Océanite de Monteiro

Oceanodroma monteiroi - Monteiro's Storm Petrel

Océanite de Monteiro
Systématique
  • Ordre
    :

    Procellariiformes

  • Famille
    :

    Hydrobatidés

  • Genre
    :

    Oceanodroma

  • Espèce
    :

    monteiroi

Descripteur

Bolton et al, 2008

Biométrie
  • Taille
    : 19 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 34 à 56 g
Distribution

Distribution

Description identification

L'Océanite de Monteiro est un sosie de l'Océanite de Castro duquel il ne peut être distingué avec sûreté sur le terrain. Il n'a été séparé spécifiquement de ce dernier que très récemment, en 2008, sur la base de différences morphométriques, biologiques et écologiques. Par exemple ses vocalisations sont différentes et il ne répond pas à la repasse du chant de l'Océanite de Castro.
Il est un peu plus petit que ce dernier, avec une queue comparativement plus longue, mais les différences sont légères et non appréciables sur le terrain. Le plumage de l'adulte est brun de suie et paraît noir à distance et mauvaise lumière. À la lumière du matin ou du soir, le brun peut se réchauffer au point d'acquérir une tonalité roussâtre artificielle. En vue de dessus, l'aile est barrée en diagonale au niveau du bras d'une bande beige blanchâtre qui part des grandes couvertures externes et va jusqu'aux tertiaires en passant par la base des secondaires et est bien visible sur l'oiseau en vol. Mais ce qui se voit le mieux, c'est la bande d'un blanc pur, formée par la partie postérieure du croupion et par les sus-caudales, à l'exception des postérieures les plus longues qui ont la teinte noire de la queue, et qui se poursuit latéralement sur l'arrière des flancs et est bien perceptible en vue latérale. La queue noire est nettement fourchue et sans dépassement des pattes.
En vue inférieure, l'oiseau est entièrement brun de suie avec les couvertures sous-alaires internes légèrement plus pâles et d'habitude du blanc visible à l'arrière des flancs dans les conditions qui prévalent habituellement lors d'observations en haute mer.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Monteiro's Storm Petrel,
  • Paíño de Monteiro,
  • Painho-de-monteiro,
  • Monteiro-Wellenläufer,
  • Monteiro’s Stormvogeltje,
  • Uccello delle tempeste di Monteiro,
  • monteirostormsvala,
  • Asorstormsvale,
  • víchrovníček azorský,
  • Azorer-stormsvale,
  • ocell de tempesta de Monteiro,
  • nawałnik azorski,
  • Azoru vētrasputns,
  • Качурка Монтеиро,
  • 蒙氏叉尾海燕,
  • 蒙特婁氏叉尾海燕,

Voix chant et cris

L'oiseau est silencieux en mer. À terre, il émet des "wika" répétés depuis l'intérieur du terrier qu'il occupe. Cette note est donnée plus courte et moins souvent répétée que la note équivalente de l'O. de Castro.

Habitat

L'Océanite de Monteiro est pélagique comme tous les océanites et ne vient à terre que pour la reproduction. Il choisit alors les parties rocheuses d'îlots proches des côtes, plutôt que la côte elle-même, dont la nature et la consistance autorisent l'établissement de terriers de nidification.

Comportement traits de caractère

Les seules occasions d'observer cette espèce pélagique qui ne s'approche des côtes qu'à la nuit, c'est lors de recherches et d'observations ciblées en hauter mer. Cependant, la taille limitée de sa population et l'immensité des étendues marines favorables font que les chances de l'observer sont faibles. On peut pallier cela et l'attirer à soi en utilisant des produits odorants appétants pour lui, pratique que les anglo-saxons appellent le chumming. Le chum est constitué d'abats et de sang de poissons qui, jetés à l'eau, provoquent des effluves qui attirent les oiseaux pélagiques dotés d'odorat, et probablement également des prédateurs aquatiques comme les requins. Dans ces conditions, on peut avoir la chance d'avoir autour de soi, une dizaine d'océanites ou plus, alors que l'espèce n'est pas naturellement grégaire. On note alors son vol assez rapide à faible hauteur au dessus de l'eau, un peu bondissant, avec des battements d'ailes amples, des volte-face assez soudaines qui traduisent la quête de nourriture. Il ne se rapproche de la terre ferme qu'au crépuscule et attend la nuit tombée pour gagner ses terriers de nidification.

Alimentation mode et régime

Le régime est très peu connu, à l'image de l'ensemble de la biologie. L'espèce consommerait de petits poissons et de petits calmars.

Reproduction nidification

Peu de choses sont connues sur la reproduction de cet océanique du fait de son élévation récente au rang d'espèce, mais des études sont menées pour cerner les principaux paramètres de la reproduction. Le nid est établi au fond d'un terrier aménagé par lui. Il adopte aussi volontiers des terriers artificiels. La femelle ne pond qu'un œuf blanc d'une 10e de grammes qu'elle couvera environ un mois. L'élevage du poussin réclame environ 2 mois. La productivité est très faible. Elle a été évaluée à 0,16 poussin par couple nicheur au début des années 2000. Elle est certainement compensée par un taux de survie adulte élevé comme c'est le cas chez d'autres pélagiques.

Distribution

L'Océanite de Monteiro est endémique de l'archipel des Açores. Il est réputé rester toute l'année dans les eaux de cet archipel. Il n'est connu nicheur que de 2 îlots proches de l'île de Graciosa, l'île la plus septentrionale du groupe central.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Du fait de son aire de distribution très restreinte et de la faiblesse de sa population nicheuse, estimée à 250-300 couples au début des années 2000, l'Océanite de Monteiro a été classé "vulnérable" par BirdLife International. Plusieurs éléments négatifs pessimisent son succès reproducteur. Ce sont la fréquentation humaine des îlots de reproduction, la compétition pour les terriers favorables, naturellement peu nombreux, et la prédation. La première mesure prise et qui s'imposait a été la mise en réserve des îlots. Seuls peuvent accéder actuellement les chercheurs avec programme de recherche. La création de terriers artificiels au milieu des années 2000 a été la seconde mesure prise. Les résultats ont été tout de suite encourageants, avec un succès reproducteur nettement en hausse, montrant bien que c'était un paramètre important. Enfin, la prédation des poussins par des prédateurs terrestres s'avère plus difficilement contrôlable. Les îlots sont en principe libres de rats, mais le risque est permanent du fait de la proximité des îlots de la côte. Une surveillance permanente est nécessaire. Un autre problème vient de la présence sur l'îlot principal de reproduction d'un lézard originaire de Madère, Lacerta dugesi, introduit accidentellement aux Açores et dont plusieurs individus ont été vus en groupe s'attaquant à un poussin d'océanite. D'autres cas de prédation leur sont probablement imputables. Enfin, les adultes sont en butte à la prédation nocturne du Hibou moyen-duc local lorsqu'ils regagnent leur terrier à la nuit et l'importance de cette prédation est loin d'être négligeable. Une étude a montré que plus de 40 adultes pouvaient ainsi être tués chaque année par ce rapace. C'est d'autant plus conséquent que la survie adulte est le paramètre démographique le plus important. On peut néanmoins considérer cette prédation naturelle supportable dans la mesure où on peut agir sur les autres causes de mortalité et en atténuer les effets.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 27/06/2017 par Jean François © 1996-2017 Oiseaux.net