Oréophase cornu

Oreophasis derbianus - Horned Guan

Systématique
  • Ordre
    :

    Galliformes

  • Famille
    :

    Cracidés

  • Genre
    :

    Oreophasis

  • Espèce
    :

    derbianus

Descripteur

Gray, GR, 1844

Biométrie
  • Taille
    : 85 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : -
Longévité

11 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Ce grand gallinacé est inoubliable à cause de la longue corne rouge qui saille sur son front. Le plumage des parties supérieures est noir luisant avec des reflets bleuâtres. D'abondantes taches longitudinales sombres ornent les parties blanches du cou, de la poitrine et du haut du ventre. Les flancs et la base de l'abdomen ont une teinte brune. La longue queue noire est cerclée d'une large bande blanche à la base.
On peut nettement apercevoir un double-menton proéminent rouge, un iris blanc, un bec jaune et des pattes charnues écarlates.
Les 2 sexes sont identiques, excepté pour la taille qui est légèrement plus grande chez le mâle. En effet, ce dernier a une corne plus développée, des ailes plus longues, une queue et des tarses plus allongés.
Les juvéniles sont semblables aux parents, mais leur plumage est plus terne et leur corne est plus tronquée. Cet appendice écarlate apparaît à l'âge de 4 mois, atteint 3,5 centimètres de longueur au maximum lorsqu'il est âgé d'un an.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Horned Guan,
  • Pavón Cornudo,
  • Jacu-chifrudo,
  • Zapfenguan,
  • pirosszarvú guán,
  • Hoorngoean,
  • Guan cornuto,
  • Hornguan,
  • Hornhokko,
  • roháň horský,
  • guan horský,
  • Hornhokko,
  • sarvisaku,
  • guan banyut,
  • jednoróg,
  • Горный кракс,
  • ツノシャクケイ,
  • 角冠雉,
  • 角冠雉,

Voix chant et cris

Les adultes sont très nettement dimorphiques dans leur répertoire vocal. Le mâle possède au moins 5 cris différents alors que les femelles sont capables d'en émettre 7 ou 8 qui, comparativement à leur partenaire, sont plus gutturaux et portent à plus grande distance.
La vocalisation principale du mâle est une sorte de meuglement profond et doux très semblable à celui du Hocco à pierre (Pauxi pauxi). Il est constitué de 7 notes, une note très brève suivie par 6 "hum" plus allongés, ce qui donne la retranscription suivante : "hum, hum, hummm, hum, hummm, hum, hummmmm". Il est répété 3 fois par minute et il a une durée totale d'une heure. Le deuxième cri est un claquement de bec qui peut être confondu avec celui du Toucan à carène (Ramphastos sulfuratus). Il est immédiatement suivi par un "ahwoo-ah" qui est le 3ème cri. Les 2 derniers cris sont des "rrr" ou des "gut gat" qui ressemblent à des éternuements humains.
La plupart des cris des femelles sont délivrés en réponse aux cris des mâles, ou en cas de défense territoriale. Le premier est un "guurk, guurk, guurk,..." ou un "guauuu, guauuu, guauuu,...". L'invite à copuler est assez semblable au troisième cri des mâles mais en plus guttural : "dh-woo-ah". On peut également entendre des grognements de gorets avec des "gra gra gru gru" particulièrement rudes.

Habitat

Dans les zones subtropicales, les oréophases cornus fréquentent les forêts humides de montagnes pourvues de feuilles permanentes, entre 2 300 et 3 100 mètres d'altitude. Occasionnellement, ils peuvent descendre dans les vallées jusqu'à 1 200 mètres et dans les habitats où ils trouvent des conditions optimales, ils peuvent grimper jusqu'à 3 350 mètres. Il préfèrent généralement les parcelles sempervirentes qui sont dominées par les chênes, les copalmes d'Amérique et les chloranthacées. De manière habituelle, ils vivent dans les sous-bois où la végétation est luxuriante avec une abondance de fougères, d'épiphytes de mousses et de plantes grimpantes.
Les arbres latifoliés qu'il apprécient par dessus tout sont parfois mélangés avec les pins et les cyprès, si jamais ils s'aventurent sur les versants un peu plus asséchés.

Comportement traits de caractère

Les oréophases régurgitent parfois des fragments de feuilles vertes dans leur état intact, ce qui tend à prouver qu'ils sont des agents dispersifs très actifs. On peut les apercevoir marchant, courant et grattant le sol de façon énergique mais leur statut de nourrisseur terrestre peut être assez facilement réfuté. Les oréophases boivent en saisissant l'eau qui s'est accumulée dans les cuvettes et les petites cavités des broméliades.
Compte-tenu de leur territoire très restreint, les oréophases cornus sont probablement uniquement sédentaires.

Alimentation mode et régime

Les oréophases consomment surtout des fruits et des feuilles vertes. Des études réalisées récemment aux Chiappas désignent plus ou moins clairement des fruits de 40 espèces et de 27 familles (les Lauracées et les Liliacées). Les feuilles constituent un ensemble de 8 autres familles dont les eupatoires chanvrines et les cobées grimpantes. Les oréophases apprécient particulièrement 3 fruits : les nectarines, les verveines officinales et les mûres.
Bien que certaines études les décrivent comme strictement végétariens, ces oiseaux quittent parfois le domaine exclusif des plantes et consomment, bien qu'assez rarement, des invertébrés comme les orthoptères et les larves.

Reproduction nidification

A El Triunfo, au Mexique, les oréophases nichent principalement en février-mars, cette période correspondant à une légère chute des précipitations. Vers le mois de mai, les oisillons ont déjà accompli la moitié de leur croissance. Sur les versants du volcan Tacana, la saison de nidification commence en janvier ou peut-être avant. Les oréophases sont sans doute polygames, le mâle parvenant souvent à séduire 4 ou 5 compagnes et passant une période de 3 à 9 jours avec chacune d'entre elle, ce qui explique qu'ils ont un territoire assez longiligne, s'étendant sur une longueur de 500 à 600 mètres.
Le nid est généralement localisé à une très grande hauteur dans les branches d'un muguet (Clethra) ou d'un liquidambar qui sont des arbustes de taille assez respectable. Il est placé entre 16 et 25 mètres au-dessus du sol et non loin d'un petit cours d'eau en mouvement. On émet des doutes sérieux quant à la découvertes de nids terrestres.
L'édifice est généralement peu soigné et les matériaux qui le composent (plantes sèches, racines d'épiphytes, végétaux parasites) sont d'une facture plutôt rudimentaire, ce qui ne l' empêche pas d'atteindre un taille honorable.
Les œufs blancs sont au nombre de deux, ils mesurent 85 mm sur 60 et ils sont couvés pendant 39 à 45 jours, principalement par la femelle seule si l'on tient compte du statut polygame du mâle qui n'assume seulement une présence que de 30 à 146 minutes par jour dans chaque nid. A la naissance, les poussins ont un duvet gris-brun sur le dessus avec une rayure sur la tête et des parties inférieures plus claires.
Les principaux prédateurs des couvées sont les toucanets émeraudes et les hiboux fauves (Strix fulvescens). La maturité sexuelle ne parvient pas avant l'âge de 4 ans chez les mâles. Les femelles sont plus précoces et sont capables de couver dès l'âge de 14 mois.

Distribution

Les oréophases vivent dans le centre-de l'Amérique Centrale, ils ont une très faible aire d'à peine plus de 7 000 kilomètres carrés. Leur territoire couvre le sud-est du Mexique (Oaxaca, Chiapas), le Guatemala et le nord du Honduras (peut-être éteint dans le dernier nommé).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après le Handbook de oiseaux du Monde, cette espèce est considérée comme en danger. La population actuelle est estimée entre 600 et 1 700 individus après avoir subi une longue période de déclin qui a duré pendant tout le XXème siècle. Les premiers signes de la dégradation de cet oiseau ont pu être signalés dès 1930 au Guatemala où certains effectifs régionaux n'ont plus été visibles pendant de nombreuses années. A partir de 1960 ou 70, les chiffres ont commencé à passer sous la ligne des 1 000 individus au Mexique.
Par contre, de nouvelles populations ont récemment émergés dans les secteurs volcaniques de l'est du Guatemala.
Le détérioration inquiétante de l'habitat à cause de la reconversion des techniques agricoles est la cause principale du déclin. Dans certaines régions, l'exploitation des mines de marbre et l'activité industrielle des humains sont à mettre en évidence. La commercialisation de cette espèce, en dépit de son manque d'esthétisme, a rencontré un succès grandissant. Les oréophases ne sont pas officiellement protégés contre les persécutions et contre la chasse. L'existence de réserves protégées reste des initiatives personnelles et privées , elle a permis le baguage et le relâchage d'adultes nicheurs dans les milieux naturels.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 20/08/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net