eaux n'est pas suffisant. En cas de sévère sècheresse, ils s'approchent considérablement des côtes.

Alimentation mode et régime

Les cormorans pies consomment une grande variété de poissons et de crustacés comprenant des écrevisses d'eau douce, des crevettes grises et roses ainsi que des insectes aquatiques. Ils capturent aussi une faible quantité de grenouilles et de têtards. Les invertébrés et les crustacés, en particulier les décapodes dans le nord de l'Australie, constituent une part importante mais variable du régime. Selon les individus, ils peuvent représenter de 30 à 80% du menu. Dans cette catégorie d'aliments, on peut également trouver des hémiptères et des larves de libellules. Au rang des poissons, les espèces exotiques importées telles que les carpes et les perches rencontrent un franc succès, ce qui n'est pas sans conséquences (voir partie menaces). En Nouvelle-Zélande, les petits poissons plats telles que les raies locales font l'objet de leur convoitise.

Reproduction nidification

La saison de nidification est très irrégulière, elle dépend en grande partie de conditions aquatiques locales .Elle peut éventuellement se dérouler à tous les mois de l'année, mais elle bat surtout son plein en octobre et en novembre dans certaines régions, notamment dans le sud de leur aire, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les cormorans pies nichent généralement en petites colonies, en compagnie d'autres espèces aquatiques telles que les autres cormorans, les anhingas, les hérons, les ibis et les spatules. Le nid est placé sur la fourche d'un arbre, la plupart du temps un eucalyptus dont le pied baigne dans l'eau. Il peut être également situé dans un buisson, et quelquefois sur des rochers. C'est une plate-forme construite avec des branches et des morceaux de bois encore vert. L'intérieur est garni avec des herbes et des feuilles. La ponte comprend 3 à 5 œufs, de forme ovale et de couleur bleu pâle mesurant en moyenne 46 millimètres sur 31. Au fur et à mesure qu'avance l'incubation, ceux-ci sont de plus en plus tachés par les matières fécales. Les deux parents couvent ensemble pendant une période indéterminée et s'occupent des jeunes. Les oisillons naissent nus, une semaine après l'éclosion, ils acquièrent un duvet noir.

Distribution

Cette espèce est originaire de l'Australasie. Son aire de distribution couvre l'ensemble des îles qui vont de l'est de l'Indonésie jusqu'à l'archipel des Salomons, y compris la Nouvelle-Guinée. Vers le sud, elle se poursuit dans toute l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie et les îles subantarctiques. 3 sous-espèces sont officiellement reconnues : P.m. melanoleucos, la race nominale (ensemble de l'aire de répartition, excepté la Nouvelle-Zélande et les îles subarctiques) - P.m. brevicauda (Rennell Island, dans l'archipel des Salomons) - P.m. brevirostris (Nouvelle-Zélande, de l'île Stewart jusqu'au Northland).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Cet oiseau n'est pas vraiment menacé. Il est même assez répandu en Australie où on peut observer des centaines de colonies. La population de Nouvelle-Zélande (race brevirostris) était estimée entre 10 000 et 50 000 individus dans les années 80. Cette espèce a souffert de la destruction ou de l'altération des zones humides, déficit qui a été en partie compensé par la colonisation des réservoirs. Dans les Nouvelles-Galles du Sud, son alimentation est très dépendante de l'abondance des poissons exotiques importés comme les carpes. Or une campagne est en cours pour tenter de supprimer ces espèces non indigènes. Une telle politique peut avoir des conséquences assez néfastes sur la survie de cette espèce dans cette région. Un comptage partiel réalisé en 1990 en Nouvelle-Guinée avait recensé plus de 1000 oiseaux.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 23/05/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net