Grand Géocoucou

Geococcyx californianus - Greater Roadrunner

Systématique
  • Ordre
    :

    Cuculiformes

  • Famille
    :

    Cuculidés

  • Genre
    :

    Geococcyx

  • Espèce
    :

    californianus

Descripteur

Lesson, R, 1829

Biométrie
  • Taille
    : 56 cm
  • Envergure
    : 49 à 60 cm.
  • Poids
    : 220 à 340 g
Longévité

8 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Ce coucou svelte et de grande taille possède une très longue queue et de longues pattes. Ses parties supérieures sont brun foncé avec d'abondantes stries blanches et un lustre bronzé. La crête hirsute est bleu-noir, la queue présente une pointe blanche sur les trois rectrices extérieures. Les parties inférieures sont blanches. L'anneau orbital est bleu, la peau nue postorbitale est généralement blanche et orangée. L'iris est brun entouré de jaune. Le bec est noirâtre, les pattes grises.
La femelle est légèrement plus petite que son partenaire. La tache postorbitale est bleue et orangée. Les juvéniles sont plus ternes. L'extrémité des plumes est plus pointue et on peut voir des motifs blancs en forme de "U" sur l'extrémité des couvertures primaires. Les taches blanches à l'extrémité des rectrices sont en forme de coin. La peau nue postorbitale est semblable à celle de la femelle.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Greater Roadrunner,
  • Correcaminos Grande,
  • Papa-léguas-grande ,
  • Wegekuckuck,
  • kaliforniai földikakukk,
  • Grote Renkoekoek,
  • Mimì maggiore,
  • Större tuppgök,
  • Storløpegjøk,
  • kukuľa zemná,
  • kukačka kohoutí,
  • Stor Jordgøg,
  • kalifornianjuoksukäki,
  • correcamins gros,
  • kukawka kalifornijska,
  • lielā skrējējdzeguze,
  • Калифорнийская кукушка-подорожник,
  • オオミチバシリ,
  • 走鹃,
  • 大走鵑,

Voix chant et cris

Les Grands géocoucous possèdent un répertoire assez étendu. Le chant est une série de 5 ou 6 "coo" lents, faibles et plaintifs qui descendent régulièrement. Pendant la saison de reproduction, les mâles tentent d'attirer les femelles par une sorte de ronflement ou de ronronnement. Le cri d'alarme est un bruit claquetant qui est obtenu par un entrechoquement rapide des deux mandibules. Les oisillons produisent des cris bourdonnants.

Habitat

Les Grands géocoucous fréquentent les broussailles arides, à la fois dans les plaines et dans les régions montagneuses. Ils apprécient les contrées ouvertes avec des buissons épars, des cactus de toutes sortes (cholla, opuntia), des petits arbres vivaces adaptés à la sècheresse (mesquite, yucca, palo verde). On les trouve également dans les peuplements de chênes et de pins pignons. De manière générale, leur habitat est constitué de régions arides ou semi-arides qui possèdent au moins 140 jours ensoleillés par an. A la bordure extérieure de l'aire de distribution, ils vivent parfois dans les prairies et à la lisière des zones boisées. La limite nord de leur aire dépend de la profondeur et de la durée de la couverture neigeuse. Les Grands géocoucous vivent à des altitudes très variables, des régions basses jusqu'à 2 500 m.

Comportement traits de caractère

Les Grands géocoucous ne sont pas migrateurs, ils entretiennent un territoire pendant toute l'année. Ces oiseaux sont très endurants et peuvent parcourir plus de 17 miles (près de 30 kilomètres) en une heure. De fait, ils préfèrent marcher ou courir et ils ne prennent leur envol qu'en cas de stricte nécessité. Même lorsque c'est le cas, ils ne restent dans les airs que l'espace de quelques secondes. Quand ils se déplacent, leur longue queue joue un rôle essentiel : elle sert à la fois de gouvernail et de frein, elle est également primordiale pour trouver un bon équilibre. Les Grands géocoucous sont assez faciles à observer car ce sont des oiseaux très curieux qui n'hésitent pas à s'approcher des humains. Ils sont réputés pour prendre des bains de soleil : le matin et les jours de fraîcheur, ils exposent leurs scapulaires de façon à ce que le dos et leur corps emmagasinent la chaleur. D'un autre côté, ils doivent aussi s'adapter à la canicule et aux très grosses chaleurs qui les obligent à réduire leur activité à l'heure de midi. Comme la plupart des animaux des déserts, les Grands géocoucous se mettent en hypothermie pendant la nuit pour conserver leur énergie.

Les Grands géocoucous sont connus pour une fringante et curieuse parade qui précède l'accouplement. Dans ce rituel assez élaboré, le mâle, qui tient une proie dans son bec, effectue plusieurs courses qui ont une fière allure en direction de sa partenaire. Sa queue et ses ailes sont déployées, sa crête est hérissée et sa peau postorbitale est bien en évidence. Cette phase dure environ 2 minutes. Passé ce préambule, il se met en face de la femelle, agite sa queue d'un côté à l'autre, fait maintes courbettes et émet un "whirr" puissant. Puis le mâle bondit dans les airs et grimpe sur le dos de sa partenaire. Pendant l'accouplement, il présente enfin la nourriture à sa femelle qui s'empresse de la saisir.

Alimentation mode et régime

Les Grands géocoucous sont des carnivores opportunistes, attrapant toutes les proies saisissables qui sont à leur portée. Ces oiseaux recherchent principalement leur nourriture à terre. Leur menu est composé à la fois de vertébrés et d'invertébrés. La taille des proies peut varier considérablement, allant de minuscules insectes jusqu'à des mammifères ou des reptiles d'assez grande masse. En hiver, les coléoptères et les sauterelles forment la plus grosse partie de la diète, surtout lorsque les autres insectes et les reptiles viennent à manquer. A cette période de l'année, les petits oiseaux et les fruits délicieux et graineux des cactus du genre Opuntia constituent un apport non négligeable dans l'alimentation. Les fruits peuvent composer plus de 10% du menu hivernal. Pendant la saison de nidification, les reptiles forment le plus grand nombre. Contrairement à une vieille croyance populaire, les serpents venimeux n'ont pas forcément la préférence. Toutefois, les serpents à sonnette qui croisent leur chemin sont des victimes toutes désignées.

Lorsqu'ils attaquent un serpent, les Grands géocoucous adoptent une posture accroupie, ils tournent autour de leur victime, se précipitent comme une flèche et la saisissent avec leur bec en arrière de la tête. Puis ils la frappent sans ménagement sur une surface rigide. Le tabassage peut durer près de 15 minutes et ne cesse que lorsque l'animal ne montre plus aucun signe de vie. Cette technique présente de nombreux avantages, notamment de broyer le squelette du reptile et de réduire considérablement son volume, ce qui le rend plus facile à ingurgiter en entier. Un couple peut unir ses efforts pour venir à bout d'un gros serpent. Les deux partenaires encerclent plus facilement la victime et peuvent alterner les attaques. Ces coucous terrestres surpassent en vitesse certains gros lézards qui peuvent ainsi former une part assez importante des ressources alimentaires.

Reproduction nidification

La période de nidification varie selon les régions. Dans les endroits où il n'y a q'une seule saison des pluies, les Grands géocoucous ne nichent qu'au printemps. Dans les lieux où il y a 2 saisons de précipitations et où les ressources sont plus abondantes, ces oiseaux nichent de nouveau en août et en septembre. Des dates assez précises peuvent être fournies : fin février et courant du mois de mars dans le sud de la Californie, mi-avril à mi-juin, puis de nouveau fin juillet à mi-septembre en Arizona, mars-octobre au Texas et avril-juillet en Oklahoma.

Le nid est placé à faible hauteur au-dessus du sol, dans un buisson, un cactus ou un petit arbuste situé souvent à l'ombre. C'est une large plate-forme ouverte construite avec des branches. L'intérieur est garni avec des feuilles, des peaux de serpents, des bouses et des excréments ainsi que des débris végétaux provenant de cactus. Les deux parents unissent leurs efforts pour édifier la structure : pendant que le mâle collecte les matériaux, la femelle se charge de l'architecture. La nichée comprend habituellement entre 2 et 8 œufs qui sont de couleur blanche ou jaune clair. Les deux parents couvent environ 20 jours. L'incubation ne commence qu'après la ponte du deuxième ou du troisième œuf, si bien que les naissances ne sont pas synchronisées (il peut y avoir un écart de 7 jours entre l'aîné et le plus jeune). Les oisillons sont nourris par les adultes pendant leur séjour au nid qui dure entre 18 et 21 jours. A leur naissance, ils pèsent environ 14 grammes, ils sont quasiment nus avec une peau noire simplement recouverte de quelques courtes plumes blanches en forme de cheveux. Au bout de deux semaines, ils atteignent la moitié du poids d'un adulte. Quand ils sont perturbés, ils produisent un "churr" puissant ou un crépitement de bec et ils sécrètent un liquide noirâtre et très odorant. Après l'envol, les juvéniles restent dépendants de leurs parents pendant encore 30 à 40 jours.

Bien que cette pratique soit assez rare chez cette espèce, les Grands géocoucous se livrent parfois à du parasitisme. En certaines circonstances qu'il est difficile à établir, ils ne construisent pas de nid et déposent leur ponte dans celui d'un Grand Corbeau (Corvus corax) ou celui d'un Moqueur polyglotte (Mimus plyglottos).

Distribution

Les Grands géocoucous résident dans le sud-ouest des États-Unis et le nord du Mexique. Leur aire de distribution s'étend de la Californie et de l'Utah jusqu'au Missouri et à la Louisiane en passant par le littoral du Texas. Au Mexique, ils sont présents dans la Baja californienne, dans les provinces de Vera Cruz et Puebla en direction du sud jusqu'à Michoacan.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Cette espèce n'est pas globalement menacée. Un peu partout sur son aire de distribution, elle est considérée comme assez répandue ou localement commune. Ses effectifs semblent stables et n'ont pratiquement pas changé dans la période qui va de 1966 à 1993. Les Grands géocoucous sont assez nombreux et leur densité assez remarquable dans le sud-est de la Californie, le sud de l'Arizona et le littoral du Texas. Le taux de reproduction est assez bon. Les populations sont en croissance dans le nord et l'est de la Californie, le Kansas et l'Oklahoma. Ce succès dans l'est de l'aire s'explique sans doute par l'éclaircissement de l'habitat, par le surpâturage qui a été suivi par une re-pousse de broussailles. A une moindre échelle, dans les zones proches des villes, on assiste à un léger déclin à cause du développement de l'agriculture vivrière et de l'accroissement des résidences.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 09/01/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net